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L’entretien de la revue 'Hamshahri diplomatique' avec le Secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale


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Samedi 18 Novembre 2006

L’entretien de la revue 'Hamshahri diplomatique' avec le Secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale




Dans quelles conditions les pourparlers ?



Q : Permettez-moi de vous interroger d'abord sur vos pourparlers avec M. Solana ?




R : Nos négociations avançaient sur un juste chemin. Mais nous avons entendu dire que les Américains n’étaient pas satisfaits des résultats des pourparlers. Les Américains sont venus et ont saboté les pourparlers. Ceci aussi constitue un autre geste irrationnel de ces derniers, car cela signifie qu’ils n’ont pas respecté même leur représentant.



Q : Les journalistes étaient très surpris car vous et même M. Solana, étiez satisfaits des résultats des pourparlers, et M. Solana avait plusieurs fois répété que les résultats des pourparlers étaient constructifs. Et la dernière fois, il avait dit que les deux parties étaient parvenues à d’importants résultats au cours des négociations. Mais pourquoi l’itinéraire des pourparlers a changé ?



R : Différents facteurs ont joué un rôle important dans cette affaire. Je vous ai dit auparavant d’après les preuves et documents à l’appui que les Américains et les Britanniques n’étaient pas très satisfaits des accords conclus avec M. Solana. Mais notre tradition islamique nous demande d’être fidèles à ces accords et à nos engagements. Mais le groupe 5+1 n’a pas respecté ses engagements. La voie des négociations est encore ouverte et ils peuvent retourner à la table des négociations. Mais tout d’abord je vous présente mes excuses car je dois vous dire que nous sommes aux prises avec une gaffe politique occidentale. Nous supposons que l’Amérique et l’Europe ne sont pas satisfaites des résultats des circonstances et de la situation régnant dans la région car d’après elles, l’Iran a occupé un rang très élevé. Cette question nous impose deux solutions pour sa résolution : on doit avoir une attitude destructive à l’égard de ladite question ou bien on doit attirer leur coopération. Ces dernières années, l’Amérique et de nombreux pays occidentaux ont incité les pays de la région à se livrer dans une concurrence négative en suscitant leur rivalité, ceci est une méthode d’obstination destructive exercée par elles. Tous les événements après la Révolution portent cette marque-là. Elles avaient conclu des traités atomiques avec le roi déchu. Après l’avènement de la Révolution islamique, elles ont annulé tous ces accords, afin que l’Iran ne devienne pas plus puissant. Elles ont poussé Saddam à faire une bêtise en imposant une guerre à l’Iran. Elles l’ont soutenu afin que l’Iran s’affaiblisse. Ils incitaient constamment les pays de la région contre l’Iran. A chaque fois pour une raison. Et ceci parce que les pays voisins ne coopèrent pas avec l’Iran. A chaque fois elles avançaient un prétexte, un jour c’étaient les débats autour de la question des droits de l’Homme, un jour autour de la démocratie et maintenant les débats tournent autour de la question nucléaire en se servant comme un prétexte pour exercer de pressions sur l’Iran. La question qui s’impose est de savoir quel intérêt a obtenu l’Occident tout au long de ces 27 dernières années de la lutte négative accompagnée d’obstination ? Est-ce que le réseau al-Qaida était de l’Iran ? Est-ce que les Taliban aussi étaient de l’Iran ? Est-ce que l’Amérique avec ce même comportement n’a pas contribué à ce que cette théorie de la Révolution islamique, en l’occurrence, l’Amérique est un grand Satan, soit confirmée par tous les pays de la région ? Est-ce que avec les embargos décrétés contre l’Iran, après la Révolution islamique, les progrès industriels et scientifiques ont été ralentis en Iran ? Lequel des pays de la région a enregistré de tels progrès en ce qui concerne cette nouvelle technologie moderne ? Un jour l’Amérique déclare qu’elle avait le plan du Grand Moyen-Orient pour développer la démocratie dans la région, ensuite, elle prétend soutenir un quelconque pays qui n’a plus de Constitution. A présent que l’Amérique et l’Europe ont subi un cuisant échec militaire et politique en Palestine avec l’affaire du Hamas et au Liban avec celle du Hezbollah, elles précipitent et présentent hâtivement la théorie du nouveau Moyen-Orient. En se rendant dans les pays de la région, ils passent tout leur temps avec les éléments importants régionaux et leur donne espoir qu’ils se demeurent et qu’ils ne devaient pas être inquiets en quête de la démocratie en leur suggérant cette idée que l’Iran était devenu une grande puissance et que le Chiisme est une menace dans la région. Vous voyez ce sont les mêmes erreurs du passé. Le point important à noter c’est que l’Amérique participe à des réunions avec ceux que non seulement n’acceptent plus ses paroles mais aussi ils nous les transfèrent en nous disant que nous étions obligés de prendre une autre attitude dans la réunion avec la Secrétaire d’Etat américaine et en réitérant le fait qu’ils n’avaient aucune confiance en Amérique et qu’ils resteraient toujours nos voisins. L’Amérique vient, crée l’aventurisme et elle s’en va. Ce sont des choses que la Secrétaire d’Etat américaine devait en prendre considération. Dans une visite dans un des pays de la région du Golfe persique, un des dirigeants nous a dit qu’il savait très bien que l’Amérique avançait des prétextes autour du nucléaire iranien. Il nous a dit : non seulement nous ne sommes pas contre l’énergie pacifique nucléaire iranien mais aussi nous sommes pour la fabrication de bombe atomique par l’Iran. Il a poursuivi : « pourquoi Israël s’est doté de bombe atomique et l’Amérique n’a dit rien à ce sujet ? Mais elle crée des scandales à propos de la technologie nucléaire à vocation pacifique de l’Iran. L’Iran ne représentait jamais une menace pour nous, il est un bon voisin. » Ces paroles sortent de la bouche de l’un de ces mêmes dirigeants que Mme Rice au cours de sa récente tournée dans la région avait l’impression que les dirigeants de ces pays étaient très inquiets pour l’Iran. Mais il est peu probable que les dirigeants actuels américains conçoivent de sitôt la mentalité des dirigeants des pays de la région, ils doivent constater avec des yeux ouverts les réalités. L’autre attitude que je vous ai parlée au début est d’attirer la coopération de l’Iran en tant que grande puissance de la région. L’Occident peut posséder et définir des intérêts communs avec l’Iran en franchissant des pas positifs permettant une coopération dans un climat gagnant-gagnant.



Q : A votre avis, il n’est pas meilleur pour l’Occident au lieu de prendre une attitude destructive, jalonnée de jalousie, à l’égard de l’Iran, de procéder à une théorie de coopération dans la voie des intérêts communs ?




R : Moi je pense qu’en ce qui concerne l’offre de l’énergie stable à l’Occident et assurer la sécurité et la paix dans la région, l’Occident peut parvenir à d’importants accords avec la R.I.I., mais il n’est pas capable d’utiliser dans une même période de deux stratégies contradictoires, en l’occurrence, d’une part, il poursuit la stratégie d’affaiblir l’Iran et de l’autre, il prétend coopérer avec l’Iran. Par exemple comme la situation actuelle où les hommes d’Etat occidentaux ont déclaré certaines choses : dans les débats autour de la récente résolution, l’Angleterre avait pris une attitude virulente d’une part et de l’autre, le ministre anglais des A.E. a demandé à l’Iran d’utiliser de son influence en Afghanistan pour l’aider. Je crois qu’ils se sont vus confrontés à un malentendu entre eux. L’Iran propose un itinéraire rationnel et clair. En ce qui concerne les débats nucléaires ils ont dit qu’ils devaient choisir un représentant afin de s’entretenir avec le représentant iranien. Eh bien, les pourparlers ont eu lieu. Alors soyez engagés envers les résultats des négociations ; même si vous avez quelque chose à dire et vous avez des considérations, vous pourriez poursuivre les négociations afin de parvenir à un consentement mutuel. Mais quand vous avez suspendu rapidement les négociations et vous cherchez encore une résolution, vous nous avez montré maladroitement que les négociations constituent une approche décorative pour imposer votre volonté à l’Iran. Il est tout à fait clair, vous ne réussirez pas dans ce jeu. Et pratiquement vous perdrez aussi les coopérations régionales.



Q : Vous avez des relations avec les Russes. Quelles sont leurs positions différentes ?



R : Oui, on a des relations avec des parties russes et les négociations se poursuivent. Eux aussi, ils ont défini un cadre pour leur travail.

Néanmoins, à mon avis en ce qui concerne les questions internationales, la capacité des Russes est plus importante. Ils ont manifesté certaines oppositions à l’égard de cette résolution. Dans mes contacts avec eux, de nombreux pays aussi étaient contre cette résolution. En vérité, sciemment, les Occidentaux font en sorte afin de pousser l’Iran à prendre sérieusement sa décision finale. Du point de vue de l’Iran, la politique du bâton et de carotte, en l’occurrence la résolution du Conseil de sécurité et les négociations artificielles ne sont qu’une tromperie pour affaiblir et menacer l’Iran. De même, ils ne devaient pas s’attendre à ce qu’ils adoptent une résolution, ensuite avec un autre bâton, les pourparlers préoccupent leur pensée afin de nous arracher des concessions. Il est peu probable qu’ils ignorent cette question à savoir que dans de telle situation, l’Iran aussi prendrait une autre position particulière. Et en ce moment là, ils devaient supporter cette position. A cet effet un diplomate occidental a déclaré qu’avec cette résolution, il pensait que les Européens voulaient sauver la face, ensuite les négociations se dérouleraient plus facilement.

Je souhaite que cet acte ne les discrédite pas grandement.



Q : Pourquoi vous ne rendez pas public les accords conclus avec M. Solana au cours de ces 4 tours de négociations ?



R : Notre consentement était basé sur des efforts conjugués dans la voie diplomatique afin qu’ils soient rendus publics au moment opportun, mais dans le cas contraire, il n’y a pas de raison de s’attarder sur ces accords.




Q- Mais croyez-vous qu el'Iran saura résoudre la crise, en dépit de ces différences?



R- Oui je le crois sincèrement. Car au cours de nos négociations, nos points de vue se sont rapprochés. En effet, la question du nucléiare iranien est par nature juridique et technique mais les attitudes affichées ces dernières années à notre encontre ont sorti la question de son contexte, la transformant en un "phénomène politique". Admettons! Mais devenu politique, ce dossier ne peut pas se résoudre si nos interlocuteurs ne respectent pas les règles du jeu. Une crise politique demande une solution politique à savoir des négociations qui se déroulent "sans contrainte" et dans une atmosphère emprunte "d'equité" et "de justice". Se servir des leviers de pression ne ferait que perdre ses chances à un réglement rationnel et logique de la question. Il va sans dire qu'il ne faut pas s'attendre à ce que cette methode réponde vite.

En quelques mots, nous pourrons résumer le comportement de l'Occident tout au lond des pourparlers avec l'Iran : la première étape consiste à exercer un maximum de pressions politiques et médiatiques pour revenir ensuite au dialogue. La seconde phase reproduit le même schema avec pour l'ouverture une campagne de chantage et de pressions et pour la fermeture la demande du dialogue. Il s'agit donc d'un scénario en deux actes qui ne cesse d'être joué et rejoué. Ce cercle vicieux est la conséquence de la politisation à outrance de ce dossier et son réglement ne peut donc qu'être de nature politique.



Mais pourquoi cette stratégie à deux temps ? Eh bien parce qu'ils ( ndlr: nos interlocuteurs) refusent de gérer le monde conformement aux principes de la logique et de la justice. D'où leurs interférences au Conseil de sécurité, leur tentative de l'instrumentaliser. Dans cette optique, notre réponse ne pourra qu'étre une réaction de même nature. Il se pourrait que notre force soit en apparence inférieur à la leur mais comme dit un proverbe persan, "une toute petite abeille est parfois capable de faire envoler un chameau"!.

Placé dans ce double mécansime Pression-Dialogue, une autre question est de savoir dans quelles conditions devra se dérouler le second volet. Si les deux partenaires du dialogue se résignent aux impératifs du rationalisme, ils ne pourront qu'en tirer des bénéfices.



Il est étonnant de voir nos partenaires ignorer nos appels au dialogue et notre disponibilité à le faire aboutir. dans un dialogue, si l'une des partie cherche à user, comme ils le disent du bâton et de la carotte, l'autre ne peut que les suivre. Il y a là un impératif du bon sens qu'il faut respecter sous peine de voir le dialogue se transformer à la longue en une serie de concessions. Certains de nos interlocuteurs pensent parfois que l'Iran firnirait par se plier aux pressions. C'est une possibilité. Mais l'autre possibilité qu'il faut autant sinon plus prendre en considération est que l'Iran soit amené à franchir la ligne de non retour.



Après un an et demi de crise, il est temps de faire le bilan. Des résolutions à la haten par le Conseil des gouverneurs et le Conseil de sécurité n'ont eu aucun impact sur notre voloté. Maintenat c'est à nos interlocuteurs d'essayer d'autres voies. Nous serons ouverts à toute option logique qui sache garabtir nos droits nucléaires et qui soit exempte d'hypocrisie.




Q- Permettez de nous éloigner un tant soit peu du nucléaire pour voir de plus près les questions qui préoccupent les autres pays de la région. Quelle est votre analyse de ce qui se passe en ce moment au Liban ?




R- A mos sens, c'est la suite des événements qui ont marqué l'été libanais et qui s'éclaircissent au fur et à mesure. La question essentielle est de savoir comment sauvegarder les acquis de la victoire du Hezbollah. Pour ce faire, il faut être à la hauteur de cette victoire et ceux qui ont crée la résistance le sont. Cette victoire là n'est pas une mince affaire, elle est, à mon sens l'évènement le plus capital de ce début du 21ème siècle. Le gouvernement libanais doit assumer la responsabilité de faire fructifier cette victoire qui a inversé les rapports de force au Moyen Orient. Certains dirigeants arabes, frappés d'arriération politique et animés d'arrière pensée partisanes (qui les mènent jusuq'à négocier secrètement avec Israel ) cherchent à minorer la portée de cette victoire.



Leurs efforts portent sur une partie de la classe politique libanaise qu'ils veulent remonter contre le Hezbollah. A mon avis, cet état de choses ne peut perdurer et il se résoudra tot ou tard. La formation d'un gouvernement d'Union nationale est à même de granatir la souveraineté et la sécurité du Liban. Certains courant dont le 14 mars ferait mieux de réviser les déclarations des officiels américains tout au long de 33 jours de l'offensive sionsite. Au plus fort de la guerre, les Américains ont promis de détruire le Hezbollah mais l'ont-il peu? Sachez que leurs récentes promesses relèvent elles aussi du mirage. Le Liban est devenu aujourd'hui étoile filante de la résistance islamique et c'est une honneur pour vous et pour tous les musulmans qu'il faut savoir sauvegarder. Les pays qui n'ont pas eu le dixieme de votre victoire face aux agressions, la font figurer comme une expérience inouie dans leurs propres annales historiques.

Ceci dit, les ennemis de la nation libanaise sont nombreux et ils sont habillés de toutes les couleurs mais celle prétendument religieuse. Récemment l'un des pays musulmans qui s'est fait distingués par ses prises de position partiale tout au long de l'offensive sioniste contre le Liban, a versé des milliers de dollars en Irak et au Liban à l'effet de provoquer la violence entre les chiites et les sunnites; Cen genre de tentative se voit meme au sein meme des fractions chiites. Ces complots ne resteront pas eternellement cachés. Dans un contexte où les Occidenatux ont reconnu eux meme l'échec d'Israel, ces nains politiques feraient mieux de se taire.




Q- Ces jours-ci, il semblerait que les évolutions prennent une tournure assez précipité au Liban et en Palestine. Croyez-vous que les Américains laisseraient faire?



R- Les Américains ont servi en effet de déclencheurs. En Palestine, les Etats Unis ont tenté de racheter l'echec d'Israel au Liban en imposant une paix fiscellée et en faisant d'Olmert sa prometteur, dans l'espoir de parer à sa chute de popularité. Or cette tentative précipitée s'est heurtée à la résistance sage et vigilente du Hamas et a donc produit l'effet inverse. A présent, les Américains sont contraints soit à accepter la formation d'un gouvernement d'Union nationale du Hamas, soit d'écarter ce dernier du pouvoir via un coup d'étta. Or dans un contexte d'extreme tension politique, financière qui est celui des territoires palestiniens, les deux cas de figure provoqueraient une nouvelle intifada, ce qui reviendra à enterrer politiquement Olmert.



Au Liban, aussi, la politique ambivalente de Washington de certains pays occidentaux a crée le besoin de la formation d'un gouvernement d'Union nationale. Si les Américains n'avaient pas cherché dès le début à mettre le gouvernement de Siniora face au Hezbollah, une telle situation ne se serait jamais prodite. Je crois pourtant que la question libanaise peut être réglée dans le calme et de façon rationelle. Mais si les interférences etrangères ne permettent pas au gouvernement d'Union nationale de voir le jour, une crise n'est pas à écarter; une crise qui pourrait même impliquer Al Qaida , identique à celle que connait en ce moment l'Otan en Afghanistan. Une crise dont la porte de sortie sera encore la tenue des élections et la formtion du gouvernement d'Union nationale mais cette fois faits à très grands frais.


Samedi 18 Novembre 2006

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