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L’entretien de l’Agence de presse Mehr avec une experte des questions du Moyen-Orient


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L’appel à l’organisation des élections anticipées, dans les territoires palestiniens, n’est qu’un levier pour abuser des conditions critiques de la nation palestinienne, qui est sanctionnée.
L’Occident a pour objectif de sauver Israël du danger du déclin
Une analyste koweitienne a déclaré que les récents événements en Palestine découlaient de la politique de « diviser pour régner »


Fars News
Jeudi 21 Décembre 2006

  L’entretien de l’Agence de presse Mehr avec une experte des questions du Moyen-Orient
Agence de presse Fars News



Selon l’agence de presse Mehr, le discours prononcé, hier, par le Président de l’Autorité autonome de la Palestine, Abou Mazen à Ramallah et son appel à la tenue des élections présidentielles et législatives anticipées ont causé des affrontements et des troubles entre les partisans du Hamas et du Fatah à Gaza et en Cisjordanie, à la suite de quoi, malheureusement une personne a été tuée et au moins 18 autres blessées.

L’analyste koweitienne de presse, Ameneh al-Moussavi, dans un entretien avec l’agence de presse Mehr a déclaré : Ce qui se passe aujourd’hui en Palestine est la poursuite bien manifeste et claire de la nouvelle politique américaine au Moyen-Orient, une politique de division qui engendrera l’insécurité et l’anarchie en Palestine et tout cela afin que Washington puisse légitimer ses plans expansionnistes avec pour objectif l’intégration politique, géographique et économique d’Israël dans la région, tout en le soutenant aussi face au danger du déclin.

En réponse à la question qui consiste à savoir pourquoi Abou Mazen a choisi cette période névralgique pour la tenue des élections anticipées et en général quel est l’objectif du Fatah, cette journaliste koweitienne a précisé : Dans de telles conditions, cet appel est une sorte de coup d’état contre la légitimité et la démocratie, tout comme, vient de le confirmer le mouvement Hamas. Car le gouvernement du Hamas est issu des élections transparentes dont le monde entier a été témoin. Il est sorti victorieux des ces élections en obtenant la majorité des voix. Et même, Abou Mazen a reconnu son échec.

Par cet appel, le Fatah vise à redorer son blason chez le peuple palestinien, ayant perdu son prestige après avoir céder les principes de la nation palestinienne et consenti à reconnaître le régime sioniste.

A propos de la date de cette invitation, la journaliste du quotidien koweïtien Al-Ray ol-Amt a souligné : Il y a des doutes sur la date de l’organisation des élections anticipées, car elle a été annoncé après l’application des sanctions de l’Occident à l’encontre de la nation palestinienne et l’arrêt des aides internationales aux Palestiniens. L’Amérique et ses alliés aussi ont sanctionné dans des buts précis, la nation palestinienne pour son choix démocratique ; en vérité c’est dans une telle situation que les élections anticipées ont été avancées afin d’abuser de la situation très critique qui sévit dans les territoires palestiniens et tout cela dans le cadre des intérêts américains, poussant le peuple palestinien à choisir un gouvernement dirigé par le Fatah; en cas contraire il devra, une nouvelle fois, subir la faim.

Le mouvement Hamas a remporté les élections au mois de janvier et pour quel but ces nouvelles élections auront lieu ? A cette question, cette analyste koweitienne a déclaré : Comme je viens de vous le dire, cet appel d’Abou Mazen est en fait un véritable coup d’état contre le gouvernement légitime du Hamas, qui a été élu démocratiquement. Il jouit toujours d’une grande popularité chez les Palestiniens et si ce mouvement ne remporterait pas la victoire dans ces élections anticipées, cela ne signifierait pas l’échec du Hamas dans la gestion des affaires du pays.

Cela serait plutôt le résultat des sanctions tyranniques de l’Occident contre la nation palestinienne.

Toujours selon l’Agence de presse Mehr, en réponse à cette question dans quelles mesures les pays arabes aideraient Abou Mazen dans l’organisation des élections anticipées, Madame Al-Moussavi a déclaré : Le rôle des pays arabes est bien manifeste, ces pays ont observé un silence de mort durant toute la période où la nation palestinienne a été bloquée et, ils ont même parfois contribué directement ou indirectement à la persistance de cette situation ; par exemple les démarches du gouvernement égyptien qui a confisqué les aides financières que les pays arabo-islamiques avaient octroyées au Premier ministre palestinien, Ismaël Haniyeh pour le peuple palestinien.

En réponse à la question consistant à savoir si le Hamas remportait la victoire aux élections anticipées, que feraient les opposants, Mme Al-Moussavi a déclaré : Dans cette conjoncture, il faut dire que les réfractaires du Hamas ne changeront jamais de cap. Car la démocratie de la nation palestinienne ne compte pas aux yeux de l’Amérique.

En vérité, l’Amérique cherche à mettre en place des gouvernements qui assureraient ses propres intérêts dans la région, dans le cas contraire comment peut-on justifier l’anarchie et l’insécurité en Irak, au Liban et en Palestine ?

Ameneh al-Moussavi qui est en même temps responsable de la revue Koweïtienne Al Asr a mis l’accent sur le fait que si Abou Mazen n’était pas soutenu par l’Amérique et Israël comme Siniora au Liban, et Karzay en Afghanistan, il n’aurait jamais capitulé sur les principes de la nation palestinienne et plié devant les exigences d’Israël et de l’Amérique.

Au sujet du rôle des pays occidentaux, qui mettent de l’huile au feu et embrasent les différends inter-palestiniens, Mme Moussavi a déclaré au journaliste de Mehr :

Cela relève de la politique américaine, il y en a d’autres exemples de ce type dans le monde, on divise une nation, on l’affaiblit par une guerre civile et des affrontements internes.

Et pour conclure, cette analyste koweitienne a réitéré que les états qui ont vu le jour, à l’aide de l’Occident, ont été obligés de capituler et fermer les yeux sur les droits de leur nation.

Abou Mazen, Siniora et Karzai illustrent ce proverbe arabe qui dit : Les frais de satisfaire l’ennemi, ont dépassé ceux qu’on doit payer pour exprimer l’animosité à son égard.


Jeudi 21 Décembre 2006

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