Politique Nationale/Internationale

L'Iran doit résister ou se ranger et ranger son drapeau!


"Il est fou, il va mener son peuple vers le désastre, l'Iran va être réduit en cendres". C'est du Président iranien qu'il s'agit et ce sont des gens en panne de vision qui le disent. Ceux-ci ont comme référence: L'Irak. Or, l’Iran en terme de poids dans la manœuvre est loin de jouer les yeux fermés. Dans la prise de décision, il le fait d’une manière collégiale et responsable. Les Iraniens ne comptent jamais sans leurs alliés naturels ou artificiels. Ils ne vont jamais en guerre sans connaître leurs ennemis! Bref ! L’Iran n’est pas l’Irak.


ajaghvou@hotmail.fr
Lundi 4 Septembre 2006

L’Iran risque des sanctions de l’ONU après avoir refusé de suspendre son enrichissement d’uranium, comme l’exigeait une résolution du Conseil de sécurité arrivée à échéance le 31 août. Nous sommes dimanche 3 septembre 2006 et le même Iran « refuse toute suspension de son enrichissement d’uranium avant des négociations sur son programme nucléaire », a déclaré ce matin le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, à l’issue d’un entretien avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad."Le président m’a assuré que l’Iran était prêt à négocier et à trouver une solution à la crise (...), (mais) il n’accepte pas la suspension avant des négociations", a dit M. Annan lors d’un point de presse.

Le Président Ahmadinejad ne mâche pas ses mots. Il a déclaré devant un rassemblement dans la ville de Maku que "Le peuple iranien ne cédera pas d’un iota dans sa volonté d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et les responsables (iraniens) doivent défendre avec fermeté ces objectifs dans toutes les négociations". Et d’ajouter : "L’exploitation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques constitue notre droit indéniable" ! Et comme pour rendre plus clair ce qui l’est déjà, un responsable parlementaire a déclaré à la presse que le parlement iranien va examiner une proposition de loi pour "suspendre" les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). "La proposition de loi pour suspendre l’entrée des inspecteurs de l’AIEA en Iran a été déposée au parlement", a-t-il déclaré. Le président de la Commission des Affaires étrangères a expliqué que cette dernière "a préparé une proposition de loi qui prévoit que si malgré toutes les souplesses et la coopération de l’Iran avec l’AIEA et les pays 5+1, le Conseil de sécurité décide de priver l’Iran de ses droits légaux, le gouvernement suspende toutes les inspections actuellement en cours". A croire la télévision iranienne, une cinquantaine de députés ont signé cette proposition de loi. Le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, avait menacé que "si le conseil de sécurité décide de sanctions ou de mesures punitives, il ne fait pas de doute que la République islamique d’Iran révisera sa politique de coopération" avec l’AIEA.

En échange de la suspension de l’enrichissement d’uranium, les Occidentaux ont proposé à l’Iran une large coopération en matière de nucléaire civil mais aussi dans les domaines économique et politique. Cette offre n’a pas été pour convaincre le Président Ahmadinejad.

Pour la Russie et la Chine, les sanctions, quelles qu’elles soient, ne sont pas un moyen de régler la question iranienne. On peut même imaginer que le premier serait l’instigateur qui rassure les Iraniens contre les menaces américaines. Quant aux Français, Allemands et Britanniques, ils préfèrent donner le temps aux diplomates et pourquoi pas préparer leurs coups. "Au sein de l’UE et en Allemagne, nous n’avons pas intérêt à une escalade dans les prochains jours et semaines en raison des délibérations du Conseil de sécurité", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier. Ces tractations européennes démontrent que les Etats-Unis sont en voie d’isolement, si ce n’est pas déjà fait.

La question qui se pose : D’où vient l’intransigeance de l’Iran et cette assurance hors du commun? Cachent-il quelque chose qui pèserait sur le rapport des forces en cas de conflit et que les antagonistes ignorent, ou comptent-ils seulement sur des calculs parfois trompeurs? Les USA n’ont-ils pas laissé tuer des centaines d’enfants et de femmes en Irak et au Liban ? Il est vrai que l’embargo ne réussit que partiellement avec l’Iran. D’ailleurs, la Russie et la Chine opposeront sûrement leur veto à toute initiative allant dans ce sens. Pour la Russie, appuyer une telle aberration équivaut à son renoncement à 50 milliards de dollars outre la stabilité dans la région. C’est pareil pour la Chine pour qui le pétrole iranien est pratiquement indispensable à son économie. En parlant de pétrole, qui est ce pays qui serait en mesure de payer le baril à 100 dollars ? Il est question du détroit d’Ormuz qui s’il est bloqué, même accidentellement par des bâtiments, la pagaille ne serait que catastrophique!

Cette espèce de calculs concerne, aussi bien les Européens, que les Asiatiques dont l’Inde, sans les USA qui profitent de la diversité de leurs sources d’énergie. Il serait donc débile de la part de l’UE de pousser vers cette direction au risque d’appeler la solidarité musulmane et pourquoi pas sud américaine? L’attaque des infrastructures pétrolières de l’Iran provoquera immanquablement une flambée des prix du pétrole, ce qui affaiblira les concurrents des Etats-Unis : La Chine et l’Inde, nouvelles puissances industrielles, dont le développement économique dépend des technologies énergétivores.

Il n’y a pas que le pétrole qui est prépondérant dans cette affaire. Le Président iranien, loin d’être seul dans ses cogitations, peut aussi compter sur les masses musulmanes pour soutenir la cause iranienne. Les Américains peuvent toujours compter sur les divergences chiito-sunnites qui importent peu dans ce genre de conflits chez les Musulmans. Ce que ceux-là n’arrivent pas à comprendre. Le soutien inconditionnel des Sunnites au Hezbollah le long des 33 jours de guerre en est la meilleure preuve. Il y a aussi la primauté de l’appartenance religieuse chez les Musulmans. Beaucoup n’hésiteront pas à soutenir les efforts de la guerre contre leur pays de résidence. Les Iraniens peuvent aussi tirer profit des craintes de la démocratie américaine d’un nombre éventuellement élevé des victimes que l’opinion ne supporterait pas. Les résultats de la guerre au Liban sont là pour en donner des indices !

Enfin, quand on est à la défensive et qu’on est convaincu d’avoir raison, on n’a pas le droit d’avoir peur. Or, dans le cas de l’Iran, il n’y a aucun doute, il n’a pas seulement le droit d’acquérir la technologie nucléaire, elle en a le devoir et celui de le défendre. Sinon, il doit ranger son drapeau et se ranger derrière les oubliés de la civilisation.

Laïd DOUANE


Lundi 4 Septembre 2006



Commentaires

1.Posté par ali le 04/09/2006 17:53 | Alerter
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le baril il va depassé 150 dollars en cas d agression U.S. ensuite il montera vers 200 puis vers 250 et peut etre 300 dollars si les occidentaux veulent rouler en charette tirer par des boeufs... le seul moyen d eviter cela : l europe doit tout faire pour empecher "W" d agresser l Iran cette nouvelle guerre injuste contre l iran ne doit pas avoir lieu. l IRAN n a jamais agresse personne ni coloniser ses voisins pourquoi tout le monde occidental continue de se faire berner par un menteur comme BUCH? L IRAN ne represente pas un danger. le danger c est : buch blair olmert et les sionistes

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