Néolibéralisme et conséquences

L’effacement partiel de la dette ne résout pas les problèmes de la Grèce



Sergueï Gouk
Lundi 12 Mars 2012

L’effacement partiel de la dette ne résout pas les problèmes de la Grèce
L’effacement partiel de la dette de la Grèce a été au même point bénévole qu’un aveu arraché par l’inquisition espagnole. Cette phrase du chef de Commerzbank allemande Martin Blessing, devenue proverbiale, a mis dans le mille. Au total l’endettement de la Grèce de 368 milliards d’euros a diminué de 105 milliards. Est-ce un début de sortie du pays de la crise ?

Si le président français Nicolas Sarkozy juge que la solution de l’endettement grec avait été trouvée, la chancelière allemande Angela Merkel ne partage pas cette euphorie et appelle les collègues à ne pas se relaxer. Des économistes européens en vue se montrent encore plus sceptiques. Ainsi, le professeur Hans-Werner Sinn, qui dirige l’Institut munichois des recherches économiques IFO, insiste toujours sur l’exclusion de la Grèce de la zone euro. L’économiste en chef de Commerzbank Jörg Krämer lui aussi ne croit pas en une issue heureuse.

Non, la crise n’est pas finie. La communauté des Etats a acheté du temps pour la Grèce. Mais si ce pays continue d’agir comme il le fait – promettre des réformes et ne pas les appliquer, garder un déficit budgétaire élevé, les nerfs vont lâcher à l’UE. Et le financement sera coupé. La probabilité de cela augmentera dans le second semestre.

En effet, pour le moment Athènes ne font que décevoir ses partenaires pour la zone euro. L’économie en 2011 a chuté de 7 %. Les agences de notation ont décerné à la Grèce un « défaut technique ». La fuite des capitaux a pris des proportions énormes. Le taux de chômage a dépassé 20 %. Les perspectives d’une croissance économique sont floues. L’effacement partiel de la dette est, certes, un allègement pour les finances publiques, mais n’est pas une panacée.

La population de Grèce, qui vit de mal en pis, n’attend rien de bon pour elle. « Ils jugent des gens pour quelque 100 euros dus à une banque, mais effacent de nombreux milliards de dette », a estimé un homme de la rue à Athènes, cité par Euronews. Il est temps déjà de le tenir pour appris : pour les crises, apparues par la faute d’une politique boiteuse de l’establishment, ce sont les plus démunis qui doivent payer.

http://french.ruvr.ru/2012_03_11/68145351/



Lundi 12 Mars 2012


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