Opinion

L'entretien du président Ahmadinejad avec Le Monde


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Mercredi 6 Février 2008

Qu'on se le dise clairement : l'Europe politique est de moins en moins indépendante, un tare qui risque de défigurer définitivement les rapports de force des deux côtés de l'Atlantique. Cette remarque fort à propos, c'est le Président iranien Ahmadinejad qui l'a formulée lors d'un entretien accordé aux journalistes du Monde. Il est vrai qu'au Moyen Orient, en Irak, au Liban, en Palestine, l'Europe « européenne » tend à s'éclipser derrière le mastodonte américain pour ne plus être qu'une vulgaire caisse de résonances des politiques atlantistes. La presse européenne illustre à merveille ce regrettable tournant que d'aucuns qualifient de « dérive fatale » : pour les journalistes européens et Alain Frachon et Marie-Claude Decamps n'ont pas fait exception à la règle, parler de l'Iran, c'est forcément parler du nucléaire et ce nucléaire est forcément suspect. Cette pensée, hélas, dominante grâce aux efforts inlassables d'une Amérique soucieuse plus de son Grand Moyen-Orient que de la paix mondiale, a été et est toujours celle des 5+1. Tout au long de la pseudo crise provoquée autour du nucléaire civil iranien, le Conseil de sécurité n'a cessé, en écho aux exigences de Washington, d'user du langage de menace, traduit en textes truffés de mensonges, de fausses allégations, ces textes numérotés 1697, 1737, 1747. Mais la question reste entière : où voudrait-on en venir ? Est-ce une façon d'amener l'Iran à renoncer à ses droits nucléaires reconnus en lettre et en esprit par le TNP ? Est-ce une manière de se moquer de l'Agence internationale de l'énergie atomique dont les rapports consécutifs confirment le caractère civil des activités nucléaires iraniennes ? Est-ce une manœuvre censée faire voler en éclat le peu de crédit onusien sauvé du naufrage de la guerre en Irak et en Afghanistan ? C'est, à notre sens, tout ceci à la fois. Mais l'Europe aurait pu se dissocier de cette nauséeuse campagne d'assaut anti-culturel, anti-liberté livrée par l'Amérique aux pays indépendants du Moyen-Orient. La France, l'Allemagne, la Grande Bretagne auraient pu ne pas singer l'attitude illogique de Washington sur le dossier nucléaire iranien, ne pas s'aligner sur ses politiques hégémoniques en Palestine, en Irak, en Afghanistan ou au Liban, bref, ne pas vendre son âme au diable « Yankee » pour que se perpétue le désormais mythe d'un « Occident uni ». Ils auraient pu mais ils ne l'ont pas fait. En tout illogisme, cette Europe là dans le sillage des Etats Unis, continue à montrer de doigt l'Iran comme facteur d'instabilité au Moyen-Orient et elle n'a pas peur du ridicule. Car comment rendre l'Iran responsable de toutes les crises d'une région à laquelle il appartient et où il puise sa force et sa raison de vie ? Alors que la Palestine brûle dans les flammes de la barbarie sioniste, que le Liban danse au bord du précipice creusé par Washington, que l'Irak et l'Afghanistan sombrent, sanguinolents, dans le terrorisme américain, il est navrant de voir l'Europe marcher aveuglément sur les pas d'une Amérique qui s'est montrée à plus d'une reprise capable de sacrifier tout, jusqu'à ses propres alliés sur l'autel de ses intérêts. C'est navrant pour l'Europe et pour tout ceux qui croyaient un jour en sa capacité de faire contrepoids à l'unilatéralisme américain


Mercredi 6 Février 2008

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