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L’évolution nucléaire de Barack Obama


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Andreï Fediachine
Jeudi 8 Avril 2010

L’évolution nucléaire de Barack Obama
Barack Obama a enfin rendu public le point de vue de son administration sur la puissance nucléaire des États-Unis qui s’appellera maintenant la «doctrine nucléaire d’Obama ». Ce document a été longtemps attendu : la publication de sa version ouverte au public (sa version complète sera soumise au Congrès) a été maintes fois reportée depuis décembre dernier. Mais il faut reconnaître que Barack Obama a effectivement progressé par rapport à George Bush fils dans l’élaboration du nouveau code de « comportement nucléaire » des États-Unis. Mais il n’a certainement pas "égalé" en courage Barack Obama qui avait prononcé il y a exactement un an, le 5 avril, un discours à Prague dans lequel il avait promis un contrôle sévère et des changements fondamentaux en matière de désarmement nucléaire, voire un monde sans armes nucléaires.
Certes, tout le monde comprenait qu’un monde dénucléarisé est aujourd’hui, même dans 10 à 20 ans, une utopie pure et simple. Mais après George Bush fils, il était tout de même agréable d’entendre tout cela de la bouche du nouveau président, le 44ème, des États-Unis.
La doctrine peut être considérée à juste raison comme révolutionnaire par rapport, disons, au mois d’août 1945. Si elle avait existé à cette époque-là, sous le président Truman, il n’aurait pu donner l’ordre de bombarder Hiroshima et Nagasaki. Dans la nouvelle doctrine, les États-Unis s’engagent à ne pas employer les armes nucléaires contre les pays qui n’en ont pas, si ces pays respectent le régime de non-prolifération des armes nucléaires et s’ils ne représentent pas une « menace critique » pour les États-Unis. Les deux dernières dispositions semblent concerner directement l’Iran et la Corée du Nord qui continuent à exciter le monde par leurs programmes nucléaires.
N’importe quels changements de la stratégie nucléaire des États-Unis sont toujours un mal de tête assez sérieux pour toute administration. L’administration actuelle ne fait pas d’exception à cette règle. Les « idées nucléaires d’Obama » n’ont pas plu aux républicains, car il a promis dans le document de ne pas développer de nouvelles ogives nucléaires et de se contenter de moderniser celles qui existent déjà.
Les partisans du désarmement estiment, au contraire, que l’Obama dans la nouvelle doctrine efface presque l’Obama du « discours de Prague ». Pour eux, le nouveau document n’est nullement une révolution, mais un pas en avant, naturel, dans l’évolution consécutive à l’époque de George Bush fils avec son rejet presque total du désarmement nucléaire, du contrôle réel, et non pas déclaré, du contrôle des armes nucléaires, le droit aux mini-guerres nucléaires et à la non-prolifération nucléaire imposée par des frappes nucléaires préventives portées en représailles. Il ne s’agit pas encore de désarmement, mais d’un pas en avant assez assuré dans le domaine du contrôle des armes nucléaires.
Parmi ces constatations, on peut citer une disposition de la doctrine qui stipule notamment : « Ce qui représente une menace pour les États-Unis et la sécurité internationale, ce n’est plus désormais l’opposition nucléaire des puissances, mais le terrorisme nucléaire des extrémistes et la prolifération des armes nucléaires dans des États de plus en plus nombreux ».
Mais il faut rendre ce mérite à Obama. Il fallait du courage pour élaborer cette nouvelle doctrine de la part d’un président américain et pour Obama, premier président démocrate noir, une double dose de courage. Il a déjà presque renversé tout le système d’assistance médicale aux États-Unis, ce qu’aucun président n’a pu faire ces cent dernières années. Et voici qu’il proclame le non-emploi de la bombe contre ceux qui n’en ont pas (avec quelques réserves toutefois) ; la Russie nucléaire ne représente plus la menace principale et la Chine nucléaire non plus, la décision de ne pas créer de nouvelles ogives, l’accent mis sur le perfectionnement des armements conventionnels, la volonté d’interdire tous les essais nucléaires, le rejet des plans Bush de créer de nouveaux types d’armes nucléaires. Jouer avec des notions aussi sensibles pour l’oreille de tout Américain comme la « sécurité nationale » et « la force de la première puissance mondiale », d’autant plus dans les conditions de l’opposition républicaine croissante, cela implique une certaine détermination, et il semble bien qu’Obama n’en manque pas.
Certes, il a dû faire un compromis envers Robert Gates, son Secrétaire à la Défense hérité de George W. Bush. Robert Gates et, naturellement, le Pentagone n’ont consenti à « ne pas développer » de nouveaux types d’ogives et de cesser les essais que lorsque Obama leur a promis d’accroître les crédits pour le « budget nucléaire ». L’argent sera dépensé pour le maintien de la capacité de combat, de la sécurité, des propriétés techniques adéquates et la modernisation des ogives nucléaires existantes.
En ce qui concerne le « non-emploi » des armes nucléaires contre les pays non nucléaires, Obama ne l’a pas exclu totalement. Il serait vain d’attendre que le président américain se prive si simplement du droit d’employer les armes nucléaires là où il le jugera nécessaire. Le Pentagone n’y consentirait jamais. Tout simplement ; il a « fermé la fenêtre » qui permet d’atteindre le bouton. A en juger par les reports de la publication, Obama a dû louvoyer, faire des concessions au département de défense et tenir compte de l’état d’esprit des républicains au Sénat qui devra ratifier le nouveau traité START. Un comportement nucléaire trop radical enterrerait cette ratification.
Les États-Unis n’ont pas non plus renoncé à la création d’une défense antimissile pour eux-mêmes et leurs amis. Bref, Dmitri Medvedev et Barack Obama auront matière à discussion le 8 avril à Prague.
 
Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.


Jeudi 8 Avril 2010


Commentaires

1.Posté par christian le 08/04/2010 16:11 | Alerter
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Que de bla-bla stérile. La politique nucléaire d'Obama est la même que celle de Bush et prédecesseurs, seule la forme change, ce qui est typique de l'ère Obama, qui maitrise mieux que Bush le double-discours orwellien. Prétendre qu'Obama est déterminé est absurde. Même sur l'assurance maladie, il a fait en coulisses et bien avant le débat de petits arrangements, au détriment du peuple et à l'avantage des grandes assurances, comme renoncer à l'option publique tout en prétendant la défendre.
On entend ça trop souvent: Obama voudrait faire plus, mais le pauvre, il ne peut pas à cause d'un congrès rétif et de diverses influences. C'est ridicule et totalement faux. D'abord, les démocrates diposent d'une grande majorité au congrès, et Obama a lui-même choisi de garder Gates au ministère de la guerre. Obama n'est là que pour poursuivre les politiques impérialistes et criminelles de ces prédecesseurs, qu'il a d'ailleurs dépassé en lacheté, arrogance et cruauté, tout en donnant une image meilleures de USA.
En bref, la politique n'a pas changé: les USA se résevent le droit d'agresser qui ils veulent avec les armes qu'ils veulent, uniquement la réthorique à changé. Car que veut dire d'autre le "nous n'attaquerons pas les nations non-nucléaires et signataires du TNP, sauf si nous en décidons autrement".
Ouvrez les yeux, et cessez donc de défendre ce sinistre personnage, cet homme de paille, d'intelligence médiocre, qu'on ne peut plus opportuniste, pusillanime et ayant une passion maladive des guerres états-uniennes (il n'a fait que défendre les guerres états-uniennes lors de son discours de réception du prix nobel de la paix. Mais la guerre, c'est la paix pour grand nombre d'occidentaux) et qui à renoncé à la vérité le jour où il à renvoyé son pasteur, l'excellent révérend Jérémy Wright. Obama est un maître de l'illusion (notez, c'est facile avec un public tel que le public occidental, nourri à la propagande, au racisme et à l'euro-centrisme ou exceptionnalisme)

2.Posté par Marco le 08/04/2010 16:34 | Alerter
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christian ben que dire de plus tres bien résumé.
Tu pourrais nous en laisser un peu lol.

C est affligeant quand on sait que encore des gens voit encore obama comme le sauveur du monde malgré tous les mensonges et les tromperies qui se trouvent derrière nous!!! notre monde est frappé par l 'amnésie et l' aliénation.

Discuter avec quelqu un qui a perdu l'usage de la raison est comme essayé de soigner un mort.(Thomas Payne)


3.Posté par Alif le 08/04/2010 17:13 | Alerter
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Est ce que l'auteur de cet article est serieux et sait-il de quoi il parle,peut etre ignore-il que son analyse politique ne respecte aucune regle fondamentale de l'entendement et de la logique.On peut facilement s'apercevoir du sophisme son discourt quand il ecrit : " Mais il(G.Bush) n’a certainement pas "égalé" en courage Barack Obama qui avait prononcé il y a exactement un an, le 5 avril, un discours à Prague dans lequel il avait promis un contrôle sévère et des changements fondamentaux en matière de désarmement nucléaire, voire un monde sans armes nucléaires."
" La doctrine peut être considérée à juste raison comme révolutionnaire par rapport, disons, au mois d’août 1945."
Mon oeil.


L'article de Mr Andreï Fediachine n'est que de la poudre aux yeux,que repondera t-il à
Manlio Dinucci Géographe et géopolitologue qui vient de publier un article sur Volternet.org où on pourait lire :
"Alors que les Etats-Unis et la Russie renforcent discrètement leurs budgets et leurs arsenaux nucléaires, ils s’apprêtent à annoncer la signature d’un nouveau traité de réduction de leurs armes stratégiques. Ce fossé entre la réalité et la communication politique n’est pas nouveau. Manlio Dinucci et Tommaso Di Francesco invitent à ne pas en être dupes. Les grandes puissances poursuivent leur ancienne politique."

" Boeing vient d’annoncer qu’il était prêt à produire en 30 mois des missiles globaux hypersoniques. Le projet X-51, aurait été testé avec succès par le constructeur. Selon lui, il permettrait de frapper n’importe quel Etat dans le monde en mois d’une heure. Le Pentagone envisage de dépenser 500 millions de dollars pour en vérifier les capacités, avant d’en passer commande à grande échelle. "

Poudre aux yeux
Nouveau traité START et vieille politique de puissance
par Manlio Dinucci*, Tommaso di Francesco


4.Posté par Alexandre le 08/04/2010 20:24 | Alerter
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Soyons vigilants. C'est encore une autre ruse de la part des USA dirigés par le sionistes.

5.Posté par Alexandre le 08/04/2010 20:25 | Alerter
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Les USA possèdent environs 66500 bombes atomiques.

6.Posté par Alexandre le 08/04/2010 20:27 | Alerter
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Les bombes atomiques n'ont plus la côte.

7.Posté par Kevin le 08/04/2010 21:26 | Alerter
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Obama est encore pire que Bush.

8.Posté par souficent le 09/04/2010 15:11 | Alerter
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on dit chez nous: quant tu tues ton chien en rage, un de quelqu'un d'autre te mordura.
tout cela n'est k'1 jeu de cache cache et ça finira mal. une fin approche mais on voit pas clairement.

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