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L'amour sanguinaire des Américains pour le Moyen-Orient


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Les contradictions de la politique étrangère des Etats-Unis au Moyen-Orient semblent interminables. Malgré les recommandations du rapport Baker-Hamilton, le gouvernement américain cherche à intensifier la tension dans la région. Sur la tombe de ces politiques échouées en Irak, l'administration Bush cherche à trouver une issue pour sortir du bourbier irakien. Bien que les hauts responsables de la Maison Blanche aient rejeté l'éventualité d'une agression militaire contre la Syrie ou l'Iran, aucune d'autre eux n'a exclu cette possibilité au dernier recours.


par Ali Montazéri
Dimanche 21 Janvier 2007

 L'amour sanguinaire des Américains pour le Moyen-Orient
par Ali Montazéri

Source : Baztab


Après l'annonce de la nouvelle stratégie irakienne du président George W. Bush, le groupe bipartite présidé par le républicain James Baker et le démocrate Lee Hamilton a publié un communiqué pour critiquer la Maison Blanche pour son indifférence à l'égard des conseils qu'ils avaient donné au président Bush. Par ailleurs, la majorité démocrate du Congrès n'a pas manqué de critiquer la nouvelle stratégie irakienne du président Bush, en annonçant qu'une nouvelle intervention militaire contre la Syrie ou l'Iran ne serait possible qu'avec l'approbation du Congrès. Cependant, le Secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, n'exclut pas que le plan d'agression militaire contre Téhéran ou Damas restera sur la table comme le dernier recours pour le Pentagone.

La tournée inattendue de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleeza Rice au Moyen-Orient, peu de temps après l'annonce officielle de la nouvelle stratégie irakienne du président Bush, n'avait d'autre objectif, selon certains analystes que de justifier la nouvelle approche que la Maison Blanche va adopter envers Téhéran et Damas. En effet, Mlle Rice a déclaré elle-même qu'elle n'avait pas de nouveau plan à proposer aux dirigeants des pays arabes de la région pour la paix en Irak ou en Proche-Orient. Elle a déclaré aux responsables égyptiens que George W. Bush voulait ouvrir toutes les voies pour contourner les réseaux d'influence des Iraniens et des Syriens en Irak.

Les propos de Mlle Rice ont prix une allure provocatrice notamment lorsqu'elle a déclaré aux journalistes qu'aucun des dirigeants des pays arabes ne lui avait conseillé de se mettre à la table des négociations avec les autorités iraniennes, contrairement au rapport Baker-Hamilton qui avait conseillé le président Bush d'entamer des pourparlers avec Téhéran et Damas pour sécuriser l'Irak.

En réalité, le Département américain de la Défense est toujours sous l'emprise des faucons qui ont déjà imposé le lourd fardeau de la guerre au contribuable américain, des guerres qui auront de lourds prix pour la sécurité nationale américaine à long terme. Contrairement aux conseils donnés par les politiciens réalistes aux Etats-Unis, l'administration Bush a envoyé deux porte-avions dans les eaux du golfe Persique, en décidant d'installer des système de défense anti-missile dans les pays arabes de la région. Les responsables du Pentagone insistent que le renforcement des forces basées dans la région n'a d'autres buts que de soutenir l'application de la nouvelle stratégie du président Bush pour l'Irak. Cependant, les observateurs estiment que les récentes décisions de la Maison Blanche sont porteurs d'un messager aux pays arabes de la région, le même message que l'ancien dictateur irakien avait envoyé aux pays arabes du golfe Persique avant d'entamer son agression militaire contre la République islamique d'Iran en 1980. Bush a déclaré explicitement que l'échec de la nouvelle stratégie de son gouvernement en Irak serait également un échec pour les dirigeants des pays arabes du golfe Persique. En réalité, Bush a déjà entamé sa guerre des nerfs dans la région.

L'ancien conseiller pour la sécurité nationale sous le président Carter, Zbigniew Brzezinski a estimé que l'aveu de Bush pour accepter l'échec de ses politiques en Irak était un point positif, avant d'ajouter que dans sa nouvelle stratégie irakienne, le président Bush a décidé de faire entrer les soldats américains dans des combats urbains où ils n'auront aucune chance pour réussir. Quatre ans après l'occupation de l'Irak, le président Bush prétend toujours vouloir lutter contre le terrorisme au Moyen-Orient, tandis que les forces de l'OTAN n'ont pas pu éradiquer le terrorisme des Taliban et d'al-Qaïda en Afghanistan, dans un pays où la coopération de la République islamique d'Iran avec la communauté internationale a empêché la mort des milliers de soldats américains et européens par les terroristes.

Les dirigeants des Etats-Unis savent très bien que depuis la victoire de la Révolution islamique en Iran en 1979, l'Iran n'a eu jamais recours à la violence sanguinaire des salafistes arabes. Par contre, durant ces années, l'Iran a défendu les mouvements islamiques et nationaux dans les pays musulmans, dans le cadre des lois internationales, dans leur combat contre les occupants et les colonialistes. Pendant dix ans de l'occupation de l'Afghanistan par l'armée rouge, l'Iran a toujours soutenu le front des mouvements de la résistance afghane, et a joué un rôle très positif dans les évolutions de l'Afghanistan après la chute du régime des Taliban.

En Irak, après la chute du régime dictatoriale de Saddam Hussein, la République islamique d'Iran a pleinement coopéré avec la communauté internationale pour la restauration de la sécurité et de la stabilité chez son voisin irakien, et cela dans le cadre de ses propres intérêts nationaux. La position adoptée par la République islamique d'Iran vis-à-vis de l'Irak, a permis également aux forces occupantes américaines de réduire considérablement leurs pertes en vie humaine et leurs dégâts matériels. En d'autres termes, les accusations non fondées des Etats-Unis contre Téhéran, avant de traduire le manque d'informations ou les contradictions de la politique étrangères de Washington, montrent que la Maison Blanche veut, depuis plus de deux décennies, perturber à tout prix le processus selon lequel l'Iran deviendra naturellement la plus grande puissance régionale au Moyen-Orient et dans le golfe Persique.

Dans sa nouvelle stratégie irakienne, le président George W. Bush a décidé d'envoyé plus de 20000 soldats en Irak. Pour quelle raison les Etats-Unis ont-ils décidé d'augmenter le nombre de leurs soldats dans le golfe Persique et dans la Méditerranée ? A noter que pendant 2006, le gouvernement du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a demandé sans cesse que les Américains donnent plus de prérogatives aux Irakiens pour assurer eux-mêmes la sécurité du pays. En effet, si les forces de l'armée et de la police irakiennes se chargeaient des dossiers de sécurité nationale de l'Irak, la voie serait ouverte pour une meilleure coopération de Bagdad avec Téhéran et Damas en matière de sécurité, ce à quoi s'opposent farouchement les dirigeants américains.

Par ailleurs, Steven Hadley, conseiller américain à la sécurité nationale a déclaré que les réseaux pro-iraniens et pro-syriens en Irak seraient poursuivis par les forces occupantes américaines dans la profondeur même des territoires iranien ou syrien. Ne veut-il pas dire clairement que les Etats-Unis veulent faire contaminer l'insécurité et l'instabilité dans toute la région du Moyen-Orient ? Contrairement aux prétentions des dirigeants américains l'Iran est pour la pacification de l'Irak et respecte le choix démocratique de ses voisins irakiens qui partage d'innombrables affinités religieuses, politiques et historiques avec le peuple iranien.

Le gouvernement de Bush a un peu de temps pour réussir en Irak, avant le début de la campagne présidentielle aux Etats-Unis. Pendant ce temps, les dirigeants de la Maison Blanche veulent présenter la Syrie et l'Iran comme des vrais obstacles face à la sécurité et à la stabilité en Irak. Si le Pentagone décidait de mener une agression militaire contre la Syrie ou l'Iran, il serait obligé peut-être d'expédier plus d'un million de soldats dans la région. N'est-il pas plus logique que la Maison Blanche accepte au moins une partie des propositions présenté dans le rapport Baker-Hamilton pour l'Irak ? L'administration Bush sera-elle prête à commettre des folies dont le prix doit être payé cher par les citoyens américains ?


Dimanche 21 Janvier 2007

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