Politique Nationale/Internationale

L'exécution de Saddam Hussein incitera d'autres dictateurs à mieux s'accrocher au pouvoir



Rossiïskaïa gazeta
Jeudi 28 Décembre 2006

L'exécution de Saddam Hussein incitera d'autres dictateurs à mieux s'accrocher au pouvoir
L'exécution de Saddam Hussein incitera d'autres dictateurs à mieux s'accrocher au pouvoir (Rossiïskaïa gazeta)

13:23 | 28/ 12/ 2006

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MOSCOU, 28 décembre - RIA Novosti. La décision de la Cour d'appel d'Irak de valider la sentence de mort prononcée contre l'ex-président irakien Saddam Hussein, qui doit être exécuté dans les trente jours, a divisé le monde occidental. Les Etats-Unis ont soutenu avec énergie le jugement rendu contre l'ancien leader irakien, tandis que nombre d'Etats européens ont qualifié ce verdict d'erreur capable de compliquer gravement la situation en Irak. Faut-il ou non exécuter Saddam Hussein?

Alexander Rahr, directeur des programmes Russie-CEI du Conseil allemand pour la politique étrangère: Après l'achèvement de la guerre froide, l'Occident s'est mis à développer tout à fait artificiellement l'idée des procès de Nuremberg. Tout cela ressemble au droit du vainqueur à châtier le vaincu. Tel a été le cas de Milosevic à qui le Tribunal de La Haye a refusé la possibilité de suivre un traitement médical normal [...]. A présent, une sentence de mort a été prononcée contre Saddam Hussein. L'Occident s'efforce d'apparaître en vainqueur de la tyrannie au XXIe siècle. Le terme "tyrannie" embrasse dans ce cas tous les régimes autoritaires.

Certes, Saddam Hussein a été un tyran et un assassin. Cependant, son exécution sous des ovations de l'Occident apparaît absurde. Cette mise à mort est capable de renforcer l'hostilité mutuelle entre le monde islamique et la civilisation occidentale. Le danger réside dans le fait que les dictateurs, comme le leader nord-coréen Kim Jong-il, commencent à se rendre compte que leur départ sera pour eux une sentence de mort. C'est pour cette raison qu'ils s'accrochent tant au pouvoir.

Mikhaïl Marguelov, président du comité des affaires internationales du Conseil de la Fédération: L'exécution de Saddam Hussein n'apportera pas le calme dans le pays et n'aidera pas les forces américaines à remplir les missions qui leur sont assignées. Si les choses étaient aussi simples que le suppose le vieil adage préféré de Staline (pas d'homme, pas de problème), on n'aurait aucune raison de se casser la tête. Pour l'Amérique, une sortie digne du piège irakien ne dépend que trop peu du sort de l'ex-dictateur. Saddam disparaîtra, mais les problèmes resteront. Et ce n'est pas l'Irak qui en est la cause, car tout le Proche-Orient est enflammé.

RIA Novosti décline toute responsabilité quant au contenu des articles tirés de la presse.


Jeudi 28 Décembre 2006

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