Géopolitique et stratégie

L'Inde et L'Afghanistan Complotent-ils Pour Detruire Le Pakistan Avec La Complicité des USA ?


Les évènements tragiques dans la capitale financière de l'Inde, Bombay, projettent sur le devant de la scène politique internationale une région du monde devenue incontournable. Regard géostratégique sur ce qui se passe dans un contexte extrêmement complexe.


Vendredi 28 Novembre 2008

L'Inde et L'Afghanistan Complotent-ils Pour Detruire Le Pakistan Avec La Complicité des USA ?
Un article du New York Times rapporte qu'il existe une "opinion croissante" chez les Pakistanais, dont des membres des forces armées, que les US veulent vraiment démanteler le Pakistan, le seul pays musulman à posséder des armes nucléaires.

"L'une des craintes majeures des planificateurs militaires pakistanais c'est la collaboration entre l'Inde et l'Afghanistan pour détruire le Pakistan" selon un haut responsable du gouvernenemt pakistanais impliqué dans la planification stratégique souhaitant conservé l'anonymat et que le journal cite disant " certaines personnes pensent que les US sont parties prenantes de ce complot".

La correspondante du Times à Islamabad, Jane Perlez, dit que la croyance que les US sont complices a été exacerbée par une carte redessinée d'Asie du Sud qui montre le territoire du Pakistan tronqué, réduit à une longue bande avec à l'Est l'imposante masse de l'Inde et un Afghanistan agrandi à l'Ouest. La carte, qui fait le tour des élites pakistanaises, a circulé à l'origine comme un exercise théorique dans certains cercles néoconservateurs américains.

"C'est un pays où des années de gouvernance faible permettent aux théories de la conspiration de toutes sortes d'avoir prise. Mais ce qui est dit révèle les points sensibles du psyché d'une nation. Les Pakistanais éduqués disent parfois qu'ils sont paranos, mais ajoutent qu'ils croient qu'ils ont de bonnes raisons de l'être, écrit-elle dans un article intitulé " Ringed by Foes, Pakistanis Fear the US, Too'" (Encerclés par des ennemis, les Pakistanais craignent aussi les US).

L'article affirme que pratiquement toutes les frontières pakistanaises, dessinées presque toutes de façon arbitraires au cours des derniers soubresauts de l'Empire Britannique, sont sujettes à dispute avec les voisins, dont l'Inde, rivale beaucoup plus étendue et virulente du Pakistan. "Ces faits, et l' état d'insécurité généré par eux, jettent un éclairage sur un grand nombre de désaccords du Pakistan avec les US, dont des différences de points de vue concernant la nécessité de restreindre les activités militantes d'Al Qaeda et des Talibans" précise l'article.

La correspondante du Times, Perlez a écrit " le nouveau président démocratiquement élu, Asif Ali Zardani, s'est rendu en visite aux USA deux fois depuis qu'il a pris ses fonctions il y a trois mois. Il a généreusement félicité l'Administration Bush. Mais cette attitude a été critiquée chez lui comme de la flatterie et lui vaut peu de sympathie de la part d'un public majoritairement anti américain."

"Alors comment la promesse du président élu Obama d'un nouveau départ dans les relations US Pakistan sera-t-elle perçue ici ? Comment cela peut-il démarrer ?

"Une possibilité, ce serait de faire des efforts pour atténuer les craintes pakistanaises, alors que les US exigent plus du Pakistan. Cela voudra probablement dire une approche régionale à ce qui est de plus en plus perçu comme des problèmes régionaux Sur ce point, les interêts pakistanais et américains pourraient coincider.

"Les commandants militaires américains, dont le general David Petraeus, ont commencé à affirmer que la solution au conflit en Afghanistan, où l'effort de guerre américain semble de plus en plus incertain, doit impliquer un large éventail de voisins.

"Mr Obama a en gros dit la même chose. Plusieurs fois au cours de sa campagne, il a fait connaître le fond de sa pensée. Réduire les tensions entre le Pakistan et l'Inde permettrait aussi au Pakistan de se concentrer sur la véritable menace, Al Qaeda et les militantsTalibans qui déchirent la structure du pays.

"Si le Pakistan peut regarder à l'Est avec confiance, il sera moins enclin de croire que ses interêts sont le mieux préserver par une coopération avec les Talibans"
a écrit Obama dans un article du magazine Foreign Affairs de l'année dernière.

"Mais une telle approche est confrontée à des obstacles de taille, le plus important étant le conflit au Cachemire".

Mais l'article dit : " les Pakistanais ont prévenu que les US ne devraient pas paraître trop empressés de jouer les médiateurs. Ils mettent en garde, premièrement, sur le fait que l'Inde a toujours considéré le Cachemire comme une question bilatérale. L'Inde, notent-ils, doit aussi faire face en début d'année prochaine à une election générale, le moment est donc inapproprié pour faire pression sur un tel sujet explosif." Deuxièmenent, certains Pakistanais sont préoccupés sur la crédibilité des US comme mediateur juste."

Zubar Khan, un ancien ministre du commerce extérieur a dit que les US ont ignoré l'importance des manifestations massives non violentes des Musulmans au Cachemire contre l'ordre Indou cet été. "Partout ailleurs cela aurait été considéré comme une révolution orange " a-t-il dit, faisant référence à la vague de protestations qui a conduit au changement de gouvernement en Ukraine en 2004. Cette controverse sur des frontières imaginaires a été exacerbée par ce que les Pakistanais perçoivent comme un soutien de l'Administration Bush à l'Inde, selon le Times, ajoutant que " la preuve pour les Pakistanais c'est l'accord sur le nucléaire civil passé entre les US et l'Inde, qui autorise l'Inde a s'approvisionner en matériaux nucléaires alors que l'Inde n'a jampais signé le TNP. Le Pakistan à cause de son histoire récente de dissémination de technologies nucléaires ne s'est pas vue offert une telle affaire".

"L'accord nucléaire a été conçu à Washington pour positionner l'Inde comme contre poids stratégique à la Chine. C'est ainsi que cela est également perçu au Pakistan, mais sans grand enthousiasme".

"Les Etats Unis ont changé l'équilibre nucléaire avec cet accord faisant cela pour contenir la Chine, seul ami du Pakistan dans la région. "
selon ce qu'a dit Talat Masood, un général de l'armée pakistanaise à la retraite. "De plus les Pakistanais sont fâchés concernant les avancées faites en Afghanistan par l'Inde, sans que cela soit contrôler par les US, a-t-il ajouté.

Le Times a dit que l'Inde a récemment fait de gros investissements en Afghanistan, où l'Inde et le Pakistan sont en compétition en matière d'influence. Cela inclut la construction d'une route jusqu'à la frontière iranienne qui fournira à l'Inde l'accés au port iranien de Chabahar, en contournant le Pakistan. L'Inde a offert d'entraîner l'armée afghane, d'aider à la construction d'un nouveau bâtiment pour le parlement afghan à Kaboul, et a réouvert des consulats le long de la frontière avec le Pakistan.

Les consulats sont utilisés selon le Pakistan comme couverture pour aider un mouvement séparatiste ancien au Balochistan. Le Balochistan a même été dessiné comme état indépendant sur la carte théorique, qui accompagnait un article de Ralph Peter intitulé " Blood Borders : How A Better Middle East Would Look" (frontières de sang : à quoi ressemblerait un mailleur Moyen Orient) et publié à l'origine par l'Armed Forces Journal.

"L'Inde et le Pakistan ont en fait tous deux une histoire destructrice de frappes mutuelles plus ou moins féroces. Par exemple, pour les Indous l'attaque à la bombe en juillet de leur ambassade en Afghanistan, dont les traces selon les responsables Américains et Indous remontent jusqu'à des groupes liés aux services secrets pakistanais" a dit la correspondante du Times, Perlez , qui a également ajouté que "si l'Administration Obama veut effectivement convaincre les Pakistanais que les militants et non l'armée indoue représentent la menace la plus grave, ce ne sera pas facile".

Le commandant des forces armées américaines en Afghanistan, le général David D. McKiernan, a eu un avant goût du défi que cela représente le mois dernier, quand il s'est rendu à Islamabad et s'est entretenu avec un groupe d'environ 70 membres du parlement pakistanais à la résidence de l'ambassadrice US, Anne W. Patterson.

Leur attitude montre une imcompréhension presque totale des raisons du comportement américain dans la région après le 11 Septembre 2001.

" Parmi les questions que j'ai eu : " pourquoi vous les Américains êtes -vous venus en Afghanistan alors que c'était si pacifique avant que vous n'arriviez là ?" McKiernan a rappelé lors d'une conférence à l'Atlantic Council à Washington la semaine dernière : " Nous avons beaucoup de travail à faire".

Effectivement, parmi les Pakistanais ordinaires, un grand nombre considèrent toujours Al Qaeda de façon plus positive que les US selon des sondages effectués par l'état. Les débats ici incluent souvent des arguments comme quoi les attaques suicide ici au Pakistan sont le prix payé du fait que l'armée pakistanaise combat une guerre américaine.

Certains commentateurs suggèrent qu'actuellement les US financent en fait les Talibans. Ils disent que le but s'est d'immobiliser l'armée pakistanaise afin de s'emparer des armes nucléaires du Pakistan.

Source Asia News/ The Nation (Pakistan) 24/11/08 - www.asianewsnet.net - www.nation.com.pk

Introduction, Traduction Mireille Delamarre pour www.planetenonviolence.org


Vendredi 28 Novembre 2008


Commentaires

1.Posté par redk le 28/11/2008 11:56 | Alerter
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Michel Chossudovsky, a très bien détaillé la façon yankees de détruire la Pakistan!

La Déstabilisation du Pakistan par le Professeur Michel Chossudovsky parue le 30 décembre 2007 sur Global Research:

L’assassinat de Benazir Bhutto a créé des conditions qui contribuent à la déstabilisation en cours et à la fragmentation du Pakistan en tant que nation.

Le processus de « changement de régime » sponsorisé par les US, qui normalement consiste en la formation d’un gouvernement de proxy renouvelé avec de nouveaux dirigeants, a été brisé. Le Général Pervez Musharaf, discrédité aux yeux de l’opinion publique pakistanaise, ne peut rester dans le fauteuil du pouvoir politique. Mais, en même temps, les élections truquées soutenues par la « communauté internationale » prévue pour janvier 2008, même si elles ont lieu, ne seront pas acceptées comme légitimes créant par conséquent une impasse politique.

Il existe des indications que l’assassinat de Benazir Bhutto a été anticipé par les responsables US :

« On sait depuis des mois que l’Administration Bush-Cheney et ses alliés ont manœuvré pour renforcer leur contrôle politique du Pakistan pavant le chemin à l’expansion et l’enracinement de la « guerre contre le terrorisme » à travers la région.

Différents plans de déstabilisation US, connus depuis des mois par des responsables et analystes ont proposé le renversement du pouvoir militaire au Pakistan…

L’assassinat de Bhutto semble avoir été anticipé. On a rapporté l’existence de « bavardages » parmi les responsables US sur les possibles assassinats soit de Pervez Musharraf soit de Benazir Bhutto bien avant que les tentatives actuelles n’aient lieu. ( Larry Chin Global Research 29/12/07).

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=7746
beaucoups plus de détailles et jolie photo de Reagan recevant les moudjahidines afghans!

2.Posté par Coluchi le 28/11/2008 17:25 | Alerter
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RAPPEL
Nouvel observateur (janvier 1998)
Entretien avec un impérialiste américain sans complexes
De la bonne façon de dominer le monde
Pour l'ancien conseiller de la Maison-Blanche, les Etats-Unis doivent à tout prix s'assurer le contrôle de l'Eurasie, amener la Russie à abandonner tout rêve impérial, accepter la Chine dans le club des grandes puissances ...

Question :Pour conserver cette primauté ¬ et assurer l'équilibre du monde ¬, les Etats-Unis doivent avant tout, selon vous, surveiller le continent eurasien. Pourquoi?
Réponse :Parce que l'Eurasie, c'est-à-dire l'immense ensemble Europe-Russie-Asie, se situe au centre du monde : qui contrôle ce continent contrôle la planète. L'Eurasie est depuis toujours l'échiquier sur lequel se déroule la lutte pour la suprématie mondiale.

Question : En revanche, vous estimez que les Etats-Unis ne sont pas assez actifs dans les ex-républiques d'Asie centrale et du Caucase, région que vous appelez « les Balkans eurasiens ».
Réponse : Oui. Je pense même que cet ensemble devrait être la zone prioritaire de la politique géostratégique américaine, et cela pour deux raisons intimement liées : d'une part, cette région recèle de gigantesques gisements de gaz et de pétrole, et la consommation mondiale d'énergie croît de manière exponentielle ; d'autre part, ces
« Balkans eurasiens » peuvent devenir une source de grande instabilité voire de chaos, si les puissances régionales (la Russie mais aussi l'Iran, la Turquie ) s'affrontent pour son contrôle. Pour atténuer ces conflits et empêcher que l'un de ces pays ne prenne le leadership de la région, les Etats-Unis doivent intervenir massivement. Comment ? En aidant le plus possible les pays clés : le Kazakhstan, l'Ouzbékistan et l'Azerbaïdjan.

Qesrion :Quelle place accordez-vous, dans votre conception géopolitique, aux institutions internationales?
Une place tout à fait essentielle. Car, à mon avis, l'Amérique n'est pas seulement la première superpuissance globale, elle est aussi fort probablement la dernière. Alors je m'interroge : après l'hégémonie américaine, quoi ? Quel héritage lèguerons-nous dans une ou deux générations ? J'espère que ce sera un système de coopération entre tous les Etats du globe. Et cette structure pourrait ¬ pourquoi pas ? ¬ se transformer à terme en un organe central de gestion pacifique des affaires internationales (comprendre UN GOUVERNEMENT MONDIAL ).
(*) ZBIGNIEW BRZEZINSKI
(1)Ancien conseiller à la sécurité du président des Etats-Unis (1977-1981). Professeur à la John Hopkins University. (1) « Le Grand Echiquier. L'Amérique et le reste du monde », par Zbigniew brzezinski. Bayard, 274 p., 125 F

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