Géopolitique et stratégie

L'échec des Etats-Unis à jouer le rôle d'une puissance morale


Tous les indices témoignent de la préparation apparente d'une attaque d'envergure de la marine et de l'armée de l'air américaine contre la République islamique d'Iran. Entre-temps, l'agence de désinformation dépendant du président américain, George W. Bush, à savoir la chaîne Fox News, est en train de préparer l'opinion publique à accepter l'idée d'une guerre américaine contre l'Iran, en créant un climat d'angoisse et d'hystérie à l'intérieur des Etats-Unis.


Paul Craig Roberts
Dimanche 4 Février 2007

L'échec des Etats-Unis à jouer le rôle d'une puissance morale
par Paul Craig Roberts, journaliste américain

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L'occupation de l'Irak par les Etats-Unis de Bush doit être considéré, à juste titre, comme le plus grand crime de guerre commis en ce début du XXIe siècle. Les leaders du parti démocrate, désormais majoritaire au Congrès américain, critiquent le président Bush en raison de sa mauvaise gestion de la guerre, guerre qui a commencé, en se basant sur de fausses informations et qui a coûté la vie à des milliers de soldats américains et à des centaines de milliers de civils irakiens.

Le régime de Bush avait créé un climat de peur, d'ailleurs faux, pour tromper l'opinion publique et les membres du Congrès sur le bien-fondé de cette guerre contre le régime de Saddam Hussein. A cette époque-là, le vice-président Dick Cheney et les autres conseillers de la Maison Blanche prétendaient que le régime de Saddam Hussein s'apprêtait à attaquer les villes des Etats-Unis par son immense arsenal d'armes de destruction massive.

Mais dans le même temps, les experts et les stratèges savaient bien que l'Irak ne présentait aucune menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis. L'occupation de l'Irak après une guerre illégitime est peut-être la meilleure raison qui existe pour imposer un impeachment au tandem Bush-Cheney et pour les traduire à la justice pour innombrables crimes de guerre et crimes contre l'humanité qu'ils ont commis en Irak.

Le massacre délibéré des centaines de milliers de civils, la destruction systématique des infrastructures civiles, la préparation d'une guerre civile ethnique et confessionnelle parmi les différentes composantes de la société irakienne, l'aggravation des tensions dans la régime du golfe Persique et du Moyen-Orient, sont d'autant d'exemples des crimes commis par l'administration républicaine de George Walker Bush.

Les Irakiens ont perdu ainsi leur espoir à la vie, et des centaines de milliers de citoyens irakiens ont été amené à l'exode. Beaucoup de jeunes diplômés irakiens ont décidé de quitter leur pays et de s'installer dans les autres pays de la région, en Europe ou en Amérique du Nord. Mais ce n'est que le début d'un commencement.

Selon les chiffres officiels du Pentagone, la perte en vie humaine de l'armée américaine sont supérieur à 26000 tués, blessés ou handicapés. Par ailleurs, la guerre et l'occupation ont coûté plus de mille milliards de dollars, selon certaines sources bien informées.

A qui profite le crime? Des gens comme le vice-président Dick Cheney, ancien membre du Conseil d'administration de Halliburton, et les grands actionnaires des complexes industriels et militaires ont tiré de grands bénéficies de cette guerre dont l'addition doit être payé évidemment par les Irakiens et le contribuable américain. Selon un rapport rédigé par le sénateur Frank Lautenberg, Halliburton a gagné jusqu'à présent, plus de 10 milliards de dollars, par conséquent, les actions de Halliburton que possédait Dick Cheney ont monté de 241.498 dollars à plus de 800.000 dollars.

Par ailleurs, les frais de cette guerre sale doivent être payés par le trésor fédéral des Etats-Unis qui subit déjà de grands déficits budgétaires. Le résultat est que le dollar américain a beaucoup perdu face aux autres monnaies, les Américains doivent payer plus d'impôts pour que les dirigeants de la Maison Blanche puissent poursuivre leurs aventures militaires dans les régions du golfe Persique et du Moyen-Orient.

Tout le monde s'accorde à dire aujourd'hui que le président actuel des Etats-Unis a commis en Irak des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité que personne ne peut plus nier. Les Irakiens, les peuples du golfe Persique et du Moyen-Orient, ainsi que les familles des soldats américains tués en Irak sont les victimes de ces crimes odieux.

Lors des élections mi-mandat du Congrès en 2006, les citoyens américains ont réagi contre les politiques du président Bush en Irak, et ils ont voté majoritairement pour les candidats démocrates. Ils souhaitaient ainsi que les démocrates du Congrès puissent peser efficacement sur les politiques guerrières du président George W. Bush.

Mais les démocrates seraient-ils capables de répondre convenablement aux attentes des électeurs américains? Pour trouver la réponse, jetons un coût d'œil sur les récentes déclarations des élus démocrates:

Le sénateur démocrate Joseph Biden, président de la commission des relations étrangères du Sénat, a déclaré au journaliste de la chaîne ABC: "La défaite en Irak est celle d'un président républicain qui a commencé une guerre dépourvue de tout bien-fondé logique et juridique, et sans avoir aucune stratégie pour la gestion de la guerre et de l'après-guerre. Le gouvernement de Bush n'a pas déployé assez de soldats en Irak, et il a poursuivi l'occupation du pays sans en avoir les moyens logistiques nécessaires.

La sénatrice démocrate de New York, Hillary Clinton qui sera très probablement la candidate principale de son parti aux élections présidentielles de 2008, estime que la décision de George W. Bush d'entamer la guerre contre l'Irak était le résultat d'une combinaison de mauvaises appréciations et de mauvaises gestions. Mais il est curieux de constater que dans le camp des démocrates, personne ne déplore la morts des centaines de milliers d'Irakiens, ni des crimes commis par les GI's contre les civils. Ils critiquent seulement et simplement la défaite militaire et politique de Bush en Irak.

La sénatrice Clinton ne parle absolument pas de la grave responsabilité du président Bush pour les crimes commis en Irak, et au lieu de voter pour un impeachment, elle dit seulement que le Président Bush doit finir la guerre avant la fin de son second mandat présidentiel, et ce pour que son prédécesseur n'ait plus le dossier irakien sur son bureau. Pour elle, le comble d'irresponsabilité de Bush serait de laisser ouvert le dossier de la guerre en Irak au prochain président des Etats-Unis.

Mais ce qu'oublie Mme Clinton c'est que le comble d'irresponsabilité de George W. Bush et de ses conseillers de faire entrer deux peuples dans une guerre injuste par le mensonge.

En attendant, la majorité démocrate au Congrès a décidé d'approuver une résolution non exécutoire pour condamner la mauvaise gestion de la guerre en Irak par le tandem Bush-Cheney et pour exiger un désengagement progressif des Etats-Unis. Cependant, arrogant et indifférent aux oppositions exprimées par le Congrès, l'administration républicaine de Bush est en train de préparer vraisemblablement une nouvelle intervention militaire, cette fois contre la République islamique d'Iran.

Tous les indices témoignent de la préparation apparente d'une attaque d'envergure de la marine et de l'armée de l'air américaine contre la République islamique d'Iran. Entre-temps, l'agence de désinformation dépendant du président américain, George W. Bush, à savoir la chaîne Fox News, est en train de préparer l'opinion publique à accepter l'idée d'une guerre américaine contre l'Iran, en créant un climat d'angoisse et d'hystérie à l'intérieur des Etats-Unis. Jusqu'à la fin de l'année dernière, Bush et son clan présentaient la nébuleuse Al-Qaïda comme responsable principal de leurs défaites en Irak, mais depuis le début de janvier 2007, ils ont changé de cap pour faire croire que les interventions iraniennes dans les affaires intérieures de l'Irak seraient la principal obstacle à la sécurisation de ce pays. En réalité, Israël poursuit 24 heures sur 24 son lobbying à Washington pour convaincre les dirigeants américains de la nécessité d'une intervention militaire à l'encontre de la république islamique d'Iran. Les démocrates ne sont pas assez actifs pour empêcher ce nouveau complot, et semblent se soucier uniquement sur la nécessité ou non du déploiement de 21500 soldats en Irak.

Mais dans ce contexte, personne n'écoute, ni dans le camp des démocrates ni dans celui des républicains, la voix du peuple américain qui exige la fin immédiate de la guerre en Irak. Les deux criminels de guerre de la Maison Blanche, c'est-à-dire Bush et Cheney doivent arrêter tout de suite la guerre, sinon les membres du Congrès doivent recourir à un impeachment pour empêcher la survenance d'une nouvelle guerre dans la région du Moyen-Orient.


Dimanche 4 Février 2007

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