Palestine occupée

L’Occident et le Hamas, une diabolisation inopérante


Les pays occidentaux semblent prendre conscience que la paix ne pourra se faire avec une seule moitié du peuple palestinien, mais ne parviennent pas à trouver les moyens de mettre en pratique ces vues.

Côme Gallet - Al-Ahram/hebdo


Vendredi 15 Août 2008

L’Occident et le Hamas, une diabolisation inopérante
Une fermeté de façade. Voilà comment se caractérise l’attitude de la communauté internationale vis-à-vis du Hamas. L’Union européenne (UE), à l’instar des Etats-Unis, se montre intransigeante envers l’organisation même si des contacts informels se sont noués ces derniers temps. Depuis un bon moment, le mouvement de résistance palestinienne est placé sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis et du conseil de l’UE, depuis 2003. Les deux posent comme conditions préalables à tout dialogue la reconnaissance d’Israël et l’abandon des violences.

Dans ce contexte, le Fatah, de Mahmoud Abbass, fait donc figure d’interlocuteur unique pour la plupart des pays occidentaux, même s’il ne bénéficie plus d’une majorité depuis sa défaite aux législatives de janvier 2006. Cette victoire électorale du Hamas avait alors entraîné un gel de l’aide financière européenne aux Palestiniens. Il faudrait attendre 15 mois plus tard pour rétablir ce soutien suite à la prise de contrôle du Hamas de la bande de Gaza qui a poussé l’Occident à revoir sa politique. Après la formation d’un gouvernement d’urgence nationale, excluant les Hamsawis, aucune raison n’imposait de continuer l’embargo.

Les choses ont changé du côté de l’Occident. Nicolas Sarkozy s’est rendu au Proche-Orient il y a deux mois, évitant soigneusement Gaza, territoire exclusif du Hamas. Le chef de l’Etat français, qui exerce aussi la présidence tournante de l’UE, y a rendu hommage à Mahmoud Abbass, qualifié « d’homme de paix ». « On ne crée pas la paix avec le terrorisme », a-t-il ajouté, pour justifier son refus de discuter avec le parti islamiste. Jacques Chirac avant lui, pourtant réputé pour ses amitiés dans le monde arabe, tenait le même discours : « Le Hamas est une organisation terroriste qui ne peut pas être un interlocuteur de la communauté internationale (...). C’est la position de l’Union européenne, elle est sans ambiguïté et ne changera pas ».

En coulisse, la France, qui espère une avancée du dossier palestinien lors de ses six mois de présidence européenne, a pourtant pris contact avec le Hamas au printemps. Dans la plus grande discrétion, le diplomate Yves Aubin de La Messuzière a rencontré des responsables de l’organisation, notamment le premier ministre déchu Ismaïl Haniyeh. D’autres pays européens, comme l’Espagne ou la Grande-Bretagne, ont, eux, toujours maintenu le contact avec eux.

A Washington et depuis son accession au pouvoir, George W. Bush est plus préoccupé par l’Iraq et la traque d’Al-Qaëda que par le conflit israélo-palestinien. Lors de son discours à la Knesset, à l’occasion du soixantième anniversaire de l’Etat hébreux, il a prouvé ses limites dans la connaissance des dossiers arabes. Assimilant le Hamas au Hezbollah et à Al-Qaëda, il déclare : « Aucune nation ne devrait jamais être forcée à négocier avec les tueurs qui se vouent à sa destruction  ». Une allusion claire au refus d’Israël de négocier avec le mouvement de résistance palestinienne. Toutefois, un récent sondage indique qu’une majorité d’Israéliens approuvent des contacts avec le Hamas.

La politique américaine ne devrait pas beaucoup évoluer quel que soit le président élu en novembre prochain. Le candidat républicain, John McCain, semble poursuivre la doctrine d’intransigeance prônée par son prédécesseur. En avril dernier, il accusait d’ailleurs son rival démocrate d’être « le candidat favori du Hamas ». Barack Obama a pourtant toujours fait preuve de fermeté. S’il se déclare prêt à discuter avec les dirigeants cubains, iraniens ou nord-coréens, il a en revanche toujours exclu de s’entretenir avec les responsables du Hamas.

Discuter avec l’organisation islamiste, l’ancien président américain Jimmy Carter l’a fait, en avril dernier. Bravant les interdits israéliens et américains (« une mauvaise idée », selon Obama), il a rencontré Khaled Mechaal, chef politique du mouvement. A l’inverse de Sarkozy, le prix Nobel de la paix 2002 affirme : « La paix n’est possible que si l’on implique le Hamas dans les discussions ». C’est d’ailleurs la position de la Chine et de la Russie, souvent alliées aux Nations-Unies. Déjà elles ne considèrent pas le Hamas comme une organisation terroriste. En 2006, au plus fort de la crise avec le mouvement palestinien, des dirigeants ont même été reçus à Pékin et Moscou.

La stratégie d’isolement et de diabolisation du Hamas étant autant inopérante qu’inefficace, la communauté internationale semble prendre conscience que la paix ne pourra se faire avec une seule moitié du peuple palestinien et qu’en fin de compte, elle finira par négocier avec le Hamas, d’autant plus qu’elle ne peut pas l’anéantir. Les Occidentaux, tenus par des engagements envers l’Etat israélien, font donc face à un dilemme. Tant que le Hamas ne se rapprochera pas des conditions exigées pour une reprise du dialogue, il restera, du moins officiellement, infréquentable. Donc, aucun contact en haut lieu, c’est-à-dire pas de véritable déblocage de la situation.

Al-Ahram/hebdo - Semaine du 13 au 19 août 2008, numéro 727 (Dossier)

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4913 http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=4913



Vendredi 15 Août 2008


Commentaires

1.Posté par SORAVARDI le 15/08/2008 18:29 | Alerter
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ABBAS T EST QU UN PAUVRE TYPE REDESCEND DE TON ARBRE IL TE PRENNE TOUS POUR UN CON MEME TA FEMME

2.Posté par Samuel le 15/08/2008 19:07 | Alerter
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Pourquoi un Puavre type, Soravardi, ? parce qu il ne pense pas comme toi? Elabore au moins ton commentaire

3.Posté par Esther LA REINE le 15/08/2008 19:55 | Alerter
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L’Union européenne doit arrêter de faire la nuque raide. C’est un non-sens et être hypocrite que de considérer ABBAS comme un interlocuteur. C’est clair pour toute personne dotée d'une bonne santé mentale qu'ABBAS ne défend pas les intérêts du peuple palestinien. Il est faux et n'est qu'une marionette du lobby sioniste américain.

Le HAMAS n’est pas une organisation terroriste ; c’est un Mouvement de Résistance palestinienne qui lutte pour les droits légitimes du peuple palestinien. L’U.E. doit arrêter d’être le petit chien qui exécute les ordres du tandem Washington - Tel-Aviv. Elle doit voir sur place, et agir avec Justice car les moyens existent. Si elle peut avoir des contacts diplomatiques avec le HAMAS, c'est qu'elle le reconnaît. Pourquoi alors ne pas pourparler d’égal à égal, surtout que Le HAMAS est officiellement et légalement élu par le PEUPLE palestinien.

Il ne faut pas demander au HAMAS de reconnaître le régime sioniste, c’est impossible ! Qui opère les violences ? C’est bien le FATAH avec ses groupuscules terroristes ! Ce qu'ils ont bien appris en collaborant avec l'armée sioniste.

Il faut être juste. Il faut toujours se rappeler l’Histoire. Ce sont les sionistes qui sont à l’origine des conflits en Palestine qu’ils occupent depuis 48. Il faut donc que l’Etat sioniste soit démantelé pour arrêter l'injustice. C’est indispensable afin que les prophéties se réalisent. L’Etat sioniste n’a pas lieu d’être, il est illégal tant du point de vue Thora que du point de vue politique. La Palestine historique est la Terre Sainte qui se traite avec des lois spirituelles. Il ne faut pas y imposer ses idées occidentales (démocratie …) Celui qui veut œuvrer en faveur de la paix, de la Justice au PO et MO doit avoir compris cela. N'oublions pas que D' est au-dessus de tout ce qui se passe dans le monde, c'est Lui qui dirige les combats.

4.Posté par auaguets le 15/08/2008 21:24 | Alerter
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Poste 3

Ca fait plaisir de vous lire, la vérité comme je l'aime....pur et lumineuse.
Oui Abbas est un TRAITRE au service des sionistes.

Au passage je félicite et admire la patience du peuple palestinien...

5.Posté par SORAVARDI le 15/08/2008 23:11 | Alerter
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POSTE 2 ESTHER LA REINE A TOUT COMPRIS

6.Posté par Hassan le 16/08/2008 02:01 | Alerter
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Le Hamas est un mouvement politique et resistant qui a le soutient de tout le peuple palestinien contrairement à Abbas le collabo qui est à la solde des sionistes qui le manipule .
Après tant de blocus de la communauté international et des sionistes envers les palestiniens , le Hamas n'est pas renversé et il est même renforcé ..... cela veut tout dire .
De plus si Abbas est tant un homme de paix pour les sionistes americano-israeliens et que le Hamas est une organisation terroriste , c'est qu'il y a une grande différence entre les deux !
Si le Hamas reconnait l'etat " d'israel" et renonce à la résistance ( chose qui parait presque impossible ! ) , il perdra un grand soutient des arabes et des musulmans dont moi ...

7.Posté par Edouard le 18/08/2008 15:31 | Alerter
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Pourquoi entretenir le mythe de "la communauté internationale" ?

Elle n'existe pas

A supposer, par exemple, que 75 % des électeurs américains se prononcent par référendum contre quelque chose, si le président est pour, elle se fait. Pareil pour la Chine ... ou pour la France

Si la communauté internatinale était contre l'armement nucléaire de l'Iran, par exemple, il n'y aurait pas 110 pays au moins qui soutiennent son droit à disposer de bombes sous le contrôle de l'AIEA..

"Les Français", ça n'existe pas et ça n'a jamais existét De même "la communauté internationale", ça n'existe pas

Même "Le Hamas" n'existe pas ; on y trouve des sensibilités et des clans .

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