Géopolitique et stratégie

L’alliance sino-russe, un défi aux ambitions de l’Amérique en Eurasie



Mahdi Darius Nazemroaya
Mardi 9 Octobre 2007

photo: XINHUA
photo: XINHUA

extrait d’un article de Mahdi Darius Nazemroaya, Canada

«Mais si cette zone médiane [la Russie et l’ex-Union soviétique] repousse l’Occident [l’Union européenne et l’Amérique], devient une entité unique pleine d’assurance et prend le contrôle du Sud [Moyen-Orient] ou forme une alliance avec le principal acteur oriental [la Chine], la suprématie de l’Amérique en Eurasie va se réduire considérablement. Il en irait de même si les deux plus importants acteurs orientaux s’associaient d’une certaine manière. Finalement, tout rejet de l’Amérique par ses partenaires occidentaux [l’entente franco-allemande] loin de ses positions à la périphérie [l’Europe] sonnerait automatiquement le glas de la participation américaine au jeu d’échecs eurasien bien que cela signifierait probablement que l’extrémité occidentale serait finalement subordonnée à un acteur réactivé occupant la zone médiane [la Russie].»
Zbigniew Brzezinski,
The Grand Chessboard: American Primacy and Its Geostrategic Imperatives, 1997
La troisième loi du mouvement de Newton dit qu’«à chaque action, il y a une réaction égale et opposée». On peut également l’appliquer en sciences sociales, en particulier aux rapports sociaux et à la géopolitique.
L’alliance Etats-Unis/Grande-Bretagne s’est lancée dans un grand projet visant à contrôler les ressources mondiales d’énergie. Ses actions ont entraîné une série de réactions complexes aboutissant à la création d’une coalition eurasienne qui se prépare à défier l’axe anglo-américain.

L’encerclement de la Russie et de la Chine, échec des ambitions globales anglo-américaines

«Aujourd’hui, nous assistons à un usage extrême, presque sans frein, de la force militaire dans les relations internationales, force qui plonge le monde dans un abîme de conflits permanents. Il en résulte que nous n’avons pas assez de force pour trouver une solution globale à aucun de ces conflits. Il devient également impossible de trouver un règlement politique. Nous observons un mépris de plus en plus grand pour le droit international. Et les normes légales indépendantes se rapprochent en fait du système juridique d’un seul pays. Un pays, l’Amérique, a outrepassé ses frontières nationales à tous égards.»
Vladimir Poutine à la Conférence de
Munich sur la politique de sécurité, 11/2/07

Ce que les dirigeants et hauts responsables américains appellent «nouvel ordre mondial» est ce que Russes et Chinois considèrent comme un «monde unipolaire». C’est la vision, ou l’hallucination, selon la manière de voir les choses, qui a comblé le fossé entre Pékin et Moscou.
La Chine et la Russie sont très conscientes d’être les cibles de l’alliance anglo-américaine. Leur crainte commune de l’encercle­ment les a rapprochées. Ce n’est pas un hasard si l’année où l’OTAN bombardait la Yougoslavie, le président chinois Jiang Zemin et le président russe Boris Eltsine ont fait une déclaration commune lors d’un sommet historique en décembre 1999 qui a révélé que la Chine et la Fédération de Russie allaient unir leurs forces pour s’opposer au «nouvel ordre mondial». En réalité, les fondements de cette déclaration avaient été posés en 1996 lorsque les deux parties avaient exprimé leur opposition à l’imposition de l’hégémonie mondiale d’un seul Etat.
Aussi bien Jiang Zemin que Boris Eltsine déclarèrent que tous les Etats nations devaient être traités de la même manière, jouir de la sécurité, respecter la souveraineté des autres, et avant tout ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures des autres Etats. Ces propos visaient le gouvernement américain et ses alliés.

Balkaniser la Russie et la Chine

Les Chinois et les Russes demandaient également l’établissement d’un ordre économique et politique mondial plus équitable. Ils indiquèrent que l’Amérique soutenait des mouvements séparatistes dans leurs deux pays et soulignèrent les efforts des Américains pour balkaniser et finlandiser les pays d’Eurasie. Des Américains influents comme Zbigniew Brzezinski avaient déjà défendu l’idée d’une décentralisation et finalement d’une division de la Fédération de Russie.
Chinois et Russes publièrent une déclaration dans laquelle ils affirmaient que la mise en place d’un bouclier antimissile international et la violation du Traité ABM sur la limitation des systèmes de missiles antimissile déstabiliseraient et polariseraient le globe. En 1999, ils étaient conscients de ce qui se préparait et de la direction prise par les Etats-Unis. En juin 2002, moins d’une année après le déclenchement de la «guerre globale contre le terrorisme», George W. Bush annonça que les Etats-Unis se retiraient du Traité ABM.
Le 24 juillet 2001, moins de deux mois avant le 11-Septembre, la Chine et la Russie signèrent le Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération. Il s’agit là d’un pacte – formulé en termes modérés – de défense mutuelle contre les Etats-Unis, l’OTAN et l’alliance militaire asiatique, soutenue par les Etats-Unis, qui encercle la Chine.1
Le pacte militaire de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) est formulé de la même manière. Il convient également de signaler que l’article 12 du Traité bilatéral sino-russe de 2001 stipule que la Chine et la Russie collaboreront pour maintenir l’équilibre mondial, respecter «les accords fondamentaux relatifs à la sauvegarde et au maintien de la stabilité stratégique» et encourager «le processus de désarmement nucléaire».2 Il semble qu’il s’agisse ici d’une allusion à la menace nucléaire que représentent les Etats-Unis.

«Une coalition sino-russo-iranienne» pour barrer la route à l’Amérique et à la Grande-Bretagne

En réaction aux efforts anglo-américains en vue d’encercler et finalement de démanteler la Chine et la Russie, Moscou et Pékin ont uni leurs forces et l’OCS a évolué peu à peu pour devenir une puissante entité internationale au cœur de l’Eurasie.
Les principaux objectifs de l’OCS sont de nature défensive. Ses objectifs économiques sont d’intégrer et d’unir les économies eurasiennes contre les attaques et les manipulations de la «trilatérale» Etats-Unis/Europe de l’Ouest/Japon qui contrôlent une partie importante de l’économie globale.
La charte de l’OCS a également été créée, selon le jargon de la sécurité nationale occidentale, afin de lutter contre «le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme». Les activités terroristes, les mouvements séparatistes et les mouvements extrémistes de Russie, de Chine et d’Asie centrale sont tous traditionnellement financés, armés et soutenus clandestinement par les gouvernements britannique et américain. Plusieurs mouvements séparatistes et extrémistes qui ont déstabilisé des membres de l’OCS ont même des bureaux à Londres [voir l’encadré Dreyfuss].
L’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie sont tous membres observateurs de l’OCS. Le statut d’observateur de l’Iran est trompeur car ce pays est membre de facto. Ce statut a pour but d’occulter la nature de la coopération trilatérale entre l’Iran, la Russie et la Chine si bien que l’OCS ne peut pas être diabolisée comme étant un groupement militaire anti­américain et antioccidental.
Les objectifs déclarés de la Chine et de la Russie sont d’assurer la continuité d’un «monde multipolaire». Dans son ouvrage le Grand Echiquier, l’Amérique et le reste du monde paru en 1997, Brzezinski mettait en garde contre «la création ou l’émergence d’une coalition eurasienne» qui «pourrait finalement chercher à défier la suprématie américaine»3. Il appelait cette coalition eurasienne potentielle «alliance anti-hégémonique» et estimait qu’elle serait constituée «d’une coalition sino-russo-iranienne» et que son pilier central serait la Chine.4 Il s’agit de l’OCS et de plusieurs groupements eurasiens qui lui sont liés.

Brzezinski met en garde contre une coalition sino-russo-iranienne

En 1993, Brzezinski écrivait: «En évaluant les options futures de la Chine, il faut aussi envisager l’éventualité qu’une Chine économiquement prospère et politiquement sûre d’elle – mais qui se sent exclue du système global et décide de devenir à la fois le défenseur et le leader des Etats défavorisés du monde – décide de représenter non seulement un défi doctrinal évident mais également un puissant défi géopolitique au monde trilatéral dominant [Etats-Unis, Europe occidentale et Japon].»5
Brzezinski adresse une mise en garde: «La réponse de Pékin à la remise en question du statu quo global pourrait être la création d’une coalition sino-russo-iranienne»: «Aux yeux des stratèges chinois, face à la coalition trilatérale Etats-Unis/Europe/Japon, la réplique géopolitique la plus efficace pourrait bien être d’essayer de créer une triple alliance associant la Chine à l’Iran dans la région du golfe Persique et à la Russie dans celle de l’ex-Union soviétique [et de l’Europe de l’Est]»6 Brzezinski poursuit en disant que la coalition sino-russo-iranienne, qu’il appelle «coalition anti-establishment», pourrait être un puissant aimant pour d’autres Etats [p. ex. le Venezuela] qui sont mécontents du statu quo [global].7
En outre, Brzezinski écrivait, en 1997, que «la tâche la plus urgente [des Etats-Unis] était de s’assurer qu’aucun Etat ou groupe d’Etats ne devienne capable de chasser les Etats-Unis d’Eurasie ou même de réduire considérablement son rôle décisif d’arbitre.»8 Il se peut que ses mises en garde aient été oubliées parce que les Etats-Unis ont été chassés d’Asie centrale et que leurs forces armées ont été expulsées de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan.

Echec des «révolutions de velours» en Asie centrale

L’Asie centrale a été l’objet de plusieurs tentatives de changement de régime soutenues par les Britanniques et les Américains. Elles étaient caractérisées par des révolutions de velours semblables à la Révolution orange en Ukraine et à la Révolution des roses en Géorgie.
Ces mouvements financés par les Etats-Unis ont échoué en Asie centrale sauf au Kirghizistan, où la Révolution des tulipes a été un succès partiel.
En conséquence, le gouvernement américain a essuyé d’importants revers en Asie centrale. Tous les dirigeants de la région ont pris leurs distances par rapport à l’Amérique.
La Russie et l’Iran ont également obtenu des marchés énergétiques dans la région. Les efforts des Etats-Unis, pendant plusieurs décennies, pour jouer un rôle hégémonique en Asie centrale semblent avoir été anéantis du jour au lendemain. Les révolutions de velours qu’ils soutenaient ont échoué. Les relations avec l’Ouzbékistan ont été particulièrement affectées.
L’Ouzbékistan est dirigé par le très autoritaire président Islam Karamov. A partir du milieu des années 1990, il fut incité à rejoindre l’alliance anglo-américaine et l’OTAN. Lorsqu’on chercha à l’assassiner, il soupçonna le Kremlin d’avoir voulu l’éliminer à cause de sa politique indépendante. C’est ce qui amena l’Ouzbékistan à quitter l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Mais plusieurs années après, Islam Karamov changea d’avis à propos de ceux qui cherchaient à l’éliminer.
Selon Brzezinski, l’Ouzbékistan représentait un obstacle important à tout regain d’efforts de la Russie pour contrôler l’Asie centrale et était pratiquement insensible aux pressions russes. C’est pourquoi il était important de faire de l’Ouzbékistan un protectorat américain en Asie centrale.
L’Ouzbékistan possède les plus importantes forces armées d’Asie centrale. En 1998, des manœuvres y furent effectuées avec les troupes de l’OTAN. Le pays se militarisait considérablement à l’instar de la Géorgie, dans le Caucase. Les Etats-Unis lui apportèrent une aide financière très importante pour défier le Kremlin en Asie centrale et participèrent à l’entraînement des forces armées ouzbekes.
Au moment du déclenchement de la «guerre globale contre le terrorisme», en 2001, l’Ouzbékistan, allié des Anglo-Américains, offrit immédiatement aux Américains des bases et des installations militaires à Karshi-Khanabad.
Les dirigeants du pays savaient déjà où allait mener cette «guerre». Au grand dam du gouvernement Bush fils, le président ouzbek formula une politique indépendante. La lune de miel entre l’Ouzbékistan et l’alliance anglo-américaine prit fin lorsque Washington et Londres envisagèrent de renverser Karamov. Il était un peu trop indépendant à leur goût. Mais leurs tentatives échouèrent, ce qui entraîna une modification des alliances géopolitiques.
Les tragiques événements d’Andijan, le 13 mai 2005, constituèrent le point de rupture avec l’alliance anglo-américaine. La population d’Andijan fut incitée à affronter les autorités ouzbekes, ce qui entraîna une violente répression des manifestants par les forces de sécurité qui beaucoup de morts.
Il semble que des groupes armés aient été impliqués. Les médias américains, britanniques et européens insistèrent sur les violations des droits de l’homme sans mentionner le rôle clandestin joué par l’alliance anglo-américaine. L’Ouzbékistan considéra la Grande-Bretagne et les Etats-Unis comme responsables, les accusant d’avoir fomenté la rébellion.
M.K. Bhadrakumar, ancien ambassadeur de l’Inde en Ouzbékistan (1995-1998), révéla que le Hezbut Tahrir (HT) fut un des partis accusés par le gouvernement ouzbek d’avoir ameuté la foule à Andijan.9 Le groupement était déjà en train de déstabiliser l’Ouzbékistan et de recourir à la violence. Son quartier général était basé à Londres et bénéficiait du soutien des Britanniques. Londres est la plaque tournante de nombreuses organisations similaires qui servent les intérêts anglo-américains dans différents pays, dont l’Iran et le Soudan, grâce à des campagnes de déstabilisation. L’Ouzbékistan a même commencé à prendre des mesures autoritaires contre les ONG à la suite des événements tragiques d’Andijan.
L’alliance anglo-américaine a appliqué une mauvaise stratégie en Asie centrale. L’Ouzbékistan a quitté officiellement le GUUAM, groupe dirigé contre la Russie et soutenu par les USA et l’OTAN. Le GUUAM est redevenu le GUAM (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan et Moldavie) le 24 mai 2005.
Le 29 juillet 2005, l’armée américaine a reçu l’ordre de quitter l’Ouzbékistan dans un délai de 6 mois.10 On a fait comprendre aux Américains qu’ils étaient devenus indésirables en Ouzbékistan et en Asie centrale. La Russie, la Chine et l’OCS se sont associés à la demande de l’Ouzbékistan. Les Etats-Unis ont quitté leur base en novembre 2005.
L’Ouzbékistan a adhéré à nouveau à l’Organisation du traité de sécurité collective (CSTO) le 26 juin 2006 et s’est réaligné sur Moscou. Le président ouzbek est devenu, avec l’Iran, un fervent partisan de l’idée qu’il fallait chasser totalement les Etats-Unis d’Asie centrale.11 En revanche, le Kirghizistan a continué de permettre aux Américains d’utiliser la base aérienne de Manas mais avec des restrictions et dans une ambiance d’incertitude. Le gouvernement kirghize a précisé qu’il ne tolérerait pas que des opérations militaires ciblent l’Iran depuis le Kirghizistan. […]    •
Source: Global Research du 23/9/07
www.globalresearch.ca
(Traduction Horizons et débats)


1    Traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération entre la Fédération de Russie et la Chine, signé et entré en vigueur le 16 juillet 2001, communiqué de presse de la Fédération sino-russe, Ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine,
www.fmprc.gov.cn/eng/wjdt/2649/t15771.htm
    Les articles ci-dessous concernent la défense mutuelle de la Chine et de la Russie contre leur encerclement et les efforts de démantèlement des deux pays par les Américains.
    ARTICLE 4
    La partie chinoise soutient la partie russe dans sa politique de défense de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale de la Fédération de Russie.
    La partie russe soutient la partie chinoise dans sa politique de défense de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale de la République populaire de Chine.
    ARTICLE 5
    La partie russe réaffirme que la position de principe sur la question de Taiwan telle qu’elle est exposée dans les documents politiques signés et adoptés par les chefs d’Etat des deux pays de 1992 à 2000 demeure inchangée. La partie russe reconnaît qu’il n’existe qu’une Chine dans le monde, que la République populaire de Chine est le seul gouvernement légal représentant la totalité de la Chine et que Taiwan est une partie inaliénable de la Chine. La partie russe s’oppose à toute forme d’indépendance de Taiwan.
    ARTICLE 8
    Les parties contractantes ne concluront aucune alliance ni ne participeront à aucun bloc, pas plus qu’elles ne se livreront à des actions telles que conclure un traité semblable avec un pays tiers qui mettrait en péril la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’autre partie contractante. Aucune des parties contractantes n’autorisera un pays tiers à utiliser son territoire pour mettre en péril la souveraineté nationale, la sécurité et l’intégrité territoriale de l’autre partie contractante.
    Aucune des parties contractantes n’autorisera la création sur son territoire d’organisations ou de bandes susceptibles de porter atteinte à la souveraineté, à la sécurité ou à l’intégrité territoriale de l’autre partie contractante. Leurs activités devraient être interdites.
    ARTICLE 9
    Lorsqu’une situation se présente dans laquelle une des parties contractantes estime que la paix est menacée ou que ses intérêts sécuritaires sont en jeu, ou lorsqu’elle est confrontée à une menace d’agression, les parties contractantes doivent immédiatement prendre contact et engager des consultations afin d’éliminer ces menaces.
    ARTICLE 12
    Les parties contractantes travailleront ensemble au maintien de l’équilibre stratégique et à la stabilité globaux et s’appliqueront à encourager le respect des accords fondamentaux relatifs à la sauvegarde et au maintien de la stabilité stratégique.
    Les parties contractantes encourageront activement le processus de désarmement nucléaire et la réduction des armes chimiques, encourageront et renforceront les régimes d’interdiction des armes biologiques et prendront des mesures destinées à empêcher la prolifération des armes de destruction massive, de leurs vecteurs et de leur technologie.
2    Ibid.
3    Zbigniew Brzezinski, le Grand Echiquier, l’Amérique et le reste du monde, Hachette Littératures, 2000, p. 198
4    Ibid.
Brzezinski se réfère à une coalition sino-russo-iraniennne comme «contre-alliance», p. 116
5    Zbigniew Brzezinski, Out of Control: Global Turmoil on the Eve of the 21st Century, NYC New York, Charles Scribner’s Sons Macmillan Publishing Company, 1993, p. 198
6    Ibid.
7    Ibid.
8    Zbigniew Brzezinski, le Grand Echiquier, p. 198
9    M.K. Bhadrakumar, The lessons from Ferghana, Asia Times, 18/5/05)
10.    Nick Paton Walsh, Uzbekistan kicks US out of military base, The Guardian, 1/8/05
11    Vladimir Radyuhin, Uzbekistan rejoins defence pact, The Hindu, 26/6/06

ts. Les USA et la Grande-Bretagne soutiendraient des mouvements terroristes, séparatistes et extrémistes? Malheureusement, cette hypothèse n’est pas si invraisemblable. En effet, comme le montre l’Américain Robert Dreyfuss dans son livre fondamental intitulé «Devil’s Game – How the United States Helped Unleash Fundamentalist Islam», ce sont les Britanniques qui ont contribué au développement des Frères musulmans dans leur Empire et plus tard, aussi bien les USA qu’Israël ont joué cette carte afin de contrer les mouvements qui luttaient en faveur d’Etats laïques, sociaux et souverains dans le monde arabe. Ainsi Israël a aidé Ahmed Yassin, chef des ­Frères musulmans dans les ­Territoires occupés, à fonder le Hamas dans le but déclaré d’affaiblir l’OLP. Lorsqu’on n’a plus eu besoin de lui, on l’a assassiné.
La Russie et la Chine ont également des minorités, dont de fortes communautés musulmanes. Dreyfuss explique au sujet de son ouvrage:
«Il existe un chapitre non encore écrit de l’histoire de la guerre froide et du nouvel ordre mondial qui a suivi. Il concerne la manière dont les Etats-Unis – parfois ouvertement, parfois secrètement – ont financé et encouragé l’activisme islamiste de droite.
Devil’s Game est une tentative de combler cette lacune essentielle. Essentielle parce que cette politique peu connue, menée au cours des six dernières décennies, est en partie responsable de l’apparition du terrorisme islamique en tant que phénomène mondial.
A la vérité, l’«Empire» comprenant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie centrale et du Sud devait reposer sur l’islamisme politique. Du moins, c’est ce qu’espéraient ses concepteurs. Mais il s’est avéré qu’il s’agissait là d’un jeu diabolique. C’est trop tard, après le 11-Septembre, que Washington a commencé à se rendre compte de son mauvais calcul stratégique.
Les Etats-Unis ont passé des décennies à rechercher les faveurs des islamistes, à leur mentir, à les utiliser avec cynisme en tant qu’alliés dans la guerre froide, pour découvrir finalement qu’ils avaient engendré une force qui s’est vengée en se retournant contre ses protecteurs. […]»

Benoît XVI: «La lutte contre le terrorisme doit respecter les droits fondamentaux»

La lutte contre le terrorisme ne doit jamais enfreindre les fondements de l’Etat de droit. C’est ce que le Pape Benoît XVI a précisé devant des représentants de l’Internationale chrétienne-démocrate, politiciens chrétiens venus du monde entier.
Il a déploré «ce grave phénomène, cette tendance du terrorisme à instrumentaliser Dieu à des fins meurtrières, à prétendre agir en son nom pour justifier des attaques injustifiables. Contre ce grave phénomène qu’est le terrorisme, la société a bien sûr le droit de se défendre, mais ce droit ne doit être exercé qu’à condition de respecter la justice et la morale. Dans les systèmes démocratiques, l’usage de la force d’une façon contraire aux principes de l’Etat constitutionnel ne peut en aucun cas se justifier. En effet, comment prétendre vouloir protéger la démocratie si on s’autorise à en menacer les fondements?»

Source: Radio Vatican du 21/9/07
(www.chretiente.info du 7/10/07)

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=505 http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=505



Lundi 8 Octobre 2007


Commentaires

1.Posté par boucetta le 09/10/2007 15:44 | Alerter
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article trés interessant, et très bien argumenté metttant en lumiere les suites de la geurre froide et notre actualité du moment.

2.Posté par Mijeon Amaury le 09/10/2007 19:20 | Alerter
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Nous voyons dans cet article la réalité de l'état actuel du monde;mais il faut savoir que cette guerre froide tournera en faveur des chinois mais avec des conséquences tragiques digne du chao général;trop jouer avec le feu et voilà ce qui nous attend

3.Posté par Mijeon Amaury le 09/10/2007 19:29 | Alerter
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Petite lumière:la chine est le dragon rouge écarlate,la russie est la bête qui surgie de l'océan et qui est guérie par le dragon et l iran est le faux prophète=l apocalypse de st jean

4.Posté par Roland le 10/07/2008 22:09 | Alerter
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Oui l'Europe ferait mieŭ de s'allier avec la Russie plutôt qu'avec les USA
(et d'abord ça serait plus naturel)

5.Posté par h01 le 30/07/2008 00:01 | Alerter
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Il faut faire contrepoids aux Etats Pourris d'Amérique en s'alliant avec la Russie et la Chine. Mais nos dirigeants qui n'ont plus peur de nous prouver tous les jours qu'ils font tout le contraire de ce que l'on souhaite, vont s'allier avec ces connards américains.

Pfffff, quel monde de cons. Une grosse révolution en France est nécessaire pour faire comprendre que nous ne sommes pas tous lobotomisés!!!!!!! [passage supprimé]

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