Economie

L'Europe touchée à son tour par la tempête boursière



Mardi 30 Septembre 2008

 L'Europe touchée à son tour par la tempête boursière
Pas un jour sans qu'une nouvelle banque ne soit entraînée par la déferlante des crédits à risque subprimes, et ne se retrouve en grande difficulté.

Désormais, la tempête financière frappe de plein fouet l'Europe et pouvoirs publics et banques centrales ont multiplié les interventions lundi pour sauver ou protéger plusieurs banques. Les bourses ont, elles plongé.


Les deux premières victimes de ce nouvel épisode de la crise sont le belgo-néerlandais Fortis et le britannique Bradford & Bingley, sauvés l'un comme l'autre par une nationalisation partielle.


Des renflouements qui n'ont toutefois, loin s'en faut, pas réussi à calmer les craintes des marchés financiers. De son côté, la BCE a injecté 120 milliards d'euros lundi.


En Allemagne, la banque privée Hypo Real Estate a évité la banqueroute de justesse : l'État allemand lui a ouvert un crédit de 35 milliards d'euros.


Même dans la petite Islande, le gouvernement est obligé de décaisser 600 millions d'euros pour racheter 75 % des actions de Glitnir. Et quand ce n'est pas l'État qui s'y colle, ce sont les banques ayant encore un peu de « cash » qui partent à la chasse aux bonnes affaires.


Au Danemark, c'est Roskilde Bank qui est reprise et dépecée par trois de ses rivales nordiques. Et, de l'autre côté de l'Atlantique, c'est Wachovia, la onzième banque mondiale, qui passe sous le contrôle de sa consoeur Citigroup, avec la bénédiction de Washington.


Parallèlement, la Banque centrale européenne a remis, hier, 120 milliards d'euros supplémentaires au pot pour garantir des liquidités aux banques. Ça devient - malheureusement - une habitude. La Banque d'Angleterre a sorti de sa poche 50 milliards d'euros. Plus modestement, la Banque du Japon a mis 9,8 milliards d'euros sur la table.


Alors, on se demande quel sera le prochain domino à tomber ? L'action de la banque franco-belge Dexia a perdu 20 %, hier, dans l'attente de la réunion, en soirée, de son conseil d'administration.


La ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, a déjà fait savoir que la Caisse des dépôts (« banque » de l'État français) « était prête à prendre ses responsabilités ».


De leur côté, les Banques populaires et les Caisses d'épargne se disent prêtes à « se renforcer » dans le capital de leur filiale, Natixis, quitte à en racheter des titres sur le marché.


Au niveau mondial, même d'incontestables poids lourds du système n'échappent pas aux soupçons. La deuxième banque allemande, Commerzbank, qui vient de racheter Dresdner Bank à Allianz, a perdu 17 % en Bourse. Pourtant, elle affirmait avoir des réserves suffisantes pour financer ses besoins jusqu'en fin d'année.


La crise financière a fait une nouvelle victime en Allemagne, où déjà quatre banques ont dû être sauvées de la faillite depuis août 2007. Mais il ne s'agit pas cette fois d'une banque régionale ou publique, mais bien d'un établissement coté au DAX, Hypo Real Estate.


Le groupe munichois spécialisé dans le crédit immobilier et le financement aux collectivités locales a bénéficié d'une aide d'urgence de 35 milliards d'euros, à la suite d'une réunion de crise dans la nuit de dimanche à lundi.


Selon le ministre des Finances, Peer Steinbrück, « une faillite d'Hypo Real Estate aurait eu des conséquences en Allemagne, mais aussi dans le reste de l'Europe. Ses effets auraient été bien plus importants que ce que la finance européenne a déjà ressenti. »

Hier, la plupart des Bourses européennes ont, une nouvelle fois, terminé dans le rouge, dans le sillage de l'ouverture en baisse de Wall Street. Paris a abandonné 5,04 %, Londres 5,30 %, Francfort 4,23 %.


La Bourse de New York (Wall Street) a accusé une chute historique, lundi, après le rejet par la Chambre des Représentants du plan Paulson de sauvetage des banques américaines.


Mardi 30 Septembre 2008

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