Politique Nationale/Internationale

L'assassinat du minsitre somalien de la Justice


Il a fallut qu'un ministre soit abattu un vendredi midi devant la mosquée de Baidoa pour que la colère anti éthiopienne éclate. Des centaines de manifestants furieux ont pris d'assaut vendredi les rues, les magazins et les centres commerciaux de Baidoa, peu après qu'un tireur isolé eut tiré trois balles sur Abdallah Isaaq Deerow, ministre des Affaires fédérales et constituionnelle, causant sa mort.


Zeynel CEKICI
Dimanche 30 Juillet 2006

L'assassinat du minsitre somalien de la Justice

Pour le Chef de l'union des tribunaux islamiques de Somalie, le cheikh Charif Ahmad, l'assassin aurait agi, dixit, "sur l'ordre de l'ennemi qui se trouve depuis quelque temps à Baioda" ; une allusion, on ne peut plus claire, à "l'Ethiopie" dont les soldats arpentent, arme à la main, depuis la mi-juillet, les rues de la ville en soutien au gouvernement de transition. Cette accusation, même si elle reste pour l'heure sans preuve, tient pourtant la route. Abdellah Deerow a été l'un des ministres à avoir fait activement campagne pour le départ de l'actuel chef du gouvernement que les Somaliens haissent et qu'Addis Abeba adoube. Pays à majorité chrétienne, ami et allié clé de Washington dans la Corne de l'Afrique, l'Ethiopie n'a jamais caché ses réticences face à l'émergence d'un état islamique sur ses frontières occidentales, état potentiellement apte à faire alliance avec son éternel rival, l'Erythrée. D'où cette main secourable qu'il a tendue vers le gouvernement somalien, juste au moment où celui-ci allait être emporté par la tempête islamique. Or dans ce conflit, l'Erythrée ne semble pas, non plus, être en reste. Vendredi, des combattants proches de l’union des tribunaux islamiques ont coupé les accès à l’aéroport de la capitale et évacué les curieux, alors qu’un avion déchargeait sa mystérieuse cargaison. Les responsables gouvernementaux ont aussitôt accusé Sanna d’envoyer des munitions à la milice. Que ses accusations mutuelles soient fondées ou pas, une chose est sûre: la Somalie s'est transformée en un arène où ses voisins règlent leur compte. C'en est trop pour un pays, déjà déchiré par les plus terribles pulsions fratricides.


Dimanche 30 Juillet 2006


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