Propagande médiatique, politique, idéologique

L'Ouragan Carter


Le nouveau livre de l'ancien Président Jimmy Carter, "Palestine : La Paix et non pas l'Apartheid", a provoqué un tapage avant même sa publication.
La raison de la polémique se tenait davantage dans le titre du livre que dans son contenu, parce qu'il semblait suggérer que l'avatar de la démocratie au Moyen-Orient pourrait être sur le point de créer un ordre politique qui ressemble au modèle discriminatoire et répressif d'Apartheid de l'Afrique du Sud, bien que basé sur des raisons ethnico-religieuses plutôt que raciales.



Par Henry Siegman


Henry Siegman
Lundi 8 Janvier 2007

 L'Ouragan Carter
Comme la parution du livre a coïncidé avec les récentes élections du Congrès, les leaders du parti Démocrate ont plus ou moins paniqué et se sont désassociés du livre de Carter et de ses critiques de la politique israélienne.

En effet, la panique était tellement intense qu'un homme aussi indépendant que Howard Dean, le président du parti, qui avait, par le passé, eu le courage de défier la sagesse conventionnelle de l'establishment du parti sur de nombreuses questions, a, lui aussi, rejoint le troupeau.


Rien de tout cela n'est, bien sûr, pour le moins surprenant. Face à l'écrasante critique internationale du Président Bush pour son manque d'engagement dans le processus de paix au Moyen-Orient et pour son soutien non équitable à Israel, la direction du parti démocrate au Congrès est parvenue à critiquer Bush pour son indulgence envers les Palestiniens et son manque de soutien à Israel.

Ainsi, la critique du Président Carter est remarquable seulement parce qu'elle révèle l'ignorance de l'establishment politique américain, les Démocrates commes les Républicains, sur le conflit Israelo-Palestinien.

Je défierais le nouveau président démocrate du Comité aux Relations Internationale de la Chambre, Tom Lantos (pour ne pas mentionner le président sortant, Henry Hyde), d'identifier l'auteur du commentaire suivant, fait au moment où le premier ministre Yitzhak Shamir était sur le point de nommer dans son gouvernement Rehavam Ze'evi, le chef du parti Moledet d'Israel. Ze'evi et son parti étaient des partisans du "transfert", un euphémisme pour le nettoyage ethnique des Palestiniens en Cisjordanie et dans d'autres régions du "Grand Israel"

"L'entrée dans le gouvernement du parti du transfert est une profonde souillure politique, morale et sociale, une dangereuse infection qui pénètre le gouvernement (d'Israel). Toute personne qui inclut le (parti du) transfert parmi les partis de la coalition Sioniste confirme en effet la résolution des Nations-Unies qui dit que le Sionisme c'est du racisme."

Si un Américain avait fait une telle déclaration, il aurait été, sans aucun conteste, accusé d'hostilité envers l'état d'Israel, si ce n'est d'anti-sémitisme. Si la personne avait été juive, elle aurait été stigmatisée comme un juif qui s'auto-déteste.

En fait, l'auteur de cette déclaration était Benny Begin, le fils de l'ancien Premier Ministre de Droite, Menachem Begin, un "prince" du Likud qui avait attaqué de façon implacable le parti Travailliste pour avoir reconnu l'OLP, qui, insistait-il, même après Oslo, n'était rien d'autre qu'une organisation terroriste.

Et l'homme qui a été décrit à l'époque dans le Jérusalem Post comme "le plus bruyant des ministres du gouvernement qui s'opposait à cette nomination, en disant qu'il était inconcevable qu'un homme avec l'idéologie de Ze'evi soit ministre", n'était autre qu'Ehud Olmert, un autre prince du Likud.


Quand Olmert, alors Premier-Ministre-adjoint dans le gouvernement d'Ariel Sharon, a proposé qu'Israel se retire unilatéralement de Gaza et de parties de la Cisjordanie, sa justification était qu'étant donné la démographie palestinienne, la poursuite de l'occupation transformerait tôt ou tard les juifs israéliens en minorité.
Il a averti que l'Etat juif serait attaqué par les organisations juives américains qui avaient boycotté le régime d'Apartheid en Afrique du Sud.

Il y a plusieurs mois, le même Olmert qui s'était inquiété publiquement des stigmates de l'Apartheid a nommé Avigdor Lieberman, un homme avec des convictions racistes et antidémocratiques, au poste de Premier Ministre-adjoint.

Lieberman, qui dirige un parti d'Extrème-Droite composé en grande majorité d'immigrés russes, Yisrael Beiteinu, a des opinions politiques qui auraient fait ressembler Rehavam Ze'evi à un membre fondateur de l'ACLU (ndt : le Mouvement des Droits Civiques américain).

Ni Jean-Marie Le Pen, le leader anti-immigrés du Front National en France, ni le néo-fasciste autrichien, Jörg Haider (dont le rôle dans la formation d'un gourvernement autrichien a provoqué un tollé international qui a mené à un boycott diplomatique), n'ont réclamé des mesures aussi choquantes que Lieberman.

Lieberman préconise non seulement le nettoyage ethnique de tous les Palestiniens des territoires occupés mais de se débarasser des Arabes qui sont des citoyens israéliens.

Il a demandé instamment que les membres Arabes de la Knesset israélienne soient exécutés parce qu'ils ont des contacts avec le Hamas ou parce que'ils ne fêtent pas le Jour de l'Indépendance d'Israel.

Lieberman a été également nommé par Olmert comme ministre en charge des réponses "aux menaces stratégiques" d'Israel. En effet, si Israel affronte une menace existentielle de la part de l'Iran--et à entendre les discours de l'Iranien Ahmadinejad lors de l'événement obscène qu'il a orchestré à Téhéran pour les négateurs de l'Holocauste, il est difficile de ne pas prendre la menace aux sérieux : il est difficile d'imaginer une manière plus efficace de banaliser cette menace qu'avec la nomination de Lieberman.

En effet, la décision est tellement imprudente que l'on peut suggérer que c'est Olmert et son gouvernement--y compris ses partenaires du parti Travailliste, qui ont approuvé presque à l'unanimité la nomination de Lieberman--qui constituent la menace existentielle pour leur pays.

La nomination pose également la question sur le comment un gouvernement dont le Premier Ministre-adjoint qui est un homme qui ne reconnaît pas le droit aux Palestiniens de posséder même un mètre carré de territoire en Palestine peut imposer des sanctions draconiennes à un gouvernement du Hamas qui ne reconnait pas la légitimité d'Israel. Parlons du deux poids-deux mesures !

Et ce qui n'est pas la moindre des ironies au sujet de la polémique produite par le livre de Carter, ou par son titre, c'est que chaque jour de la semaine, il paraît dans pratiquement tous les principaux journaux israéliens et dans d'autres médias des critiques bien plus extrêmes de la politique des divers gouvernements israéliens que celles que l'on trouve aux Etats-Unis.

La majeure partie des éditoriaux d'opposition en Israel ne serait pas acceptée dans les pages des principaux journaux américains.


Il est également à noter à quel point les mavens démocratiques et républicains sont mal informés même au sujet des motifs de vote des juifs américains.

La panique réveillée par le titre du livre de Carter a été basée sur la croyance de ces mavens que les juifs américains partagent les opinions de la ligne dure de Droite des organisations comme la Conférence des Présidents des principales Organisations juives américaines et de l'AIPAC, des organisations qui sortiraient des affaires si les Israéliens élisaient un gouvernement investi dans une solution politique plutôt que militaire.

En effet, quand l'ancien premier ministre Yitzhak Rabin est arrivé au pouvoir en 1992 et qu'il a conclu que la sécurité d'Israel serait bien mieux servie par un accord de paix qui reconnaitrait les droits des Palestiniens que par frapper les Palestiniens jusqu'à la soumission, la Conférence des Présidents et l'AIPAC sont entrés dans une éclipse institutionnelle, d'où ils n'ont émergé que lorsque Benjamin Netanyahu est arrivé au pouvoir en 1996.

Le soutien pro-israélien et sans critique de ces organisations n'a jamais été un baromètre précis de l'opinion ou du comportement politique des juifs américains.

Il est sûr que les leaders républicains et démocrates peuvent apprendre quelque chose du fait qu'après six ans de présidence de l'homme considéré par les Israéliens et le Lobby pro-israélien aux Etats-Unis comme étant "le meilleur Président américain qu'Israel ait jamais eu", 87% des juifs américains ont voté pour le parti Démocrate, dont le président est considéré par le Lobby pro-israélien conne étant au mieux peu fiable.

Ce qui est sûr, c'est qu'une majorité écrasante des Juifs américains s'inquiètent profondément de la sécurité et du bien-être d'Israel.
Mais ce souci ne traduit pas, pour la plupart d'entre eux, en un soutien irréfléchi à la politique des gouvernements israéliens qui semblent ébranler la sécurité d'Israel.

La plupart des juifs américains comprennent comment les politiciens démocrates et républicains traitent de façon imprudente la question Israelo-Palestinienne pour leur propre bénéfice, tout comme la plupart des Israéliens comprennent la même chose au sujet de plusieurs de leurs propres politiciens.


Le livre de Carter récapitule le rôle crucial qu'il a joué en tant que président de la réunion au sommet de Camp David en 1978, qui a eu comme conséquence l'accord de paix entre Israel et l'Egypte.

Sa description des deux fascinants protagonistes, Menachem Begin et Anwar Sadat, rend la lecture irrésistible, peu importe le degré de connaissance des grandes lignes générales de l'histoire.

Quand le Président Sadat a rencontré Carter à la Maison Blanche peu de temps après que Carter ait assumé la présidence en 1977, Carter a été étonné par la détermination de Sadat à travailler avec lui sur des négociations de paix avec Israel.

Plus étonnant, c'est une lettre que Carter a reçu de Sadat suite à cette réunion, dans laquelle il conseillait vivement au président de ne rien faire qui puisse interférer dans la détermination de Sadat à négocier directement avec les Israéliens-- en contraste dramatique avec les leaders Arabes, camarades de Sadat, pour qui tout contact avec Israel, même de façon indirecte, était une malédiction.

Carter fut également surpris par Begin quand les deux hommes se sont d'abord rencontrés à Washington. Il a trouvé que Begin était un homme aux opinions beaucoup moins rigides qu'on aurait pu le penser et ouvert aux idées dont Carter avait discuté avec Sadat.

L'optimisme suscité par ces premières rencontres qui ont été nettement confortées par la bouleversante visite de Sadat à Jérusalem—une démonstration de courage politique extraordinaire que Sadat devrait bientôt payer de sa vie--a été sérieusement ébranlée par sa profonde désillusion avec la visite en retour de Begin en Egypte, lorsque Begin a insisté sur le fait que les colonies israéliennes restent dans le Sinai.

Sadat a vu ses conversations avec Begin comme un revers néfaste à son initiative de paix et avait prévu de condamner publiquement Begin en tant que traître au processus de paix dans un discours qu'il devait donner aux Etats-Unis.

Il était persuadé de laisser tomber cette idée ce qui a obligé Carter à faire d'intenses efforts. Le traité de paix Israélo-Égyptien devait provoquer non seulement une fin au conflit entre Israel et l'Egypte mais un processus qui accorderait l'autonomie--ou une "pleine autonomie", un terme sur lequel Begin insistait curieusement --aux Palestiniens, quelque chose que le traité n'a pas fourni.

Selon les termes de l'accord de Camp David, Israel et les Egyptiens avaient établi un Comité commun pour mettre en application les dispositions du traité qui examinaient les droits nationaux des Palestiniens et la création d'une Autorité Palestinienne autonome.

Moshe Dayan et Ezer Weizman représentaient Israel dans ce comité, et tous les deux ont démissionné quand ils ont réalisé que Begin n'était pas sérieux au sujet de la mise en application de ces dispositions.

Begin les a remplacés par un membre plus digne de confiance de son Cabinet, le Dr. Joseph Burg, un leader vénérable du Mizrahi, l'organisation Sioniste religieuse (et père d'Abraham Burg, un ancien chef de l'Agence Juive et Président de la Knesset).

Le vieux Burg était un ami proche de ma famille, et je lui ai souvent rendu visite quand j'étais en Israel. Je l'ai rencontré une fois alors qu'il faisait partie du comité Égypto-Israélien et je lui avais demandé quels progrès avaient été accomplis.
Burg, qui était un conteur merveilleux, a répondu par une histoire.

Il y a un vieux conte juif au sujet d'un prince qui a demandé à un pauvre et simple juif du Portail du Camp d'enseigner la parole à son chien et a menacé d'expulser les juifs qui vivaient dans son domaine princier si ce Juif n'arrivait pas à le faire d'ici un an.

Quand le juif est rentré chez lui avec le chien du prince et qu'il a expliqué à son épouse effrayée ce qui s'était passé, elle est devenue hysterique.

Son mari l'a calmée en disant qu'il avait une année entière avant que le prince revienne, et que d'ici là "soit le prince mourra, soit le chien mourra".

J'ai dit à Burg que je connaissais l'histoire.
"Alors laisse-moi te raconter la suite", dit Burg, qu'il avait évidemment inventé lui-même.

Le prince est revenu un an après et il a appelé le juif qui s'est montré sans le chien. Le prince, en colère, a exigé que le Juif montre le chien immédiatement, mais le juif a demandé au prince de lui permettre d'expliquer la situation.

Il a assuré le prince que le chien avait en effet appris à parler, mais qu'une fois qu'il avait appris, le chien avait commencé à raconter des histoires embarrassantes.

"Quel genre d'histoires ?" a demandé le prince alarmé.

"Des histoires au sujet de l'endroit où vous l'avez régulièrement emmené la nuit quand vous disiez à votre épouse que vous emmeniez le chien pour une longue promenade."

Le prince est entré dans une panique et a ordonné au Juif de montrer le chien immédiatement afin qu'il puisse le tuer.
"Ne vous inquiétez pas" a dit le juif. "Je l'ai déjà fait pour vous, cher prince."

Voilà, a dit Burg, c'est ce qui est arrivé aux discussions Israélo-Égyptiennes sur l'autonomie palestinienne. Nous avons tiré sur le chien.

Carter blâme carrément Begin pour l'échec d'Israel à mettre en application les dispositions de l'accord de Camp David concernant "la pleine autonomie palestinienne" en raison de sa violation de la promesse de gel de la colonisation. Carter se blâme lui-même pour n'avoir pas obtenu de Begin une promesse écrite, et voit cela comme "la négligence la plus sérieuse des entretiens de Camp David.".

Selon Carter, Begin a vu dans le traité de paix avec l'Egypte l'obtention "d'une liberté accrue pour poursuivre les objectifs d'une minorité fervente et dévouée de citoyens (d'Israel) pour confisquer, coloniser et accroitre les territoires occupés."

L'impact destructeur de la confiscation incessante de terre palestinienne par Israel pour ses colonies toujours en expansion sur tous les efforts ultérieurs pour mettre fin à ce conflit, et du régime draconien imposé par l'armée israélienne dans les territoires occupés--ce qui incluent aujourd'hui bien plus de 500 checkpoints militaires israéliens et des centaines d'autres obstacles physiques qui ont complètement brisé la vie des Palestiniens--est le fil conducteur des différents chapitres du livre de Carter, dans lequel il passe en revue les Accords d'Oslo, le sommet de Camp David en 2000 et les propositions de paix de Clinton, la Feuille de Route, l'Accord de Genève en 2003 et le désengagement unilatéral de Gaza de Sharon, ainsi que les élections législatives gagnées par le Hamas, la guerre au Liban et la situation qui se détériore à Gaza.

Le récent cessez-le-feu annoncé par Mahmoud Abbas et Ehud Olmert, et le ton conciliant—si ce n'est le contenu quelconque -- du dernier discours d'Olmert à Sde Boker, pourraient faire penser certains qu'une percée dans le processus de paix bloqué depuis longtemps était imminente.

Mais ces espoirs ont été rapidement brisés par le rejet d'Olmert de la recommandation de Groupe d'Etude d'Irak demandant au Président Bush de se ré-engager énergiquement dans le processus de paix Israelo-Palestinien, afin de mettre non seulement un terme à l'un des conflits les plus longs au monde mais également parce qu'un accord Israelo-Palestinien pourrait améliorer de manière significative la position de l'Amérique dans la région et la capacité des états Arabes amis à l'aider à se dégager du bourbier irakien.

Qu'un engagement sérieux dans le rétablissement de la paix par un président américain qui a été de façon embarrassante partial dans son soutien au gouvernement israélien puisse tellement effrayer Olmert et son Cabinet nous indique ce que nous devons tous savoir sur la sincérité de sa recherche d'un partenaire de paix palestinien.

Eviter un processus bilatéral afin de fixer les frontières d'Israel unilatéralement a été l'objectif stratégique du gouvernement du Likud de Sharon et maintenant de la coalition du gouvernement Kadima-Travaillistes d'Olmert.

C'est un objectif stratégique qui demeure apparemment inchangé en dépit des promesses répétées d'Olmert de rencontrer Mahmoud Abbas, une réunion pour laquelle il n'avait pas été en mesure de trouver du temps libre dans son agenda pendant près d'un an.
Cette réunion a finalement eu lieu.

De façon non surprenante, Olmert l'a utilisée pour annoncer des gestes humanitaires limités et une aide financière pour aider à renforcer les forces de sécurité d'Abbas dans leur confrontation avec les forces du Hamas.

Le propre ministre des Affaires Etrangères d'Olmert, Tzipi Livni, a remarqué sèchement que ces gestes (dont aucun n'a été mis en application à la date de l'écriture de cet article) n'ont fait rien pour se rapprocher d'un processus de paix.

En effet, quels que soient les petits bons gestes d'Olmert, ils auraient été défaits dans les 48 heures après la réunion, quand le gouvernement israélien a annoncé qu'il avait autorisé l'établissement d'une nouvelle colonie dans la Vallée du Jourdain, bien à l'extérieur de prétendue barrière de sécurité qu'il construit.

Et comme si ce n'était pas suffisant pour discréditer Abbas et défendre le Hamas, il a été également révélé que divers ministères du gouvernement israélien ont secrètement collaboré à la construction de nouveaux logements permanents dans les avant-postes illégaux qu'Olmert (et précédemment Sharon) avaient promis aux Etats-Unis de démanteler.

La dure condamnation de Carter de la politique israélienne dans les territoires occupés n'est pas la conséquence d'une idéologie ou d'une tendance anti-Israélienne.

Elle exprime une admiration profonde pour les Israéliens et leurs remarquables réalisations et de l'empathie pour la souffrance qu'ils ont subie en raison des attaques-suicides palestiniennes et prévient les Palestiniens que le terrorisme discrédite leur cause nationale.

Carter cite à plusieurs reprises trois conditions qu'il pense être nécessaires pour une reprise du processus de paix et une résolution du conflit, dont la première est des garanties pour la sécurité d'Israel, la seconde est une fin totale de la violence et du terrorisme palestiniens et la troisième est une reconnaissance par Israel du droit des Palestiniens à un Etat dans les frontières d'avant 1967.

Mais Carter comprend également la souffrance des Palestiniens sous occupation qu'il a vue de ses propres yeux lors de ses nombreuses visites. Pour la plupart des occidentaux, y compris la plupart des Israéliens, le supplice des Palestiniens est invisible et pourrait aussi bien avoir lieu de l'autre côté de la lune pour ce qu'ils en savent ou semblent s'en inquiéter.

Les accusations d'Alan Dershowitz et d'autres que Carter est indifférent à la sécurité d'Israel montrent seulement qu'aucune bonne action est impunie.

De façon discutable, la seule contribution la plus importante à la sécurité d'Israel était de loin le retrait d'Egypte – possédant les forces militaires les plus puissantes du monde Arabe--de l'axe Arabe qui avait l'intention de détruire l'Etat d'Israel dans ses premières années.

L'accord de paix de l'Egypte avec Israel a enlevé, de façon permanente, la possibilité d'un agression Arabe combinée contre l'Etat juif, quelque chose pour laquelle le défunt Président syrien Hafez Assad n'a pas pu pardonner à Sadat, même après qu'il ait été assassiné.

L'amertume d'Assad au sujet de la "trahison" de Sadat fût un thème important d'une réunion de quatre heures que j'ai eue avec lui en 1994. Il l'a citée comme la raison pour laquelle il ne rencontrerait pas Rabin ou ne s'engagerait dans d'autres mesures de mise en confiance qui aideraient à inciter les Israéliens à rendre les Hauteurs du Golan, quelque chose je l'avais invité à faire.

Il a souligné que toutes les concessions avant qu'un accord soit entièrement signé seraient vues par les Syriens comme une reproduction de la trahison de Sadat.

Le livre de Carter fournit un rappel important sur le fait que l'accord de Camp David a non seulement créé une paix durable entre l'Egypte et Israel mais qu'il a servi de modèle à toutes les principales initiatives de paix Israelo-Palestiniennes qui allaient suivre.

Les concepts d'Oslo d'une Autorité Palestinienne autonome, d'un processus de cinq ans qui se conclurait par des accords sur des questions de statut permanent, des négociations sur ces questions qui commencent au plus tard au bout de la troisième année de l'accord et d'une force de police armée palestinienne pour maintenir l'ordre sont tous définis dans l'accord de Camp David.

Et les grandes lignes de ce à quoi pourrait ressembler un accord Israelo-Palestinien si un accord doit être atteint est également esquissé dans les Accords de Camp David de 1978, qui incluaient l'acceptation par Begin de l'insistance de l'Egypte sur le retour de l'ensemble du territoire égyptien détenu par Israel.

L'importance de cette réalisation place la mesquinerie des critiques du Président Carter et de son dernier livre dans la perspective adéquate.



Source : http://www.thenation.com/


Traduction : MG pour ISM


Lundi 8 Janvier 2007

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