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L’évolution des rapports de force internationaux (Entretien avec Thierry Meyssan)


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Dans un entretien accordé à l’association Égalité et Réconciliation, Thierry Meyssan décrit les composantes et les projets de la nouvelle administration états-unienne. Selon lui, après la parenthèse Bush-Cheney de la guerre en Irak, Washington revient aujourd’hui au consensus post-11-Septembre et à ses contradictions des années 2001-02. Mais l’épuisement militaire en Irak et la crise financière à Wall Street obligent l’Empire à repenser les stratégies et les délais pour poursuivre la globalisation.


Jeudi 16 Avril 2009

L’évolution des rapports de force internationaux (Entretien avec Thierry Meyssan)

E&R : Thierry Meyssan, on ne vous voit plus en France, que devenez-vous ?

Thierry Meyssan : Je vis actuellement au Liban. Après l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, j’ai été directement menacé par de hauts fonctionnaires français. Des amis au ministère de la Défense, m’ont informé que les États-Unis me considèrent comme un danger pour leur sécurité nationale. Dans le cadre de l’OTAN, ils ont demandé aux services alliés de me neutraliser et certains Français semblaient vouloir faire du zèle. J’ai donc pris la décision non seulement de quitter la France, mais la zone OTAN. Après avoir erré de Caracas à Damas en passant par Moscou, je me suis fixé à Beyrouth où je me suis placé au service de la Résistance.

E&R : Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Thierry Meyssan : Je travaille actuellement à un livre d’analyse sur l’administration Obama, ses origines, sa composition, ses projets etc. Une première édition, limitée à quelques exemplaires, sera adressée à quelques leaders le mois prochain. Puis une édition grand public sera publiée dans diverses langues à l’automne. Je vis exclusivement de ma plume et je collabore à des journaux ou magazines dans le domaine de la politique internationale, au Proche-Orient et en Russie.

E&R : Quelle analyse faite vous de l’évolution de la politique américaine ?

Thierry Meyssan : Aujourd’hui se dégage un relatif consensus sur le constat d’échec de la politique Bush, le surdéploiement militaire, les conséquences néfastes de l’unilatéralisme sur les relations avec les alliés et la perte de leadership. À partir de 2006, James Baker et Lee Hamilton, qui présidaient une commission créée par le Congrès pour évaluer la stratégie en Irak, ont milité en faveur d’un retour à une position plus sage. Ils ont préconisé un retrait d’Irak et un prudent rapprochement avec les pays riverains (Syrie, Iran) indispensable pour éviter que le départ des GI’s ne tourne à la débâcle, comme au Vietnam. Ils ont fait tomber la tête de Donald Rumsfeld, et ont imposé un membre de leur commission, Robert Gates, pour lui succéder. Mais s’ils ont gelé la politique de « remodelage du Grand Moyen-Orient », ils ne sont pas parvenus à y faire renoncer George Bush et Dick Cheney ; raison pour laquelle il a fallu organiser une rupture avec Barack Obama.

En réalité Obama avait été lancé dans la course au Sénat fédéral et à la présidence dès 2004. Il a fait son entrée en scène lors de la convention démocrate pour l’investiture de John Kerry. Il n’était alors qu’un obscur parlementaire de l’Assemblée de l’Illinois, mais il était déjà encadré et entrainé par Abner Mikva et ses hommes (Jews for Obama) et soutenu par la finance anglo-saxonne (Goldman Sachs, JP Morgan, Excelon…). Les multinationales inquiètes de perdre des parts de marché au fur et à mesure de la montée de l’anti-impérialisme (Business for Diplomatic Action), les partisans de la Commission Baker-Hamilton, les généraux en révolte contre les aventures erratiques des néo-conservateurs, et d’autres encore, se sont progressivement ralliés à lui.

Les Français croient souvent que le président des États-Unis est élu au second degré par de grands électeurs. C’est faux. Il est élu par un collège dont les membres sont désignés par des notables. En 2000, la Cour suprême a rappelé que le vote des citoyens n’était que consultatif et que le gouverneur de Floride pouvait nommer les délégués de son État au collège électoral présidentiel sans même attendre le dépouillement du scrutin général.
Dans ce système oligarchique, il y a un parti unique avec deux courants : les républicains et les démocrates. Juridiquement, ils ne forment pas des entités distinctes. Ainsi, ce sont les États qui organisent les primaires, pas les pseudos-partis. Il n’y a donc rien de surprenant à ce que Joe Biden et Barack Obama soient l’un et l’autre de vieux amis de John McCain. Ainsi, McCain préside l’Institut Républicain International, un organe du département d’État chargé de corrompre les partis de droite dans le monde ; tandis qu’Obama travaille au sein de l’Institut Démocrate National, présidé par Madeleine Albright et chargé de la corruption des partis de gauche. Ensemble, Obama, McCain et Albright ont participé à la déstabilisation du Kenya, lors d’une opération de la CIA pour imposer un cousin d’Obama comme Premier ministre.

Tout ceci pour dire qu’Obama n’est pas sorti de nulle part. C’est un spécialiste de l’action secrète et de la subversion. Il a été recruté pour faire un travail bien précis.

Si les objectifs de la coalition hétéroclite qui le soutient sont globalement les mêmes, il n’existe pas de consensus dans le détail entre ses composantes. Ceci explique l’incroyable bataille à laquelle ont donné lieu les nominations et l’aspect toujours équivoque des discours d’Obama.

Quatre pôles se livrent bataille :

Le pôle Défense, autour de Brent Scowcroft, des généraux opposés à Rumsfeld et bien sûr de Robert Gates, aujourd’hui le véritable maître à Washington. Ils préconisent la fin de la privatisation des armées, une sortie « honorable » d’Irak mais la poursuite de l’effort états-unien en Afghanistan pour ne pas donner l’impression d’une débandade, et enfin un accord avec les Iraniens et les Syriens. Pour eux, la Russie et la Chine restent des rivaux qu’il faut isoler et paralyser. Ils abordent la crise financière comme une guerre au cours de laquelle ils vont perdre des programmes d’armement et diminuer le format des armées, mais doivent maintenir une supériorité relative. Peu importe qu’ils perdent en puissance, s’ils restent les plus forts.

Les départements du Trésor et du Commerce, autour de Tim Geithner et Paul Volcker, les protégés des Rockefeller. Ils sont issus de la Pilgrim’s Society et s’appuient sur le Groupe des Trente, le Peterson Institute et la Commission trilatérale. Ils sont soutenus par la reine Elizabeth II et veulent sauver à la fois Wall Street et la City. Pour eux la crise est un coup dur puisque les revenus de l’oligarchie financière sont en chute libre, mais c’est surtout une occasion rêvée de concentrer le capital et de piétiner les résistances à la globalisation. Ils sont obligés temporairement de réduire leur train de vie pour ne pas susciter de révolutions sociales, mais ils peuvent simultanément s’enrichir en rachetant des fleurons industriels pour une bouchée de pain. Sur le long terme, ils ont le projet d’instaurer —non pas un impôt mondial sur le droit de respirer, ce serait grossier—, mais une taxe globale sur le CO2 et une Bourse des droits d’émission —ce qui revient à peu prés au même en paraissant écolo—. Contrairement au Pentagone, ils militent pour une alliance avec la Chine, du fait notamment qu’elle détient 40 % des bons du Trésor US, mais aussi pour empêcher l’émergence d’un bloc économique extrême-asiatique centré sur la Chine et drainant les matières premières africaines.

Le pôle du département d’État autour d’Hillary Clinton, une chrétienne fondamentaliste, membre d’une secte très secrète, la Fellowship Foundation (dite « La » Famille). C’est le refuge des sionistes, l’ultime réserve des néo-conservateurs en voie de disparition. Ils préconisent un soutien inconditionnel à Israël, avec une pointe de réalisme car ils savent que l’environnement a changé. Il ne sera plus possible de bombarder le Liban comme en 2006, car le Hezbollah dispose maintenant d’armes anti-aériennes performantes. Il ne sera plus possible de pénétrer dans Gaza comme en 2008 car le Hamas a acquis des missiles anti-char Kornet. Et si les États-Unis ont du mal à payer les factures de Tel-Aviv, il est peu probable que les Saoudiens pourront y suppléer sur le long terme. Il faut donc gagner du temps, au besoin par quelques concessions, et trouver une utilité stratégique à Israël.
La principale mission de Madame Clinton, c’est d’améliorer l’image des États-unis, non plus en faisant des relations publiques (c’est-à-dire en justifiant la politique de Washington), mais par la publicité (c’est-à-dire en vantant les qualités réelles ou imaginaires du modèle US). Dans ce contexte, les sionistes devraient pousser le projet Korbel-Albright-Rice de transformation de l’ONU en un vaste forum impotent et de création d’une organisation concurrente, la Communauté des démocraties, appuyée sur son bras armé, l’OTAN. Pour l’heure, ils sont occupés à saboter la conférence de Durban II qui, au lieu de célébrer la « seule démocratie du Proche-Orient », dénonce le régime d’apartheid au pouvoir à Tel-Aviv.
Avec le secrétaire d’État adjoint, James Steinberg, ils envisagent la crise financière comme un Blitzkrieg. Il va y avoir beaucoup de casse, mais c’est le moment de détruire des rivaux et de s’emparer par surprise de leviers de commande. Leur problème n’est pas d’accumuler des richesses par des achats et des fusions, mais d’imposer leurs hommes partout dans le monde aux ministères des Finances et à la tête des institutions bancaires.

Enfin le Conseil National de Sécurité sur s’exerce l’influence de Zbignew Brzezinski, qui fut le professeur d’Obama à Columbia. Celui-ci devrait abandonner son rôle traditionnel de coordination pour devenir un véritable centre de commandement. Il est dirigé par le général Jones, qui a été suprême commandeur de l’OTAN et a porté l’Africa Command sur les fonds baptismaux. Pour eux, la crise financière est une crise de la stratégie impériale. C’est l’endettement faramineux souscrit pour financer la guerre en Irak qui a précipité l’effondrement économique des États-Unis. Contrairement à 1929, la guerre ne sera pas la solution, c’est le problème. Il faut donc mener trois desseins simultanés : forcer les capitaux à rentrer aux États-Unis en cassant les paradis fiscaux concurrents et en déstabilisant les économies des pays développés (comme cela a été testé en Grèce) ; maintenir l’illusion de la puissance militaire US en poursuivant l’occupation de l’Afghanistan ; et étouffer les alliances naissantes Syrie-Iran-Russie, et surtout Russie-Chine (Organisation de coopération de Shanghai). Le Conseil va privilégier toutes les formes d’action clandestine pour donner au Pentagone le temps nécessaire à sa réorganisation.

Obama essaie satisfaire tout le monde d’où la confusion ambiante.

E&R : Comment voyez-vous évoluer la situation au Proche-Orient, au regard de cette nouvelle administration ?

Thierry Meyssan : Il y a consensus sur un point : Washington doit faire baisser la tension dans cette région, sans pour autant abandonner Israël. Deux options sont sur la table, mais quelle que soit celle qui sera mise en œuvre, elle requiert d’être signée par les courants les plus radicaux. C’est pourquoi Washington a encouragé un gouvernement Netanyahu-Lieberman en Israël et laissera le Hamas et le Hezbollah gagner les prochaines élections dans les Territoires palestiniens et au Liban.

Le premier scénario, imaginé par Zbignew Brzezinski prévoit simultanément la reconnaissance d’un État palestinien et la naturalisation des réfugiés palestiniens dans les pays où ils se trouvent. Le tout arrosé d’argent pour indemniser les États absorbant les réfugiés et pour développer Gaza et la Cisjordanie. En outre, le maintien de cette paix serait assuré par une force d’interposition de l’OTAN, sous mandat de l’ONU. Ce plan a le soutien de Nicolas Sarkozy.
La seconde approche est plus rude pour les deux protagonistes. Elle préconise de contraindre les Israéliens à abandonner leurs revendications les plus extravagantes ; tandis qu’elle obligerait les Palestiniens à considérer que la Jordanie est leur patrie naturelle. Ce serait une paix plus économique pour Washington et viable sur le long terme, même si elle serait dure à accepter par les uns et par les autres, et qu’elle impliquerait au passage la fin de la monarchie hachémite. Cette formule est notamment poussée par l’ambassadeur Charles Freeman que le lobby sioniste vient de contraindre à démissionner de la présidence du Conseil National du Renseignement, mais qui dispose de solides appuis dans l’appareil d’État.

E&R : Selon vous, quelle formule d’imposera ?

Thierry Meyssan : Aucune parce que la crise économique sera d’une telle ampleur qu’elle conduira à mon sens à une dislocation des États-Unis et à la fin de l’État d’Israël.

Washington va devoir revoir une nouvelle fois ses ambitions à la baisse. Il va probablement se replier sur le maintien du statu quo. Son action se limitera à empêcher de nouveaux acteurs de prendre sa place.

E&R : Que préconisez-vous à titre personnel ?

Thierry Meyssan : Les cinq millions de juifs, les neuf millions de Palestiniens, et les autres populations de Palestine, doivent se retrouver au sein d’un État unique sur le principe « un homme, une voix ». C’est du reste à mon sens la seule solution qui évite à terme l’expulsion des juifs. Il faut se souvenir de l’apartheid en Afrique du Sud, dont certains annonçaient que sa remise en cause provoquerait l’expulsion ou l’extermination des blancs. On connaît la suite. La mort d’Arafat n’est pas un obstacle car il existe d’autres Mandela en Palestine. Le vrai problème est de trouver un De Clerk coté Israélien. Le Hamas soutiendrait sans aucun doute une telle solution, car elle aurait l’assentiment du peuple.
Plus on repousse les échéances, plus on rend une solution pacifique difficile. La CIA étudie d’ailleurs le scénario catastrophe avec un soulèvement sanglant qui chasserait 2 millions de juifs vers les États-Unis.

E&R : Quid selon vous de la Syrie et l’Iran ? Pensez-vous la guerre possible ?

Thierry Meyssan : Je ne pense pas que les accords secrets conclus entre les militaires US, la Syrie et l’Iran soient remis en cause : les États-Unis n’en ont ni les moyens, ni même la volonté.

En premier lieu, ils savent que la menace nucléaire iranienne est une intox qu’il ont eux-mêmes fabriquée comme ils avaient inventé les armes de destruction massive irakiennes. Au demeurant, l’imam Khomeiny avait condamné la fabrication et l’usage de la bombe atomique comme immorales et on ne voit pas quels groupes seraient capables en Iran de passer outre un tel commandement.
Deuxièmement, la politique de George Bush a poussé Téhéran et Damas dans les bras de Moscou qui prépare d’ailleurs une grande conférence internationale sur la paix au Proche-Orient. C’est désormais une priorité pour Washington de démanteler cette alliance naissante et de tenter de ramener l’Iran et la Syrie dans son orbite. Il est bien sûr probable que ces derniers feront monter les enchères et se garderont de basculer d’un côté ou de l’autre.
Enfin, les États-Unis ont le sentiment de l’urgence. Leur économie s’effondre et ils n’auront peut-être plus longtemps la possibilité de défendre Israël au prix fort. D’autant que Tsahal n’est plus ce qu’elle était. L’armée israélienne n’est plus invincible. Elle a accumulé les échecs au Liban, à Gaza et aussi, ne l’oublions pas, en Géorgie.

E&R : Vous vivez, on l’a vu, au Liban, quelle est la situation là bas ?

Thierry Meyssan : L’Alliance nationale regroupée autour du Courant patriotique libre de Michel Aoun et du Hezbollah d’Hassan Nasrallah va gagner les prochaines élections, cela ne fait pas de doute, si elles peuvent se tenir librement. La famille Hariri ne survivra que tant que les grandes puissances compteront sur elle pour prélever des impôts et faire payer par le peuple la dette extérieure du Liban, alors même que celle-ci provient pour moitié de l’enrichissement illicite des Hariri. Le criminel de guerre Walid Joumblatt —vice-président de l’Internationale socialiste, excusez du peu—, ou encore les néo-fascistes comme le tueur pathologique Samir Geagea, vont être lâchés par leurs sponsors. Ces exécuteurs de basses œuvres ont perdu leur efficacité et ne sont plus présentables.
Le Tribunal spécial pour le Liban chargée d’instruire l’affaire Hariri et divers assassinats politiques va soit se faire oublier, soit donner lieu à un coup de théâtre. Il a été conçu comme une machine de guerre pour accuser la Syrie, la placer au ban de la communauté internationale et la désigner comme cible militaire. Je sais que des éléments nouveaux lui sont parvenus dans les dernières semaines. Ils disculpent la Syrie et placent l’Arabie Séoudite sur la sellette. C’est à cette aune qu’il faut apprécier la reprise en main de l’Arabie saoudite par le roi Abdallah et le limogeage des ministres qui ont financé la lutte contre le Hezbollah et le Hamas. Pour revenir aux élections législatives libanaises de juin, la question est de savoir si l’on s’oriente vers une victoire de la Résistance à 55 ou à 70 %. Cela dépendra essentiellement de l’apparition ou non d’une nouvelle force chrétienne de division et de diversion autour du président Sleimane. En définitive, les collaborateurs des États-Unis et d’Israël négocieront peut-être un compromis tant qu’ils sont en position de le faire. On se dirigerait alors vers la désignation d’un milliardaire comme Premier ministre (Saad Hariri ou un autre), mais à la tête d’un gouvernement entièrement contrôlé par la Résistance nationale. Ce serait une formule très orientale : les honneurs et la lumière pour les perdants, tandis que le vrai pouvoir resterait dans l’ombre. L’intérêt de cette solution serait de déligitimer toute intervention militaire contre le Liban.

E&R : Vous êtes désormais très connu en Russie, où vous avez rassemblé près de 30 millions de téléspectateurs à l’occasion d’une émission sur le 11 septembre. Comment appréciez-vous la situation de la Russie ?

Thierry Meyssan : Paradoxalement, malgré la victoire militaire et diplomatique en Géorgie, la Russie traverse une passe difficile. Après la guerre du Caucase, les banques anglo-saxonnes ont encouragé les oligarques à punir Moscou en déplaçant leurs capitaux vers l’Ouest. Puis, les Anglo-Saxons ont poussé les dirigeants ukrainiens à trahir leur intérêt national et à couper les gazoducs lors des négociations sur les prix. Le Kremlin, qui croyait être maître du jeu et avoir l’initiative de ces coupures, s’est fait piéger. La perte de deux mois de chiffre d’affaire a dévoré les réserves monétaires. Le tout a provoqué une chute affolante du rouble alors que la crise mondiale fait baisser le prix des matières premières et donc les revenus de la Russie.

Medvedev et Poutine ont évalué cette situation de faiblesse avec beaucoup de sang-froid. Ils connaissent les atouts dont ils disposent, notamment la supériorité technologique de leur industrie d’armement sur celle des États-Unis. Ils sont convaincus que les États-Unis ne se relèveront pas de la crise, mais se disloqueront à moyen terme comme le Pacte de Varsovie et l’URSS dans les années 89-91. Ils espèrent donc inverser les rôles. Malgré la période de vaches maigres, ils équipent leurs armées avec les nouveaux matériels, et ils attendent sans broncher l’effondrement de l’Ouest. Publiquement ou en sous-main selon les cas, ils équipent tous les adversaires des États-Unis des dernières armes disponibles, du Proche-Orient que j’ai évoqué tout à l’heure au Venezuela. Économiquement, ils ont fait le choix de construire des voies commerciales vers la Chine, tout autant que vers l’Europe occidentale, dont ils observent avec regret l’asservissement obstiné aux Anglo-Saxons.

Cette situation peut avoir d’importantes conséquences au plan interne, où s’affrontent l’ancienne et la nouvelle génération. Les anciens ont un fort tropisme américain, quand les jeunes affichent un patriotisme décomplexé. Paradoxalement, les élites issues de Saint-Petersbourg sont historiquement favorables à un arrimage européen de la Russie, au contraire des Moscovites dont la vision est plus eurasiatique. Or Poutine et Medvedev, tous deux de Saint-Petersbourg, partagent cette vision eurasiatique. Ils rêvent la Russie en protecteur de l’Islam et l’ont faite entrer, comme observatrice, à l’Organisation de la conférence islamique. Tout en valorisant le Patriarcat orthodoxe, ils ont placé des musulmans à de nombreux postes à haute responsabilité —le contraste avec la France est flagrant—. Même si le traumatisme du démantèlement de la Yougoslavie et des deux guerres de Tchétchénie reste fort et que la vague de racisme qui s’en est suivie n’est toujours pas maîtrisée, la Russie a fait le choix de la civilisation et pris le chemin de la synthèse entre l’Europe et l’Asie.

Si la Russie parvient à traverser les toutes prochaines années de graves turbulences internationales sans être trop affectée, elle se retrouvera en position d’arbitre dans un monde multipolaire.

E&R : Continuons cet intéressant tour du monde géopolitique avec la Chine…

Thierry Meyssan : Je m’interroge sur leur stratégie. Pourquoi ces achats massifs de bons du Trésor US ? Pékin a pris l’initiative d’un rapprochement avec Moscou à travers l’Organisation de coopération de Shanghai. Beaucoup de contentieux ont été soldés. En retour, les Russes ont accepté de vendre de l’énergie à un tarif préférentiel aux Chinois et demandé un contrôle plus strict de l’émigration chinoise en Sibérie. La logique aurait voulu que les deux grands se renforcent mutuellement en refusant le dollar comme monnaie d’échange international. Mais Pékin répugne à choisir son camp et ne veut pas froisser Washington. Les Chinois mènent une stratégie douce de renforcement de leurs alliances tous azimuts. Cela me paraît un peu étrange, car cela pourrait leur couter cher. Les USA pourraient les emporter dans leur effondrement prévisible.

Au passage, permettez-moi de dire mon agacement face à la stupide dénonciation des violations des Droits de l’homme en Chine. Ils sont sans aucun doute possible beaucoup mieux respectés par Pékin que par Washington—ce qui n’est pas une excuse pour ne pas s’améliorer, mais relativise ces accusations—. Et qu’on arête de dire que le Tibet a été annexé par la Chine en 56, alors qu’il a été repris par les communistes chinois aux Chinois de Tchang Kaï-Chek.

E&R : Un mot sur l’Amérique du Sud avant de revenir à la France ?

Thierry Meyssan : Au-delà de la tendance à l’unification, des stratégies se sont affirmées face à l’impérialisme. Mais l’affaiblissement, en attendant plus, des États-Unis crée une nouvelle situation et peut inciter certains à rebattre leurs cartes. La protection des économies nationales revient au premier plan des préoccupations. Paradoxalement, les États qui souffrent de sanctions sont mieux armés pour résister à la crise. C’est notamment le cas de Cuba, du Vénézuela, de la Bolivie ou de l’Équateur —comme c’est le cas de la Syrie et de l’Iran au Proche-Orient—. Gageons que nouvelles institutions nationales vont se développer, parallèlement à la Banque du Sud. C’est la revanche de l’Histoire.

E&R : La France enfin, ou plus exactement la France de Sarkozy…

Thierry Meyssan : La France est une vieille nation que l’on ne peut manœuvrer en tous sens. Elle a un passé glorieux et s’identifie à un idéal. Souvent elle s’en écarte, mais toujours elle y revient. Elle traverse aujourd’hui une mauvaise période car elle est gouvernée par le « parti de l’étranger ». Ses dirigeants font le mauvais choix, dans la plus mauvaise période. Ils ont décidé de placer les armées sous le commandement de l’OTAN, concrètement sous celui du général Banz Craddock, le criminel qui créa le centre de torture de Guantanamo. Et cette trahison, ils l’ont décidée au moment où les États-Unis s’enfoncent dans la crise. Ils placent la France à la remorque d’un bateau qui sombre au risque de l’entraîner dans son naufrage.

Leur servilité ne les pousse pas uniquement à vassaliser les armées, mais aussi à transformer en profondeur la société française pour la cloner sur le « modèle » américain. C’est vrai dans le domaine économique, avec la remise en cause des services publics, mais également dans les domaines de la justice ou de l’éducation, de la discrimination positive et j’en passe.
Sarkozy n’est ni de droite ni de gauche, il imite les yankees.

Comme je l’ai expliqué de manière détaillée dans un dossier du magazine russe Profile [1], il satisfait trois forces : les Anglo-Saxons, la mafia et la banque Rothschild. Ces gens sont conscients depuis plusieurs années de l’essoufflement des États-Unis et pensent garantir le pouvoir de l’oligarchie financière globale en rééquilibrant l’Empire : il aurait deux piliers, un états-unien et un européen, tandis que le Royaume-Uni en serait la charnière. C’est ce projet que sert Nicolas Sarkozy depuis son élection. C’est lui qui l’a conduit à casser le couple franco-allemand et à se rapprocher des Anglais, puis qui l’a conduit à proposer diverses réorganisations de l’Union européenne, notamment la création d’un gouvernement économique. Ceci aura pour conséquence de nous rendre beaucoup plus vulnérables aux convulsions US.

Pourtant, la France est toujours attendue, et pas seulement dans le monde francophone. Nous sommes ce pays hors norme qui a proclamé la souveraineté populaire. On sous-estime totalement en France le degré de ridicule de Nicolas Sarkozy et de sa clique aux yeux du reste du monde. Sarkozy apparaît comme un agité vantard, un instable bourré de tics, jouant la mouche du coche dans tous les conflits internationaux possibles, et servant à ses frais de poisson-pilote aux changements d’humeur de Washington.

Reconstruire une alternative prendra hélas du temps, mais ce n’est pas une raison pour y renoncer.


Propos recueillis par Égalité et Réconciliation, fin mars 2009.



[1] « ОПЕРАЦИЯ САРКОЗИ », par Thierry Meyssan, Profile, 16 juin 2008. Version française : « Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française », Réseau Voltaire, 19 juillet 2008.

http://www.voltairenet.org/article159698.html



Vendredi 17 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par dik le 16/04/2009 19:07 | Alerter
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Un tour d'horizon intéressant. De bonnes et de mauvaises perspectives, selon la position où on se trouve.
T. Meyssen a été l'un des premiers à douter de la version officielle du 11/9 et sa vision est de plus en plus renforcée. Merci pour cet article.

2.Posté par h.elf le 16/04/2009 20:48 | Alerter
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La France va devenir comme les états arabes,ses bons éléments commence à s'exiler.

3.Posté par bizboy le 16/04/2009 22:04 | Alerter
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une petite synthese bien fluide! pas mal;;;;!!!!!

4.Posté par Gabriel le 16/04/2009 23:03 | Alerter
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OBAMA... c'était trop beau pour être vrai...

Meyssan est un journaliste qui ose dire la vérité et voilà le prix qu'il paie...

Il nous permet en tout cas de faire la différence entre journalisme et propagande, entre journalistes et petits soldats aux ordres des puissances de l'argent.

Quand je lis Meyssan, j'ai honte pour tous les autres...

Si les médias étaient remplis de Meyssan, il est probable que notre pays ne serait pas gouverné par des corrompus.

Respect pour Thierry MEYSSAN.

5.Posté par redk le 17/04/2009 01:24 | Alerter
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Autant la tristesse de te voir exilée de ton pays, pour cause de travaille trop bien accomplie pour un État ou la servitude du journaliste doit être une règle, c'est toujours un plaisir que de te lire Thierry, si tu lis se poste je t'envoie mes meilleurs pensés de notre cité, de notre ville d'où tu te retrouve séparé et ou j'espère te revoir un jour.

6.Posté par kabbala le 17/04/2009 02:17 | Alerter
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une honte qu'un vrais français qui croit en cette république et ces valeurs soit exilé par des mafioso sionistes qui haïssent tout ce que cette république représente, non je suis pas triste car le liban est une belle contreé avec des gens magnifique mais je suis en colère

7.Posté par Fabienne le 17/04/2009 23:54 | Alerter
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OBAMA est certes manipulé et cadré, mais je pense qu'il n'a pas encore joué ses atouts
et que l'homme sera plein de surprises.
A mon avis il est une taupe dans ce nid de guêpes.


8.Posté par Le Kabyle le 18/04/2009 08:54 | Alerter
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Analyses d'une grande clairvoyance et lucidité .T.M. commence à devenir un visionnaire dans ce monde hyper-complexe et imprévisible car les bouleversements radicaux qui vont survenir qui peuvent des effets dévastateurs sur la géopolitique actuels .

9.Posté par massin le 18/04/2009 12:35 | Alerter
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Lecteur assidu du reseau voltaire j'ai un profond respect pour T.Meyssan,faut qu'il fasse attention car le mossad est au Liban en terrain conquis,il pourrai etre victime d'un attentat "sous fausse-banniere"specialité du mossad,et risquerai de finir comme R.Hariri.Ce que je ne lui souhaite pas car je kiff cet homme la qui pourtant ne fait qu'un "VRAI" travail de journalisme d'investigation,a croire qu'ils sont en voix de disparition ou plutot a la botte de l'axe "du bien"americano-sioniste.T.Meyssan un mec qui aime son pays ds lequel certains apatrides lui ont interdit l'entrée.C'est a tomber du ciel! comme dirai le sinistre Val.Tenez bon Mr meyssan,la roue tourne et de plus en plus de Francais commence a y voir clair ds leur jeu.

10.Posté par Anne Archist le 18/04/2009 19:16 | Alerter
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Toujours très intéressant et de lire (écouter) M. Meyssan.
Un peu court pour de si vastes sujet mais suffisamment synthétique et pragamatique même s'il faut mettre parfois un bémol.
La finance intenationale reprendra vite "ses droits" et sa puissance pour dicter sa politique tant que la spéculation, la création d'argent virtuel resteront prépondérants.
Pour la Russie et la Chine, c'est plus complexe encore : les russes sont des joueurs d'échec et les chinois de go et le mahjong avec la patience en prime !
Quant à la France, elle n'a plus les moyens de sa politique, en particulier au plan militaire ! Incapable de déplacer rapidement par voie aérienne des matériels lourds ou pas ! Beaucoup de vieux matériel hétéoclite au taux de disponibilté pitoyable. De plus, la CATA, le PA-CDG arrêté pour une durée indéterminée.
Et encore les troupes font-elles preuve du système D qui leur permet de fonctionner moins mal.

11.Posté par kamel le 18/04/2009 19:43 | Alerter
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merci pour cette belle analyse et encore félicitations à Thierry MEYSSAN pour son travail, son honnêteté et sachez que nous sommes nombreux à vous soutenir et nous vous encourageons à poursuivre votre travail au service de la vérité.
Que Dieu vous garde.

12.Posté par Anne Archist le 18/04/2009 20:19 | Alerter
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J'avais oublié pas l'essentiel mais pas loin : et Obama reste un états-unien
par construction.

13.Posté par Sylv@ymivision le 19/04/2009 06:36 | Alerter
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Le problème c’est qu’on est toujours derrière la dance de ce cirque, ce qui fait qu’on perd constamment au change du terrain sur eux, à cause du monde en général qui dort au gaz et qui sont perpétuellement sur le mode rêverie.

Le monde en général pour se réveiller ça prend toujours une éternité, ce qui fait, que sur l’échiquier, on n’est toujours battue par deux trois coup d’avance, encore avec Obama que ça nous plaisent ou non, c’est surement la même chose! Je sais que le monde veulent se raccrocher à quelque chose et c’est légitime en soit, mais, le problème est dans la façon de regardez les choses, cet à dire : à la bonne place!

Comment faire ça?

C’est une autre paire de manche.

Tant et aussi longtemps que le monde se fieront au gouvernement pour régler les problèmes on ne s’en remettra jamais, on sera toujours derrière, la preuve! leur plan avance toujours à pas de géant!

Le monde n’y voit toujours que du feu coup sur coup, je parle de la majorité des gens.
Finalement un autre problème de taille est la confiance des gens dans les médias il faudrait réussir à casser le joug qu’ils ont scrupuleusement et insidieusement intégré dans le système mondial mais je crois que ce n’est pas demain la veille!

Enfin j’ose espérer le contraire mais….. ?

Arrêtons de ce fier au beau discourt de ces loups c’est ça la clef.

14.Posté par Sylv@ymivision le 19/04/2009 18:41 | Alerter
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Il y a un autre problème je vais vous le dire c'est une devanture qui poursuit sa route depuis quelque temps comme un char d’assaut pour embrouiller la piste du ou des véritables coupables.

Le fameux sionisme utilisé a outrance à toute les à connotation Juive et Israël

«Le peuple»

On dirait que le monde; certain; essais de faire passé les Juifs
«Peuple ordinaire»

tous pour des Sionisme ce qui fausse totalement la donne on n'en oublie les Skull & bounds les illuminatis, les FM, les RC, alouette.

On n’en arrive à faire croire au gens que le monstre et que le monsieur tout le monde sont tous des sionismes le papa qui vit à la campagne exemple, en Israël qui élève ces enfants, pensez- vous réellement qu’il accorde de l’importance au Sionisme comme beaucoup se plaise à dénoncer de façon abusive?

Acquiesçant comme une poule pas de tête qui frappe partout sans savoir ou il frappe, pourvue qu’il frappe sur quelque chose ?

c’est aussi imbécile que de ce mettre dans la tête étant dans un bois remplie de moustique de partir en guerre contre eux à coup de poing pensant les vaincre de cette manière; s’acharnant sur le Sionisme, je dirait plutôt sur le mot «Sionisme» c’est exactement la même chose.

Certain rétorqueront j’en suis sûr «qui laisse faire est aussi coupable» je rétorquerai à cette personne disons qu’elle vienne de la France «peut importe», pourquoi ton gouvernement laisse t-il faire tout ça avec la collaboration de tous les autres pays?

Alors je vous accuse d’être tous coupable les français «disons» pour le Darfour ou Gaza, vous êtes tous des chiens maudit comme certains le disent des Sionismes qui en faite ce cache derrière ce mot comme des lâche pour ne pas montrer leur antisémite variable au grand jour selon leur coutume ou leur religion c’est facile à voir que tout ça est voulu et est une manipulation pur et simple.

Les Sionisme des Américains étasuniens sont les FM les Skull & bounds etc.
Les américains ne sont pas tous des FM à ce que je sache ou Skull & bounds etc.

Une société secrète c’est une société secrète autant pour les Juifs que pour chacun d’entre nous sur cette terre! haïr gratuitement, c’est facile, porté jugement, c’est facile! Trouver un coupable c’est facile!

Les américains (Bush) l'on fait le 11 sept 2001.

Quand on n’a déjà choisi notre camps d'avance sans en avoir calculé tout les tenants et aboutissants comme des moutons qui suit la vague de la religions demandons nous pas pourquoi on perd le contrôle.

En ce sens nous somme aussi coupable!

Cessons d’agir comme des ignares et regardons à la bonne place pour commencer! au lieu de focuser toujours les deux yeux dans le même trou sur les Sionismes comme des perdus; c’est une pogne!

«La pogne».

Sylv@ymivision

15.Posté par massin le 19/04/2009 21:47 | Alerter
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skulls 'n bones...plutot,trilateral.biderberg,cfr...

16.Posté par Sylv@ymivision le 20/04/2009 19:01 | Alerter
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Tout ça à la fois dans tout les sens! C’est tout relié ensemble et forme un tout si non il ne pourrait subsister.
Met les dans l'ordre que tu veux.

l'important premièrement est de savoir que cela existe.

Pas besoin de savoir parcoeur toute les rues de Paris en ordre pour savoir que Paris existe.

17.Posté par massin le 21/04/2009 02:07 | Alerter
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oui bien sur sylv@ymivision,autant pr moi, j'voulai juste corriger la phote d'ortographe que ta fait ta skulls 'n bones et au passage j'ai rajouter d'autres noms de sociétés secretes de satanistes.Pas d'soucis sylv@y,on est d'accord.
cordialement.

18.Posté par Sylv@ymivision le 21/04/2009 05:09 | Alerter
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perfecto amigo

19.Posté par Ann Archist le 21/04/2009 18:21 | Alerter
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Sylvie : peux-tu trduire "la pogne" ??? STP.
Du québécois ???
Merci

20.Posté par massin le 21/04/2009 18:43 | Alerter
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N'empeche que ce sont les illumiatis qui ont cree le sionisme,leur bras armé au "middle east " pour y piller les richesses minieres...et aboutir a la 3eme guerre mondiale.Sylv@ymivision,j'te conseille vivement,si s'n'est pas encore fait de faire des recherches sur la "LA LETTRE DE PIKE A MAZZINI" Tous deux ILLUMINATIS notoires.

21.Posté par Sylv@ymivision le 22/04/2009 08:07 | Alerter
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N'empêche que ce sont les illumiatis qui ont créé le sionisme

Tu l'as dit toi même ce sont les illumiatis qui ont créé le sionisme et non l'inverse et ce n’est pas nécessairement les juifs eux même, ils ne sont pas plus coupable en tant que peuple que les autres peuples qui y participent.

Premièrement les illuminatis veulent détruire les Juifs, ça ils le disent eux même.

Les illuminatis sont les même qui dans la bible sont décrit comme étant des pharisiens et à qui Jésus parlait et traitait d'hypocrite et de sépulcre blanchie.

La fameuse kabal.

Satan utilise la même tactique que pour les camps de concentrations qui prenait des juifs pour faire le sale boulot aux autres juifs.

À plus grande échelle ils utilisent des soit disant juifs comme PIKE et d’autre pantin pour humilier Dieu et son peuple, cela ce passe depuis des millénaires tout le monde le sait.

On focus à la mauvaise place !

On n’attaque pas une organisation comme on devrait on n’attaque un peuple.

La pogne c’est ça!

Et ça fonctionne !

Ils y a des cons dans chaque race et des bon, et la mienne y compris, faut pas se leurré le mot Sionisme laisse sous entendre par derrière le nom Juifs par inadvertance aux autre peuple et c’est ce qu’ils veulent! non!.

C’est une devanture soigneusement fignolé au fil des ans qui met les juifs en défaut et qui fait en sorte qu’ils se fassent haïr du reste du monde, c’est calculer et la bible le dit clairement que cela se produira à la toute fin, mais, elle dit également qu’ils ne réussiront pas toujours leur coup impunément, cela aura une fin.

Le mal sera vaincue totalement c’est la logique même, le diable le sait et les illuminatis s’en doute, mais ils sont trop inoculer par leur puissance et le mal pour être capable de s’en départir cela est incruster en eux de génération en génération depuis des millénaires.

N’essai pas de faire du pain avec du rock ou de la boue.

Dieu nous a donné tous les armes nécessaires pour maîtriser l’ennemie, mais les hommes ne veulent rien savoir et préfère de loin se foutée de sa greule que de les prendre en main ces armes! et de plus, cela demande de croire en lui, et d’obéir, vous avez remarquez dans quelle société nous vivons aujourd’hui?

Juste cela en dit long et pas besoin d’un dictionnaire pour comprendre cela!



22.Posté par Sylv@ymivision le 22/04/2009 08:13 | Alerter
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En passant une illuminatis de surnom Svalie et repentie dit que Pike est un pantin et n'est même pas le génie qui a écrit le livre dont tu parle et cela ne me surprend pas du tout.

23.Posté par Sylv@ymivision le 22/04/2009 08:17 | Alerter
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oupss j'oubliais «pogne» en Québécois signifie : attrape, leurre, fausse piste.

24.Posté par Ann Archist le 22/04/2009 21:34 | Alerter
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MERCI Sylvie

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