Politique Nationale/Internationale

L'Iran persiste à vouloir organiser une conférence sur l'Holocauste


TEHERAN (AP) - Téhéran persiste et signe. A l'heure de la visite du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, l'Iran a réaffirmé dimanche sa volonté d'organiser à l'automne une conférence dite scientifique sur la véracité de l'Holocauste.


christian.mac1@free.fr
Mardi 5 Septembre 2006



La veille de cette annonce, M. Annan avait exprimé son inquiétude sur une exposition, qui se tient actuellement à Téhéran, de dessins sur l'Holocauste. Dimanche, il a tenu à souligner une nouvelle fois que "la tragédie de l'Holocauste est un fait historique indéniable. Nous devrions vraiment accepter ce fait, enseigner aux gens ce qui s'est passé pendant la deuxième guerre mondiale et faire en sorte que cela ne se répète jamais".

L'Iran avait lancé un concours sur ce thème de l'Holocauste, en riposte aux caricatures du Prophète publié dans la presse danoise et qui ont fait scandale l'année dernière, déclenchant des vagues de manifestations dans le monde arabo-musulman. "Nous devrions éviter tout ce qui incite à la haine", a déclaré le patron de l'ONU au chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, selon son porte-parole Ahmad Fawzi.

S'il n'a pas vu les dessins, Kofi Annan, se basant sur "ce qu'il en a entendu", les juge "désagréables, comme il l'a fait pour les caricature danoises sur le prophète Mahommet, qu'il a fermement condamnées alors".

Le co-organisateur de l'exposition, le journal "Hamshahri", a déclaré vouloir tester la tolérance de l'Occident sur des dessins se rapportant à l'extermination par les Nazis de six millions de juifs lors de la Seconde Guerre mondiale. L'exposition doit s'achever le 13 septembre, et le meilleur dessin recevra un prix de 12.000 dollars.

Le président extrémiste Mahmoud Ahmadinejad, que Kofi Annan rencontrait dimanche, a à de maintes reprises appelé à rayer Israël de la carte, une réthorique rappelant les années Khomeini du début de la révolution iranienne. Il a tenu des propos révisionnistes sur l'extermination des juifs européens par le régime hitlérien.

En Israël, le porte-parole de la diplomatie Mark Regev a une nouvelle fois dénoncé cette "négation de l'Holocauste" pratiquée par Téhéran. "Par le passé, ce genre de négation était la prérogative des néo-nazis et des racistes de l'extrême droite. C'est lamentable qu'une équipe dirigeante représentant un pays dans la famille des nations ait officiellement adopté ces idées obscènes", a-t-il lancé.

"Si Dieu veut, une conférence sur l'Holocauste aura lieu à l'automne. L'Holocauste n'est pas un sujet sacré et intouchable", a expliqué à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hamid Reza Asefi. Et d'ajouter: "j'ai visité les camps nazis en Europe orientale. Je pense que c'est exagéré".

Cette conférence, dont on ne sait pas où elle se tiendra ni qui y participera, devrait examiner les "preuves scientifiques" de la réalité de l'Holocauste.

L'idée en a été lancée la première fois en janvier dernier. La relance de cette idée controversée sonne comme une nouvelle provocation à l'heure où Téhéran est sur la sellette pour son programme nucléaire. L'Iran d'Ahmadinejad cherche en revanche à s'affirmer comme puissance régionale et chef de file du monde musulman, renforcé par ce qui est largement considéré comme la victoire de son affilié, le Hezbollah, qui a su tenir tête à l'armée israélienne au Liban. AP

nc/v/tl


Mardi 5 Septembre 2006

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