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L'énigme du meurtre de Bhutto


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Lundi 31 Décembre 2007

L'énigme du meurtre de Bhutto

Qui a tué Benazir Bhutto ?

Voici la question la plus importante qui est venu à l'esprit de l'opinion publique du monde, depuis l'attentat à la vie du leader du parti du peuple pakistanais (PPP) et ses 20 accompagnants. L'inhumation hâtive de l'ancien Premier Ministre pakistanais, dans son lieu de repos familial et aux côtés de son décédé père, Zulfikar Ali Bhutto, n'a pas pu mettre fin aux obscurités autour de cet événement tragique. Alors que le gouvernement pakistanais s'efforce de faire croire que le leader du PPP avait perdu la vie, après avoir subi des atteintes, issus de la déflagration d'un attentat d'un terroriste suicide, le Porte-parole de Bhutto affirme qu'elle avait été touché par au moins une balle à la tête et qu'elle n'avait pas succombé à ses blessures. Le corps de Bhutto n'a pas été autopsié. En ce sens le gouvernement prétend que personne ne l'a pas demandé. Mais, de nouveaux films et photos, concernant les instances avant l'attentat contre Bhutto, ont été diffusés, montrant qu'un individu armé, parmi une foule des partisans de Bhutto, ouvre le feu sur le défunt leader du PPP. Selon les derniers rapports, l'attentat contre elle est survenu, au moment où elle avait mis un terme à son discours, à l'occasion des prochaines élections parmi ses partisans à Rawalpindi et qu'elle répondait, à bord de son véhicule, aux accueils chaleureux de la foule de ses partisans. A ce moment-là, un kamikaze suicide, s'habillant, éventuellement, en uniforme de la police, a tiré sur Benazir avant de faire exploser la bombe qu'il portait sur lui. Lors de cet attentat suicide, tuant 20 proches de Bhutto, et blessant 80 autres. Bien qu'on l'ait transféré rapidement à l'hôpital, les médecins n'ont pas pu la sauver de la mort. Alors que les images et des photos prouvent que l'ancien Premier Ministre pakistanais avait été tué par balle, la porte-parole du parti du peuple, Sherry Rehman qualifie de « ridicule » la version donnée par le gouvernement pakistanais selon laquelle Benazir Bhutto serait morte en se cognant la tête au moment de l'explosion. Des responsables des services de sécurité avaient d'abord expliqué après l'attentat que Bhutto avait été atteinte par des balles au cou et à la tête, avant que le gouvernement ne déclare qu'elle avait été mortellement blessée lorsque sa tête a heurté un levier du toit ouvrant de son véhicule. De tels propos rejettent la vision officielle du gouvernement pakistanais. Pour l'heure, reste une question à savoir: "Compte tenu des mesures très drastiques, qui a pu se rapprocher au convoi de Benazir Bhutto et la tuer, avant de se suicider?" Les Taliban démentit son implication dans le meurtre de Bhutto Le gouvernement pakistanais met un doigt accusateur contre Mollah Omar, allégation que les Etats-Unis ont de leur côté soutenu. « Le gouvernement a des documents, prouvant qu'Al-Qaïda et Beïttullah Mehsud, un chef des Taliban, au Pakistan, étaient impliqués dans l'attentat contre Bhutto. », déclare le Porte-parole du ministère pakistanais de l'Intérieur, Djavid Iqbal Chimmé. Il a fait état de l'accès à une conversation téléphonique entre Mehsud et le kamikaze, Keramatallah Belal. Certes, Molla Omar a vivement refusé ces déclarations de Chimmée. Il a par ailleurs indiqué que de telles accusations infondées n'avaient pour but que de recouvrer le complot commun de l'armée et des services des renseignements pakistanais dans le meurtre de Bhutto. La lettre de Bhutto avant sa mort Une autre révélation autour du meurtre de Bhutto, une lettre, laissé de Bhutto qu'ont révélé les sources médiatiques. Dans sa lettre, Bhutto présente avant sa mort le Président Musharraf comme responsable de son meurtre. Dans cette lettre, publiée 8 jours après son retour de l'exil, elle se plaignait contre l'absence des mesures de sécurité, garantissant sa santé. Elle demande à son Porte-parole aux Etats-Unis de mettre la lettre à la disposition du journaliste de la CNN, Wolf Blitzer pour qu'en cas de son meurtre, ce dernier la publie. « Je considère Musharraf comme responsable. J'ai porté plainte contre le gouvernement de Musharrah, d'autant plus qu'après l'attentat précédent, le 18 octobre, contre elle à Karachi, aboutissant à la mort de ses 180 partisans, mais elle l'a échappé belle.", peut on lire dans la lettre de Bhutto. Pakistan, après la mort de Bhutto Alors que personne ne sait qui a tué Bhutto, la vie quotidienne au Pakistan a en pratique été arrêtée et le monde ne cesse de condamner cet attentat suicide. Les observateurs politiques croient qu'avec la mort du leader du parti le plus puissant pakistanais, l'avenir des élections législatives du 8 janvier 2008 est plongé de plus en plus dans l'obscurité. Dans ce droit fil, la commission électorale pakistanaise a annoncé la tenue d'une réunion urgente afin de statuer sur la modalité de la tenue des élections. Le quotidien espagnol, El-Païs, citant ses correspondants au Pakistan, écrit que les élections législatives au Pakistan semblaient être reportées, mais que la prise de décision finale sur ce sujet dépendrait de la réunion de ce lundi. En même temps, les inquiétudes sur les manifestations violentes au Pakistan ont été intensifiées. Selon certains rapports parcellaires, au moins 33 personnes ont trouvé la mort, partout au Pakistan, lors de leurs protestations contre la mort de Bhutto et les manifestations violentes des milliers de Pakistanais dans diverses provinces du pays se poursuivent. L'Etat du Sande, foyer principal du parti du peuple pakistanais, est le théâtre de forts affrontements entre la police et les protestataires. Ils ont mis le feu dans les bâtiments gouvernementaux et les bureaux électoraux. Dans une telle conjoncture, les voies ferroviaires ont été interrompues et cela a perturbé les communications entre diverses régions à l'intérieur du pays. Qui est Benazir Bhutto ? Benazir Bhutto est née le 21 juin 1953 dans une famille politicienne à Karachi. Elle a fini ses études en 1973 à l'université américaine de Howard. Au milieu de 1977, elle a retourné au Pakistan. A cette époque-là, Ali Bhutto, père de Benazir Bhutto, a été évincé après 6 ans par l'opposition. Dans une telle situation, les forces pakistanaises, Zia al-Hagh à leur tête, ont pris le contrôle du pays et ont condamné en 1979 Ali Bhutto de mort de pendaison sous l'accusation de l'un de ses compagnons, membre du parti du peuple pakistanais. Les militaires pakistanais ont arrêté à plusieurs reprises entre 1977 et 1984 Benazir et elle a en fin du compte été contrainte à se rendre en Angleterre. Elle a regagné en 1986 son pays natal où ses compatriotes l'ont accueilli chaleureusement. Deux ans après, le Général Zia al-Hagh a été tué, lors d'un attentat à l'avion et Benazir Bhutto a été élue comme le Premier Ministre pakistanais. En 1990, le Président de l'époque, Gholam Esaghkhan l'a destitué, mais elle a pu retourner sur la scène politique du Pakistan. Farough Laghari, président de l'époque, a déstitué en 1996 Bhutto et dissolu l'assemblée nationale. Cette fois-ci, c'était son marie et ministre des Finances, Ali Zardari, ayant été accusé d'avoir recevoir le pot-de-vin et d'avoir été impliqué dans le rapt. Benazir a participé aux élections de 1997, mais au contraire des deux élections précédentes, elle a échoué. En septembre de cette même année-là, le Premier Ministre de l'époque, Nawaz Sharif a gelé 4 comptes bancaires, appartenant à la famille de Bhutto d'une valeur de 50 millions de dollars US. Le Général Pervez Musharraf a pris le pouvoir au Pakistan et Bhutto a été obligé de quitter le pays. Bhutto a retourné le 18 octobre de 2007au Pakistan. Dès son arrivée à Karachi, elle a durci le ton contre le Général Musharraf, en ajoutant qu'il ne pouvait pas avoir simultanément des fonctions politiques et militaires, ce qui allait d'après elle à rebours de la constitution pakistanaise et des principes démocratiques. Musharraf s'est donc vu astreint de démissionner de son poste militaire. Entre temps, Bhutto a profité de l'occasion pour se rendre aux quatre coins du pays afin d'obtenir les vox populi en faveur de son parti, lors des prochaines élections législatives, devant se tenir le 8 juillet 2008, les rêves qui n'ont jamais été concrétisées, car il a été pris pour cible jeudi dernier d'un attentat terroriste à Rawalpindi.


Lundi 31 Décembre 2007

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