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L’amitié franco-libanaise à l’épreuve


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Au commencement de l’agression israélienne contre le Liban, la France pourtant «ami traditionnel» du Liban s’est gardée de la condamner au prétexte que l’Etat hébreu était dans son droit de répliquer aux «attaques terroristes» menées contre lui par le Hesbollah à partir du Liban-Sud. Tout juste si Paris «étonné» par la disproportion de la réplique israélienne ayant pris la forme d’une destruction systématique du pays des cèdres et le massacre généralisé de sa population, a élevé la voix pour recommander à Tel-Aviv la «modération» dans l’utilisation de sa puissance militaire.


Farid@evhr.net
Mercredi 2 Août 2006

Tout comme les Etats-Unis, la France n’a pas condamné pour le principe l’agression israélienne. Elle aussi l’a justifiée comme rendue indispensable par les «agissements terroristes» du Hesbollah. Elle s’est d’autant gardée de le faire qu’Israël a justifié son offensive militaire au Liban par l’alibi d’appliquer la résolution 1559 du Conseil de sécurité dont la diplomatie française a été l’initiatrice dans sa rédaction et son vote. La France se rend toutefois compte que la résolution dont elle a été l’instigatrice dans le but de mettre un terme à l’occupation du Liban par la Syrie, sert à légitimer la tutelle américano-israélienne que veut lui substituer l’agression en cours. Tutelle qui profile une menace irrémédiable sur l’influence «séculaire et privilégiée» de la France au pays des cèdres.

La France ne pouvait par conséquent faire moins qu’entendre les «appels au secours» pathétiques que ce pays ami lance avec insistance en sa direction au nom de la spécificité de leur relation historique. C’est ce qu’elle fait maintenant que l’agression israélienne a pris les proportions d’une tragédie incommensurable et d’une catastrophe humanitaire sans précédent.

Sans condamner l’agression israélienne, la France s’est rangée aux côtés des Etats qui en demandent l’arrêt, et bataille au Conseil de sécurité - que par ironie du sort elle préside actuellement - pour faire passer une résolution dans ce sens. Mais si elle a pris ses distances avec les Etats-Unis et Israël, la France est prisonnière de son attitude qui a été à l’origine de la résolution 1559, dont l’adoption sert de couverture à la politique de force employée par Israël contre le Liban. De ce fait, elle ne peut se démarquer des Etats-Unis et de l’Etat hébreu avec la même radicalité dont elle a fait montre dans l’affaire irakienne.

Toutefois et malgré la résolution 1559, Paris recherche désormais le contact avec le Hesbollah à travers la médiation éventuelle de l’Iran dont Doust-Blazy a rencontré à Beyrouth le ministre des Affaires étrangères. Une démarche qui vaut reconnaissance par la France que ce parti n’est pas le problème du conflit mais un acteur incontournable pour sa résolution. Ce que les Etats-Unis et Israël refusent d’admettre et s’emploient par conséquent à ruiner les initiatives diplomatiques françaises d’une solution politique du conflit impliquant l’adhésion de toutes les parties qui y sont mêlées.

Quoi qu’il en soit, les Libanais, abandonnés de tous, mettent leur dernier espoir dans l’amitié franco-libanaise et l’influence internationale de Paris. Que la France ne parvienne pas à répondre à cette attente pour toutes les raisons évidentes conséquentes de l’opposition américano-israélienne, c’est son statut particulier dans la conscience de la société et de la classe politique libanaises qui va être remis en cause.


De Kharroubi Habib
Le Quotidien d'Oran


Mercredi 2 Août 2006

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