Néolibéralisme et conséquences

L’ETAT, boursicoteur n°1 depuis 2003, Principal prédateur de la valeur ajoutée Dans le système financier et actionnarial


Le portefeuille de participations cotées de l'Etat a chuté de 24 milliards d'euros en un an, et le résultat net a reculé. Les dividendes perçus devraient atteindre 4,9 milliards cette année.


Combat.94@orange.fr
Lundi 26 Octobre 2009

L'Etat actionnaire a modifié en profondeur sa stratégie avec la crise

 Les Echos [  19/10/09  ]

Le portefeuille de participations cotées de l'Etat a chuté de 24 milliards d'euros en un an, et le résultat net a reculé. Les dividendes perçus devraient atteindre 4,9 milliards cette année.

 

 

Depuis plusieurs années déjà, l'Etat n'était plus un actionnaire dormant.

Jouant davantage un rôle de stratège, il demandait plus de comptes, et de liquidités, aux entreprises. La crise l'a amené à ajuster sa stratégie, comme l'illustre le rapport annuel sur l'Etat actionnaire que le gouvernement s'apprête à publier. La mise en place de la Société de prise de participation de l'Etat (SPPE) et du Fonds stratégique d'investissement, ainsi que le plan automobile, ont constitué les grands faits marquants : l'Etat est venu au secours du système financier, avec la volonté, toutefois, de ne pas s'immiscer au capital des banques. Il s'est en revanche invité durablement dans l'économie via le FSI, doté de 20 milliards d'euros. Il a en outre demandé aux entreprises publiques (EDF, GDF Suez, RATP, SNCF, La Poste) de contribuer fortement au plan de relance (4 milliards d'euros). Et a dû, évidemment, se résoudre à réduire au minimum les ventes de titres et les opérations financières. Plutôt que de privatiser, l'Etat a pris 33 % du capital de STX France (ex-Chantiers de l'Atlantique) et accepté de percevoir une partie des dividendes versés par France Télécom et GDF Suez en actions, ce qui a accru son poids dans ces entreprises. Bref, la place de l'Etat dans l'économie s'est globalement élargie.

Rupture dans les performances

Au final aussi, les entreprises dont l'Etat est actionnaire ont plutôt bien traversé la crise. La récession a néanmoins marqué une rupture en matière de performances financières. Le portefeuille de participations cotées de l'Etat a chuté de 128,5 milliards d'euros au 15 septembre 2008, à 104,6 milliards un an après (l'effet prix se limitant à 17,8 milliards), soit une baisse de 14,8 % (contre 17 % pour le CAC 40). La marge opérationnelle de l'ensemble des entreprises du périmètre « se dégrade passant à 9 % en 2008, contre 12,9 % en 2007 » (une fois neutralisé l'impact de la reprise de dépréciation chez Réseau Ferré de France). Une telle tendance « est également observée sur le CAC 40 », nuance le rapport. Le résultat net s'établit nominalement à 23,7 milliards d'euros en 2008, « mais il aurait été de 8,3 milliards » hors impact de la reprise de la dette de Charbonnages de France et des éléments non récurrents chez RFF, contre 13,9 milliards en 2007. « S'il ressort des comptes combinés que la crise financière a eu sur cet exercice des effets limités (…), ces effets pourraient s'avérer plus importants sur l'exercice 2009 », prévient l'Agence des participations de l'Etat.

L'Etat actionnaire doit aussi accepter des dividendes moins importants que par le passé, alors que ceux-ci n'avaient cessé de progresser à vive allure depuis 2005 (voir graphique). Les dividendes perçus par l'Etat devraient s'élever à 4,9 milliards d'euros cette année, contre 5,6 milliards en 2008. Le taux de distribution (par rapport aux bénéfices) n'a pourtant jamais été aussi élevé puisqu'il atteindrait 59 % (hors impact RFF et CDF), contre 40,3 % l'an dernier. C'est « en ligne avec le taux de distribution du résultat 2008 observé sur le CAC 40 », mais en décalage avec la volonté de Nicolas Sarkozy de minorer la rémunération des actionnaires, au profit de l'investissement et des salariés. Pour 2010, l'Etat table sur un nouveau recul des dividendes et privilégiera les versements en liquidités.

E. L., Les Echos

 


Le mauvais exemple de l'Etat actionnaire sur le partage des profits

Emilie Lévêque -  20/10/2009 15:23:00 

Reuters / Heinz-Peter Bader

 

Les entreprises publiques cotées vont distribuer près de 60% de dividendes à leur actionnaire principal : L'Etat. On est loin de la règle des trois tiers pour la répartition des profits édictée par Nicolas Sarkozy en février dernier.

Lors de son intervention télévisée le 5 février dernier, Nicolas Sarkozy avait relancé le débat sur la question du partage des profits. "Comment on arbitre entre le souhait légitime des actionnaires de gagner de l'argent avec les entreprises et la demande des salariés d'être associés aux bénéfices des entreprises dont ils ont contribué à créer la richesse ?", s'était-il alors interrogé.

Le chef de l'Etat avait alors avancé la règle des trois tiers pour la répartition des bénéfices : le premier pour l'investissement, le deuxième pour les actionnaires, le troisième pour les salariés. "Cela fait longtemps que je pense que la règle des trois tiers est une bonne règle, avait-il expliqué. Sur 100 de bénéfices, il devrait y en avoir 33 qui reviennent aux salariés, 33 qui vont directement dans la poche de l'actionnaire et 33 qui servent à être réinvestis dans l'entreprise."

Nicolas Sarkozy avait alors demandé aux partenaires sociaux de conclure un accord sur cette question avant le 15 juillet 2009. Le 7 juillet, il avait envisagé de leur donner "un délai supplémentaire". Aujourd'hui, face aux désaccords entre le patronat et les syndicats, le sujet semble enterré. L'Etat lui même semble avoir oublié ses promesses...

Le total des dividendes issus d'une activité économique qui seront perçus par l'Etat actionnaire en 2009 devrait s'établir à 4,9 milliards d'euros, selon  un rapport publié par l'Agence des participations de l'Etat (APE) lundi 19 octobre. Soit un taux de distribution (calculé hors éléments exceptionnels) de près de 60% des bénéfices, contre 40,3% en 2008. Un niveau jamais atteint depuis la création de l'APE en 2003.

"A 60%, nous sommes en ligne avec le taux de distribution moyen du CAC", justifie la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, dans un entretien aux Echos. Si les grandes entreprises cotées en Bourse reversent 60% de leurs bénéfices en dividendes à leurs actionnaires, alors pourquoi l'Etat devrait-il en effet faire autrement et montrer l'exemple ?

 

 

 

 

Faites vos calculs……Qui est le champion ?

(cf, ci-dessous)

 

Les entreprises du CAC 40 ont versé en 2008 54,2 milliards d'euros à leurs actionnaires

13/02/09  paru dans le journal LES ECHOS

Cliquez ici


 

Malgré la crise, les sommes restituées aux actionnaires en 2008 n'ont que légèrement reculé. En pleine saison d'annonce des résultats et des dividendes et alors que le sujet est devenu un thème de société, le total de l'argent « rendu », par le biais des dividendes et des rachats d'actions, n'a que légèrement fléchi. Les entreprises du CAC 40 ont versé 54,2 milliards d'euros en 2008, contre 57,2 milliards d'euros en 2007, selon la lettre d'information « Vernimmen.net », publiée ce vendredi.

Ce total masque des évolutions disparates : si les dividendes ont été préservés, les rachats d'actions ont, eux, nettement reculé. Les entreprises de l'indice parisien ont acquis 11,2 milliards d'euros de leurs propres actions en 2008 (1), soit une chute de 42 % par rapport à 2007. Cela représente 1 % de leur capitalisation boursière (contre 1,4 % l'année précédente). « La plupart des sociétés ont cessé leurs opérations au second semestre, sur fond d'accentuation de la crise, commente Yann Le Fur, coauteur de cette lettre. Et les plus gros contributeurs en 2007 étaient les financières, qui ont nettement réduit ces opérations. » Ce secteur a racheté l'an dernier seulement 283 millions d'euros, contre 5,7 milliards d'euros en 2007.

Les rachats de l'an dernier ont été le fait d'un nombre limité de sociétés. Seulement cinq entreprises - ArcelorMittal (4,1 milliards), GDF Suez (1,3 milliard), Sanofi-Aventis (1,2 milliard), Total (1,2 milliard) et L'Oréal (933 millions) - ont représenté les trois quarts des sommes totales. « En 2007, il fallait compter dix groupes pour atteindre ce même pourcentage », indiquent les auteurs de l'étude. A l'inverse, 13 entreprises, soit un quart de la cote, n'ont pas fait de rachats significatifs.

ArcelorMittal a été, pour la deuxième année d'affilée, le plus important contributeur : il a racheté trois fois plus d'actions qu'il n'a versé de dividendes. « Le rachat d'actions sert à rendre à l'actionnaire le cash-flow excédentaire transitoire, alors que le dividende est un socle que l'on espère pérenne, précisent les spécialistes. Dans un secteur comme la sidérurgie, avec de grandes variations d'activité, trop augmenter le dividende ferait courir le risque de ne pas pouvoir le maintenir à l'avenir. »

Eviter un signal trop négatif

Pour éviter de donner un signal trop négatif au marché, les entreprises ont cherché à préserver, dans une certaine mesure, les dividendes. Sur longue période, la volatilité des dividendes (à 8 %) est ainsi nettement inférieure à celle des résultats (à 25 %), selon les calculs de la Société Générale sur les entreprises européennes cotées, depuis 1970.

En phase difficile, les dividendes ont généralement tendance à reculer moins que les bénéfices, si bien que le taux de distribution, calculé par le rapport dividendes sur bénéfices nets (à 42 % sur le CAC 40 en 2008), a pu enregistrer des pics en pleine conjoncture morose. A l'inverse, « ces dernières années, les entreprises ont eu tendance à augmenter leurs dividendes plus vite que les profits, pour conserver des rendements élevés en phase de gains boursiers », souligne Fabrice Théveneau, responsable de la recherche actions de la Société Générale.

Cette volonté de maintenir le dividende explique la poursuite de la hausse des sommes versées : les groupes du CAC 40 ont dépensé en 2008 (au titre de l'exercice 2007) presque 43 milliards d'euros, contre 37,9 milliards en 2007. Le rythme de progression a toutefois décéléré (+ 14 % entre 2007 et 2008, après + 21 % entre 2006 et 2007), signe des prémices de la crise. A titre de comparaison, les profits ont légèrement augmenté entre 2006 et 2007, mais sont attendus en repli en 2008, autour de 95 milliards d'euros (pour les profits non récurrents, selon le consensus à début janvier).

MARINA ALCARAZ

 

 



Lundi 26 Octobre 2009


Commentaires

1.Posté par Odile le 27/10/2009 09:49 | Alerter
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L'Etat, c'est pas nous ? Alors ne nous plaignons pas ;-)))

Ah si quand même ? C'est pas tout à fait vous et moi ?

Pour rendre à César ce qui appartient à César, je recherche le gars ou la nana qui a très subtilement parlé de " banano-ripoublique"

C'est excellemment trouvé et vrai , hélas. Et ça ne date pas que de,la droite

2.Posté par Mélanie le 27/10/2009 10:43 | Alerter
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l'état se débrouille tellement bien en bourse qu'il a perdu plus de 4 milliards avec le remboursement anticipé des prêts aux banques..
4 milliards de moins pour les contribuables

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