Politique Nationale/Internationale

L'Iran ne renoncera pas à l'enrichissement d'uranium!


Dans quelques jours l’Iran aura une année depuis sa relance de la production d’uranium enrichi. Une année de défi riche en enseignements. Le 08 août 2005, le monde diplomatique du prévoyait une grave crise international compte tenu de la décision iranienne. Sous le titre : « L’Iran relance la production d’uranium enrichi », le journal écrit : « Rejetant les propositions des négociateurs européens (Grande-Bretagne, Allemagne, France), l’Iran vient de relancer le processus de production d’uranium enrichi sur le site d’Ispahan. Bien que cet enrichissement soit tout à fait compatible avec le traité de non prolifération des armes nucléaires, il risque de provoquer une grave crise internationale. Le problème sera débattu le mardi 9 août devant le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).


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Vendredi 14 Juillet 2006

L’AIEA a maintes fois, reconnu le droit de ses membres à l’acquisition de l’énergie et la technologie nucléaires. Son président a été clair à ce sujet : « l’enrichissement de l’uranium n’est pas incompatible avec le traité de non prolifération des armes nucléaires ». Ce qui veut dire que l’activité nucléaire iranienne est, jusqu’à lors, légale. C’est de cette légalité que le Président iranien puise ses forces en réaffirmant que « L’Iran ne renoncera pas à ses droits dans le domaine du nucléaire et répondra le 22 août aux propositions formulées par la communauté internationale ».

Cette prise de position intervient au lendemain d’une réunion, à Paris, des ministres des Affaires étrangères des cinq membres du Conseil de sécurité de l’Onu et de l’Allemagne. Selon Philippe Douste-Blazy, ses collègues y ont convenu d’ « oeuvrer en vue d’une résolution" des Nations Unies contraignant l’Iran à suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium. Le chef de l’état iranien a réagi jeudi dernier en affirmant clairement : « Notre réponse au paquet P5+1 est clair. La nation iranienne s’en tient au droit et aux règlements internationaux, mais ne renoncera pas à son droit évident à obtenir la technologie nucléaire ».

A rappeler que la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Russie, la Chine et les USA ont formulé une offre qui vise à convaincre Téhéran de renoncer à ses activités d’enrichissement nucléaire en lui offrant un paquet de propositions dont la coopération dans le domaine nucléaire civil, un partenariat commercial, ainsi qu’une coopération politique qui revenait à faire de l’Iran un partenaire de l’Union européenne. Les six ont exigé une réponse avant le début du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, samedi. Un délai non respecté par l’Iran comme d’habitude. Le ministre français des affaires étrangères a expliqué jeudi passé que "Si l’Iran répond non, à la mi-août, là nous allons proposer une résolution sous chapitre VII de la charte des Nations unies (...) notamment l’article 41 qui propose une panoplie de mesures négatives y compris économiques". L’article en question inclut la possibilité de sanctions économiques, mais n’envisage pas d’action militaire. Chose confirmée par le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, expliquant que le recours à la force contre l’Iran était totalement exclu.

Le Président iranien Ahmadinejad, qui s’est dit prêt à discuter, exclut tout renoncement au droit de son pays à l’énergie nucléaire. "La nation iranienne, a-t-il dit, s’est pliée aux règles de l’AIEA et du TNP. Mais si nous en arrivons à la conclusion qu’ils ne sont pas sincères, nous modifierons notre politique". Ce qui veut dire que l’Iran se retirerait de l’AIEA comme l’a déjà fait la Corée !

Quoiqu’il en soit l’Iran va profiter de la situation internationale précaire des USA et leurs différents avec la Russie qui s’oppose à des sanctions de l’ONU. C’est cela qui jette, d’ores et déjà, une autre ombre sur le G8 à Saint-Pétersbourg sur lequel la position russe aura une influence accablante. C’est probablement à cause de cela que les grandes puissances sont tombées d’accord pour retourner le dossier du nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité de l’Onu. "L’Iran n’a pas su prendre les mesures nécessaires pour permettre aux négociations de débuter, c’est-à-dire suspendre toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement comme l’AIEA l’a demandé. Nous exprimons notre profonde déception face à cette situation. Dans ce contexte, nous n’avons pas d’autre choix que de retourner au Conseil de sécurité et de reprendre le processus que nous avions suspendu il y a deux mois", selon un communiqué des Six.

Devant la colère des vieilles puissances, Ali Larijani a prévenu que les discussions seraient "longues". "Nous resterons en contact pour voir comment poursuivre. Nous allons entrer dans un processus long. Nous devons être patients", a-t-il expliqué après sa rencontre avec Javier Solana. Dans cette longueur de temps, il y aura beaucoup d’imprévus en attendant le pétrole à 100 dollars le baril !

Laïd DOUANE



Vendredi 14 Juillet 2006

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