Politique Nationale/Internationale

L'entrée des trois européens dans la zone interdite


Des dizaines de diplomates et des hommes politiques arabes et non arabes se sont présentés, aux Palais du Président français, Jacques Chirac, du chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatéro et du Président du Conseil des Ministres de l'Italie, pour leur faire savoir que le Moyen-Orient, cette région critique, a besoin d'une présence européenne, les Etats-Unis n'étant capables de rien faire en Irak ni en Palestine. Or la question qui se pose est de savoir si les hommes politiques du vieux continent resteront les bras croisés ou ils vont sortir de leur isolement traditionnel ?


Le quotidien 'Iran'
Jeudi 23 Novembre 2006

 L'entrée des trois européens dans la zone interdite



Les appels aux Européens pour agir dans le sens du règlement de la crise, au Moyen-Orient, se sont multipliés, d'une manière sans précédent. Le Président irakien, Jalal Talabani et le roi Abdallah II de Jordanie étaient les derniers dirigeants de la région à appeler le Président français, Jacques Chirac pour lui faire passer ce message. Auparavant, le Secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, le Président de l'Autorité autonome de la Palestine, Mahmoud Abbas, le Président syrien, Bashar Assad avaient appelé les Européens à sortir de leur passivité envers les cries qui sévissent au Liban, en Palestine et en Irak.

L'initiative de paix des dirigeants français, espagnol et italien constitue une réponse à ces appels et à ces demandes. Peu importe l'avenir qu'aura cette initiative pour dénouer la crise palestinienne, ce qui est important c'est qu'il s'agit d'un événement symbolique dans la vision européenne envers le Moyen-Orient.

Les adversaires proches et lointains de l'Europe donnent, peut-être, diverses interprétations de cette initiative prise par les dirigeants français, espagnol et italien, mais le message de cette initiative c'est que ces derniers sont entrés dans une zone interdite, à savoir le Moyen-Orient où les Etats-Unis font cavalier seul, depuis des années, et où l'opinion publique n'a vu autres acteurs que ceux de la Maison Blanche, depuis l'effondrement de l'empire soviétique. L'entrée de l'Europe dans le champ de la diplomatie moyen-orientale signifie la présence au centre de la politique internationale. S'associer dans les équations politiques du Moyen-Orient signifie que l'Europe peut trouver l'occasion de jouer son rôle dans toutes les relations internationales, à en croire les déclarations de ceux qui ont considéré l'initiative de ces trois dirigeants européens, comme un soulèvement symbolique dans le monde de la diplomatie. Ce plan de paix a été accueilli, très favorablement, de Téhéran jusqu'au Caire en passant par Gaza, les politiques rendant homme à cette nouvelle initiative des dirigeants européens. Ceci dit, il faut trouver les raisons qui ont poussé ces trois dirigeants européens à mettre en avant une telle initiative. Reste à savoir que sera l'impact de cette initiative sur la position des Etats-Unis dans la région du Moyen-Orient.

Le plan de paix des trois dirigeants européens est, apparemment, une réponse aux appels et aux demandes de leurs amis, au Moyen-Orient, mais il faut en chercher les raisons dans le processus des évolutions et des crises dans cette région.

A un moment où les stratégies d'une puissance qui avait en gestion de la crise en Irak, en Palestine et en Afghanistan ont abouti à l'impasse, il ne peut y avoir d'autre choix que la présence des puissances adversaires des Etats-Unis d'Amérique.

La présence d'une puissance tierce s'est imposée par le destin, les Etats-Unis étant impuissants à dénouer la crise du Moyen-Orient.

C'est ici que pour les diplomates du Moyen-Orient, qui voient les signes de l'impuissance de la Maison Blanche dans la crise et l'instabilité et l'insécurité en Irak et en Afghanistan, la présence des puissances de l'autre côté d'Atlantique, deviennent une hypothèse historique.

Toux ceux qui ont pris au sérieux le revirement européen vers le Moyen-Orient, portent un regard sur le chambardement politico-militaire des Etats-Unis, en Irak et en Afghanistan et rappellent l'histoire selon laquelle le déclin du rôle d'une puissance annonce le rôle d'une autre puissance.

Cette pour cette raison que les observateurs du monde politique ont dit, tout comme l'opinion publique internationale, non à la stratégie, prônée, par le parti au pouvoir à la Maison Blanche, en Irak et en Afghanistan. Aujourd'hui, l'impasse de la politique américaine fait débat parmi les dirigeants irakiens, palestiniens et afghans. Les Européens qui se voyaient, depuis des années, heurter à un grand obstacle du nom des Etats-Unis, pour s'introduire au Moyen-Orient, constatent, désormais, que la porte leur est ouverte.

Outre les dirigeants de la région, les milieux occidentaux et américains, aussi, appellent à une participation européenne au règlement de la crise du Moyen-Orient. Au lendemain des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, et la défaite des Républicains, des options ont été mises sur la table du loctaire de la Maison Blanche, dont l'une d'elles précisait que les néo-conservateurs n'avaient d'autre choix que d'inviter l'Europe à participer au règlement des crises internationales. " les Conseillers lointains et proches de la Maison Blanche ont conseiller à George W Bush d'opter la politique de son père, basée sur la participation européenne à la gestion des crimes compliquées du Moyen-Orient, pour sortir de l'impasse, en Irak et en Afghanistan


Jeudi 23 Novembre 2006

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