Société

L'apologétique de l'avortement ou l'art de la fausse sémantique



Jean-Pierre Aussant
Jeudi 21 Mars 2019

L'apologétique de l'avortement ou l'art de la fausse sémantique
Tous les arguments (sans exception) en faveur du meurtre légal des "enfants-à-naître" se laissent, dans le cadre d'une analyse précise, démolir avec la plus grande facilité. Cela prouve au moins une chose: Le vrai débat rationnel et contradictoire sur l'avortement n'a à ce jour toujours pas eu lieu. La dictature culturelle planétaire dont les médias sont infestés et qui repose sur le noyau dur du fondamentalisme féministe international ne l'a pas permis. A l'aide de onze arguments, j'en apporte ici la preuve.

1: Le libre choix?

Le vrai libre choix consiste à laisser choisir la personne qui est la plus concernée et qui risque de se faire tuer, c'est-à-dire "l'enfant-à-naître". Celui-ci, en effet, choisit toujours de se développer et donc de vivre. Respecter son choix, implique donc de s'opposer à l'avortement. (Notons que la mère, elle, avortement ou pas, survit toujours).
Le lavage de cerveau issu de la culture de mort s'acharne à vouloir faire oublier un petit détail, c'est que l'avortement concerne non pas une seule personne (la mère) mais bien deux (la mère et l'enfant).

2: Les "pro life" (adversaires de l'avortement) sont intolérants?

La pire des intolérances et discriminations, n'est-ce pas au contraire de tuer "un enfant-à-naitre" innocent et sans défenses qui ne demande qu'à se développer? Prétendre le contraire, c'est inverser le sens des mots, c'est entrer dans une fausse sémantique.

3: C'est une affaire privée qui concerne uniquement la femme et son corps?

Faux. L'embryon se trouve certes dans le corps de la femme mais ce n'est pas son corps. L'ADN, les chromosomes, les gènes (différents de ceux de la mère) sont ceux d'un nouvel être humain qui existe à part entière. "To be or not to be", "être ou ne pas être". Il y a une "égalité d'être" entre la mère et le fœtus. Personne n'existe "à moitié". Un fœtus existe autant que Hillary Clinton, Maradonna, Carla Bruni, Poutine ou Raspoutine. Prétendre le contraire, c'est mentir ou bien être complètement ignorant en biologie. Par ailleurs, l'embryon est appelé à sortir tôt ou tard du corps de la femme, soit comme cadavre assassiné par un avortement ou bien comme bébé vivant. Dans tous les cas l'enfant à naître sortira de l'utérus. Affirmer que le fœtus "est" le corps de la femme est une contre-vérité et une infamie, issue de la culture de mort.
Certes, l'embryon a besoin de la mère pour se développer et continuer à vivre mais cela est vrai également pour un bébé de deux mois. Si une mère laisse son nourrisson livré à lui-même, celui-ci mourra dans les plus brefs délais et elle sera, à juste titre, accusée d'homicide.

4: L'avortement est légal, donc il faut "la fermer" et l'accepter?

Les plus grands résistants de l'histoire se sont toujours battus contre la "légalité du moment".
Quand Nelson Mandela luttait contre cet abominable système qu'était l'apartheid en Afrique du sud, il était "illégal" et pourtant il avait raison.
De même quand Oscar Schindler sauvait des juifs en Allemagne nazie, il était à l'époque "illégal". Puisque, en effet, il était alors légal d'exterminer les juifs et pourtant, lui aussi, avait raison.
La limite de la légalité et d'ailleurs de la démocratie en général, c'est là où commence la conscience universelle. Quand les lois et la légalité du moment sont infâmes, on a non seulement le droit mais aussi le devoir de les combattre. Si demain la majorité des français devient pédophile, cela ne fera pas pour autant de la pédophilie quelque chose de bien.
La limite de la légalité se trouve là où commencent la vérité et la dignité de l'être humain données par Dieu.

5: L'avortement concerne l'émancipation e la femme?

Une loi qui permet à une femme de tuer une autre femme (sous forme de fœtus féminin) serait donc un progrès pour le droit des femmes?
Pouvoir assassiner des femmes au nom des droits de la femme (SIC).
Bienvenu chez les fous. Cet argument est trop "couillon" pour être développer.

6: Le monde est atroce, je n'ai pas d'argent, mon enfant n'aurait pas de bonnes perspectives. Il est donc préférable de le tuer?

Suivre un tel résonnement équivaut aussi à dire qu'il faudrait, pour être conséquent, éliminer tous les malheureux de la planète. Les malnutris, les clochards, ceux qui vivent dans des pays en guerres, bref en gros la moitié de la population planétaire. Au fait, à partir de quel degré de bonheur a-t-on le droit de continuer à vivre? Sommes-nous tous si sûr d'être "heureux"?
Heureusement, nos ancêtres n'ont pas raisonné ainsi sinon nous ne serions pas là pour en parler. En effet, jadis, les conditions de vie étaient largement plus dures que maintenant.
La vie humaine est sacrée. Elle se justifie en elle-même. Lier le droit de vivre à la possibilité d'avoir un beau frigo et une belle voiture, c'est passer à côté de l'essence de l'être humain et de sa vraie dignité.
Par ailleurs, celui qui pense que le monde est trop pourri pour laisser son enfant vivre, devrait commencer par se suicider. C'est trop facile de tuer les autres (enfants-à-naître) tout en continuant soi-même à vivre.

7: Les avortements ont de toute façon toujours existé. Par conséquent il convient de ne pas les interdire?

Les viols, les meurtres, la pédophilie ont aussi toujours existé. Faut-il aussi légaliser les viols et la pédophilie? Bien évidemment, cet argument est un affront contre le bon sens.
En outre, il y avait avant la légalisation de l'IVG, beaucoup moins d'avortements. Ceux qui prétendent le contraire, mentent.

8: Auparavant, les femmes se blessaient en s'avortant?

La légalisation de l'avortement a donc au fond permis de rendre les "armes donnant la mort" plus efficaces afin de permettre à la femme de tuer "proprement" sans prendre le risque de se blesser elle-même. Franchement, entre nous, est-ce un argument???
Cela, à titre d'exemple, revient un peu à dire qu'il faudrait donner des armes plus efficaces à ceux qui cambriolent des banques afin que les cambrioleurs ne prennent pas le risque de se blesser en tuant les autres (sic).
Bien évidemment, cet argument est éthiquement et dialectiquement intenable.
Ceux qui ne veulent pas se blesser, doivent commencer par arrêter de tuer des êtres humains innocents.
On oublie ici tout de même un petit détail. Dans un avortement, l'enfant, lui n'est pas blessé, mais toujours assassiné.

9: Il y a la surpopulation. Nous sommes déjà trop nombreux sur la planète?

Cela est faux. Le mythe de la surpopulation a été véhiculé par le planning familial pour justifier l'avortement. En Inde il y a actuellement deux enfants par couples. Le problème est donc réglé. En Chine Idem. Quant à l'occident, les populations ne sont même pas capables de se reproduire.
La surpopulation n'a pas eu lieu. En tout cas pas dans les proportions annoncées dans les années 70.
Si des gens crèvent de faim sur terre, c'est à cause de l'égoïsme et non pas à cause de la surpopulation.

10 : Existe-t-il des cas où l'avortement est éthiquement acceptable?

Oui, si la vie de la mère est clairement en danger lors de l'accouchement (ce qui , soit dit en passant est extrêmement rare en occident).
Concernant les avortements pour viols et pour malformations gravissimes du fœtus, ils ne représentent que moins de 1% des avortements en général. Faire une fixation sur ces 1% est donc une malhonnêteté pour écraser et fuir le vrai débat. Si après un viol, il faut coute que coute tuer quelqu'un, alors, il serait plus logique de tuer le violeur plutôt que l'enfant. L'enfant, lui, est toujours innocent. En cas de viol, la solution est de faciliter l'accouchement sous X (qui garantit l'anonymat et l'adoption) et d'aider massivement la mère concernée. L'accouchement sous X n'est certes pas l'idéal mais c'est mieux que l'autre solution qui est le meurtre. Entre deux maux, il faut choisir le moindre.
Par ailleurs, même si l'avortement était acceptable en cas de viol ou de malformation grave de l'enfant-à-naître, cela ne justifierait quand même pas la légalisation de l'avortement pour tous. En effet cela reviendrait à dire que pour éviter 1% d'injustices on accepte de pratiquer 99% d'injustices (les 99% d'enfants avortés bien que n'étant ni malades et ni issus d'un viol). Ce qui dialectiquement ne tient pas vraiment la route et relève de l'affront contre le bon sens.

11: On ne sait pas quand la vie commence donc l'avortement n'est pas si grave?

D'aucuns insinuent que nous ne savons pas quand commence la vie et que par conséquent l'avortement ne doit pas être considéré comme un meurtre. Peut-être, après tout, faut-il avoir une mémoire pour avoir droit à la dénomination "d'être humain"? Cela est faux car la vie de l'individu commence au moment même de la fécondation de l'ovule par le spermatozoïde. Mais quand bien même ces personnes auraient raison, dans le doute, il faudrait à plus forte raison faire commencer la vie de l'être humain le plus tôt possible, au risque dans le cas contraire, d'ouvrir une brèche dans laquelle toutes les interprétations et tous les dérapages seraient possibles. Sans le savoir, leur position, donne des arguments en faveur du respect absolu de la vie dès la fécondation.
En effet si la vie ne commence pas au moment de la fécondation, alors quand commence-t-elle???
A partir de quel moment a-t-on le droit d'être protéger pour continuer à vivre?
Deux jours après la fécondation??
Ou bien deux mois après??
Six mois??
Ou bien deux heures avant la naissance???
Ou bien deux minutes après la naissance???????
A l'âge de deux ans, quand l'enfant dit ses premiers mots???
Ou bien à sept ans avec l'âge de raison quand l'enfant commence à se percevoir comme un être socio-culturel?????
Et pourquoi pas à l'âge de dix-huit ans quand il peut enfin voter???
Non, bien sûr que non. En réalité, la vie de l'individu commence au moment même où il reçoit la totalité de son patrimoine génétique unique, c'est-à-dire à la fécondation.
Nier cette évidence biologique équivaut à ouvrir une boite de pandore qui débouche irréversiblement sur l'instrumentalisation de l'être humain, sur sa "chosification". Autrement dit, le début de l'enfer sur terre. S'il est possible de tuer les plus faibles et les plus innocents, alors tout est permis. C'est dans cet esprit qu'il faut comprendre la phrase de Mère Teresa quand elle a dit, qu'au fond, l'avortement était responsable de toutes les guerres.

Jean-Pierre Aussant

Annexe de mon essai « le complot inconscient » https://t.co/9R8nFMHZFe


Mercredi 20 Mars 2019


Commentaires

1.Posté par guibus le 21/03/2019 10:57 | Alerter
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Bravo ! A noter qu'a New-York ils viennent de légaliser l'avortement jusqu'au jour de l'accouchement…

2.Posté par jehais lescookies le 21/03/2019 14:48 | Alerter
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eh bien là aussi comme dirait François Boulo via Charles Péguy "il faut, et c'est ce qui est le plus difficile, apprendre à voir ce que l'on voit"
Quand on fait mourir systématiquement, les enfants détectés (par un test non-invasif, et de ce fait TRES RENTABLE pour les laboratoires qui le produisent ...) trisomiques, c'est un génocide de gens condamnés à mort à cause de leur génome. ça vous rappelle rien ? Des gens condamnés à mort à cause de leur génome (on ne disait pas encore génome à l'époque) ? autre différence, les tests de dépistage prénataux n'existaient pas encore sous Hitler, alors les fous et les handicapés il fallait attendre qu'ils soient né pour les repérer et les "signaler" (comme disent de nos jours les assistantes sociales de la DDASS), alors l'Akton T4 a porté d'abord pour les enfants venant de naitre (comme on veut faire maintenant à New-York !) puis les adultes, puis les vieillards étaient convoqués à une visite médicale, on les déclarait alors séniles, les internait, et quelques semaines après la famille recevait une urne, avec une lettre comme quoi ils étaient malheureusement décédés ! La RUMEUR a commencé à enflér. Et voilà qui nous rappelle qu'il faut contrôler les rumeurs mais NE SURTOUT PAS les rejeter a priori : elles peuvent très bien être vraies !!! l'Aktion T4 n'a commencé à être connue que comme une RUMEUR au sein de la population allemande qui commencait à trouver ça bizarre. Et alors l'archevêque de Munster van Galen a fait diffuser une lettre pastorale dans ses églises. (Mais l'Aktion T4 a continué. Par la suite on a fait la même chose aux juifs, et aux tziganes. Et je suis persuadé qu'il y a eu des nais pour s'étonnet que "seulement" 96% des juifs de Pologne étaient gazés, pouqruoi pas 100% ? c'est la question qu'a posée un député français actuel au sujet des trisomiques ...)

3.Posté par tobor le 26/03/2019 03:42 | Alerter
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Vous débloquez! Chaque cas est un cas particulier.
Plus que quiconque, les victimes de viol sont pleinement légitimes à avorter
et l'enfant à naître peut retourner d'où il vient !!!

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