Palestine occupée

L'assassinat, technique de la propagande noire du Mossad



fred@mecanopolis.org
Mardi 23 Février 2010

L'assassinat, technique de la propagande noire du Mossad

Par Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Le 20 janvier 2010, Mahmoud Al-Mabhouh, l’un des fondateurs de la branche militaire du mouvement de résistance palestinienne, le Hamas, a été assassiné dans sa chambre à l’hôtel El-Bustan Rotana à Dubaï. Le 12 février 2008, Imad Moughnieh, un haut responsable militaire du parti chiite libanais, le Hezbollah, a été tué dans un attentat à Kfar Soussa, dans la capitale syrienne, Damas, par une bombe placée dans l'appui-tête de son 4X4 de marque Mitsubishi Pajero1. L’assassinat de ces deux hauts responsables militaires du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien sont sans aucun doute l’œuvre du Mossad israélien.

Concernant l’assassinat d’Imad Moughnieh, le Mossad a laissé planer, comme à l’accoutumée, le doute sur son implication et c’est la presse américaine et européenne qui s’est chargée de le deviner et de le commenter. Ce qui n’est pas le cas du dirigeant du Hamas, Mahmoud Al-Mabhouh, où le Mossad a été pointé du doigt par le chef de la police de Dubaï, comme le commanditaire du l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh. À en croire les commentateurs des mass medias publiques et privées en Europe et aux Etats-Unis qui, rappelons-le au passage, sont contrôlées par le complexe militaro-industriel et soumises à l’influence du sionisme international, ont unanimement salué « l’exploit » et le « professionnalisme » du Mossad qui, du coup, retrouve sa panache et sa réputation dans le montage d’opérations spectaculaires. Parler d’exploit et de professionnalisme du Mossad à Dubaï, c’est aller un peu vite en besogne, car un service secret qui laisse filmer ses agents et ses exécutants pendant qu’ils accomplissent leur mission, se révèle un piètre service secret. Depuis que le chef de la police de Dubaï, Dahi Kalfan El-Tamim a accusé formellement le Mossad israélien du meurtre de Mahmoud Al-Mabhouh, les remous et les polémiques enflent jour après jour tant à l’intérieur de l’État sioniste que dans les États européens comme à Londres, à Paris, à Bonn et à Dublin qui ont délivré des vrais passeports aux membres du commando de Dubaï. À présent, les mouvements de résistance, libanais et palestinien, promettent de venger tôt ou tard leurs martyrs assassinés par le Mossad comme l’a répété encore mardi dernier à Beyrouth, Hassan Nassrallah à l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat d’Imad Moughnieh et comme le confirment également la branche armée du Hamas et Khaled Machaa’l dans son allocation diffusée à Gaza à l’occasion d’une cérémonie d’hommage à Mahmoud Al-Mabhouh.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir pourquoi le Mossad israélien a procédé à la liquidation du responsable militaire du Hezbollah libanais et du dirigeant du Hamas palestinien. Pour répondre à cette question, il faudra replacer ces deux assassinats dans le cadre de la propagande noire menée par le Mossad pour retrouver une certaine crédibilité d’abord en tant que service de renseignement et ensuite pour contrecarrer les effets dévastateurs des deux guerres ratées contre le Hezbollah libanais en 2006 et contre le Hamas en décembre 2008-janvier 2009 et qui représentent à terme une menace sérieuse sur la cohésion de la société israélienne et sur le devenir même de l’Etat sioniste.

L’ASSASSINAT, TECHNIQUE DE LA PROPAGANDE NOIRE DU MOSSAD

Certains esprits naïfs considèrent qu’un service de renseignement travaille uniquement à la collecte et à l’analyse des renseignements qui seront ensuite mis à la disposition des gouvernements et des autorités civiles et militaires. L’idée qu’un service de renseignement ne s’occupe que de renseignement est fausse, car il fait partie des appareils et des réseaux qui participent directement ou indirectement à la guerre psychologique et à la propagande. Par exemple, la CIA ne fait que collecter et analyser des renseignements, elle participe également à la propagande politique et à la Guerre psychologique du gouvernement américain et à la défense des intérêts du complexe militaro-industriel. Le dernier exemple en date est le rôle déterminant joué par la CIA dans la guerre psychologique et dans la propagande contre le régime de Saddam Hussein accusé de détention d’armes de destruction massive. L’exemple irakien montre qu’un service de renseignement dépend beaucoup moins d’un Etat ou d’un gouvernement que du complexe militaro-industriel qui manipule les informations et qui utilise à bon escient les travaux des services de renseignements pour élaborer son argumentaire guerrier2 Le fonctionnement d’un service de renseignement ne diffère en rien de celui du ministère de la propagande (ministère de la communication) dans la mesure où il existe en son sein des spécialistes dans la manière d’élaborer des plans de campagne aussi bien pour une propagande blanche ou ouverte que pour une propagande noire ou grise. Il convient de rappeler qu’une propagande noire ou grise recourt à des actions qui sont susceptibles de produire des effets psychologiques dévastateurs sur l’ennemi en semant dans ses rangs le trouble, la terreur et la peur. Les techniques habituelles de la propagande noire sont multiformes : les activités subversives, les opérations spéciales, l’assassinat, le sabotage, la guérilla, l’espionnage, les pressions politiques, économiques, culturelles, idéologiques, raciales, religieuses etc. Autrement dit, un service de renseignement ne fait pas que de collecter et d’analyser des renseignements mais il est aussi une structure et une organisation complexe combinant activités militaires et de propagande. Le Mossad israélien est bien un service de renseignement mais il est aussi une organisation militaire qui mène des opérations spéciales et un bureau de propagande qui manipule psychologiquement les opinions publiques nationales et internationale.

Le Mossad créé en 1951 est l’un des trois services de renseignement de l’Etat sioniste, le service de renseignement militaire et l’Agence pour la sécurité d’Israël(ASI). Le Mossad comprend une section d’une cinquantaine d’hommes spécialisée dans l’assassinat et la liquidation des personnalités arabes et palestiniennes. La décision d'assassiner est prise secrètement en cabinet restreint réuni au sein d'un comité appelé X et sous la présidence du premier ministre qui doit donner son accord sur la liste présentée avec les noms des personnalités à éliminer. C'est Golda Maier qui a initié la pratique de liquidation des adversaires à des fins de dissuasion. Depuis les années 1970, le Mossad est ainsi responsable de l'assassinat d'une centaine de personnalités arabes et palestiniens. La pratique de l'assassinat qui, semble-t-il, a été mise en sourdine pendant un certain temps à cause des dissensions à l'intérieur du Mossad, a repris de plus belle depuis l'arrivée en 2002 d'un nouveau chef, Meir Dogan(61 ans). Un général de réserve qui l'avait connu dans les années quatre-vingts du siècle dernier lui a donné le surnom de Rambo pour ses méthodes expéditives à Beyrouth durant les années 1980. Au cours d'une émission télévisée, ce même général a affirmé que le Rambo Meir Dogan partait à Beyrouth pour la journée à Beyrouth pour assassiner des militants libanais et palestiniens puis il rentrait le soir chez lui tranquillement. D'après la deuxième chaîne israélienne, depuis l'arrivée de Dogan à la tête du Mossad, deux cents agents ont donné leur démission pour protester contre la politique aventurière de leur chef actuel. Avec l’assassinat du dirigeant palestinien, Mahmoud Al-Mabhouh, le chef du Mossad est à nouveau sur la sellette et il n’est pas exclu qu’un mandat d’arrêt soit lancé contre lui par Interpol à la demande des Emirats arabes Unis(EAU). Mais le chef du Mossad n’est pas le seul en cause, car il faudra remonter à la tête, c’est-à-dire le chef du gouvernement israélien, Benjamain Natanyahu.

OBJECTIFS PSYCHOLOGIQUES ET POLITIQUES DE LA PROPAGANDE NOIRE DU MOSSAD

Pour déterminer les objectifs psychologiques et politiques visés par la propagande noire du Mossad, il faut savoir que ce dernier n’est pas seulement un organisme spécialisé dans la collecte et l’analyse des renseignements étrangers et notamment les programmes stratégiques d’armement au Proche-Orient mais il est aussi un grand pourvoyeur et vendeur de renseignements aux services secrets étrangers sur les mouvements islamiques et les réseaux terroristes. En effet, le Mossad est connu dans les milieux des renseignements pour la fiabilité de ses agents et pour la qualité des renseignements fournis, ce qui en fait un gros vendeur de renseignements et de travaux à des agences étrangères. L’assassinat de Mahmoud Al-Bahbouh a révélé que la coopération entre le Mossad et les agences étrangères ne s’arrête pas au seul domaine du renseignement mais que ces derniers ont même aidé le Mossad à se procurer des vrais passeports pour les membres du commando qui ont exécuté le dirigeant du Hamas. Contrairement à ce qui a été dit, les membres du commando de Dubaï étaient titulaires des vrais passeports délivrés par les autorités administratives compétentes française, anglaise, Irlandaise et allemande.

En éliminant le chef militaire du Hezbollah et le dirigeant du Hamas, le Mossad espérait d’abord redorer son blason et restaurer sa crédibilité ternie par le manque de fiabilité de ses renseignements sur le programme chimique et bactériologique de Saddam Hussein, sur le programme nucléaire libyen, sur la capacité militaire du Hezbollah libanais et surtout sur le programme nucléaire iranien. L’assassinat par le Mossad du chef militaire du Hezbollah et celui du dirigeant du Hamas visent un but psychologique bien précis, décourager ces deux mouvements de résistance en faisant sentir à leurs dirigeants respectifs qu’ils pourront être à leur tour les prochaines cibles du Mossad. En faisant ainsi planer l’idée de l’élimination physique, le Mossad voulait semer un sentiment de peur dans les rangs du Hezbollah et du Hamas pour pousser leurs dirigeants à renoncer à la résistance et à négocier aux conditions que leur impose l’État sioniste. Non seulement les assassinats et la liquidation physique des personnalités et des activistes arabes et palestiniens se sont révélés stériles et contreproductifs, ils ont donné plutôt les effets inverses, c'est-à-dire le renforcement politique et militaire de l'ennemi. On en a pour preuve le Hezbollah libanais dont les fondateurs Rajab Harb (tué dans les années 1980) et Abbas Moussaoui (tué en février 1992) ont été assassinés par le Mossad, est devenu aujourd’hui une puissante organisation politique et militaire. Israël a éliminé physiquement Cheik Yassine mais cet assassinat n’a nullement empêché le Hamas de devenir une puissante organisation politique et militaire qui a réussi à gagner les élections législatives en territoires palestiniens, à chasser l’autorité palestinienne de Gaza et à résister au déluge de feu de l’armée sioniste pendant la guerre de décembre 2008-janvier 2009.

Mais le choix des cibles « de qualité », en l’occurrence les chefs militaires du Hezbollah et du Hamas, vise aussi à rendre une certaine légitimité politique à une classe politique israélienne et à l’armée qui ont perdu une grande partie de leur aura d’antan lors de la guerre du Liban en 2006 et de celle de Gaza en 2009. L'assassinat d'Imad Moughnieh le 12 février 2008 à Damas a un double objectif politique et psychologique: redorer l'image du premier ministre israélien de l’époque, Ehud Olmert dont l’image a été ternie par le rapport Vinograd et les ratés de la guerre du Liban. L’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh à Dubaï le 20 janvier 2010 a aussi un double objectif politique et psychologique: souder une société israélienne démoralisée et frustrée à sa classe dirigeante et effacer les dégâts laissés par la guerre de Gaza et les effets politiques du rapport Goldstone sur les crimes sionistes3. Il faut bien dire que la guerre du Liban de juillet-août 2006 a sapé le moral de la société israélienne et elle a remis en cause le principe sacro-saint de l’invincibilité de l’État sioniste. Si l'État sioniste a pu vivre depuis sa création en 1948, entouré de peuples arabes foncièrement hostiles à son existence(je parle de peuple et non pas d’Etat ou de gouvernements), c'est à cause de l’image d'une armée invincible depuis la guerre des Six jours de juin 1967, une image qui a joué un rôle de dissuasion politique et psychologique au point de pousser le plus grand État du Moyen Orient, l'Égypte, puis la Jordanie à signer des traités de paix humiliants avec l’Etat sioniste. C’est cette image d’une armée israélienne invincible qui a fait naître dans la tête de l’arabe l’idée du défaitisme et de la résignation. L’histoire a montré que quand un peuple est gagné par la peur, il n’a plus le courage ni de lutter ni de résister.

Mais la guerre des 34 jours contre le Liban en juillet-août 2006 et la résistance héroïque opposée par Hezbollah libanais ont littéralement fait voler en éclats la légende d'invincibilité de l'armée israélienne considérée jusqu'ici comme l'échine dorsale et le facteur de cohésion de la société israélienne soudée jadis par le mythe d'une armée puissante, crainte et dissuasive. C'est cette image d'invincibilité qui a été écornée et ternie par la guerre du Liban contre le Hezbollah libanais et que l'État d'Israël cherche à restaurer à tout prix, soit par une guerre militaire qui se profile à l’horizon soit par une guerre de basse intensité menée aujourd’hui par le Mossad à travers sa propagande noire qui vise à saper le moral des dirigeants des deux mouvements de résistance libanais et palestiniens. Les dernières déclarations de Hassan Nassarallah faites mardi dernier à l’occasion du deuxième anniversaire de l’assassinat d’Imad Moughnieh ne sont pas de nature à rassurer ni la classe politique israélienne ni le simple citoyen. Au vu de la nouvelle donne politique et militaire qui émerge au Moyen Orient avec un Hezbollah menaçant de répondre au tac au tac à toute agression sioniste contre le Liban, avec une Syrie qui menace les grandes villes israéliennes, avec un Hamas qui promet de venger son martyr Mahmoud Al-Bahbouh et avec un Iran qui promet de « rayer » Israël de la carte, cela en fait trop pour une armée qui jouit certes d’une supériorité dans le domaine aérien mais qui ne pourra jamais résister trop longtemps à une guerre asymétrique et à une guérilla. Il y a fort à parier que l’unité par trop fragile de la société israélienne ne résistera pas trop longtemps à des pressions militaires prolongées et finira par voler en éclats si la guerre vient de se prolonger. Sans aucun doute la prochaine guerre qui se prépare actuellement au Moyen Orient ressemblera-t-elle de plus en plus à la poudrière des Balkans à la veille de la Première Guerre mondiale. Dans ce cas de figure, et ce sera le scénario le plus probable, les USA et leurs satellites européens voleront immanquablement au secours de leur État croupion. Mais quelque que soit l'issue de la confrontation, le visage du Moyen Orient aura changé et le monde qui en sortira ne ressemblera certainement pas à celui que nous connaissons aujourd’hui.

Faouzi Elmir, pour Mecanopolis

Le blog de Faouzi Elmir : Le Bulletin de l’International

Notes :

1 F.Elmir,: Assassinat d’Imad Moughnieh, Enjeux politiques et idéologiques, 20/02/2008. http://buelletindelinternational.wordpress.com
2 Sur les relations entre service de renseignement, complexe militaro-industriel et media, Chalmers Jonson et Tom Engelhardt, The militaro-industriel complex, 28 July 2008, http://www.antiwar.com/engelhardt/?articleid=13214
3 F.Elmir, Rapport Goldstone n’est que de la poudre aux yeux, http://www.mecanopolis.org/?p=10330


Mardi 23 Février 2010


Commentaires

1.Posté par Alif le 23/02/2010 15:13 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

L’explication de la Grande-Bretagne est constellée d’incohérences. Il est temps de dire la vérité !

Par Robert Fisk
The Independent, jeudi 18 février 2010
article original : "Robert Fisk: Britain's explanation is riddled with inconsistencies. It's time to come clean"
Comment les Arabes auraient-ils pu détecter un meurtre du Mossad,
si c’est ce que c’était ? Eh bien, nous allons voir !

--------------------------------------------------------------------------------

Collusion. C’est ce dont il s’agit. Les Emirats Arabes Unis soupçonnent – soupçonnent seulement, vous remarquerez – que la « collaboration » de l’Europe avec Israël « en matière de sécurité » a dépassé la frontière de l’illégalité, où des passeports britanniques (et ceux d’autres nations européennes) peuvent désormais être utilisés pour envoyer des agents israéliens dans le Golfe, afin de tuer les ennemis d’Israël. Hier, à 15h49 (heure de Beyrouth, […] [14h49 à Paris]), mon téléphone libanais a sonné. C’était un informateur – impeccable, je le connais, il a parlé avec l’autorité que je sais qu’il a à Abu-Dhabi – pour dire que « les passeports britanniques sont authentiques. Ils sont munis d’images holographiques et de timbres biométriques. Ils ne sont ni falsifiés, ni contrefaits. Les noms étaient vraiment là-bas. Si l’on peut contrefaire un hologramme ou un timbre biométrique, qu’est-ce que cela veut dire ? »

La voix – je connais bien cet homme et ses origines – veut parler. « Il y a 18 personnes impliquées dans le meurtre de Mahmoud al-Mabbouh. En plus des 11 qui ont déjà été nommés, il y a deux Palestiniens qui sont actuellement interrogés et cinq autres, dont une femme. Elle faisait partie de l’équipe qui surveillait le hall de l’hôtel. » Deux heures plus tard, je reçois, sur mon téléphone de Beyrouth, un SMS, envoyé depuis Abu-Dhabi, la capitale des Emirats Arabes Unis. C’est le même informateur.

« ENCORE UNE CHOSE », est-il écrit en lettres capitales, et le reste en minuscules. « La salle de commandement de cette opération était en Autriche (sic, en fait, tout est « sic » dans ce reportage)… ce qui signifie que les suspects, lorsqu’ils étaient ici, ne se sont pas parlés les uns aux autres, mais par l’intermédiaire de la salle de commandement sur des lignes séparées, afin d’éviter d’être détectés ou qu’on les relie les uns aux autres… mais cela a été détecté et identifié, OK ?? » OK ? Me suis-demandé.

Mon informateur est à la fois en colère et insistant. « Nous avons fait parvenir à Interpol les détails des 11 personnes nommées. Interpol les a fait circuler auprès de 188 pays – mais pourquoi la Grande-Bretagne n’a-t-elle pas prévenu les nations étrangères que ces personnes utilisaient des passeports à ces noms ? » D’autres révélations allaient venir.

« Nous avons identifié cinq cartes de crédit appartenant à ces personnes, toutes émises aux Etats-Unis. » L’homme ne donnera pas les nationalités européennes des cinq personnes supplémentaires – cela ferait deux femmes impliquées dans le meurtre de M. Mabbouh. Il a dit que les pays de l’Union Européenne coopéraient avec les E.A.U., y compris le Royaume-Uni. Mais « pas un seul pays auxquels nous avons parlé n’a notifié à Interpol les passeports utilisés en leur nom. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? »

Ma source a insisté sur le fait que l’un des noms sur un passeport – le nom d’un homme qui nie être au courant de l’utilisation qui en a été faite – a voyagé avec en Asie (probablement l’Indonésie) et dans des pays de l’Union Européenne, au cours des 12 derniers mois. Les Emirats ont la preuve qu’un Américain est entré dans leur pays en juin 2006 avec un passeport britannique, délivré au nom d’un citoyen du Royaume-Uni qui était déjà en prison dans les Emirats. Les Emirats soutiennent que le passeport d’un agent israélien envoyé en Jordanie pour tuer un dirigeant du Hamas [Khaled Meshaal] était un passeport canadien authentique délivré à une personne ayant la double nationalité israélo-canadienne.

Les agences d’ « Intelligence » – lesquelles, à la lumière de ce correspondant, sont souvent très inintelligentes – utilisent depuis longtemps des faux passeports. Oliver North et Robert McFarlane s’étaient rendus en Iran pour demander la libération des otages américains au Liban, avec des passeports qui avaient été auparavant dérobés à l’ambassade d’Irlande à Athènes. Mais la nouvelle information des Emirats pourrait opousser quelques gouvernements européens à retenir leur souffle – et il vaut mieux qu’ils aient de bonnes réponses à ces questions. Les services de renseignements – arabes, israéliens, européens ou américains – adoptent souvent une attitude arrogante envers ceux dont ils souhaitent se cacher ? Comment les Arabes auraient-ils pu détecter un meurtre du Mossad, si c’est ce que c’était ? Eh bien, nous allons voir !

Collusion est un mot que les Arabes comprennent. Ça leur rappelle la Guerre de Suez de 1956, lorsque la Grande-Bretagne et la France avaient coopéré avec Israël pour envahir l’Egypte. Londres et Paris avaient toutes deux réfuté ce complot. Les deux pays mentaient. Mais pour un pays arabe du Golfe qui soupçonne ses anciens maîtres (la Grande-Bretagne, pour la nommer) d’avoir pu être de connivence dans un meurtre d’un officiel du Hamas en visite, cela en est visiblement trop. Il y a encore beaucoup de choses qui sortiront de cette histoire. Nous attendrons de voir s’il y a des réponses en Europe.

Traduit de l'anglais par [JFG/QuestionsCritiques]



2.Posté par Alif le 23/02/2010 15:37 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Dubaï, une opération d’Etat voyou dommageable à Israël, par Uri Avnery
22 février 2010

« Le problème, avec le Mossad, c’est qu’il agit comme un fief indépendant qui ignore les intérêts vitaux politiques et stratégiques à long terme d’Israël, tout en bénéficiant du soutien automatique d’un Premier ministre irresponsable, » écrit Uri Avnery, qui compare ce service secret à un « canon désarrimé » balayant le pont du navire dans sa course folle. Vécue comme un succès en Israël, le dommage sur la scène internationale provoqué par cette opération est pourtant considérable, juge-t-il. « L’affaire de Dubaï renforce l’image d’un Etat d’Israël brutal, d’une nation voyou qui traite avec mépris l’opinion internationale, d’un pays qui mène une guerre de gang, qui envoie à l’étranger des équipes semblables à celles de la mafia, d’une nation paria que devraient éviter les gens sensés. » Et de poser à ses concitoyens la question suivante : « était-ce utile ? »


Par Uri Avnery, Gush Shaom, 20 février 2010 - extrait

La semaine dernière, on a assisté à un déluge de mots sur l’assassinat à Dubaï de Mahmoud Al-Mabhouh, un haut dirigeant du Hamas.

Les israéliens ont reconnu dès le premier instant qu’il s’agissait du travail du Mossad. Quelles capacités ! Quel talent ! Comment ont-ils su longtemps à l’avance quand l’homme irait à Dubaï, quel vol il prendrait, dans quel hôtel il séjournerait ! Quelle planification remarquable !

A l’écran, les « correspondants militaires » et « les correspondants sur les affaires arabes » étaient radieux. Leurs visages disaient : ah....si le sujet n’était pas sous embargo ... Si seulement je pouvais vous dire ce que je sais ... je peux seulement vous dire que le Mossad a prouvé à nouveau qu’il avait le bras long et pouvait agir n’importe où ! Ah ! Que vivent dans la peur les ennemis d’Israël !

Lorsque les problèmes ont commencé à se manifester, et que les photos des assassins sont apparues sur les télévisions du monde entier, cet enthousiasme s’est refroidi, mais seulement légèrement. Une méthode israélienne ancienne et éprouvée a été utilisée : se saisir d’un détail annexe et en discuter avec passion, en ignorant la question principale. Se concentrer sur l’arbre et détourner son attention de la forêt.

Pourquoi donc les agents ont-ils utilisé les noms de personnes réelles qui vivent en Israël et jouissent de la double nationalité ? Pourquoi, parmi tous les passeports possibles, ont-ils utilisé ceux de pays amis ? Comment pouvaient-ils être sûrs que les propriétaires de ces passeports ne seraient pas en voyage à l’étranger au moment critique ?

Par ailleurs, n’étaient-ils pas conscients qu’à Dubaï les caméras sont omniprésentes et enregistrent chaque mouvement ? N’avaient-ils pas prévu que la police locale montrerait les images de l’assassinat dans presque tous ses détails ?

Mais cela n’a pas soulevé énormément d’intérêt en Israël. Tout le monde a compris que les Britanniques et les Irlandais étaient obligés de protester pour la forme, mais que cela n’était qu’un geste obligé. Dans les coulisses, il existe des liens intimes entre le Mossad et les autres agences de renseignement. Après quelques semaines, tout sera oublié. Voilà comment cela s’est déroulé en Norvège après Lillehammer [à la suite d’une opération du même type, où le Mossad s’était trompé sur l’identité de sa cible - ndlr], et comment cela s’est passé en Jordanie [après la tentative ratée d’empoisonnement de Khaled Meshal]. Ils vont protester, réprimander, et ce sera tout. Alors, quel est le problème ?

Le problème, avec le Mossad, c’est qu’il agit comme un fief indépendant qui ignore les intérêts vitaux politiques et stratégiques à long terme d’Israël, tout en bénéficiant du soutien automatique d’un Premier ministre irresponsable. Il s’agit, comme le disent les anglais d’un « canon désarrimé - le canon d’un navire d’antan qui a rompu ses fixations et roule sur le pont, écrasant tout malheureux marin placé sur son chemin.

Sur le plan stratégique, l’opération de Dubaï provoque des dommages importants pour la politique du gouvernement, qui consiste à présenter la supposée bombe nucléaire de l’Iran comme une menace existentielle pour Israël. Cette campagne contre l’Iran l’aide à détourner l’attention du monde entier de l’occupation continue et de la colonisation, et elle amène les États-Unis, l’Europe et d’autres nations à danser à son rythme.

Barack Obama tente de rassembler une coalition mondiale pour imposer des « sanctions épuisantes » pour l’Iran. Le gouvernement israélien lui sert - volontairement - de chien méchant. Obama dit aux Iraniens : les Israéliens sont fous. Ils peuvent vous attaquer à tout moment. Je les retiens très difficilement. Mais si vous ne faites pas ce que je vous demande, je vais lâcher la laisse et qu’Allah aie pitié de votre âme !

Dubaï, un pays du Golfe situé face à l’Iran, est une composante importante de cette coalition. C’est un allié d’Israël, tout comme l’Egypte et la Jordanie. Et voici que ce même gouvernement israélien l’humilie et fait naitre parmi les masses arabes le soupçon que Dubaï collabore avec le Mossad.

Dans le passé, nous avons embarrassé la Norvège, nous avons rendu furieuse la Jordanie, et aujourd’hui nous humilions Dubaï. Est-ce avisé ? Posez la question à Meir Dagan, que Netanyahou vient de confirmer pour une huitième année dans ses fonctions de chef du Mossad, circonstance presque sans précédent.

L’impact de cette opération sur notre réputation dans le monde sera peut-être encore plus significatif.

Par le passé, il était loisible de minimiser cette dimension. Laissez les « goyim » dire ce qu’ils veulent. Mais depuis l’opération Plomb Durci, Israël est devenu plus conscient des répercussions, qui sont d’une portée considérable. Le verdict du juge Goldstone, les échos des pitreries d’Avigdor Lieberman, la campagne mondiale grandissante en faveur d’un boycott d’Israël - tout cela laisse à penser que Thomas Jefferson ne parlait pas pour ne rien dire lorsqu’il a affirmé qu’aucune nation ne peut se permettre d’ignorer l’opinion de l’humanité.

L’affaire de Dubaï renforce l’image d’un Etat d’Israël brutal, d’une nation voyou qui traite avec mépris l’opinion internationale, d’un pays qui mène une guerre de gang, qui envoie à l’étranger des équipes semblables à celles de la mafia, d’une nation paria que devraient éviter les gens sensés.

Était-ce utile ?

--------------------------------------------------------------------------------
Publication originale Gush Shalom, traduction Contre Info







3.Posté par kader le 23/02/2010 16:33 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Tout ça c'est du cinéma. Le complot comprend, bien sur le MOSSAD mais aussi les palestiniens de fateh et surtout les services de securité de dubai qui étaient les seuls à savoir l'horaire et l'itinéraire du terroriste de HAMAS.

4.Posté par Enrico le 23/02/2010 18:12 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Le Mossad n'est qu'une bande lâche

5.Posté par ROGSIM le 24/02/2010 13:24 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Chutt !
faut pas l'ébruiter
Le fils d'un haut dignitaire du Hamas informait les Israéliens pendant de nombreuses années

6.Posté par dik le 24/02/2010 16:33 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@rogsim

Encore de la hasbara. Hamas a démenti. Le seul terrorisme au monde qui porte bien son nom est celui des sionistes.

Je viens de voir le film de Mel Gibbson "La Passion du Christ". Quel acharnement, quelle violence, quelle haine de la part des bourreaux du Christ, les pères du sionisme! Et les romains qui laissaient faire, c'est aussi dans le film. Au passé comme au présent, à la différence près que la rage des sionistes s'est portée sur les musulmans, toujours avec le consentement des "romains"! C'est dire combien étaient justifiées la naissance et la propagation fulgurante de l'Islam.

7.Posté par ROGSIM le 24/02/2010 19:25 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

un peu de patience, Yossef va publier un livre...et ce n'est pas du cinéma (au message 6)

8.Posté par ROGSIM le 24/02/2010 20:38 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

selon les infos, une précision sans grande importance juste pour répondre au message 6
Il s'agit de Mosab Hassan Youssef fils du Cheikh Hassan Youssef, il est membre du Shin Beth, et appelé "le prince vert"
Il vit aujourd'hui en Californie et s'est converti au christianisme.
Le plus important est qu'il a évité des attentats.

9.Posté par Aigle le 24/02/2010 21:35 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Puanteur ambulante tu parles de Yossef le criminel pervers endossant la robe puante de rabbin talmudique qui a failli etre acheté par Moubarak et renier ses comperes sionistonazis du Sionistan lorsqu'il est revenu visiter son pays d'origine , l'Egypte ???? .....AAAhhhhhh :!!!!!! le Prince OAS ....IL EST VERT ......VERS ............UN VERS .....

10.Posté par ROGSIM le 25/02/2010 10:50 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

en réponse au message 9 "aigle"
je parle de Mosab Hassan Youssef qui était membre du Shin Beth, fils de Cheikh Hassan Youssef l'un des fondateur du Hamas

11.Posté par dik le 25/02/2010 14:09 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@Rogsim

Vous prenez des vessies pour des lanternes. Quand bien même le Sionistan apporterait "ses preuves intangibles" - non pas seulement des déclarations - que quelque palestinien serait dans son rang, ça ne passera pas, parce qu'il n'a absolument aucune crédibilité. Seuls les voyous croient en leurs semblables! Alors, bouclez-là.

12.Posté par ROGSIM le 26/02/2010 00:13 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

au message 11 dik
Mosad Hassan Youssef devrait publier un livre, à moins que le Hamas réussis à empêcher sa parution

13.Posté par dik le 26/02/2010 00:20 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Rogsim

Ce serait alors un livre écrit par le mAUssad et signé par H... pour épargner la torture et le meurtre des siens!

14.Posté par JOSEPH2 le 26/02/2010 00:39 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Ben quoi ça va un peu accélérer le transit intestinal des criminels de guerres institutionnalisés du Hamas. ;-)

15.Posté par Aigle le 26/02/2010 01:29 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Mais DEBRIS M...AU....SSADE j'Avais bien compris ....que tu ......fantasmais pour un eventuel ...orgasme .....Moi par contre je te parlais du veritable YOSSEF ...tu sais le Grand rabbin talmudique en chef qui , si Moubarak avait augmenté un peu la Prime , il serait revenu chez lui en Egypte et aurait declaré ses compagnons d'aujourd'hui comme ....Anti.....semites .....Crrrrrrrreeeeeeetttin va........

16.Posté par soravardi le 26/02/2010 01:55 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

La méthode de recrutement pour les tapettes du mossad

17.Posté par ROGSIM le 27/02/2010 07:50 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

au message 15
je comprends votre grande déception, je compatis ! !
mais c'est tout de même réconfortant de voir qu'un membre du Hamas a compris où se trouve le juste combat

18.Posté par la truie qui file le 27/02/2010 09:21 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Interessant et instructifs ces echanges pleins de courtoisie et de delicatesse.

Ouups ! quel habilité d'arriver à faire enrager quelques uns. Pour attraper des mouches il faut qu''elles soient furieuses et paniquées et qu'elles se jettent sur les carreaux ou parfois elles tombent toutes seules . Dommage pour elles ! un coup de torchon fait le reste , quand c'est des frelons ou des scorpions ils peut arriver qu'ils se piquent tout seuls pour achever le boulot !



Si certains n'etaient pas aussi aveuglés par la colère et une hanie sous jacente mutuelle , ils pourraient contempler la stratégie et eventuellement la retourner sur elle meme bien sur à une condition c'est d'etre bien certain de ses arrières puisque il s'agit d'un jetter le trouble et de faire que les partisans d'une meme cause vont se massacrer entre eux .

- une possibilité d'infiltration vrai ou fausse la repandre sert à ce que les participants se mefie les uns des autres ... Cela n'a pas l'air d'etre tres difficile !

- si c'est vrai au besoin cela peut etre une stratégie de couverture pour eviter d'identifier la bonne taupe ...

- si c'est faux le doute ainsi repandu est une excellente occasion d'affaiblissement et de secession avec l'occasion d'une infiltration ultérieure


Riez Jaunes , les petits amis !

De leurs cote, les semeurs d'embrouilles ont leurs comploteurs à l'interieur de leurs rangs et un gros mechant malin qui attend de les croquer au moment ou ils s'y attendent le moins .

Quand on preche la malfaisance elle se retourne contre ses instigateurs tot ou tard et en ce moment cela va de plus en plus vite ...

Mais bien sur c'est valable dans les deux camps puisque au dessus le mechant à decidé d'eliminer les deux camps et tous ceux qui ont comploté ....

Les Gonzes-amis-aime-nie, le pouvoir final et central du NWO n'est pas prevu pour etre partagé , les combats actuels ne servent qu'a mettre en place ce pouvoir central qiu vous eliminera sans aucune pitié LES UNS ET LES AUTRES sans faire aucune differrence .Du coup , C'est bien plus facile de les detruire puisque les uns les autres font 99% du boulot !

Maussade, la bonne humeur finira par faire que l'aiguillon pique ses porteurs , c'est la nature de l'aiguillon de le faire le porteur n'est qu'un esclave qui doit succomber à la fin .


Nouveau commentaire :

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES

Publicité

Brèves



Commentaires