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L’encerclement de la Russie et de la Chine


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Alliance militaire mondiale

Partenariat militaire établi à l’initiative des Etats-Unis en Extrême-Orient et dans le Pacifique

Par Mahdi Darius Nazemroaya, Ottawa, Canada

Bien que l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Corée du Sud et le Japon ne soient pas membres de l’OTAN, ils lui sont rattachés par des partenariats militaires, des accords d’association, un réseau de partenariats ainsi que par des accords bilatéraux avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

La création d’une organisation parallèle à l’OTAN en Extrême-Orient et dans le Pacifique fait partie d’une politique internationale extrêmement risquée, qui consiste à former une alliance militaire mondiale. Ellen Bork, directrice suppléante du Project for the New American Century (PNAC), et Gary Schmitt, Resident Scholar à l’American Enterprise Institute, se sont prononcés, dans un article sur la Corée du Sud publié en décembre dernier, pour la création d’un réseau militaire asiatique semblable à l’OTAN.1 Le PNAC est un cénacle américain dont font partie, notamment, Dick Cheney, George W. Bush, Richard Perle, Lewis Libby, Karl Rove, Zalmay Khalilzhad, Richard Armitage et Paul Wolfowitz.


danyquirion@videotron.ca
Mercredi 6 Juin 2007

La militarisation du Japon

«Le Japon et les membres de l’OTAN font face aux mêmes menaces.» (Jaap de Hoop Scheffer, secrétaire général de l’OTAN)

Le Japon a intégré graduellement sa politique militaire – en l’adaptant – dans celle des Etats-Unis et de l’OTAN. Sur les plans bilatéral et multilatéral, le Japon est étroitement lié au système militaire américain. Après la Seconde Guerre mondiale, il a été contrôlé quelques années par les troupes américaines. En 1951, le Japon et les Etats-Unis ont signé un traité de sécurité. Le 19 janvier 1960, le traité a été complété par un autre accord bilatéral entre le Japon et les Etats-Unis.

En outre, le Japon et la Corée du Sud font partie d’un immense projet militaire américain, qui comprend le stationnement de systèmes de missiles et de troupes d’attaque rapide dans le monde entier et qui a été conçu à l’époque de Reagan. En Asie, le projet militaire mondial a été adopté pour faire face à la menace que faisait prétendument peser une attaque de missiles nord-coréens. La Chine a aussi servi de prétexte pour établir une large alliance militaire comprenant un système intégré en Extrême-Orient, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique.

Accord de coopération militaire entre le Japon et l’OTAN

Le gouvernement japonais a signé son deuxième traité de sécurité bilatéral avec l’Australie, pour intensifier ses relations de sécurité et ses relations militaires avec ce pays.2 De plus, l’Australie du gouvernement Howard participe activement à des projets militaires dans la région Asie-Pacifique, notamment dans le cadre d’une politique d’encerclement des frontières orientales militarisées de la Chine. En janvier 2007, le premier ministre japonais Shinzo Abe a rendu visite au quartier général de l’OTAN, à Bruxelles, puis aux dirigeants de l’Allemagne et du Royaume-Uni. En fait, il s’agissait d’une visite de l’OTAN dans son ensemble et de ses deux branches, à savoir l’entente franco-allemande, représentée largement par l’Allemagne, et l’alliance anglo-américaine, représentée par le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Pendant la première visite d’un dirigeant japonais au quartier général de l’OTAN, le premier ministre japonais a promis de coopérer étroitement avec l’OTAN en Afghanistan. La poursuite de l’embargo d’armes que l’UE applique à la Chine a fait également l’objet de discussions.3 Par ailleurs, le Japon a déjà conclu un traité de coopération militaire avec l’OTAN.

En 1999, à l’époque de l’élargissement de l’OTAN et de sa guerre d’agression contre la Yougoslavie, le Japon et les Etats-Unis ont lancé un programme commun de recherches sur la défense anti-missiles.4 De plus, le gouvernement japonais a transformé son service de défense en ministère, ce qui constitue une nouvelle violation de la constitution japonaise. Par ailleurs, il finance la mise en position de missiles Patriot-PAC-3 et Aegis-Standard-Missile-3 (SM-3). Il a permis également aux Etats-Unis d’établir sur son territoire des installations militaires de radars destinées au bouclier mondial anti-missiles.5

Des fonctionnaires japonais veulent réviser la constitution de leur pays pour permettre à celui-ci de s’intégrer dans des alliances militaires telles que l’OTAN. Les Etats-Unis, l’Australie et l’OTAN soutiennent largement la décision du gouvernement de Tokyo tendant à militariser le Japon.

Le gouvernement japonais viole de manière flagrante l’article 9 de sa constitution, qui lui interdit d’avoir une force armée. A cet égard, il a entamé une procédure de modification de la constitution qui dégagera la voie conduisant à la formation formelle de forces armées japonaises. Le Japon a déjà commencé à constituer ses capacités techniques militaires et ses forces armées. Ces dispositions législatives sont des mesures tendant à légaliser l’initiative qu’elles introduisent.

Le gouvernement a poursuivi son programme de militarisation sans tenir compte du refus de la militarisation par la majorité des citoyens. Le Parlement japonais est en train d’adopter la législation adéquate, ce qui permettra au gouvernement de modifier la constitution. Selon le premier ministre, cette législation autorisera le Japon, «à éliminer les limitations de l’autodéfense collective et du soutien des alliés attaqués».6

Renforcement de l’alliance militaire dans la zone Asie-Pacifique

Depuis la guerre froide, l’Australie et le Japon ont noué des relations étroites de coopération militaire. Dans la catégorie du «personnel non combattant», leurs troupes sont intégrées dans les opérations militaires en Irak occupé.

L’Australie et le gouvernement du Premier ministre John Howard sont membres de l’alliance anglo-américaine et prennent totalement parti pour elle dans son projet militaire mondial. Dès le début, le gouvernement australien a marché au même pas que l’alliance anglo-américaine sous le drapeau de la «guerre mondiale contre la terreur». Les troupes australiennes opèrent dans les Bal­kans, en Irak occupé et dans l’Afghanistan où se trouvent des garnisons de l’OTAN.

Les troupes de Singapour s’entraînent en Australie. De plus, des unités spéciales australiennes déploient leurs activités en Asie du Sud-Est et la marine australienne opère du golfe persique à la mer d’Oman et à l’océan pacifique. Depuis septembre 2003, l’Australie participe à l’occupation de l’Irak et au projet international de bouclier américain anti-missiles; elle est partenaire des Etats-Unis dans la recherche militaire.7

De surcroît, l’Australie sera amenée à jouer un rôle dans le lancement d’un défi militaire envers la Chine. Finalement, elle a conclu un pacte avec le Japon plus vigoureux que quelque traité que ce soit, excepté les pactes conclus avec les Etats-Unis. Simultanément, l’Australie s’est établie encore davantage dans le camp anglo-américain en érigeant une nouvelle base militaire américaine à Geraldton. Geraldton se trouve en Australie occidentale, au-dessous de l’Indonésie et de la Malaisie et face à l’Afrique orientale et au Proche-Orient. La nouvelle base de Geraldton se trouve sur la rive australienne de l’océan indien. Elle a été érigée après trois ans de négociations secrètes entre les gouvernements des Etats-Unis et de l’Australie. Il est rapporté que cette base militaire constituerait un lien important d’un nouveau réseau de satellites militaires internationaux utilisé par les Etats-Unis et leurs alliés pour mener la guerre au Proche-Orient et en Asie.8

Militarisation de l’océan Indien

«A mon avis, le traité a pour objectif de régler à nouveau la sécurité en Asie orientale, en raison notamment de la montée irrésistible de la Chine», a déclaré le chef du programme de sécurité pour l’Asie du Royal United Services Institute, à Londres.9 L’océan Indien est en train d’être militarisé. Les tentatives chinoises d’obtenir un flux continu et sûr de produits énergétiques d’Afrique et du Proche-Orient en sont la raison.



Diabolisation de la Corée du Nord, de la Chine et de la Russie

La Corée du Nord, la Chine et la Russie sont diabolisées pour justifier la collaboration militaire accrue entre l’Australie, le Japon et quelques autres nations de la zone Asie-Pacifique d’une part, les Etats-Unis et l’OTAN d’autre part. Isabel Reynolds, correspondante international au Japon, indique dans un article rédigé pour Reuters que la détérioration du climat en matière de sécurité et d’affaires militaires japonaises et australiennes vise la Chine et la Russie.

«Qu’il y ait menace patente ou non, le Japon et les ‹pays riverains alliés› [expression désignant des pays tels que les Philippines, Taiwan et Singapour] doivent s’occuper de ce problème dans la région», ajouta-t-il [l’expert militaire Alex Neil].

Encerclement de la Russie et de la Chine par l’OTAN et les Etats-Unis

Ces dernières années, les tests nucléaires et les essais de missiles nord-coréens ont été un sujet de préoccupation et la mise à feu d’un de ses propres satellites qu’a effectuée la Chine en janvier [2007] au moyen d’un engin balistique a causé du souci dans de nombreuses capitales.

«L’époque à laquelle le Japon ou l’Australie pouvait s’en remettre uniquement à ses alliés des Etats-Unis est passée», souligne l’expert militaire Tetsuya Ozeki, constatant qu’aussi bien la Chine que la Russie sont en train d’accroître, dans la même mesure, leur influence dans la région.»10

John Howard, le Premier ministre australien, conteste que la dépendance mutuelle de l’Australie et du Japon détériore les relations avec la Chine.11

L’OTAN et les Etats-Unis prennent des mesures agressives pour encercler la Russie et la Chine. Le traité conclu entre l’Australie et le Japon vise – simultanément à la révision de la constitution japonaise – à établir un flanc Est contre la Russie et la Chine ainsi qu’une alliance parallèle à l’OTAN.

(Traduction Horizons et débats)

Notes:
1 Ellen Bork & Gary Schmitt, A Nato for Asia: Helping South Korea despite itself, The Weekly Standard, 11 décembre 2006. www.newamericancentury.org/asia-20061211.htm
2 Australia in Japan security deal, British Broadcasting Corporation (BBC), 13 mars 2007. news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/6444207.stm
3 Judy Dempsey, Japanese signal new era in ties with Nato: Abe tells alliance it seeks security role, International Herald Tribune, 12 janvier 2007.
www.iht.com/articles/2007/01/12/news/nato.php
4 Japan’s Cabinet approves joint missile project with US, Xinhua News Agency, 24 décembre 2005. english.people.com.cn/200512/24/eng20051224_230550.html
5 John C. Rood, International Missile Defence: Challenges for Europe (Remarks to the 8th Royal United Services Institute (RUSI) Missile Defense Conference, Londres, 27 février 2007).
www.state.gov/t/isn/rls/rm/81242.htm
6 Japan moves to loosen army’s role, British Broadcasting Corporation (BBC), 13 avril 2007. news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/6553231.stm
7 Rood, Remarks to the 8th RUSI, op. cit.
www.state.gov/t/isn/rls/rm/81242.htm
8 Brendan Nicholson, US gets military base in Western Australia, The Age, 15 février 2007.
9 Isabel Reynolds, Defence pact in focus as Australian PM visits Japan, Reuters, 10 mars 2007.
10 Ibid.
11 Howard backs Japan security deal, British Broadcasting Corporation (BBC), 10 mars 2007. news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/6437169.stm

Deuxième article

L’océan Indien est d’une importance économique primordiale pour l’Inde. Les voies navigables qui mènent à travers la région de l’océan Indien (IOR Indian Ocean region) sont l’artère vitale de l’économie internationale. Un quart du commerce mondial et du besoin énergétique passe par l’océan Indien. A cause des réserves d’hydrocarbures au Proche-Orient il est d’une très grande importance pour l’économie dépendant de l’énergie en Australie, en Asie de l’Est, en Europe, en Inde et en Amérique du Nord.

Du pétrole pour 200 milliards de dollars passe annuellement par le détroit d’Ormuz dont une part de 70 milliards de dollars passe aussi par le détroit de Malacca. En outre, l’Inde dispose exclusivement d’une zone économique d’une extension de plus de 772 000 milles carrés avec des ressources sous-marines qui peuvent être exploitées avec succès. La situation militaire dans cet océan si important est d’un intérêt primaire pour New Delhi.

La présence de la marine des Etats-Unis dans l’océan Indien est considérable vu l’importance économique de la région.

La base sur Diego Garcia et la 5e flotte dans le golfe Persique, mais aussi Guam dans l’océan Pacifique en font partie. La Chine modernise sa flotte militaire et investit dans les ports de l’océan Indien pour assurer l’accès à l’énergie et pour endiguer l’Inde. Elle forme une unité de combat avec des porte-avions, des bases de sous-marins et modernise la capacité et la portée de sa puissance maritime.

Source: The Indian National Interest,
cynical-nerd.nationalinterest.in, 14/5/06
(Traduction Horizons et débats)

Troisième article

L’océan Indien s’étend de l’accès au Canal de Suez au bout de la mer Rouge, aux régions riches en pétrole, au Cap de Bonne-Espérance et jusqu’au détroit de Malacca qui est la voie navigable la plus importante entre l’Occident et l’Extrême-Orient.

Le Sri Lanka et son port naturel de Trincomalee se situent dans un lieu stratégique de la région et ont actuellement – comme le remarque Somasundaram – une importance globale. Il ajoute que le port de Trincomalee se trouve à un point stratégique à proximité de la Baie de Bengale et qu’il s’agit de l’un des plus «précieux patrimoines» du Sri Lanka.

L’accès au port est large de quatre milles et il s’étend sur une longueur de cinq kilomètres de l’est à l’ouest. Le port intérieur (qui se trouve dans le nord) s’étend sur une surface de 12 milles carrés et est enclavé par d’immenses nez rocheux et de petits îles. «Une qualité remarquable est l’énorme profondeur du port intérieur», dit-il.
[…]
C’est l’endroit idéal pour les sous-marins nucléaires!
«Trincomalee a une importance énorme dans l’ère des armes nucléaires et des systèmes de missiles nucléaires stationnés sur des sous-marins», souligne l’auteur. «Vu la profondeur du port, les sous-marins nucléaires sont capables de plonger assez profondément pour éviter de manière efficace les radars et les sondeurs acoustiques», dit-il.

Source: PK Balachandran.
Sri Lankas Strategic Importance.
Colombo Diary, 30/5/2005
(Traduction Horizons et débats)


Mercredi 6 Juin 2007

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