Géopolitique et stratégie

L'Iran souhaite discuter de la proposition faite par le Président russe d'héberger en Azerbaïdjan la station-radar américaine



IRIB
Dimanche 10 Juin 2007

 L'Iran souhaite discuter de la proposition faite par le Président russe d'héberger en Azerbaïdjan la station-radar américaine
L'Iran a précisé dimanche par la voix de son porte parole qu’elle comptait discuter de la proposition faite par le Président russe d'héberger en Azerbaïdjan la station-radar américaine.

Mohammad-Ali Hosseini a tenu ces propos devant des journalistes iraniens et étrangers à son conférence de presse hebdomadaire.


"La Russie a exprimé la position de l'Azerbaïjan, de l'Irak et de la Turquie. Nous étudions actuellement la proposition russe "a déclaré le porte parole du ministère iranien des Affaires étrangères.


En effet, le projet américain d'installer, en République tchèque et en Pologne, un « bouclier antimissile » a provoqué la colère du président russe. Du coup, Poutine a déclaré, à la veille du G8, que, si ce projet se concrétisait, la Russie se donnerait les moyens de « supprimer les menaces potentielles résultant de ce déploiement » de missiles.


Les États-Unis veulent installer aux portes même de la Russie, et sans lui demander son avis, des bases-radar liées à un système d'interception par missiles. Et Bush peut bien décrire hypocritement la Russie comme une alliée, les raisons qu'il avance pour justifier cette escalade militaire - fournir une protection contre les fusées que l'Iran ou la Corée du Nord pointeraient sur les États-Unis - ne se donnent même pas la peine de paraître plausibles.


En fait, si les États-Unis tiennent tant à installer ces bases, c'est bien à titre de garantie contre la Russie elle-même. Les dirigeants impérialistes ont beau constater que celle-ci est devenue une alliée, et qu'elle ne contrôle plus les pays d'Europe de l'Est, elle n'en garde pas moins ses intérêts de grande puissance, et on ne sait jamais comment elle pourrait évoluer par la suite.


L’Azerbaïdjan est prêt à mener à deux ou à trois les négociations avec la Russie et les Etats-Unis sur la question de l’utilisation conjointe du radar de Gabala, a déclaré jeudi le vice-ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Araz Azimov, rapporte l’agence News-Azerbaidjan.


C’est en ces termes que le vice-ministre a commenté les propos de Vladimir Poutine qui, jeudi, avait proposé au président américain George Bush, dans le cadre du sommet du G8 à Heiligendamm en Allemagne, en qualité d’alternative au déploiement d’éléments de l’ABM américain en Europe de l’Est, une utilisation en commun, à des fins de défense antimissile, du radar de Gabala que la Russie loue en vertu d’un accord bilatéral à l’Azerbaïdjan.


L’Azerbaïdjan procède, dans le cadre de négociations bilatérales, à un échange de vues sur cette question avec la Fédération de Russie et les Etats-Unis, a noté le vice-ministre. Cette question, a rappelé le diplomate, a été débattue la semaine dernière par les ministres des Affaires étrangères azerbaïdjanais et russe, Elmar Mamediarov et Sergueï Lavrov, lors d’une visite officielle du chef de la diplomatie russe à Bakou.


Le radar de Gabala (près de Minguetchaour) est une des stations de pré-alerte créées à l’époque de l’URSS en vue de détecter les lancements de missiles balistiques basés au sol et en mer, en mesure de porter des ogives nucléaires, ainsi que pour mener un contrôle ininterrompu de l’Espace.


Opérationnel depuis 1985, le radar de Gabala peut contrôler la situation dans un rayon de 6.000 km. Sa durée de vie s’achève en principe en 2012.


De l’avis du membre correspondant de l’Académie des sciences russe et directeur du Centre de sécurité internationale de l’Institut d’économie mondiale et des Relations internationales (IMEMO), Alexeï Arbatov, le radar de Gabala permet littéralement en quelques secondes après l’envol d’un missile de détecter non seulement le tir mais aussi de suivre la trajectoire du missile en vol, tout en transmettant les données nécessaires à son interception dans un point donné.


« La Russie a maintenu la pression samedi sur les Etats-Unis, appelant Washington à «geler» son projet de bouclier antimissile en Europe » a rappelé le porte parole du ministère iranien des Affaires étrangères.


En effet, a Russie a appelé les Etats-Unis à renoncer à l'installation d'un système de défense contre les missiles balistiques en Europe avant que les deux pays ne négocient l'utilisation conjointe d'un système de radar azéri, a informé samedi la ministre russe des Affaires étrangères.


"Il doit y avoir un gel du déploiement d'un dispositif de défense antimissile en Europe pendant toute la période d'analyse et de négociations", a déclaré Lavrov.


"Nous invitons les Etats-Unis à tout étudier ensemble et en profondeur, à tout mettre à plat et à parvenir à une entente universelle", a-t-il ajouté.


Quant aux populations tchèque et polonaise, elles semblent majoritairement opposées à l'installation de telles bases, G.W Bush a profité de sa venue en Europe lors du G 8 pour tenter de les convaincre des bienfaits du dispositif militaire nucléaire américain au nom, bien sûr, de la lutte contre la « prolifération nucléaire ».




Dimanche 10 Juin 2007

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