MONDE

L’Ennemi Public N° 1 De L’Iran : Meir Dagan, Chef du Mossad


Le cerveau des services secrets israéliens est prêt à tout pour contrecarrer le programme nucléaire iranien. Même aux dépends d’autres menaces.


Mardi 15 Décembre 2009

L’Ennemi Public N° 1 De L’Iran : Meir Dagan, Chef du Mossad
Même parmi les plus durs des officiers de sécurité israélienne Meir Dagan a toujours été connu pour ses nerfs d’acier. A l’époque où il servait comme formateur militaire, il se promenait sur toute la base pendant ses heures de repos jetant son couteau dans les troncs d’arbres et les poteaux téléphoniques comme un homme de cirque, selon ce qu’a raconté l’un de ses camarades d’entraînement. Il a obtenu l’une de ses premières médailles comme jeune recrue d’un commando opérant à Gaza après s’être emparé d’une grenade à main brandie par un combattant ennemi. Dagan emmenait parfois son confident aux poils longs, son animal de compagnie, un Doberman, Paco, avec lui lors des raids. Sa propension à résoudre les problèmes par la force a continué même après qu’il ait pris sa retraite de l’armée. Il a dirigé un groupe chassant les financements de groupes « terroristes » ( «… » dlt). En 2001 quand ses hommes ont découvert une banque européenne utilisée pour faire passer de l’argent d’Iran au Hamas, «on doit s’en occuper, non ? » a demandé Dagan à ses officiers des renseignements. Selon l’un des participants à cette réunion qui a demandé à conserver l’anonymat de peur de mettre Dagan en colère. « Réduisez-la en cendres » a-t-il dit provoquant la sortie de la pièce en signe de protestation des espions horrifiés. (Dagan a refusé de s’exprimer dans cet article).

Peu de temps après, Dagan a été propulsé à la tête du Mossad – les services secrets d’Israël opérant à l’étranger - pour lui faire faire une cure de jouvence. 8 ans plus tard, après toute une série d’opérations clandestines à succès il est devenu le chef d’espionnage le plus longtemps en poste et le plus influent. Ses hommes le révèrent (une affection qui ne s’étend pas à tous leurs chefs, selon une étude interne récente citée par des sources du Mossad) ; même les dirigeants civils israéliens recherchent ses conseils stratégiques. Mais des critiques disent que son influence a un prix : Dagan, 64 ans, a systématiquement réorienté les activités du Mossad les concentrant presque exclusivement sur ce qu’il (et la plupart des Israéliens) considère comme la menace dominante pour le pays, l’Iran. Il voit presque tous les défis concernant la sécurité nationale d’Israël sous ce prisme.

La focalisation exclusive du gouvernement israélien sur Téhéran est la cause de frictions avec l’administration Obama, qui cherche à discuter avec l’Iran et à promouvoir un accord avec les Palestiniens. Publiquement il n’y a pas de différent : le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou a dit qu’il soutenait les efforts pour stopper le programme nucléaire iranien diplomatiquement, tant que des sanctions dures sont imposées si aucun progrès n’est constaté. Mais la menace d’une attaque unilatérale reste sur la table, et tandis que cette menace fournit un moyen de pression aux Américains dans leurs discussions avec Téhéran, en fait une attaque pourrait entraîner des représailles iraniennes contre les troupes US stationnées au Moyen Orient et en Asie du Sud.

Dagan ne préconise pas une attaque dans le court terme. En fait récemment il a estimé que ce n’est pas avant 2014 que la République islamique pourrait avoir les moyens de construire et lancer des armes nucléaires. Mais sa focalisation sans compromis sur l’Iran renforce au moins le penchant faucon de Netanyahou. Un officier des renseignements français qui a souhaité resté anonyme ne voulant pas être pris discutant de politique intérieure israélienne, décrit Degan comme un « vent d’arrière » poussant Netanyahou en direction d’une action militaire.

Alors que la menace iranienne (selon Israël ndlt) a augmenté et que les dirigeants politiques d’Israël ont vu leur carrière entachée par des scandales et par la guerre de 2006 contre le Hezbollah au Liban, Dagan est devenu l’un des personnages le plus puissant dans le pays. Il a été nommé par le premier ministre de l’époque, Ariel Sharon, à la tête du Mossad après avoir traversé une période creuse, et a fait beaucoup pour restaurer la réputation de l’agence pour son efficacité brutale. Ses hommes sont considérés comme responsables de deux succès récents de haut niveau pour l’état sioniste : l’assassinat du cerveau réputé du Hezbollah, Imad Mugniyah à Damas l’année dernière, et la découverte d’un document secret clé ayant conduit au bombardement d’un « réacteur nucléaire « (« … » dlt) syrien à l’automne de la même année. Quand des informations ont été révélées en Septembre comme quoi des agences de renseignements avaient découvert un centre d’enrichissement d’uranium prés de la ville de Qom en Iran (L’Iran a annoncé l’existence de ce site à l’AIEA avant même ces fuites dans les médias propagandistes ndlt) cette découverte a été attribuée secrètement aux hommes de Dagan, bien que ce soit les Américains qui aient révélé l’information. Netanyahou se rend parfois dans le bureau de Dagan pour des comptes rendus, plutôt que l’inverse (Un porte parole de Netanyahou a refusé de commenter).

Ce genre de favoritisme a suscité des rivalités au sein de la communauté du renseignement en Israël. Ils affirment que sa focalisation sur l’Iran a conduit à un détournement de ressources de menaces plus immédiates. « Pourquoi l’Iran est-il plus dangereux que la Syrie » a demandé un officier du renseignement militaire qui n’a pas voulu être identifié comme critiquant Dagan. « La Syrie a une énorme armée sur la frontière avec Israël, et des armes chimiques qui pourraient détruire le pays. » Certains stratèges israéliens affirment que Damas devrait être plus agressivement courtisée afin d’encourager le président Bashar al –Assad à rompre ses liens avec Téhéran. Dagan, d’un autre côté, estime que les discussions de paix avec le régime d’Assad sont une perte de temps tant que l’Iran restera le partenaire privilégié de la Syrie.

La puissante personnalité de Dagan pourrait être une compensation pour une vie antérieure marquée par le danger et le manque. Né en 1945, sur le sol d’une camionnette en route de Pologne pour la Sibérie, sa famille dont le nom à l’origine est Huberman, a fui en Israël quand il avait 5 ans, sur un bateau qui a failli couler lors d’une tempête. On raconte que Meir est resté sur le pont portant un gilet de sauvetage et s’accrochant à une orange, convaincu que sa vie n’était plus de ce monde.

Dagan a laissé tomber le lycée et essayé de rentrer dans l’unité militaire prestigieuse de commandos israéliens, Sayeret Matkal, mais n’y a pas réussi. (Au QG militaire ils se plaignent que Dagan nourrit encore à leur égard un certain ressentiment à cause de cela). Finalement Dagan s’est enrôlé dans une unité de blindés, où son sens du danger existentiel de son pays n’a fait que croître. « Nous nous sommes soudain retrouvés dans une série constante de guerres » a-t-il raconté à un journaliste en 1999.

En 1970, Sharon, alors à la tête du commandement sud dans l’armée israélienne, a recruté le jeune Dagan pour diriger une unité d’élite de forces spéciales opérant dans la Bande de Gaza. Une fois, selon la presse israélienne, Dagan et certains de ses hommes se sont déguisés en Palestiniens, ont pénétré dans Gaza sur un bateau de pêche, ont rencontré un groupe de combattants de l’OLP et les ont tous assassiné. La méthode non orthodoxe de l’unité de commandos, appelée Sayeret Rimon, a aidé à réduire significativement les attaques « terroristes » à l’intérieur d’Israël, but certains hommes de Dagan ont plus tard raconté des histoires d’atrocités : tirer dans le dos des Palestiniens en affirmant ensuite qu’ils avaient essayé de s’enfuir, selon l’une des accusations.

Cependant, Dagan n’a jamais été poursuivi et s’est défendu plus tard dans le quotidien Yedihot Aharonot en 1999, en disant que « les années du groupe Rimon ce n’était pas la Jungle. Nous n’avons jamais cru que de tuer des enfants et des femmes était autorisé » Mais il a néanmoins ajouté « les ordres d’ouvrir le feu étaient alors différents il y avait moins de restrictions »

A l’époque, le Mossad commençait son âge d’or. Les espions américains ont trouvé l’aide de l’agence indispensable pendant la Guerre Froide. (Les agents de la CIA ont été époustouflés quand les israéliens ont pu leur procurer un MiG -21 soviétique pour l’inspecter dans le milieu des années 60). Au début des années 70, quand les organisations palestiniennes sont devenues le défi majeur du Mossad, l’agence avait acquis une réputation d’efficacité mortelle ; ses agents ont éliminé des combattants de l’OLP partout dans le monde, dont plusieurs de ceux responsables du massacre des athlètes israéliens lors des Jeux Olympiques de Munich.

Mais l’influence de l’Agence a décliné dans les années 80 et 90 tandis que la violence éclatait dans les territoires occupés (qui sont de la responsabilité du Shin Bet, les services de sécurité intérieure d’Israël et de l’armée). Quand le chef du Mossad, Danny Yatom, a donné l’ordre de tenter d’assassiner le chef du Hamas, Khaled Mershaal, en lui injectant un poison dans l’oreille, à Amman en 1997, le complot a tourné au fiasco et Yatom a du démissionné. Son successeur, Efraim Halevy, n’a pas accepté de prendre de gros risques. Les espions américains et européens ont commencé à se plaindre que les Israéliens n’avaient plus autant à offrir sur le marché international des échanges de renseignements. Bien que le budget accordé à l’agence soit un secret d’état, une source au ministère des finances dit que les financements lors des années Halevy ont chuté de 25%.

Dagan a amené avec lui au Mossad en 2001 son approche de lance flamme, peu après le début de la deuxième intifada. Dagan avait travaillé pour la campagne de Sharon l’année précédente, mais le premier ministre ne montrait pas simplement de la gratitude : il voulait une anti dote aux directeurs timides précédents des années 90. Dagan débordait d’expérience militaire mais n’avait jamais travaillé pour le Mossad, ce qui lui facilitait la tâche pour réorganiser l’agence. Il l’a fait rapidement en interne et a commencé à se mêler des affaires des autres agences israéliennes.

Cette approche lui a valu des ennemis. Dans le monde de l’espionnage le premier et plus rude combat est celui sur les financements. Dagan est en compétition pour ses maigres ressources avec les renseignements militaires et le Shin Bet, entre autres. Dans une opération pour s’emparer du pouvoir, le chef du Mossad a commencé à ordonner à ses subordonnés de mettre des bâtons dans les roues des autres agences. Dagan a nommé pour cela un « Mr A » son nom de code, dont le travail consistait à frustrer les agences rivales et le MI. Selon des sources du Mossad et du MI restées anonymes, la tension croissante est devenue intenable de sorte que des officiers du MI ont commencé à éviter le QG du Mossad. Ils ont nargué MR A en l’appelant par son vrai nom.

Dagan s’est aussi fait des ennemis à l’intérieur du Mossad. Il a commencé à être connu pour rendre visite à l’improviste aux agences sur le terrain criant aux agents « qu’avez-vous fait pour moi récemment ?». Ses accès de colère ont provoqué des vagues de démissions. « Qu’ils partent » a-t-il un jour persiflé, selon une source qui lui a parlé. « Nous pouvons recommencer du début ». Dagan a sérieusement réduit les cibles du Mossad annonçant que l’agence consacrerait le gros de ses ressources à seulement deux menaces : l’Iran et le « terrorisme » à l’étranger voulant dire principalement les groupes soutenus par l’Iran du Hezbollah, du Hamas et du Jihad Islamique. « La liste doit être courte » a-t-il dit. « Si nous continuons à prétendre que nous pouvons tout faire finalement nous ne pourrons rien faire ».

L’unique focalisation de Dagan a commencé rapidement à donner des résultats. Des agents américains et israéliens ont découvert fin 2002 que l’Iran avait travaillé avec le scientifique pakistanais spécialiste du nucléaire, A.Q.Khan, pour construire une centrale d’enrichissement d’uranium à Natanz. L’information a été passée à un groupe d’opposition iranien le Conseil National de la Resistance (plus connu sous le nom de MEK, une secte violente ndlt), qui l’a révélée en 2003, provoquant la fureur internationale. Plus tard, des accidents inexpliqués ont commencé à toucher le projet nucléaire iranien, retardant l’enrichissement d’uranium. Des scientifiques ont commencé à disparaître, des laboratoires ont pris feu, et un avion lié à l’effort nucléaire est mystérieusement tombé du ciel. Selon des sources des renseignements qui veulent rester anonymes, le Mossad serait impliqué dans plusieurs de ces incidents. Comme les succès de Dagan se multipliaient, son budget a lui aussi augmenté. Actuellement, selon un officier supérieur du Mossad ayant récemment pris sa retraite « ce que nous voulons nous l’obtenons ».

Tandis que la base du pouvoir de Dagan s’étendait, certains Israéliens ont commencé à s’inquiéter de l’influence politique croissante du chef du Mossad. Dagan a développé des liens étroits avec les néoconservateurs aux US à l’époque de Bush-Cheney, et les critiques de Dagan accusent les estimations de l’agence d’être façonnée pour correspondre au point de vue du chef de l’agence, tout comme les conseillers de Bush ont été accusés de « fabriquer » des preuves correspondant à leur agenda.

La position dure de Dagan sur la Syrie correspond en particulier aux mises en garde des néocons de l’époque Bush, affirmant que le régime d’Assad est inconditionnellement dévoué à Téhéran. Un officier des renseignements européen stationné en Israël il y a plusieurs années rappelle que le chef du Mossad descendait les collègues qui considéraient qu’il fallait discuter avec Damas. « J’étais sous l’impression qu’il éprouvait le besoin de refléter la politique de la Maison Blanche » a dit cet officier.

Ceci dit, le point de vue sombre de Dagan sur la menace iranienne est largement partagé. Les agences de renseignements allemande, française, britannique, toutes ont pris son parti lorsqu’il a mis en doute l’Estimation de la CIA de 2007 minimisant le programme nucléaire iranien. Et en Israël, où l’influence politique a toujours été liée aux valeurs militaires, ce n’est pas surprenant que sa voix soit entendue dans les cercles du pouvoir. Il a été nommé pour faire en sorte que le Mossad soit plus agressif et il a réussi. Ce qui reste à voir c’est si à long terme son agressivité sera plus dangereuse pour Israël ou pour ses ennemis.

Ronen Bergman Newsweek 12/12/09 – Magazine du 21/12/09

Bergam est analyste politique et militaire au quotidien israélien Yedihot Aharonot et auteur de « The Secret War With Iran ».

http://www.newsweek.com/id/226492

Myriam Abraham traduction planetenonviolence.org


Mardi 15 Décembre 2009


Commentaires

1.Posté par TheTruth le 15/12/2009 13:44 | Alerter
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Je ne critique pas cet article mais ce genre d'article en général, ce genre de pseudo biographie, c'est juste des vent. Une suite d'événements qui ne reflète en rien la réalité du personnage. Le chef du Mossad ne va pas étaler sa vie comme ça, il n'en étale que ce qui est insignifiant, la jolie histoire raconté ne reflète pas la réalité des faits, disons que c'est la version officielle qu'on nous rabache encore et encore.

On pourrait résumer cet article à ce que Dagan est un meurtrier, assassin, partisan de la méthode forte, qui ne connaît que l'usage de la force, il a focalisé le Mossad sur le terrorisme et l'Iran, c'est un peu le flatter que de dire que c'est lui a pris cette décision car comme par hasard juste au moment ou le terrorisme fait grand bruit à travers le monde (étant en fait l'oeuvre des divers services secrets) et juste au moment ou l'Iran est devenu la nouvelle cible, ce Monsieur vient et décide de se focaliser sur ces 2 points, ne mélangeons pas les rôles, disons qu'il a été spécialement nommé pour réaliser ces 2 objectifs avec ce qu'il semble le mieux maitriser: La violence, la force, le meurtre, ....

Oeuvrez donc, vous n'oeuvrez que pour votre propre destruction.

2.Posté par Aigle le 15/12/2009 14:07 | Alerter
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Cette petite vermine n'estr en fait qu'un Criminel Nazi dont le monde entier connait la Lacheté legendaire ::: N' ETRE CAPABLE DE SE BATTRE QUE FACE A DES ETRES DESARMES et si possible des adolescents ou femmes ...........Cette ordure a toujours gonfler les ......FESSES uniquement face à ders prisonniers ligotés ( pour plus de securité pour ses fesses ) pour notamment PLANTER UN POIGNARD DANS LA GORGE DE L' UN D'EUX ATTACHE A UN ARBRE DE SURCROIT ...!!!!!! .....Et la propagande sionistonazie Occidentalocentriste veut nous faire croire à un SUPER "ZELU " !!!!! Tas de cretins congenitaux que direz vous quand il passera à la " Caisse" ...????

3.Posté par Intellecterroriste le 15/12/2009 16:25 | Alerter
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Malgré tout, ajouter en note de traduction:

Conseil National de la Resistance (plus connu sous le nom de MEK, une secte violente ndlt)

Fait que l'article flaire le parti pris. Pendant la seconde guerre mondiale, on appelait les résistants des terroristes; idem pour tous les pouvoirs qui souhaitent écraser les contestataires.

Je ne connais pas le MEK, ni suffisamment la "situation iranienne" pour émettre un avis, mais qualifier un mouvement dit de résistance de "secte", c'est y aller un peu fort. Bref, c'est jouer le même jeu que les occidentaux qui qualifient de "terroristes" tous les mouvements d'opposition qui usent de la violence.

Amicalement

4.Posté par said le 16/12/2009 08:22 | Alerter
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oui c est un criminel sans plus un lache il a appris le metier dans les colonies il n y a que des femmes et des enfants les combattants on les voit pas ils sont caches il reste que des femmes et c est celles çi qu il a combattu ce làche tous les combatants israeliens c est des laches ils proffites des armes derniers cris livrees par par les sionisto-americains qui sont aussi des laches ils bombardent les civiles en afganistant et au yemen au pakistant

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