Géopolitique et stratégie

L'étau militaire américain se resserre autour de la Russie (Vremia novosteï)



Vremia novosteï
Jeudi 29 Mars 2007

On déplore à Washington que la composante européenne du bouclier stratégique antimissile national soit si vivement rejetée par Moscou. Celui-ci a réagi en annonçant qu'il pourrait envisager de dénoncer le Traité sur la destruction des missiles de moyenne et de courte portée en Europe. La Maison-Blanche s'emploie à dissiper les craintes de la Russie. Les experts russes, eux, font remarquer qu'un anneau de bases militaires américaines enserre le pays.

Lors d'auditions au Congrès des Etats-Unis l'assistant du secrétaire d'Etat à la Défense, Bryan Green, a assuré que les missiles antimissiles en Pologne et le radar en République tchèque ne constitueront aucun danger du moment qu'ils ne seront pas à même d'intercepter le missile intercontinental russe en cas de conflit avec les Etats-Unis. Quant au directeur de l'Agence de défense antimissile des Etats-Unis, le général Henry Obering, il a dit aux congressmen que le "bouclier" américain pourrait protéger non seulement les alliés des Etats-Unis dans le cadre de l'OTAN, mais encore la partie européenne de la Russie.

"Peu importe que les radars américains puissent ou non détecter le départ d'un missile russe", estime Sergueï Kazennov, expert de l'institut de sécurité nationale et d'études stratégiques.

A son avis ce qui est essentiel, c'est le fait que "les Etats-Unis resserrent toujours plus étroitement l'anneau de leurs bases et autres sites militaires autour de la Russie". Sous ce jour, "le déploiement de l'ABM en Europe centrale fait planer des doutes sur l'affirmation selon laquelle ce système est destiné à protéger les Etats-Unis des missiles des "pays de l'axe du mal".

Pour Sergueï Kazennov, le danger présenté pour la Russie par la ceinture antimissile américaine, y compris par son tronçon qui passe en Europe centrale, "réside moins dans les performances des radars et des missiles intercepteurs que dans les potentialités d'extension des sites militaires et de leur infrastructures en direction de la Russie". D'ailleurs, le Pentagone n'écarte pas un développement de l'ABM au moyen d'éléments basés en mer et dans l'espace.



Jeudi 29 Mars 2007

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