Jeudi 18 Mars 2010
15:00
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PROCHE ORIENT
L’armée israélienne aux portes de la ville de GazaDimanche 4 Janvier 2009
L'armée israélienne aux portes de la ville de Gaza
Des combats se déroulaient dimanche matin dans les
faubourgs de la ville de Gaza entre les combattants du Hamas et les chars et les
fantassins israéliens qui sont entrés samedi soir sur le territoire
palestinien.
Après une semaine de bombardements aériens, et trois
ans et demi après avoir évacué la bande de Gaza, l'armée israélienne a déclenché
samedi soir une offensive terrestre pour faire cesser les tirs de roquettes sur
le sud de l'Etat juif.
En fin de matinée, alors que des combats étaient signalés aux abords de la
ville de Gaza, des obus ont explosé dans le quartier commerçant de la principale
ville du territoire, où vivent un tiers des 1,5 million de Gazaouis. Des
médecins font état d'au moins cinq morts et quarante blessés.
Dans le nord du territoire, une douzaine de Palestiniens, des civils pour
l'essentiel, ont été tués dans des tirs de char israélien, rapportent des
témoins et des médecins palestiniens.
Le Hamas a annoncé de son côté avoir capturé deux soldats israéliens, un
développement susceptible d'avoir un large impact sur l'opinion publique
israélienne. Tsahal a toutefois affirmé n'avoir aucune connaissance de la
disparition d'un de ses hommes.
Dans un bilan communiqué en fin de nuit, l'état-major des forces
israéliennes annonce avoir touché plusieurs dizaines de combattants armés du
Hamas. Trente soldats israéliens ont été blessés, dont deux grièvement.
Equipés de lunettes de vision nocturne et le visage couvert de peintures de
camouflage, les soldats israéliens sont entrés samedi soir dans l'enclave
côtière densément peuplée. Des colonnes de blindés appuyaient leur avancée par
quatre voies d'entrée dans le territoire, tandis que des hélicoptères de combat
survolaient la région.
Dimanche matin, une quinzaine d'heures après le déclenchement de
l'offensive, les blindés et les fantassins israéliens avaient pratiquement coupé
eu deux la bande de Gaza et encerclé la ville de Gaza. D'autres militaires
israéliens se sont emparés d'un site proche de Rafah, dans le sud du territoire,
ont indiqué d'autres témoins.
D'intenses combats étaient signalés à l'est de la ville de Zeïtoun. "Les
Israéliens sont exactement là où nous voulions qu'ils soient et ils vont bientôt
recevoir nos cadeaux", a déclaré un officier du Hamas près de la ligne de
front.
Israël, qui a ordonné le rappel sous les drapeaux de "dizaines de milliers
de réservistes" dans le cadre de son offensive terrestre, s'attend à ce que
l'opération dure "de longs, longs jours", selon les termes d'un porte-parole de
l'armée.
"Ce ne sera pas facile. Ce ne sera pas court. Je ne veux induire personne
en erreur", a confirmé le ministre israélien de la Défense, le travailliste Ehud
Barak, dans une intervention télévisée. Barak a ajouté que l'incursion visait à
protéger les Israéliens des attaques de roquettes palestiniennes et s'est gardé
de toute menace de renversement du gouvernement du Hamas.
Entamée le 27 décembre, la campagne de bombardements aériens du territoire
palestinien a fait plus de 450 morts sans empêcher la poursuite de tirs de
roquettes palestiniennes sur les villes israéliennes limitrophes de Gaza.
Cet échec rendait de plus en plus prévisible le passage à une offensive
terrestre. Mais de lourdes pertes ne manqueront pas d'accentuer la pression
internationale appelant Israël à faire cesser la plus vaste opération lancée en
quarante ans sur la bande de Gaza.
Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé à la fin
immédiate des opérations terrestres, de même que la France, l'Egypte ou encore
la présidence de l'Autorité palestinienne, évincée de Gaza par le Hamas en juin
2007.
Les Etats-Unis en revanche ont mis en échec une initiative libyenne au
Conseil de sécurité pour faire adopter un texte réclamant un cessez-le-feu
immédiat.
Le sort des 1,5 million d'habitants du territoire devient de plus en plus
désespéré. Les agences humanitaires ont prévenu que les stocks d'eau, de
nourriture et de médicaments s'épuisaient.
Nicolas Sarkozy va au Proche-orient "sans plan préconçu", selon
Eric Woerth
Nicolas Sarkozy se rend lundi et mardi au
Proche-orient "sans plan préconçu", alors que le déclenchement de l'offensive
terrestre israélienne dans la Bande de Gaza rend ce voyage "plus difficile" mais
aussi "plus nécessaire", a affirmé dimanche Eric Woerth.
"C'est plus difficile qu'il y a deux jours mais c'est
encore plus nécessaire", a déclaré le ministre du Budget lors du "Grand
rendez-vous" Europe-1/Le Parisien. "C'est sûr que l'offensive terrestre des
Israéliens complique le travail que doit mener la communauté internationale",
mais "on doit au contraire redoubler d'initiatives et de discussions".
"Le président français y va vraiment dans un esprit très ouvert, sans plan
préconçu", a-t-il ajouté. En l'absence de leadership américain, Nicolas Sarkozy
"est le seul à être capable de prendre ce genre d'initiatives", a estimé M.
Woerth. Il faut, selon le ministre, "obtenir une trêve permanente" et "mettre
fin aux combats".
"La France a condamné (...) d'une part évidemment les tirs de roquettes
vers le territoire israélien faits par le Hamas (...) et puis aussi a condamné
l'offensive terrestre israélienne qui s'est déclenchée hier", a-t-il
rappelé.
"Il ne peut pas y avoir de discussions aujourd'hui avec le Hamas",
considéré comme une "organisation terroriste", a souligné M. Woerth. Mais "il y
a une discussion avec le président de l'Autorité palestinienne" Mahmoud
Abbas.
M. Woerth a condamné les violences qui ont éclaté à l'issue d'une
manifestation de soutien aux Palestiniens samedi à Paris. Ces violences sont
"terriblement condamnables. Quelles leçons peut-on donner au Proche-orient quand
on se bat dans les rues de Paris?".
"Je regrette vivement la manifestation d'hier, en tout cas ses
conséquences: une manifestation contre la violence et qui se termine par une
très grande violence". "Il faut que chacun garde son sang-froid", a-t-il
souhaité.
Eric Woerth a regretté ce qu'il a jugé être un manque d'implication directe
de la présidence tchèque de l'Union européenne dans cette crise: "la présidence
tchèque ne s'implique pas immédiatement", a-t-il estimé. "Le ministre des
Affaires étrangères tchèque qui va dans le cadre de ce voyage à trois (avec ses
homologues français et suédois) préparer le voyage du président français ne se
met pas directement en avant", a dit M. Woerth. "Je pense que visiblement l'idée
qu'a la République tchèque aujourd'hui, par ses dirigeants, de l'Europe n'est
pas tout à fait la même que l'idée qu'a la France".
Gordon Brown réclame un cessez-le-feu immédiat à
Gaza
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, réclame
un cessez-le-feu immédiat entre l'armée israélienne et les activistes
palestiniens de Gaza.
"C'est un moment très dangereux. Je pense que tout le
monde à travers la planète exprime une grave inquiétude", a-t-il dit sur
l'antenne de la BBC. "Ce que nous devons faire, c'est oeuvrer davantage que nous
ne l'avons fait en faveur d'un cessez-le-feu immédiat."
Des milliers de manifestants ont défilé samedi dans les grandes villes
européennes pour réclamer la fin de l'offensive israélienne. Brown et d'autres
dirigeants occidentaux ont été accusés de ne pas agir suffisamment pour stopper
les violences.
"Je peux voir les questions que pose Gaza pour les Palestiniens - leur
besoin d'une aide humanitaire -, mais les Israéliens doivent avoir l'assurance
qu'il n'y aura plus de tirs de roquette sur Israël", a-t-il ajouté.
Pour Brown, il faut dans un premier temps "un cessez-le-feu immédiat et qui
inclue l'arrêt des tirs de roquette sur Israël" avant de régler les problèmes
liés au trafic d'armes à destination de Gaza et, enfin, ouvrir les frontières et
les points de passage avec un mécanisme de contrôle international.
"A mon sens, la clef réside dans la capacité des puissances internationales
à fournir des garanties d'abord et avant tout sur la fin des tunnels (ndlr, par
lesquels transite la contrebande entre Gaza et l'Egypte), et cela requerra une
action de l'Egypte", a poursuivi le chef du gouvernement britannique.
Les chars israéliens prennent position à Gaza
Des chars israéliens se sont déployés dimanche sur
plusieurs axes dans la bande de Gaza où des combats les opposaient à des
militants du Hamas, le mouvement islamiste palestinien se disant déterminé à
mettre en échec l'offensive terrestre israélienne.
Les troupes israéliennes, appuyées par des
bombardements de l'artillerie, de l'aviation et de la marine de guerre, ont
avancé en profondeur dans plusieurs secteurs du territoire palestinien où elles
avaient pénétré samedi soir, selon des témoins.
Des blindés et des unités d'infanterie ont été signalés dans le secteur de
l'ancienne colonie juive de Netzarim, à trois kilomètres seulement au sud de
Gaza-ville, la principale agglomération du territoire. Des témoins ont fait état
d'une cinquantaine de chars et blindés, transports de troupes et bulldozer, qui
se sont déployés dans ce secteur, autour d'un carrefour stratégique coupant en
deux l'axe Salaheddine, la route principale nord-sud de la bande de Gaza.
Des dizaines de familles fuyaient le secteur vers le sud en voitures, dans
des camions, à l'approche des blindés israéliens, toujours selon les témoins.
Les blindés israéliens ont également coupé un important axe routier à la hauteur
de Jabaliya et Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, ainsi que près de
Boureij, dans le centre, selon la même source.
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a affirmé que l'offensive
israélienne serait élargie "autant que nécessaire".
C'est dans ce secteur de Jabaliya et Beit Lahya que se sont déroulés les
plus violents combats entre les soldats israéliens et les combattants
palestiniens, essentiellement du Hamas. Des colonnes de fumée se dégageaient de
plusieurs sites frappés par l'armée israélienne.
Selon les services d'urgence, 19 Palestiniens, dont des civils, ont été
tués par des obus de char ou des raids aériens israéliens depuis l'aube
dimanche, notamment à Jabaliya et Beit Lahya, ce qui porte à au moins 485 le
nombre de Palestiniens tués depuis le début des opérations israéliennes le 27
décembre.
Un premier bilan officiel israélien fait état de 30 soldats israéliens
blessés dans l'offensive terrestre, dont deux grièvement. Des télévisions arabes
ont fait état d'un soldat tué, ce que l'armée n'a pas confirmé.
"Nos forces ont atteint les objectifs qui avaient été fixés pour empêcher
les tirs de roquettes. L'opération progresse plus vite que prévu", a déclaré le
porte-parole de l'armée, le général Avi Benyahou. Les forces israéliennes se
heurtent à ce stade à une résistance plus faible que prévue, selon des sources
militaires israéliennes. "Il n'y a pas de combats rapprochés", a affirmé à la
presse un haut responsable militaire israélien sous couvert d'anonymat.
"L'essentiel de l'opposition est sous forme de tirs d'obus de mortier", a-t-il
ajouté.
"Il est possible que nous devions garder un certain temps le contrôle de
certains secteurs d'où sont tirées des roquettes mais l'objectif n'est pas de
réoccuper la bande de Gaza", a-t-il encore dit.
Un haut responsable du Hamas, Moushir Al-Masri, a pour sa part affirmé que
"l'ennemi" n'avait "pas réussi à atteindre ses objectifs et que la résistance,
avec le peu de moyens dont elle dispose, l'a surpris". "Le moment venu, l'ennemi
annoncera son échec et la résistance proclamera la victoire", a-t-il
ajouté.
La branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine Al-Qassam, a affirmé que
ses combattants faisaient "face aux forces israéliennes, leur infligeant de
lourdes pertes". "Le temps montrera à quel point (Ehud) Barak a été stupide en
décidant d'une opération terrestre à Gaza", a affirmé le groupe dans un
communiqué.
Le Hamas a en outre qualifié de "farce" l'incapacité du Conseil de sécurité
de l'ONU à s'entendre, après quatre heures de discussions, sur un texte appelant
à la fin des hostilités à Gaza, essentiellement en raison de l'intransigeance
des Etats-Unis.
Le Hamas a en outre "condamné" la position de la présidence de l'Union
européenne, assurée par la République tchèque, affirmant qu'elle était "partiale
et cautionnait la poursuite des crimes commis par l'occupant à Gaza". La
présidence tchèque de l'UE a affirmé samedi qu'Israël n'avait pas le droit
d'engager des actions militaires qui "affectent largement les civils". Mais,
dans un premier temps, le Premier ministre Mirek Topolanek avait estimé que
l'opération était "plus défensive qu'offensive".
A Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown a évoqué un "moment
très dangereux" dans le conflit israélo-palestinien.
Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a affirmé que son pays ne se
battait "pas contre le peuple palestinien" et préviendrait une crise humanitaire
à Gaza en aidant à l'acheminement de l'aide. Toutefois, aucun convoi d'aide ne
devait passer dimanche en raison des violences.
La Commission européenne a appelé Israël à assurer un "espace humanitaire"
pour distribuer l'assistance, annonçant dimanche une aide supplémentaire de
trois millions d'euros pour Gaza.
Martine Aubry condamne l'offensive terrestre d'Israël dans la Bande
de Gaza
La Première secrétaire du Parti socialiste Martine
Aubry a condamné dimanche "l'intrusion terrestre à Gaza de l'armée israélienne",
s'inquiétant "des conséquences dramatiques sur les populations".
Dans un communiqué, le PS "demande à nouveau un
cessez-le-feu immédiat". Il "regrette l'opposition de l'administration Bush à la
prise de position de l'ONU", à la suite du blocage par les Etats-Unis samedi
d'une déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies appelant à un
cessez-le-feu immédiat entre Israël et le Hamas.
Le Parti socialiste "demande la plus grande fermeté à tous ceux, dont la
France, qui s'engagent à juste titre pour obtenir un cessez-le-feu", selon le
communiqué.
L'Union européenne annonce l'octroi de trois millions d'euros
d'aide pour les Palestiniens dans la Bande de Gaza
L'Union européenne a annoncé dimanche l'octroi de
trois millions d'euros d'aide humanitaire d'urgence en faveur des Palestiniens
vivant dans la Bande de Gaza.
Elle a précisé que l'aide, comprenant des vivres et
une assistance médicale, serait fournie par le biais des Nations unies.
Le commissaire européen en charge du Développement Louis Michel a souligné
que la population de la Bande de Gaza comptait sur les fournitures provenant de
l'extérieur pour survivre.
Dans un communiqué, il a observé que la situation des Palestiniens vivant
dans l'étroit territoire côtier devenait chaque jour plus désespérée et a appelé
Israël à autoriser l'acheminement de l'aide.
L'an dernier, l'Union européenne a octroyé plus de 73 millions d'euros
d'aide humanitaire en faveur des victimes de la crise dans les territoires
palestiniens.
Olmert: l'offensive terrestre dans la Bande de Gaza était
"inévitable"
Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a déclaré
dimanche que l'offensive terrestre de Tsahal dans la Bande de Gaza était
"inévitable".
Il a souligné qu'Israël ne pouvait pas autoriser que
les habitants du sud de son territoire continuent d'être la cible de tirs de
roquettes. L'entrée des troupes israéliennes samedi soir dans la Bande de Gaza
fait suite à des années de tirs de roquettes lancées par des militants
palestiniens sur le sud de l'Etat hébreu.
Ehoud Olmert a affirmé que son gouvernement avait fait "tout" son possible
avant l'opération et n'avait pas d'autre choix que de lancer cette offensive
terrestre.
Il s'est exprimé au début du Conseil des ministres hebdomadaire. Il
s'agissait de son premier commentaire public depuis le lancement de l'offensive
terrestre de Tsahal la veille au soir.
Gaza: le président Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie
condamnent l'offensive terrestre d'Israël
Les dirigeants de l'Egypte et de la Jordanie, les deux
seuls pays arabes à avoir conclu des traités de paix avec Israël, ont condamné
dimanche l'offensive terrestre d'Israël dans la Bande de Gaza.
Le bureau du président égyptien Hosni Moubarak a mis
en garde l'Etat hébreu contre les conséquences de son opération, et a estimé
qu'Israël portait la responsabilité de la mort de tout civil.
Le roi Abdallah II de Jordanie a quant à lui de nouveau appelé Israël à
cesser ses attaques sur la Bande de Gaza.
Selon l'agence de presse officielle Petra, le souverain hachémite a déclaré
au cours d'un entretien téléphonique avec l'ancien Premier ministre britannique
Tony Blair, qu'Israël n'atteindrait pas la sécurité par le biais de cette
"agression".
L'offensive israélienne lancée le 27 décembre sur la Bande de Gaza est
entrée samedi dans une nouvelle phase avec l'arrivée des forces israéliennes
dans le territoire palestinien.
Un tir de char israélien fait douze morts dans Gaza
Douze Palestiniens, des civils pour la plupart, ont
été tués dimanche par des tirs d'un char israélien dans le nord de la bande de
Gaza, rapportent des témoins et des médecins palestiniens.
Après une semaine de bombardements qui ont fait au
moins 470 morts, l'armée israélienne a déclenché samedi soir une offensive
terrestre dans la bande de Gaza.
Les appels au cessez-le-feu se multiplient, Bruxelles appelle à une
aide humanitaire
Les appels au cessez-le-feu dans la bande de Gaza se
sont multipliés dimanche après le lancement d'une offensive terrestre par
Israël, condamnée par la France et l'Espagne.
Les troupes israéliennes, appuyées par des chars et
des hélicoptères, sont entrées dans la bande de Gaza samedi soir et y
affrontaient dimanche les islamistes du Hamas.
La Commission européenne a appelé Israël à assurer un "espace humanitaire"
pour distribuer l'aide dans la bande de Gaza en annonçant dimanche une aide
supplémentaire de 3 millions d'euros pour ce territoire palestinien.
"Empêcher l'accès à des gens qui souffrent et meurent est une violation du
droit humanitaire. J'appelle les autorités israéliennes à respecter leurs
obligations internationales et à assurer un +espace humanitaire+ pour la
délivrance de secours vitaux", a déclaré Louis Michel, commissaire européen en
charge du Développement et de l'Aide humanitaire.
"Un million et demi de personnes sont entassées dans un territoire qui fait
un peu plus de 1% de la superficie de la Belgique. Ils dépendent
d'approvisionnements extérieurs pour survivre et leur situation devient chaque
jour plus désespérée", a-t-il ajouté dans un communiqué. Le respect des
principes du droit humanitaire international est une obligation "universelle" et
"des attaques des deux côtés aboutissant à blesser ou tuer des civils sans
discernement est inacceptable", a-t-il dit.
La France a "condamné l'offensive terrestre israélienne contre Gaza",
tandis que l'UE a estimé qu'Israël n'avait pas le droit d'engager des actions
militaires qui "affectent largement les civils".
Les Etats-Unis, qui ont empêché l'adoption d'un texte au Conseil de
sécurité de l'ONU condamnant l'offensive, se sont prononcés pour "un
cessez-le-feu durable" qui ne revienne pas au statu quo. Les Etats-Unis
souhaitent un cessez-le-feu "le plus vite possible" dans la bande de Gaza, mais
il ne doit pas permettre un retour au "statu quo", a indiqué samedi un
porte-parole du département d'Etat.
Des "responsables américains" sont "en contact régulier avec les Israéliens
ainsi qu'avec des responsables de la région et en Europe", a assuré la Maison
Blanche.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait demandé la fin immédiate
de l'offensive terrestre israélienne dans la bande de Gaza, avant la réunion
d'urgence samedi soir du conseil de sécurité. M. Ban s'est entretenu au
téléphone samedi avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert et lui a fait
part "de son extrême préoccupation et de sa déception" après le déclenchement de
l'offensive terrestre.
Les critiques les plus explicites du monde occidental sont venues de la
France, qui a "condamné l'offensive terrestre israélienne contre Gaza comme elle
condamne la poursuite des tirs de roquettes".
"Cette escalade militaire dangereuse complique les efforts engagés par la
communauté internationale, en particulier l'Union européenne et la France, les
membres du Quartette et les Etats de la région pour faire cesser les combats,
apporter immédiatement une aide aux civils et aboutir à un cessez-le-feu
permanent", poursuit le communiqué du ministère français des Affaires
étrangères. Le président français Nicolas Sarkozy se rend lundi et mardi en
tournée au Proche-Orient.
L'Espagne pour sa part "exhorte le Hamas à cesser de lancer des roquettes
et Israël à mettre fin à son offensive terrestre", selon un porte-parole du
ministère espagnol des Affaires étrangères cité par l'agence Europa Press. Le
ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, ancien envoyé
spécial de l'UE au Moyen-Orient, a exprimé samedi sa "solidarité et son soutien"
au président palestinien Mahmoud Abbas lors d'une conversation téléphonique
après le lancement de l'offensive terrestre d'Israël.
La présidence tchèque de l'Union européenne a estimé que "même le droit
indéniable d'un Etat à se défendre lui-même n'autorise pas des actions qui
affectent massivement les civils". "Nous appelons à la facilitation de (l'accès)
de l'aide humanitaire aux habitants de la bande de Gaza et ... à l'instauration
d'un cessez-le-feu", a ajouté le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel
Schwarzenberg, qui part dimanche en tournée au Proche-Orient à la tête d'une
mission européenne.
La présidence tchèque de l'UE a ainsi rectifié le tir dans la nuit, en
revenant sur les premières déclarations du Premier ministre Mirek Topolanek, qui
avait estimé que l'opération était "plus défensive qu'offensive".
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a estimé que
l'offensive israélienne démontrait "le besoin urgent d'un cessez-le-feu
immédiat". "Cette escalade du conflit cause désarroi et consternation", a-t-il
déclaré.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a discuté pendant quatre heures samedi soir
de la situation à Gaza sans pouvoir s'entendre sur un texte appelant à un arrêt
des hostilités. D'emblée, les Etats-Unis, qui disposent d'un droit de véto au
conseil, avaient fait savoir qu'ils ne souhaitaient pas voir cette réunion
déboucher sur un "produit" (résolution ou déclaration formelle), ont indiqué des
diplomates.
"Ce qui s'est passé au Conseil de sécurité est une farce qui montre
l'ampleur de la domination sur ses décisions exercée par l'Amérique et
l'occupant sioniste", a réagi, dans un communiqué, le mouvement islamiste Hamas,
cible d'Israël.
Le président du parlement iranien Ali Larijani a prédit dimanche que la
bande de Gaza deviendrait un "cimetière" pour les Israéliens.
Des pays musulmans dont le Pakistan ont demandé dimanche la fin immédiate
de l'offensive terrestre israélienne, la Jordanie appelant la communauté
internationale à "assumer ses responsabilités".
( Dimanche, 04 janvier 2009 - 12h45- Avec les agences de presse
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