Géopolitique et stratégie

L’ex-vice ministre égyptien des Affaires étrangères : Les Etats-Unis entreprenaient sur une dizaine d’années un remodelage du Moyen-Orient




L’ex-vice ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohamed Wali a évoqué dans un entretien avec le web site « Al-Mohit », les derniers développements libanais, la guerre de 33 jours d’Israël contre le Hezbollah et le plan américain du « Nouveau Moyen-Orient ». « Le laxisme du Conseil de sécurité des Nations unies, a constaté Mohamed Wali, dans l’adoption d’une résolution urgente et contraignante sur un cessez-le-feu au Liban, chose inédite pendant toutes ces 60 dernières années, montre comment les Etats-Unis ont instrumentalisé cette instance pour le manipuler dans le sens de leurs desseins ; autrement dit, la légitimité internationale est lettre morte, c’est la légitimité américaine qui est maintenant souveraine. » « Les Etats-Unis entravaient l’adoption de la résolution afin de donner plus de temps à Israël pour qu’il porte de plus grands préjudices au Hezbollah, qu’il détruise le Liban, qu’il massacre les femmes et les enfants. », a-t-il ajouté.


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Jeudi 28 Septembre 2006

Mohamed Wali a ensuite évoqué le projet américain du Grand Moyen-Orient. « Il s’agit d’un projet colonialiste qui vise à effacer l’identité de la région et d’en piller les richesses, qui assure le maximalisme et l’expansionnisme du régime sioniste. », a réitéré Mohamed Wali avant d’ajouter que la Résistance du Hezbollah et les mouvements de la résistance en Palestine, en Irak et en Afghanistan ont dressé d’importants obstacles devant le projet du Grand Moyen-Orient. Aussi, le nouveau Moyen-Orient serait-il contraire à ce qu’Israël et les Etats-Unis avaient imaginé.
A telle enseigne que les forces de la résistance pèseront de tout leur poids sur la scène moyen-orientale ; ce qui signifie l’échec des néo-conservateurs de la Maison Blanche. Plus loin dans ces propos, l’ex-vice ministre égyptien des Affaires étrangères a rejeté les allégations qui pointent du doigt le Hezbollah, l’accusant d’avoir provoquer le conflit en capturant les deux soldats israéliens. « Une telle accusation est fausse, car les deux soldats israéliens ont été capturés alors qu’ils se trouvaient dans les fermes de Chebaa, en d’autres termes sur le territoire libanais, dont cette partie est pour l’heure occupée par Israël.

Ceci étant, cette démarche, s’inscrivant dans le cadre de la Résistance, est juste et légitime et n’est pas considéré comme un acte hostile de la part du Hezbollah. », a souligné Mohamed Wali. « En prétextant la capture de ses deux soldats, Israël a précipité l’exécution de son plan au Liban. Israël visait à travers son offensive contre le Liban à marchander avec Beyrouth sur la bande frontalière, à déclencher une guerre civile dans le pays du Cèdre et provoquer le peuple libanais contre le Hezbollah. », a-t-il expliqué. « Israël a abusé de la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies, stipulant le désarmement du Hezbollah et le retrait de la Syrie du Liban et il s’en est servi comme couverture politique pour attaquer le territoire libanais. », a réitéré Mohamed Wali. « Quoique, a-t-il ajouté, la Communauté internationale n’ait chargé Israël d’aucune mission pour désarmer le Hezbollah et appliquer la résolution, ce régime, fort du soutien tous azimuts des Etats-Unis, s’est lancé dans cette affaire, car Tel-Aviv et Washington veulent mettre en œuvre le plan du Nouveau Moyen-Orient sans aucune résistance, en Palestine, au Liban et dans d’autres endroits de la région. »

En réponse à la question qui demandait si Israël était-il parvenu à ses objectifs dans son offensive contre le territoire libanais, Mohamed Wali a répondu que les résultats de la guerre contre le Liban ont été aux antipodes de ce qu’attendait Tel-Aviv. Il a subi de lourdes pertes et d’importants dégâts. Et on a été témoin comment les roquettes du Hezbollah ont touché, pour la première fois, le cœur d’Israël. Son économie a perdu des milliards de dollars d’autant que son mythe d’invincibilité a été brisé et que les prétentions qui le faisaient passer comme l’unique gouvernement démocratique dans la région se sont révélées fausses et de purs mensonges.
Tout le monde a vu sur le petit écran les corps inertes des enfants libanais et palestiniens, qui avaient perdu la vie sous les décombres de leur maison, le monde a vu comment Israël bombardait sauvagement les lignes téléphoniques, les réseaux d’eau et les centrales d’électricité, il n’épargnait même pas les ambulances, les usines alimentaires, les églises et les lieux saints.

Quel rapport pourrait-il avoir entre toutes ces ruines, ces attaques contre les civils et la guerre contre le Hezbollah ? S’interroge le monde entier. « Ironie du sort, l’offensive d’Israël contre le Liban qui visait à y déclencher une guerre civile, n’a fait que souder le peuple libanais et les a rendus plus que jamais solidaires pour se dresser contre l’agression israélienne. », a réitéré Mohamed Wali. « Israël, a-t-il noté, n’a pas pu anéantir le Hezbollah ou le désarmer ; ce qui prélude la bonne nouvelle que dans le nouveau Moyen-Orient pivotera autour de l’axe de la Résistance, qui sera la force influente sur les développements de la région et l’échec du tandem Washington-Tel-Aviv. » « L’attaque d’Israël contre le territoire libanais était une partie de ce grand projet qu’entreprenaient les Etats-Unis sur une dizaine d’années pour recomposer la carte du Moyen-Orient. L’atlas remodelé de la région moyen-orientale partage l’Irak en trois parties kurde, chiite et sunnite ; l’Arabie serait, de son côté, démembrés en deux zones chiite et sunnite. L’Egypte aussi serait partagé en deux, une partie reviendrait aux chrétiens et l’autres aux musulmans. Le même sort attendrait les autres pays arabes et Israël serait la force dominante de la région, aussi bien sur le plan politico-militaire qu’économique.

Toujours d’après ce plan, les mini-pays émergeants seraient en conflit permanent, ce qui permettrait le pillage de leurs richesses. Les clashs interethniques et interconfessionnels opposant les parties démembrées les unes des autres, se poursuivraient sans merci, pour les affaiblir à la longue, à tel point qu’elles deviendraient des proies faciles à Israël et aux Etats-Unis. », a déclaré l’ex-vice ministre égyptien des Affaires étrangères. « Le projet américain du Grand Moyen-Orient s’est pourtant heurté à de nombreux problèmes en Afghanistan et en Irak, tandis que la Résistance en Palestine et au Liban est toujours aussi influente et dynamique. Dans ce contexte, le plan américain a échoué en Somalie et les seigneurs de guerre, soutenus par les Washington ont essuyé un revers de la part des Tribunaux islamiques.

Tout cela se converge pour montrer comment l’esprit de la Résistance anime le monde entier. Toutefois, le point faible des arabes et des musulmans réside dans la soumission totale d’un certain nombre de régimes arabes, à la solde des Etats-Unis ; il s’agit d’ordres corrompus et despotiques qui accumulent leur argent sur leur compte dans les banques américaines. Ces régimes font tout pour mettre sous pression les éléments qui résistent devant le plan américain.


Jeudi 28 Septembre 2006


Commentaires

1.Posté par ALI14 le 29/09/2006 22:49 | Alerter
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MERCI MONSIEUR MOHAMAD WALI . NOUS AVONS BESOINS DANS LES GOUVERNEMENTS ARABES D HOMME AUSSI COURAGEUX QUE VOUS QUI NE CRAIGNE PAS DE DIRE LA VERITE. ES SALAM

2.Posté par moncef le 13/11/2006 14:44 | Alerter
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Oui , alors que fait exactement l' Egipte??? depuis deja tres longtemps le gouvernement
Egiptien est totalement corrompu . Il veut etre le leadership des arabes , mais sa politique
pro-americaine contredit les aspirations des peuples arabes. L'Egipte recoit annuellement et
a fonds perdu quelques 3 milliards de dollars americains sans compter les gestes sur la
dette exterieure . Bien sur et c'est tant mieux , mais cela ne doit pas etre une conditionnalité
pour faire accepter n'importe quoi au moyen orient.

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