Géopolitique et stratégie

L'Iran possède de nombreuses options pour riposter (analystes américains)


Les analystes américains de l'Institut KATO ont mis en garde contre toute intervention militaire américaine contre l'Iran, la qualifiant de la pire option que Washington pourrait choisir.


Keyhan
Lundi 29 Janvier 2007

Ces analystes et experts, qui ont participé à un séminaire, au Congrès américain, intitulé " Le programme nucléaire iranien et les options politiques américaines", ont déclaré qu'il était possible de régler la tension entre l'Iran et les Etats-Unis, par les voies pacifiques, au lieu d'aller à la confrontation. Ils ont appelé l'administration Bush à poursuivre la voie de la dissuasion, à l'égard de Téhéran.

Gallan Carpenter de l'Institut KATO estime que toute action militaire contre l'Iran serait similaire au bombardement des installations nucléaires irakiennes, en 1982, car, dit-il, "l'Iran possède de nombreuses installations nucléaires et peurt avoir recours à de nombreuses options pour des actes de représailles qu'il pourrait utiliser en cas d'attaque." "Si l'Iran était attaqué, il pourrait, de nouveau, activer ses partisans, en Irak, et encourager le Hezbollah libanais à attaquer les intérêts américains, dans le monde et à l'intérieur même des Etats-Unis.", a dit cet expert américain, estimant qu'une attaque militaire américaine contre l'Iran, après l'offensive contre l'Afghanistan et l'Irak, deux pays musulmans, au cours de ces 5 dernières années, provoquera la colère et la haine du monde musulman, du Maroc à la Malaisie, faisant, également, croire aux Musulmans que les Etats-Unis cherchent à détruire leur culture et leur civilisation. Il a, également, mis en doute l'hypothèse, selon laquelle, le bombardement des installations nucléaires iraniennes constituerait une motivation pour les Iraniens de changer l'Ordre politique de leur pays.

Selon M. Carpenter, pour les Etats-Unis, la meilleure option politique serait de passer un grand "deal" avec l'Iran, en normalisant ses relations diplomatiques et économiques avec Téhéran et en l'aidant à avoir accès au nucléaire civil avec une inspection stricte de ses sites et le contrôle de son programme nucléaire. Justin Logan, un autre chercheur de l'Institut, a déclaré au cours de ce séminaire que non seulement les Etats-Unis disposaient de peu d'informations sur le programme nucléaire iranien, mais encore ces informations pourraient très bien s'avérer fausses. Or, dit-il, les frappes militaires pourraient intervenir contre les centres non-nucléaires. Selon Justin Logan les dirigeants américains auraient besoin d'informations précises pour intervenir militairement en Iran. Il a par ailleurs mis en garde contre les retombées d'une action militaire précisant qu'une telle action pourrait être suivie d'actions de représailles contre les forces américaines en Irak soutenues par l'Iran, le minage du détroit de Hormuz et l'activation des éléments proches de l'Iran aux Etats-Unis. L'intervention militaire contre l'Iran, d'après cet expert, ne détruira pas le programme nucléaire de Téhéran, mais au mieux elle le ralentira. M. Logan estime que toute attaque contre l'Iran n'aboutira non seulement jamais à un changement politique, mais qu'elle renforcera le soutien du peuple à leur ordre politique et encouragera Téhéran à mettre la main sur l'arme nucléaire pour défier les Etats-Unis. Il a déclaré que la politique de dissuasion face au programme nucléaire iranien était la meilleure option de Washington.

De son côté, dans un entretien avec l'AFP à Davos, Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe a sérieusement mis en garde les Etats-Unis déclarant qu'une action militaire contre l'Iran transformera le Moyen-Orient en un enfer. " J'avais déjà prédit que la guerre contre l'Irak ouvrira les portes de l'enfer, et aujourd'hui, toute intervention militaire contre l'Iran conduira l'ensemble du Moyen-Orient vers l'enfer" a-t-il averti ajoutant que une telle décision de la part de Washington étendra les conflits interethniques et interconfessionnels dans la région. les déclarations d'Amr Moussa font suite à celle du directeur général de l'AIEA, Mohammed el-Baradei qui avait estimé qu'une action militaire contre l'Iran était irréfléchie et irresponsable.


Lundi 29 Janvier 2007

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