Géopolitique et stratégie

L’Algérie après 47 ans d’indépendance politique 1962/2009 -Entre la logique rentière dominante et la logique réformiste porteuse d’espoir


INDEPENDANCE ALGERIE


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Jeudi 25 Juin 2009

L’Algérie fêtera le 05 juillet 2009 47 ans d’indépendance politique. Aussi, est- il fondamental de se poser cette question : quelle est la situation de l’Algérie ? C’est l’objet de cette modeste contribution certainement imparfaite devant être complétée par l’analyse des historiens et sociologues beaucoup plus compétent qu’un économiste, dans la mesure où les forces sociales conservatrices et réformistes souvent antagoniques tenant compte du poids de l’historie sont le moteur de la dynamique ou de la léthargie de toute société. Car, en ce mois de juin 2009, comment ne pas se remémorer les promesses des dirigeants politiques algériens qui ont présidé aux destinés du pays au nom de la légitimité historique encore quand certains évoquent récemment pour ceux qui veulent bien les entendre, la fin de l’Etat de la mamelle, puis celle de la légitimité révolutionnaire. Cela signifie surtout que le pouvoir bienfaisant ou de bienfaisance inauguré comme contrat politique implicite par les tenants du socialisme de la mamelle afin de légitimer l’échange d’une partie de la rente contre la dépendance et la soumission politique et qui efface tout esprit de citoyenneté active, ce pouvoir doit céder la place à un pouvoir juste, justicier et de justice. C’est la norme du droit qui doit en principe dans les actes et non les discours, reprendre sa place pour légitimer le véritable statut de la citoyenneté. Ce d’autant plus que le principal défi du XXIème siècle pour l’Algérie sera la maîtrise du temps.



I LES DISCOURS DES DIRIGEANTS POLITIQUES ALGERIENS DE JUILLET 1962 A JUIN 2009

1.1-LES DISCOURS DE 1962 A LA CRISE DE 1986

Souvenons nous de la domination idéologique du communisme, l’hymne à la liberté chantée en I962 dans les rues de l’ensemble de l’Algérie indépendante, les espoirs suscités par le socialisme spécifique à l’algérienne, l’autogestion des domaines des colons qui devait élever la production, restituer les paysans dans leur dignité, lutter contre l’injustice sociale, mais aussi les luttes de pouvoir entre l’Intérieur et l’Extérieur des différents clans. Le 19 juin I965, le Président élu auparavant est destitué et c’est le discours du sursaut révolutionnaire du fait que l’Algérie serait au bord de la faillite. Il fallait la redresser, grâce à un pouvoir fort qui résiste aux évènements et aux hommes, à travers trois axes, la révolution industrielle, la révolution agraire, et la révolution culturelle, en prenant comme base le plan économique du programme de Tripoli qui repose sur la dominance du secteur d’Etat, comme fer de relance de l’économie nationale, à travers les grosses sociétés nationales. Ceux sont les discours triomphants de constructions des usines les plus importantes du monde, du bienfait de la révolution agraire, garantie de l’indépendance alimentaire, de l’école et de la santé pour tous et de la promesse solennelle que nous deviendrons horizon 1980 ,le Japon de l’Afrique avec les lancements du plan triennal 1967-1969,du premier quadriennal 1970-1973 et du second quadriennal 1974-1977 .Le système d’information , socio-éducatif participaient à ces slogans idéologiques, comme façonnement des comportements. Rappelons nous ces discours de la vertu des fameuses industries industrialisantes et au niveau international l’Algérie leader du nouvel ordre économique international sans sa lutte contre l’impérialisme cause fondamentale du développement du sous développement. Et voilà qu’après la mort du Président après une longue maladie et une lutte de pouvoir qui se terminera par un compromis, et la venue d’un nouveau président , qu'en 1980 , nous apprenons que cette expérience a échoué et que la période passée était une décennie rouge avec l’époque de la Cour des Comptes et du procès de la Révolution agraire .Les nombreuses commissions dont les résultats sont jetés dans les tiroirs après des exploitations politiques contribueront à ces dénonciations .Du fait de la compression de la demande sociale durant la période précédente et surtout grâce au cours élevé du pétrole , du cours du pétrole , les réalisations porteront sur les infrastructures, la construction de logements et l’importation de biens de consommation finale avec le programme anti-pénurie avec la construction sur tout le territoire national des souk fellahs. L’Algérie ne connaît pas de crise économique selon les propos télévisés un d’ex Premier Ministre ,qui touchait en ces moments les pays développés avec un baril en termes de parité de pouvoir d’achat 2007, équivalent à 70/80 dollars. C’est alors l’application mécanique des théories de l’organisation, car les grosses sociétés nationales ne seraient pas maîtrisables dans le temps et l'espace, et l’on pratique le découpage de ces sociétés nationales. Mais la population algérienne contemple en 1986, l’effondrement du cours du pétrole les listes d'attente et l'interminable pénurie : et c’est toujours la faute de l’extérieur, de cet impérialisme, ce chat noir dans un tunnel sombre que l’on ne voit pas. Et voilà que nous avons un autre discours : les algériens font trop d’enfants, ne travaillent pas assez, aux premières ébauches de l’autonomie des entreprises publiques avec la restructuration organique. L’on fait appel à la solidarité de l’émigration que l’on avait oubliée. IL s’ensuit l’effondrement du dinar dont on découvre par magie que la parité est fonction du cours du dollar et du baril de pétrole et non au travail et à l’intelligence seules sources permanentes de la richesse. On loue alors les vertus du travail, de la terre, l’on dénonce les méfaits de l’urbanisation, du déséquilibre entre la ville et la campagne, et l’on redécouvre les vieux débats entre partisan de l’industrie lourde qui serait néfaste et les bienfaits de l’industrie légère et la priorité à l’agriculture dont on constate le niveau alarmant de la facture alimentaire. Et comme par enchantement c’est le slogan de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et au moment qu’il faut.

1.2-LES DISCOURS DE 1988 A 1999 ET LES VALSES DES CHEFS DE GOUVERNEMENT

Octobre I988 conséquence de la crise de 1986 qui a vu s’effondrer les recettes d’hydrocarbures de 2/3, contredit ces discours populistes, et c’est le début timide d’une presse libre et d’un multipartisme que l’on tente de maîtriser par l’éclosion de Partis (une famille pouvant fonder un parti avec des subventions de l’Etat) avec la naissance d’une nouvelle constitution en 1989 qui introduit des changements fondamentaux dans notre système politique qui avait un caractère monocratique depuis l’indépendance en consacrant l’existence du multipartisme, conférant ainsi à notre système politique un caractère pluraliste. Elle était cependant porteuse d’une vision hybride de la société, dans la mesure où des catégories et des éléments de son discours renvoyaient à des options politico-économiques et politico-idéologiques contradictoires. Sur le plan économique, entre I989-I99O c’est l’application des réformes avec l’autonomie de la banque centrale, la tendance à la convertibilité du dinar, la libéralisation du commerce extérieur, une tendance à l’autonomie des entreprises et l’appel, très timidement, à l’investissement privé national et international sous le slogan secteur privé facteur complémentaire du secteur d’ Etat, après le socialisme spécifique, de l’économie de marché spécifique à l’algérienne avec la dominance du secteur d’Etat soumis à la gestion privée, en oubliant que l’économie de marché concurrentielle a ses propres règles à savoir une véritable démocratisation économique, politique et sociale, une autonomie dans la gestion des entreprises avec la dominance du secteur privé national ou international. Effet de la crise économique, nous assistons à une crise politique sans précédent qui couvait déjà puisque un ex chef de gouvernement qui agissait dans le cadre de la Constitution de 1976, amendée rappelons-nous en 1989, s’est opposé au Chef de l’Etat refusant de démissionner en invoquant la responsabilité politique de son gouvernement devant la seule Assemblée nationale, qui était au mains du FLN dont le président n’était autre que le même Président, crise accélérée par des élections législatives , coordonnées par un nouveau chef de gouvernement issu des hydrocarbures des émeutes dont l’aboutissement sera la démission de ce Président après plus d’une décennie de pouvoir . Le procès est fait cette fois à la décennie noire de 1980/1990. Et c’est la liste interminable de chefs de gouvernement et de ministres, changement successif du à la profonde crise qui secoue le pays. C’est la naissance du Haut Comité d’Etat (HCE), la venue d’un historique et figure charismatique qui donnera une première lueur d’espoir, présidera à peine une année le HCE avant d'être assassiné, son remplacement par un autre membre du HCE, avec parallèlement, un Conseil Consultatif faisant œuvre de parlement désigné. L’on rappellera comme chef de gouvernement le père de l’industrie lourde des années I97O qui prônera l’économie de guerre mais avec son départ rapide du fait de la cessation de paiement. Lui succèdera un premier ministre membre du HCE artisan du programme de Tripoli qui signera l’accord de rééchelonnement avec le FMI, démissionnant tout juste après, l’Algérie étant en cessation de paiement n’ayant pas de quoi acheter un kilo de farine, alors que certains responsables politiques clamaient haut et fort à la télévision et dans la presse que l’Algérie n’irait pas au rééchelonnement. Les accords avec le FMI verront une baisse drastique de la valeur du dinar qui sera dévaluée,et qui continue de nos jours ,ne permettant pas malgré un euro qui approche les 100 dinars officiels de dynamiser les exportations hors hydrocarbures du fait d’une libéralisation anarchique non maîtrisée . La période qui suit verra un Chef d’Etat avec un parlement de transition à savoir le C.NT (conseil national de transition) combinaison d’associations et de partis politiques. Viendrons les élections de ce Président axé sur le rassemblement, pour sortir le pays de la crise et une nouvelle constitution.

Et une nouvelle constitution (1996) qui va s’attacher à éliminer les éléments de dysfonctionnement que la Constitution de 1989 a introduit dans le système politique et encadrer de manière sévère les mutations que je viens de rappeler. Elle crée la seconde chambre, dite Conseil de la Nation, et par le truchement de l’article 120, lui donne pratiquement le pouvoir de bloquer un texte de loi voté par l’APN. Mais fait nouveau et important, elle limite le mandat présidentiel à deux étalé sur cinq années. Mais nous sommes toujours dans la même ambiguïté politique en maintenant le caractère dual de l’Exécutif,( ni régime parlementaire, ni régime présidentiel) tout en consolidant le système de Conseils existants dont l’institution d’un Haut Conseil Islamique et d’un Haut Conseil de Sécurité qui est présidé par le président de la République. C’est à cette période que naît le Parti le rassemblement national démocratique (R.N.D) dont le fondement du discours est la lutte anti-terroriste qui raflera presque tous les sièges en 8 mois d’existence tant de l’APN que du Sénat au détriment du Parti FLN et qui provoquera par la suite des protestations interminables et une commission sur la fraude électorale dont les conclusions ne verront jamais le jour. Les parlementaires du fait de la situation sécuritaire de l’époque, auront surtout pour souci de voter pour soi même des rémunérations dépassant 15 fois le SMIG de l’époque alors que la misère se généralise, oubliant naturellement du fait de la généralisation des emplois- rente, qu’un parlementaire aussitôt sa mission terminée retourne à son travail d’origine, et qu’une retraite automatique revient à afficher un mépris total pour une population meurtrie. Dans la foulée, la venue de deux chefs de gouvernement dont le premier technicien pratiquera le statut quo et le second fera le salle boulot par l’application des accords du FMI qui aura à son actif le cadre macro-économique stabilisé actuellement mais des retombées sociales négatives du fait de la douleur de cet ajustement.

1.3-LES DISCOURS DE 1999 A 2009

Ce président démissionne et des élections sont programmées le 08 avril I999 avec l’élection d’un Président qui promet de rétablir l’Algérie sur la scène internationale, de mettre fin à l’effusion de sang et de relancer la croissance économique pour atténuer les tensions sociales qui sera matérialisé plus tard par le référendum sur la réconciliation nationale avec un vote massif en faveur de la paix. Un chef de gouvernement est nommé après plus de 8 mois d’attente mais son mandat sera de courte duré à peine une année du fait des conflits de compétences. Un second chef de gouvernement est nommé, plus politique qui s’engage également à redresser la situation mais qui démissionne, tout en se présentant candidat à la présidence avec comme conséquence une dualité dans les rangs du FLN dont il est tissu. Il est remplacé par le Secrétaire Général du RND. Viennent ensuite les élections du 08 avril 2004 qui sont largement remportées par le précédent Président avec trois chefs de gouvernement successifs : premièrement le secrétaire général du RND qui a été chargé des élections de 2004, , puis le secrétaire général du FLN courant 2007 ce Parti avec les élections successives étant devenu majoritaire tant au niveau de l’APN que du Sénat, avec peu de modification dans la composante ministérielle puisque l’ancien chef de gouvernement n’a pu nommé aucun ministres entre mai 2006 et juin 2008, (assistant d’ailleurs à la même composante à quelques variantes près depuis 9 années, idem pour les walis et les postes clefs de l’Etat ) puis à nouveau courant 2008 le retour du secrétaire général du RND qui précisons le sera chargé des élections d’avril 2009.

Dès lors les promesses entre 2004/2009 sont surtout le développement économique et social du pays avec sa nécessaire moralisation du fait que l’Algérie durant une décennie sanglante où le fondement de l’Etat était menacé avec des destructions massives d’infrastructures,sans compter des milliers de morts , l’Etat ayant été absent cela ayant favorisé bon non nombre de malversations. Aussi, la période de 2004 à 2009 devait être consacrée à asseoir un Etat de droit avec la réforme des institutions, du système financier poumon des réformes, du secteur agricole et l’accélération des privatisations. L’objectif était une dynamisation de la production et des exportations hors hydrocarbures. Le pré programme de soutien à la relance économique reposant sur les dépenses publiques (plus de 7 milliards de dollars US) ayant eu lieu avant 2004, celui programmé entre 2004/2009 est passé successivement de 55 à 80 pour atteindre 150 milliards de dollars US fin 2008 grâce à l’embellie pétrolière. Mais durant cette période, comme durant la période 1980/1985, du fait de la compression de la demande sociale durant la période du terrorisme, demande qui a explosée depuis 2000, la priorité a été accordé aux infrastructures, logement qui ne sont qu’un moyen du développement et non au management stratégique de l’entreprise seule source permanente de la richesse. D’autant plus que l’on se rendit compte du fait de la mauvaise gestion à tous les niveaux, les effets escomptés ne sont pas proportionnels aux dépenses avec une corruption socialisée ( en précisant que la corruption a toujours existé depuis l’indépendance politique) de la BADR, de Khalifa, de la BCIA, BNA ,BEA ,BDL bon nombre d’agences du CPA et d’autres banques et d’entreprises publiques et privées ce qui a fait dire aux observateurs que le risque est de passer de l’ancien terrorisme à un autre - entendu la corruption- plus mortel pour le pays . C’est dans ce cadre, que l’on assiste à une relative aisance financière ( plus de 140 milliards de dollars de réserve de change fin décembre 2008 et un stock de la dette inférieur à 5 milliards de dollars US) mais une régression économique et sociale ( exportation ors hydrocarbures inférieure à 2% du total et un taux de croissance de 1,6% en 2006, inférieur à 3% en 2007/2008, contre plus de 5% entre 2003/2005) ( une faible création d’emplois à valeur ajoutée malgré des dépenses monétaires sans précédent, un taux de chômage selon l’organe officiel , ONS, de 11,6%,mais plus de 20%, selon les organismes internationaux ) avec des tensions de plus en plus criardes avec le retour de l’inflation- plus de 4% selon l’officiel en 2007, , 4,7% en 2008, 6,1%pour le premier trimestre 2009, (12% selon certains organismes internationaux 2007/2008 contre moins de 3% entre 2002/2006) et donc la détérioration du pouvoir d’achat de la majorité avec une nette concentration du revenu au profit d’une minorité de couches rentières, détérioration accélérée par un endettement croissant surtout des couches moyennes laminées, des prêts pour voitures, logements, électro- ménagers qu’il faudra rembourser avec des taux d’intérêt composés. C’est également durant cette période courant novembre 2008 qu’est amendée la constitution, non pas par référendum mais à la majorité des deux chambres, les députes et sénateurs se feront comme leurs prédécesseurs voter un salaire de plus de 300.000 dinars par mois, plus de quatre fois le salaire d’un professeur d’université en fin de carrière. Cet amendement ne limite plus les mandats présidentiels, tout en supprimant le poste de chef de gouvernement en le remplaçant par celui de premier ministre consacrant un régime présidentiel. Dans la foulée l’élection présidentielle s’est tenue le 09 avril 2009 où l’ancien président est réélu pur un nouveau mandat de cinq années (2009/2014) en promettant la création de trois millions d’emplois durant cette période et d’augmenter le pouvoir d’achat des Algériens. Mais fait nouveau une crise mondiale sans précédent depuis la crise d’octobre 1929 est apparue en octobre 2008 qui sera d’une longue durée du fait des impacts mondiaux (l’interdépendance des économies) et selon l’avis unanime des observateurs internationaux jusqu’en 2013/2014 si les thérapeutiques appliquées s’avèrent efficaces du fait d’une perte en sous capitalisation provisoire de plus de 52.000 milliards de dollars. Comme en 1986, courant 2008/2009 différents responsables politiques déclareront à la télévision officielle que la crise ne touche pas l’Algérie du fait de la non connection avec le système financier mondial, de la non convertibilité du dinar et de l’importance des réserves de change oubliant la chute des cours des hydrocarbures qui représente plus de 98%des recettes en devises et que les dépenses réelles au rythme de 2008/2009 se fondent sur 78 dollars le baril tenant compte des surcoûts estimés à environ 20% (donc ne faire une double comptabilité avec le fonds de régulation qui contient une partie des réserves de change et le prix de référence de 37 dollars contenu dans la loi de finances qui établit l’équilibre budgétaire). Aussi des tensions budgétaires risquent de se manifester courant 2012 pour un cours entre 55/60 dollars et fin 2010, début 2011 pour un cours un cours entre 40/45 dollars, les années 2009/2010 ne devant pas poser de problèmes de financement mais au rythme des dépenses actuelles devant puiser massivement dans les réserves de change. Ainsi, la période 2009/2014 sera essentiellement une gestion de la crise.


II L’ ALGERIE TOUJOURS A LA RECHERHE DE SON DESTIN OU UNE TRANSITION INACHEVEE

2.1-DES DEPENSES MONETAIRES COLOSSALES AVEC UN IMPACT MITIGE

La question centrale qu’il convient donc de se poser est la suivante : d’une part, les objectifs ont-ils été atteints entre 2004/2009, et avec la chute de plus de 50% des recettes des hydrocarbures, comme en 1986, les promesses entre 2009/2014 seront – elles tenues car les tendances lourdes étant ce qu’elles sont, il ne faudrait pas s’attendre à des renversements significatifs. Car existe une loi économique insensible aux slogans politiques : le taux d’emploi est fonction du taux de croissance et des structures des taux de productivité. Avec une croissance de la population active de plus de 3,4% ,un taux de croissance inférieur à 3% entre 2009/2014, il est impossible de créer trois millions d’emplois,(en majorité créateur de valeur ajoutée),qui nécessitent selon les experts et le gouvernement lui même 6/7% de croissance annuelle Car en dehors des bilans physiques qui ont peu de significations sans une avancée des réformes de fond à savoir les réformes micro-économiques et institutionnelles, sans lesquelles le cadre macro-économique stabilisé entre 1995/1997 serait éphémère,il y a fort risque du retour inévitable à l’inflation et l’accélération du chômage, réformes qui seules permettent un développement durable à moyen et long terme. Comme est nécessaire une analyse des impacts par catégories socioprofessionnelles et des écarts entre les coûts prévisionnels et les coûts réels. Comme est posé cette question vitale : le blocage n’est-il pas d’ordre systémique car la situation actuelle est le produit historique certes de la politique actuelle avec des relations complexes entre l’économique, le politique, le social et le culturel, mais également de toutes celles antérieures à l’indépendance politique (colonisation), de 1963 à nos jours du fait que le fondement du système bureaucratique rentier a peu évolué. Car , le constat à travers ce cheminement historique est que durant cette période de transition difficile d’une économie étatisée à une économie de marché concurrentielle et l’Etat de droit et la démocratie tenant compte de notre anthropologie culturelle est que les réformes sont timidement entamées malgré des discours apparemment libéraux, et moralisateurs que contredisent journellement les pratiques sociales. Les banques, lieu de distribution de la rente, continuent de fonctionner comme des guichets administratifs, et du fait des enjeux les réformes souvent différés s’attaquant plus aux aspects techniques qu’organisationnels, alors qu’elles sont le moteur des réformes, la privatisation et le partenariat comme moyens d’investissement et de valeur ajoutée piétinent faute de cohérence et de transparence ; la facture alimentaire continue d’augmenter malgré le fameux programme agricole ( PNDA) dont il conviendra de faire le bilan du fait plusieurs de milliards de dollars de dépenses , la bureaucratie et la corruption continuent de sévir. Comme conséquence, résultats de la pratique de plusieurs décennies et non seulement de la période actuelle, nous assistons à des tensions à travers toutes les wilayates contre la hogra- la corruption, la mal vie, d’une jeunesse dont le slogan « nous sommes déjà morts » ce qui traduit l’impasse du système économique à générer une croissance hors hydrocarbures, seule condition d’atténuation des tensions sociales pour faire face à ce malaise social. Ainsi le peuple désabusé,vit dans le désespoir comme en témoigne le passage de la musique Rai qui exprime la mal vie depuis les années 1980, puis ces jeunes qui tiennent les murs et le paradoxisme du désespoir les harragas ,ces jeunes souvent avec la complicité de leurs parents qui bravent la mort Aussi s’agit-il de mettre fin à cette sinistrose que certains politiques se hasardent à banaliser sans s’attaquer à l’essence , mortelle pour toute Nation, alors que certaines actions urgentes sont à souhaiter.

2.2- DES CHANGEMENTS PERPETUELS DU CADRE JURIDIQUE, PRODUIT DE RAPPORTS DE FORCES COTNRADICTOIRES,QUI DECOURAGENT TOUT INVESTISSEUR POTENTIEL

-A-t-on réfléchi à la mise en place des mécanismes transparents de contrôle pour que les scandales financiers depuis l’indépendance politique ne se renouvellent plus car les mêmes causes engendrent les mêmes maux même si l’on change les personnes ? Car pourquoi un changement de Ministres si l’on reste dans la même logique ? Ce serait inutile.
-A- t-on réfléchi une fois sur les gains qu’occasionneraient une réduction des coûts de SONATRACH seulement de 10% qui permettraient des économies -des centaines de milliards de dinars, sans compter les économies de gestion des autres secteurs budgétivores dont les 180 milliards de dollars du programme de soutien à la relance économique ? -A t-on réfléchi une fois que si le cours du baril chute à moins de 40 dollars et l’épuisement des ressources pétrolières et gazières dans moins de 30 années,un jeune de 5 ans aujourd’hui aura 35 ans ? où la situation serait comparable à celle de certains pays les plus pauvres d’Afrique ?
-Nos responsables ont –ils analysé l’impact de l’exode des cerveaux et vus les longues filles d’attente auprès des ambassades pour le visa, depuis l’aube du jour au crépuscule ou le rêve est de s’enfuir du pays ?
-Combien de milliers d’épargnants ont déposé des 40 dernières années les économies de leurs enfants avec beaucoup de sacrifices à la CNEP pour avoir le droit au logement mais il en a été décidé autrement au nom du droit du prince. Combien de ménages se sont sacrifiées pour que leurs enfants fassent des études et donc avoir un emploi mais toujours le droit du prince a décidé de faire jouer la règle de PITER qui consiste à ce que l’on gravite dans la hiérarchie proportionnellement au degré d’incompétence dans le sillage des relations de clientèles? Peuvent –ils toujours croire que c’est le travail et la récompense de l’effort mérité qui fondent les échelles de valeurs.
-Combien d’investisseurs nationaux et étrangers ont subi les effets du système bureaucratique avec les changements perpétuels du cadre juridique alors que la règle d’or est la stabilité des institutions :licence d’importations entre I97O-I985 distribuant des rentes au niveau ministériel ; OSCIP avec la signature exigée de trois ministres entre I985-I986 ,puis dissolution alors que des centaines de dossiers ont été agréés et transmission à la chambre de commerce en I988 ou ceux sont les privés qui jugeaient des projets d’autres privés( monopole par excellence et cacophonie) ; Conseil de la Monnaie et du Crédit pour les autorisations d’installations des banques dont les récents scandales financiers ont vu le dysfonctionnement avec d’autres structures de l’Etat.
-Comment ne pas rappeler les ambiguïtés dans la gestion des capitaux marchands de l’Etat qui traduisent en réalité la neutralité des rapports de force au sommet de l’Etat et explique le manque de visibilité et de cohérence de la politique économique et sociale, que l’on essaie de voiler tant par de l’activisme ministériel et des dépenses monétaires sans se préoccuper des coûts et de la qualité,permis grâce aux cours élevé des hydrocarbures que des replâtrages juridiques avec une instabilité juridique qui décourage tout investisseur sérieux . A titre d’exemple pour ces dernières années , la nouvelle l’Ordonnance n° 2001-04 du 20 août 2001 relative à l'organisation, la gestion et la privatisation des entreprises publiques économiques ; l'ordonnance n° 01-03 du 20 août 2001 relative au « développement de l'investissement et le décret exécutif n° 01-253 relatif à la composition et au fonctionnement du Conseil des participations de l'Etat placé sous l'autorité du Chef du gouvernement qui en assure la présidence ; du Décret exécutif du 9 octobre 2006 relatif aux attributions, à la composition, à l'organisation et au fonctionnement du conseil de l'investissement(CNI) prévu par l’ordonnance du 20 août 2001 qui stipule dans on article 19 que Le Conseil présidé par le Chef du Gouvernement chargé notamment de proposer la stratégie et les priorités pour le développement de l'investissement ; de l’Ordonnance n°06-08 du 15 juillet 2006 modifiant et complétant l’ordonnance du 20 août 2001 relative au développement de l’investissement (JORA ,047 du 19 juillet 2006) et de la création de l’Agence Nationale du développement de l’investissement ANDI qui est un établissement public à caractère administratif (EPA), au service des investisseurs nationaux et étrangers et enfin le dispositif de soutien à l’emploi de jeunes par l’ANSEJ(Ordonnance n°96-31 du 30 décembre 1996 portant loi des finances pour 1997). Concernant l’épineux problème du foncier destiné à l’investissement, le dispositif, mis en place le 23 avril 2007, qui se proposait de mettre de mettre fin à la confusion, la complexité et l’opacité ont nourri la méfiance et le désarroi des demandeurs d’assiettes foncières vient, à son tour, de subir un toilettage, à travers l’ordonnance du 1er septembre 2008 relative à la concession des terrains relevant du domaine privé de l’État
De cette situation il est utile de rappeler que de l'indépendance politique à nos jours, l'économie algérienne a connu différentes formes d'organisation des entreprises publiques. Avant 1965, la forme d'autogestion était privilégiée ; de 1965 à 1980, nous avons de grandes sociétés nationales et de 1980 à 1988, nous assistons à une première restructuration découpant les grandes sociétés nationales. Comme conséquence de la crise de 1986 qui a vu le cours du pétrole s'effondrer, des réformes timides sont entamées en 1988 : l'Etat crée 8 fonds de participation qui étaient chargés de gérer les portefeuilles de l'Etat. Comme conséquence de la cessation de paiement en 1994 (avec le rééchelonnement), en 1996, l'Etat crée 11 holdings en plus des 5 régionaux avec un Conseil national des privatisations ; en 2000, nous assistons à leur fusion en 5 mega holdings et la suppression du Conseil national des privatisations ; en 2001, nouvelle organisation et l'on crée 28 sociétés de gestions des participation de l'Etat (SGP) Lors de différents Conseils de gouvernements tenus durant toute l'année 2007, une nouvelle organisation est proposée par le ministère de la Promotion de l'Investissement, ( les deux grandes sociétés hydrocarbures Sonatrach et Sonelgaz, régies par des lois spécifiques n’étant pas concerné), articulée autour de quatre grands segments : des sociétés de développement économique qui relèvent de la gestion exclusive de l’Etat gestionnaire ; des sociétés de promotion et de développement en favorisant le partenariat avec le secteur privé international et national ; des sociétés de participation de l’Etat appelées à être privatisées à terme ; et enfin, une société chargée de la liquidation des entreprises structurellement déficitaires. Courant février 2008, cette proposition d'organisation, qui n'a pas fait l'unanimité au sein du gouvernement et certainement au niveau de différentes sphères du pouvoir, est abandonnée et une commission dont les résultat ne sont pas connus à ce jour est créée pour déterminer la future organisation du secteur public économique la ventilation des différents sociétés de participation de l’Etat (SGP) qui relèveraient soit de la tutelle de chaque ministère ou au Ministère de l’investissement ce qui suppose de revoir sa dénomination puisqu’un décret gouvernemental ne peut remplacer un décret présidentiel. Ces changements d’organisation périodiques démobilisent les cadres du secteur économique public, et même les investisseurs locaux et étrangers montrant clairement la dominance de la démarche bureaucratique au détriment de la démarche opérationnelle économique assistant à un gaspillage des ressources financières et à un renforcement de la dynamique rentière.

2.3-TERRORISME BUREAUCRATIQUE ET ECONOMIE RENTIERE

-Le blocage essentiel de l’investissement local et étranger n’est-il pas le terrorisme bureaucratique qui se nourrit du manque de visibilité et de cohérence dans la réforme globale. Et ce nouveau juridisme est-il suffisant sans objectifs politiques précis et sans cohérence et visibilité dans la démarche ?
- A t-on mis en place d’autres mécanismes pour éviter que les investisseurs soient pénalisés par les différentes tracasseries administratives (registre de commerce, plusieurs mois alors que dans des pays normaux cela met quelques heures,) banques qui sont des guichets administratifs, fiscalité fonctionnant sur les méthodes du XIXème siècle, douane, terrain au niveau des collectivités locales,(le cadastre n’étant pas à ce jour réactualisé et le problème du foncier non résolu malgré certains discours ). Car le parcours du combattant lorsqu’on a pas fait faillite dans les méandres bureaucratiques dure plus de 3 années entre le moment de la maturation du projet et sa réalisation alors que dans tous les pays du monde l’écart ne dépasse pas quelque mois pour ne pas dire quelques semaines.
-A t-on analysé les impacts des différents assainissements des entreprises publiques sans résultats : plus de 40milliards de dollars entre 1991-2008 de quoi créer tout le tissu industriel existant mais cette fois compétitif ; le développement écologique fondement du développement durable avec ces unités polluantes , ces constructions dans la majorité des secteurs selon les normes dépassées et ce taux d’urbanisation effréné (des éco- pôles mais réalité de vulgaires hangars comme l’a souligné le Président Bouteflika lui-même) avec les risques de ghettos qui enfanteront inéluctablement la violence ? A-t-on analysé objectivement l’importance de la sphère informelle drainant plus de 40% de la masse monétaire en circulation, employant plus du quart de la population occupée, fonctionnant dans un espace social de non droit, dont la croissance est proportionnelle au poids de la bureaucratie et de la corruption et les moyens de l’intégrer loin des mesures administratives autoritaires ?
-S’est –on soucié de la connaissance du bouleversement mondial où les capitaux iront s’investir là ou les obstacles politiques sont mineurs, d’un grand espace socio-économique d’où l’importance de l’intégration maghrébine au sein de l’espace euro- méditerranéen, et des impacts réels de notre adhésion à la zone de libre échange avec l’Europe (applicable depuis le 01 septembre 2005) et du futur accord avec l’organisation mondiale du commerce (OMC) et les moyens de s’y adapter ? Et qu’en sera t-il du rôle effectif de l’Algérie au sein de l’Union pour la Méditerranée avalisée à Paris le 13 juillet 2008? Et donc est-il réaliste de vouloir opposer des Etats alors que n’existent pas de divergences fondamentales en termes géostratégiques entre les Etats Unis et l’Europe mais pour paraphraser les militaires seulement des tactiques divergentes à court terme et notre diplomatie ne devrait-elle pas s’adapter à cette nouvelle donnée différente fondamentalement des années 1970, période de la guerre des blocs avec l’implication plus importante des organisations non gouvernementales crédibles et non crées artificiellement ?
III- POUR UN DISCOURS DE VERITE

-En fait l’Algérien ne vit-il pas un drame schakespérien, en pensant à ce monde imagé par le célèbre écrivain KAFKA, dominé par l’absurde et l’irrationnel. L’intelligence ne suppose t-elle pas l’adaptation aux situations, ou la débrouillardise, les passe-droit sont devenus la règle, expliquant fondamentalement cette corruption, cette maladie du corps social qui tend à se généraliser et à se socialiser. Et c’est là que nous retrouvons les fondements des œuvres à la fois du grand philosophe allemand KANT et des anthropologues sur la rationalité qui est relative car historiquement datée et du psychiatre FREUD. Cette situation a été amplifiée par la période tragique de l’ histoire de l’Algérie de 1990 à 2000 où la jeune fille ou le jeune garçon de 10 ans en 1990 qui ont maintenant 27 ans ont vécu dans un cadre de violence, de haine et dont les effets psychologiques dévastateurs sur une large fraction de notre population sont immenses . Combien des milliers d’exemples peuvent être cités qui peuvent être généralisées dans maints segments de la sphère sociale, loin des schémas théoriques des bureaux climatisés des bureaucrates algériens. Ce divorce Etat citoyens est favorisé d’ailleurs par l’effritement du système d’information où nous assistons à un dialogue de sourd et comment ne pas se rappeler cette image de la télévision algérienne où à une question sur le taux de chômage un Ministre affirmera que les enquêtes donnent 11% et qu’un journaliste lui répliqua : êtes vous sur de vos données. Oui répond le Ministre. C’est à quoi le journaliste répliqua sous l’oeil amusé de la présentatrice non convaincue d’ailleurs, qu’il irait faire un tour dans les quartiers Algérie et qu’il dirait aux chômeurs que dorénavant leur appellation n’est plus chômeur mais travailleur. Car comment avec un taux de croissance avoisinant 2/3% entre 2006/2008 peut-on, afficher un accroissement de l’emploi utile supérieur aux années précédentes inférieur au taux de croissance de la population active, où le taux était 5%. Cela contredit les règles élémentaires de l’abc de l’économie. Cela ne fait –il pas rappeler vers la fin des années 1980 et après la grande pénurie que connaissait le pays après la crise de 1986, à l’ ENTV où un Ministre algérien avançait avec assurance que le marché était saturé selon les données en sa possession, la présentatrice lui rétorquant s’il a fait un jour le marché et que la population algérienne ne mangeait pas les chiffres.

Pourtant l’Algérie reste un pays dynamique plein de vitalité. A l’instar de tous les pays du monde qui fêtent la victoire de leur équipe de foot baal, comment et sans chauvinisme ne pas se réjouir de la victoire brillante de l’équipe algérienne à la fois sur l’Egypte et aujourd’hui sur la Zambie. Et ce sans chauvinisme ou xénophobie car l’équipe zambienne ou égyptienne n’ont pas démérités. Comment ne pas constater l’enthousiasme de cette jeunesse qui a déferlée de joie à travers toutes les rues de l’Algérie loin de toute manipulation politique et brandissant avec joie et fierté l’étendard, le drapeau Algérie. Et comment donc ne pas penser un seul instant qu’elle constitue une force dynamique de développement, beaucoup plus importante et pérenne que toutes les ressources en hydrocarbures. Comment enfin ne pas penser à son devenir car l’Algérie dans trente (30) ans c’est -à dire demain, avec une population qui approchera 50 millions d’habitants avec l’épuisement des ressources en hydrocarbures. L’âge moyen de nos filles et garçons d’environ 20 ans en 2009, sera dans 30 ans de 50 ans et entre temps ayant une exigence comme tout Algérien avoir un emploi, un logement, se marier et donc avoir des enfants, donc une demande sociale croissante Aussi, il faut à tout prix éviter d’avoir un mépris pour ce grand peuple et le considérer comme un peuple mineur car la jeunesse algérienne est capable de miracles pour peu que les gouvernants lui tiennent un discours de vérité grâce à une nouvelle communication et une gouvernance rénovée. Car, en raison de la défiance nourrie à l’endroit du militantisme partisan et ses satellites, et cela n’est propre à l’Algérie comme le montre le fort taux d’abstention aux élections européennes ce mois de juin 2009, les formations politiques actuelles ont de plus en plus de difficultés aujourd’hui de faire un travail de mobilisation et d’encadrement efficient, de contribuer significativement à la socialisation politique, et la solution de facilité est de bureaucratiser la société qui constitue un facteur paralysant. Ce sont là des raisons suffisamment importantes pour envisager sérieusement de réorganiser le système partisan et la société civile en vue de lui donner les moyens dont ils ont besoin pour remplir la fonction qui est la leur dans tout système politique démocratique. Car, notre analyse montre clairement que le fondement du système entre 1962 à 2009 reposant sur la rente reste le même, impliquant donc une profonde mutation systémique si l’on veut lever les contradictions et être au diapason du monde moderne. La composante des partis au pouvoir est sensiblement la même , du fait de l’éclatement du parti unique le FLN depuis 1990, entre trois tendances, la tendance nationaliste conservatrice, la tendance nationaliste dite moderniste et la tendance nationaliste dite islamique, l’opposition véritable étant marginalisée et les nombreux micro partis insignifiants ,souvent instrumentalisés par l’administration se manifestant qu’au moment des échéances électorales en contrepartie d’une fraction de la rente. C’est que face tant aux mutations mondiales qu’internes à la société algérienne, cette jeunesse “parabolée”; a une autre notion des valeurs de la société. Cela se constate à travers l’éclatement de la cellule familiale, la baisse progressive du poids des tribus, de certaines confréries religieuses et de certaines organisations syndicales,(ces dernières mobilisant uniquement pour des revendications sociales et non pour des actions politiques), du fait de discours en déphasage par rapport aux nouvelles réalités mondiales et locales. En fait cela renvoie à la refonte de l’Etat conciliant la modernité et la préservation de notre authenticité, dont l’objectif stratégique serait plus de liberté, d’efficacité économique, de justice sociale et de moralité des institutions. Le passage de l’Etat de « soutien contre la rente » à l’Etat de droit « basé sur le travail et l’intelligence » est un pari politique majeur car il implique tout simplement un nouveau contrat social et un nouveau contrat politique entre la Nation et l’Etat. Car sans la prise en compte de ces éléments stratégiques et les moyens d’y faire face concrètement, loin des discours démagogiques, il y a fort risque d’un discrédit des discours qui accélérerait le divorce État /citoyens qui aura un impact évident sur le développement futur du pays dans un monde impitoyable ou toute Nation qui n’avance pas recule.

Mais il ne faut pas avoir une vision essentiellement négative. N’oublions jamais ce qu’était l’Algérie en 1962 : totalement dévastée, et combien y avait-il de médecins, d’avocats, d’ingénieurs. Où habitaient la majorité des Algériens ? Tout ce qui a été fait depuis l’indépendance politique à nos jours tant durant la période de la présidence de Boumédiène, de Chadli, de Bouteflika , car la période 1963/1965 (juste à la sortie d’une guerre contre la colonisation) et la période tragique 1990/1999 a été une période de survie pour la nation algérienne, et il est utopique de parler de développement, n’est pas totalement négatif : beaucoup d’aspects positifs mais également beaucoup d’aspects négatifs qu’il convient maintenant de corriger pour les générations futures.

IV- CONCLUSION : L’ALGERIE A TOUTES LES POTENTIALITES POUR DEVENIR UN PAYS PIVOT AU SEIN DE LESPACE EURO MEDITERRANEEN

C’est donc le destin de l’Algérie qui se joue actuellement. Car par ses luttes quotidiennes, l’ensemble de la population algérienne est consciente des stratégies sociales des différents acteurs de ceux qui veulent préserver l’ordre établi de la rente et des autres acteurs qui veulent un changement profitable à l’immense majorité pour lui redonner un début de lueur d’espoir afin de briser ce pessimisme généralisé et permettre ainsi une dynamique durant ce cycle descendant visionné par le grand sociologue maghrébin IBN KHALDOUN, cycle qui répond à l’implacable logique historique du dépassement nécessaire de toute société anomique. Car, le cours de l’Histoire, que certains tenteront de freiner mais en vain, voulant préserver les intérêts de la rente, est irréversible pour une société basée sur plus de justice sociale, plus de liberté, une participation plus active de la femme à la gestion de la Cité, un Etat de droit et de démocratie tenant compte des nouvelles mutations mondiales. D’où l’importance à mes yeux de l’intégration maghrébine au sein de l’espace euro- méditerranéen , tout en n’oubliant pas le continent Afrique, tenant compte du nouveau défi écologique et des énergies alternatives, en ce monde impitoyable où toute Nation qui n’avance pas recule. C’est dans ce cadre que rentre le fondement de cette analyse qui rejoint celle des grands philosophes , notamment Friedrich Von Schiller pour qui « on ne trouvera la totalité de caractère que chez le peuple qui sera capable et digne de transformer l’Etat de nécessité en Etat de liberté » et d’Aristote pour qui « toute personnalité immorale ne peut prétendre parler ou agir au nom de la Cité ».

Docteur Abderrahmane Mebtoul

NB- dans une contribution parue simultanément en français dans El Watan , et en arabe dans El Khabar en 1993 « rente et logique de la politique socio-économique 1962/1992 ( reproduit dans mon ouvrage l’Algérie face à la mondialisation officie des publications universitaires deux tomes ( 420 pages Alger 2001) tome : pour une nouvelle culture économique, nous avons déjà développé les axes fondamentaux de la logique du système rentier.
Voir également Abderrahmane Mebtoul : réformes et mondialisation (2 tomes) « Réformes, économie de marché et Démocratie » édition Dar El Gharb 2005 (140 pages chaque volume en trois langues arabe- français- anglais )



Jeudi 25 Juin 2009


Commentaires

1.Posté par En attendant la ReNaiSSaNcE le 25/06/2009 12:31 | Alerter
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TRES URGENT

Nous avons appris que Netanyhu allait venir faire sa propagande pendant la grande messe du 20 heures sur TF1.
Pendant qu'il débitera tous ces mensonges en DIRECT, soyons nombreux à dénoncer nous aussi en DIRECT !!! toutes les exactions commises par l’entité sioniste en terre de Palestine

Que la voix des PALESTINIENS soit entendue par ceux qui « font l’information » !

Rassemblement devant le siège de TFI -la chaîne sioniste-
JEUDI 25 à partir de 19h protestons contre l’invitation au journal de 20h du criminel Netayahu (nouveau 1er ministre au pouvoir en Israël qui s'est allié à l’extrême -ultra raciste- droite !)
métro Porte de Saint Cloud (M9)

Faites tourner l'information au maximum

Le nombre de présents sera déterminant! Osons montrer à ce fasciste
qu'il n'est pas le bienvenu dans notre pays et que les Français ne peuvent cautionner la politique criminelle, colonialiste et raciste de l'entité sioniste envers les Palestiniens *****************COLLECTIF CHEIKH YASSINE***********************

2.Posté par benabderrahmane djamel le 25/06/2009 17:44 | Alerter
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consulter svp justice.enfant@gmail.com mot de passe adalasvp6

3.Posté par benabderrahmane djamel le 25/06/2009 17:47 | Alerter
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adalasvp6 mot de passe

4.Posté par Ghyslaine ROC le 25/06/2009 18:59 | Alerter
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"L’Algérie après 47 ans d’indépendance politique 1962/2009..."

C'est quoi, ce gros mensonge?

5.Posté par Kestadi ? le 25/06/2009 19:21 | Alerter
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L'AFRIQUE TRAHIE . L'AFRIQUE MUSELEE. L'AFRIQUE MUTILEE.

Les dirigeants des pays d’Afrique, quand bien même ils ont été élus, sont avant tout les
« poulains » des multinationales et de la finance mondialisée. Ces pays sont ainsi dirigés par ceux qui ont su s’allier telle grande puissance, tel réseau mafieux, telle grande entreprise stratégique.

La Haute finance apatride a ses bons élèves qui multiplient les décennies au pouvoir et servent les intérêts de ceux qui leur ont permis d’être aussi haut placés : en Algérie, les généraux putschistes et les agents fidaî-commissaires en col blanc. Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie et toute son clan familial . Ce réseau d’intérêts peu avouables se renforce avec quelques nouveaux venus, Mohammed VI au Maroc.

Ces dirigeants sont sous contrôle des États-Unis,des multinationales et des trusts. Parfois ils savent se parer d’habits démocratiques mais des élections régulières et le multipartisme peuvent tout à fait être de simples alibis. Ce sont toujours les intérêts financiers qui pilotent derrière les coulisses et qui tirent les ficelles.

Seules quelques voix discordantes, sans être pour autant des modèles, loin de là, se font vraiment entendre, comme Robert Mugabe au Zimbabwe, mis au ban des nations pour avoir cautionné l’expropriation forcée des vastes propriétés agricoles des Blancs. D’une manière générale, nombreux sont ceux parmi les puissants qui déclarent aimer l’Afrique, la soutenir, l’aider, c’est très à la mode. Mais ne nous y fions pas, car au fond, les peuples africains ont été trahis : par les grandes puissances du Nord qui imposent toujours des mesures qui servent leurs intérêts géopolitiques et commerciaux ; par des classes dirigeantes africaines qui ont fait le choix de piétiner le développement humain des populations pour favoriser leur propre pouvoir et la volonté de leurs mentors.

Y' en a marre de ces articles " d'experts" qui nous veulent du mal ! Marre de ces "chroniques de mort programmée " des nations et des peuples sans défense ! Nous ne sommes plus dupes et, ces écrits déshonorent leurs auteurs, toujours les mêmes, ces tacherons au service de leurs maitres de la finance qui leur assurent la niche et la gamelle.

6.Posté par ENVIE DE HURLER le 25/06/2009 19:35 | Alerter
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pLUS DE SIX MILLIONS ET DEMI DE PAUVRES EN ALGERIE
vendredi 5 septembre 2008
En dépit de l’amélioration des indices de la macroéconomie en Algérie et des revenus, qui devraient atteindre cette année plus de 80 milliards de dollars, on enregistre toutefois, un déséquilibre dans la répartition des richesses.
Selon les estimations des programmes des Nations Unies pour le développement et de la Banque Mondiale, le taux des personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté, qui gagnent moins de deux dollars par jour, est estimé à plus de 20% de l’ensemble des habitants, représentant plus de 6,5 millions d’Algériens.

Le niveau social d’une grande catégorie d’Algériens n’a pas vraiment changé, suite au partage inéquitable de la fortune et des revenus de Algérie. Les employés qui touchent des salaires variant entre 12 et 35 mille dinars constituent plus de 60% de la masse salariale, alors que employés dont les salaires sont estimés entre 60 et 300 mille dinars constituent moins de 10% de cette dernière.

Selon les institutions internationales, 2,8% des revenus de l’Algérie sont répartis sur 10% des classes les plus démunis de l’Algérie, alors que 20% des catégories les plus riches bénéficient de 42,6% de la fortune et des revenus. De ce fait, les classes sociales commencent à apparaître suite à l’ouverture et à la libération du marché. Une partie de la classe moyenne commence à disparaître graduellement et à rejoindre la classe pauvre.

Qu’est donc devenu le phare du socialisme au Maghreb ?

Plus de vingt milliards de dollars de devises excédentaires en raison du la rente pétrolière et de plus en plus d’analphabétisme et de moins en moins de compassion de l’élite au pouvoir envers les plus démunis, les plus isolés, les abandonnés ?

Tant de très pauvres pour sacrifier au libéralisme et pour le plus grand profit d’une infime minorité qui dirige le pays en reprenant à son compte toutes les machinations raffinées de la contre insurrection des anciens occupants français ?

Le monde actuel doit aux dirigeants algériens l’invention du terrorisme islamiste qui stabilise leur pouvoir et exporté dans les années 80 en France .
Le monde en particulier les centaines de millions de musulmans leur dit merci.

D’après Hafid S.

Source : convergencedescauses

7.Posté par bledmickeymouse le 25/06/2009 20:04 | Alerter
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Lettre ouverte au Président de l’Algérie, M. Bouteflika.
dimanche 26 avril 2009
Par Djamaldine Ben Chenouf

Monsieur le Président,

Vous me permettrez de ne pas vous présenter mes félicitations pour votre élection. Ce serait de ma part une courtoisie de mauvais aloi, ou pire encore, un cynisme mal placé, en cette tragique circonstance.
Oui, monsieur le Président, tragique est bien le mot qui convient à cette mascarade électorale, à cette captation indue, et frauduleuse, de la volonté populaire de nos compatriotes, à laquelle vous vous êtes, très grossièrement, livré.

Quelques jours avant ces élections qui allaient vous porter, sans l’ombre d’un doute, à la magistrature suprême, votre Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lors d’un meeting électoral devant un parterre de militants de son parti, le RND, déclarait ceci : « D’aucuns ont qualifié notre parti de machine électorale. Alors, nous leur disons ceci, sans complexe aucun : Oui, nous sommes une machine électorale, et nous allons le démontrer, encore une fois ! »

Monsieur Ouyahia avait omis, toutefois, de préciser que par « machine électorale », les Algériens entendaient machine à frauder et à bourrer les urnes.
Ce monsieur, chef du gouvernement à répétition, avant d’accéder à cette nouvelle charge de premier ministre, une nouvelle appellation qui prétend apporter des réaménagements à ce qui n’est rien d’autre qu’un poste de nervis chargé de coordonner les basses besognes d’autres nervis de rang subalterne, pour la seule pérennité d’un régime carnassier, ce monsieur s’était donc distingué pour avoir accompli la plus grande fraude électorale du pays, en 1997, lorsqu’il avait fait d’un parti sorti tout casqué du cerveau de la junte au pouvoir, le premier parti du pays, lors des deux élections législatives et municipales.

Il le fit de manière brutale et sans nuances.
Nous comprenons aujourd’hui, si tant est que nous ne l’avions pas déjà compris, pourquoi il a été rappelé et pourquoi il a lancé publiquement son tonitruant « Oui, nous sommes une machine électorale ! »

En 1997, lors de ces élections qui allaient consacrer le RND, j’étais en poste à Tébessa, où j’étais chef de bureau régional du Quotidien « Liberté ».
J’ai vu de mes yeux se perpétrer cette immense forfaiture, cette injure faite à tous ceux qui sont morts pour que les Algériens recouvrent leur dignité, et le droit de désigner librement leurs élus.
Je vous épargnerai les détails de cette fraude massive, puisque je ne vous apprendrai rien. Mais, par dessus tout ce que j’avais vu de la « machine électorale » de Monsieur Ouyahia, il m’est resté une histoire que je m’en vais vous conter.

Un chef de Daïra, contrairement à tous ses collègues des autres daïrates qui ont fait montre de beaucoup de zèle à bourrer les urnes, avait catégoriquement refusé de prêter son concours à cette honteuse pratique. Le RND ne remporta donc pas la mise dans cette daïra qui échut au FLN.
Dès le lendemain ce chef de Daïra fut suspendu, puis révoqué quelques jours plus tard par le Ministre de l’intérieur de l’époque, Monsieur Benmansour. Sans autre forme de procès !
J’ai su par la suite qu’il s’était fait copieusement insulter par le responsable du DRS local. Voici en peu de mots ce qu’est la « machine électorale » de Monsieur Ouyahia, et voilà pourquoi il a été rappelé pour mener à bien celle qui vient de vous porter, encore une fois, et avec quelle efficacité, à la tête du pays.

Nous devons reconnaître qu’il s’est surpassé, et qu’il a battu son propre record. Il peut être fier de lui !
Mais le mérite, mais si, mais si, ne revient pas à sa seule personne. Il faut reconnaître qu’il a été largement partagé.
Cette belle aventure, mais si, mais si, cette épopée héroïque, mais si, mais si, a commencé lorsqu’il fut décidé de vous faire rempiler une troisième fois.
Mais le problème se trouvait dans cet écueil de la Constitution qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels pour une même personne. Vous veniez de les faire, successivement, et vous ne pouviez donc pas vous représenter. Il fut donc décidé de faire réaménager la Constitution.

Un point de détail.
Mais un problème, autrement plus ardu, se posait.
Lors des dernières élections législatives, celles de mai 2007, les électeurs s’étaient massivement abstenus. Le parlement ne fut élu que par 35% des voix. Le parlement le moins représentatif du monde. Un bien triste record ! Encore qu’il faut préciser que 10% des bulletins, selon vos propres chiffres, étaient des bulletins nuls. Ce parlement avait donc été élu à 25%. Il a été installé, malgré cela. C’est dire que rien ne répugne à ce régime.

Bien évidemment, il était venu à la connaissance de ce régime que vous présidez, et qui a une bonne connaissance de l’état d’esprit de la multitude que nous sommes, de ce ghachi que vous méprisez ostensiblement, que nous étions décidé à ne plus voter, à ne plus vous offrir des façades d’institutions pour nous opprimer, à ne plus vous donner le bâton pour nous battre.
Nous avions compris que le seul moyen de chasser de nos vies l’ogre qui se repaît de la chair vive de notre nation devait être une révolution pacifique, une abstention massive et systématique à toutes les mascarades d’élections.

Nous avions fini par comprendre que les Institutions de votre république n’était qu’oripeaux d’opérette, patte enfarinée du loup, pour donner le change au reste du monde, et lui faire croire que ce pays qu’on nomme Algérie, était un État de droit, doté de toutes les institutions républicaines possibles et imaginables, et non pas une nation prise en otage par une association de malfaiteurs, une mafia qui saignait à blanc tout un peuple, qui avait perpétré contre lui d’affreux carnages, qui avait recouru contre lui à des crimes contre l’humanité d’une rare sauvagerie, à des exécutions sommaires, qui avait institué en règle d’interrogatoire et de terreur des pratiques de torture d’une bestialité inouïe, au motif de « sauver la république » de la barbarie islamiste.

Vous aviez vous même déclaré le chiffre de 200 000 morts quinze jours après que Monsieur Ouyahia ait reconnu officiellement… 35 000 morts, affirmant avec force et jurant ses grands dieux, que tout autre chiffre n’était qu’exagération. Il avait éclipsé d’une chiquenaude 165 000 morts.
La question s’était posée, alors, de savoir pourquoi il avait rapetissé le chiffre des victimes. Etait-ce parce que le vrai chiffre, de 200 000 morts aurait signifié que les seuls islamistes n’auraient pas pu commettre un tel carnage, et que cela aurait donc suggéré que les « services de sécurité » et les « forces armées » avaient donc mis la main à la pâte ?

Vous même, Monsieur le Président, alors que la junte qui disposait alors de la réalité du pouvoir, et que celle-ci avait décidé de ne pas bénir votre deuxième mandat, vous aviez réussi à convaincre ces généraux génocidaires de vous reconduire en échange du cadeau inespéré que vous alliez leur offrir sur un plateau : Une auto-amnistie qui ne disait pas son nom.

Sous le prétexte de ramener la paix au sein de la société, et en faisant mine de pardonner aux islamistes, vous aviez fait voter par le peuple algérien, en usant de la tromperie, du chantage et même de la menace, votre désormais fameuse « charte de la réconciliation nationale ». Vos généraux s’en tiraient à bon compte. Le peuple n’a pas eu le choix. La question qui lui a été posée, en ses vrais termes, était celle là : « Choisissez vous de pardonner à vos tueurs ou préférez vous continuer à vous faire tuer ? » Un chantage odieux !

Les généraux génocidaires, et les islamistes qu’ils avaient réussi à manipuler, et qui, à leur insu ou en connaissance de cause, ont obéi à une monstrueuse cabale, ont donc été absous.

Voici la paix que vous croyez avoir ramené.

Le plus monstrueux de la situation est que les généraux génocidaires sont consacrés par votre charte comme étant les « agents honorables de l’État », les héros qui ont sauvé la nation.

Des « agents honorables de l’État » dont il est interdit, sous peine de lourdes peines de prison de faire la moindre allusion sur leur implication dans cette tragédie. Votre charte les protège au point où même un universitaire ne peut faire de recherches sur leur rôle, ni une famille de victimes porter plainte contre eux, même en présence de preuves irréfragables.

Nous savons tous, pourtant, que la violence qu’ils ont instrumentée, manipulée, et dirigée délibérément contre les populations civiles, n’a pas été inspirée par le souci de sauver la République du péril islamiste, mais par celui de garder le pouvoir et sauvegarder leurs honteux privilèges. Dire des généraux algériens de l’époque, des bandits galonnés, des voleurs invétérés, presque tous « déserteurs » de l’armée française, qui avaient été formés et passés officiers en catastrophe, pour pouvoir infiltrer l’ALN, qu’ils sont des sauveurs de la république, serait faire de renards, des chiens de garde de poulailler.

Ils avaient réussi à truffer les groupes islamistes de leurs agents, et de leurs émirs, ne se privant pas, au demeurant, de créer leurs propres Groupes Islamistes Armés, non pas pour infiltrer les islamistes, et pouvoir ainsi les neutraliser, mais pour les amener à massacrer les populations et les ressortissants étrangers, pour retourner les opinions contre cette mouvance qui menaçait leur pouvoir, et pouvoir ainsi vaquer, en toute impunité, à leurs grandes et petites affaires.

L’islamisme armé a été une véritable aubaine pour eux, au point où ils l’ont armé, au point où ils ont tout fait pour pousser de paisibles islamistes à monter au maquis, en ne leur laissant pas d’autre choix que de prendre les armes, où de se faire enlever par les « services de sécurité » et être exécuté sur le bord d’une route. Ils les ont fait regrouper dans des camps du sud pour leur suggérer de s’organiser en maquisards, ils ont fait violer leurs épouses, et même leurs enfants, sous leurs yeux, ils les ont fait chasser de leurs emplois, ont fait ruiner leurs commerces, dans le but de les contraindre à abandonner la politique pour l’action directe.

Ils ont fait tant et si bien, dans cette opération que l’un des leurs, le général Smail Lamari, surnommera cette subversion du nom de « terrorisme pédagogique », qu’ils ont créé une cellule pour l’élaboration des fetwas qui appelaient au meurtre collectif, une autre qui était chargée de programmer et de faire exécuter des intellectuels et des personnalités algériennes qui jouissaient de l’estime et de la popularité au sein de leurs concitoyens, et de faire passer leur assassinat au crédit des islamistes armés, et une autre, entre autres, pour aider les Évangélistes protestants à convertir des musulmans, notamment en Kabylie, pour couper cette région contestataire des autres régions d’Algérie, et la désigner ainsi à la vindicte populaire imbécile.

La décennie rouge a été pain béni pour ces généraux assassins de masse, ces crapules de bas quartier, ces crétins galonnés qui croyaient mener une action hautement stratégique là où il n’était question que de meurtre et de rapine.

La meilleure illustration, de leur nature, et de leurs ambitions, est qu’ils ont mis à profit cette décennie sanglante pour s’enrichir de façon prodigieuse. Avant la décennie rouge, ils étaient tous milliardaires en centimes. Aujourd’hui, ils ont côtés parmi les hommes les plus riches du continent, et même d’Europe. Ils sont passés du statut de « Monsieur Monopole ou Monsieur 10% » à celui de magnats financiers. Puisque leurs affaires, et celles de leurs clientèles, se chiffrent aujourd’hui en centaines de millions de dollars. Puisqu’ils lorgnent désormais du côté de la production et des transactions en hydrocarbure.

Cette tragédie indicible, ce fleuve de sang, cette vallée de larmes, a été pour eux une période florissante, le jack-pot, le butin prodigieux, la dépouille miraculeuse et sanglante. Mais les jeunes Algériens et Algériennes, plus de 70% de la population, tous ceux là qui n’ont pas voté pour vous Monsieur le Président, et qui ont juré de ne plus jamais voter pour ce régime qui les saigne et qui les dépouille de leurs richesses, tous ceux là ont éventé la vraie nature du régime.

Ils ont tiré leurs propres conclusions des scandales qui ont émaillé vos mandats précédents, l’affaire Khalifa, l’affaire BRC, celle des crédits des steppes, de l’installation en catimini d’un bureau de la CIA à Alger, d’un autre du FBI, de celle d’une base américaine secrète dans notre Sahara, des accointances de vos meilleurs ministres avec des trusts atlantiques, de l’implication de votre propre clan familial dans de sombres tractations financières, de cet immense hold-up dont personne n’a encore parlé, et qui consiste pour certains barons du régime, dont ceux de votre propre clan, à puiser directement dans les mécanismes de régulation et de gestion des réserves de change, et tant d’autres forfaitures dont une seule suffirait à jeter l’opprobre sur des commis de l’État moyennement honorables, dans n’importe quel pays moyennement honorable.

Ne croyez pas que la chape de plomb que vous avez jetée sur ces pratiques odieuses et sur tant d’autres scandales dont nous ne savons encore rien, n’ait rien laissé transparaître.

Tout finit par se savoir, depuis votre insultante permissivité à l’endroit d’émirs du golfe qui viennent chasser du gibier protégé sur nos terres, jusqu’à la haute trahison qui a permis aux Américains d’installer une base dans notre pays.

Il est vrai que la complaisance d’une certaine presse à votre endroit, en échange de miettes que laissent tomber ses maîtres, contribue grandement à taire les vraies turpitudes du régime, il est vrai que dans la presse algérienne, qu’il y a plus de Habib Hamraoui que de journalistes intègres, mais le peu que nous parvenons à savoir, ajouté à la corruption débridée qui règne dans notre pays, à l’injustice institutionnalisée qui y règne, aux tourments dans lesquels se débattent les plus faibles d’entre nous, à l’état déplorable de nos cités, à l’anarchie qui y sévit, à l’exaspération généralisée de notre jeunesse dont le rêve ultime est de pouvoir fuir le pays, tout cela et bien plus encore de malheurs et d’oppression, nous a ouvert les yeux sur la réalité du régime que vous avez le piètre honneur de diriger. Excusez du peu !

C’est pour toutes ces raisons que votre entourage vous a dissuadé de ne pas recourir à un référendum populaire pour réaménager la Constitution.

Vos brillants conseillers, rompus à la manipulation des foules, experts en subversion de masse, piètres tribuns quoique pétris pétris de suffisance, avaient compris, mieux que vous, dont la vue était quelque peu brouillée par l’image que vous vous faisiez de vous même, et de l’opinion que vous croyiez être celle du peuple à votre endroit, que le peuple algérien allait bouder massivement ce suffrage. Cela crevait les yeux, en réalité ! Ils vous avaient convaincus que vous deviez faire procéder à ce réaménagement par le biais du Parlement, parce que le régime ne pourrait pas réaliser deux fraudes électorales successives. Celle de la Constitution et celle qui devait vous porter à la magistrature suprême.

Ils ont eu raison. Et vous n’avez pas eu le choix. Vous avez été contraint, en violation des propres dispositions de la même Constitution de la faire réaménager, où plutôt violer, devrais-je dire, par des députés dont vous aviez pris le soin de doubler le traitement avant qu’ils ne votent. Un vote à main levée, pour que nul ne s’abstienne. Mais même à bulletin secret, ces députés auraient voté votre réaménagement, parce qu’ils ne sont que des maquignons de la politique, les purs produits du système qui les a placés sur des sièges de dignité, et dont ils n’ont d’autre appréciation que celle vénale et opportuniste qui les fait se rengorger comme autant de dindons.

J’ai connu l’un de ces députés, et néanmoins ancien directeur de l’hôtel Es Safir, qui se vantait d’avoir eu plus de 100 lots de terrain, au niveau de tout le pays, lots de terrain qu’il a revendus pour une fortune.

Pourtant, Monsieur le Président, malgré la bonne grâce de ces députés marrons, malgré « la machine électorale », malgré la générosité de richissimes sponsors, sortis du chapeau, et qui ont eu la gratitude du ventre, puisque c’est vous qui les avez fait riches, malgré l’embrigadement, largement rétribué, des confréries religieuses, des imams, des chefs de tribus du pays profond, du syndicat maison, de toutes ces organisations de masse de pique assiettes patentés, malgré la contribution, plus ou moins naïve, de lièvres ad-hoc, malgré une propagande inouïe, malgré le travail de fourmi d’une armée de rabatteurs, malgré les centaines de milliards tirés de caisses secrètes, et déversés sans compter dans les poches de vendeurs de promesses, malgré le zèle criard des walis, des chefs de daïra, des responsables du DRS, de la gendarmerie, de la police, des élus locaux, des partis boulitiques, et y compris celui du parti islamique de service, malgré la multitude de chiyatines de tout accabit et de tout poil, le taux de participation à votre élection a été exactement celui des législatives de 2007.

Il n’y a pas eu plus de 30% de participants.
Le même que celui des émigrés en France !
La quasi totalité de la jeunesse n’a pas voté ! Presque tous les jeunes du pays, la force vive de la nation, la première force du pays, la vraie valeur de notre avenir, vous a massivement ignoré. Vous le savez, n’est-ce-pas ?

Ne croyez surtout pas que c’est un secret bien gardé.
Tous les Algériens le savent.
Pour la simple et bonne raison qu’ils l’ont vu de leurs yeux. Et pour la simple raison que ceux qui ont bourré les urnes ont été les premiers à aller le raconter aux autres.

Le malheur de cette fraude électorale, la plus grande fraude jamais observée dans ce pays, est qu’il existe des milliers de témoins qui ont en été les exécutants, et des millions d’Algériens qui ont assisté « en live » à ce spectacle honteux. Je ne connais pas, Monsieur le Président, les ressorts secrets qui vous animent. Mais je sais, par contre, que vous êtes mal parti.

On ne peut pas être le Président d’un pays dont 70% de la population s’est volontairement abstenu de voter.
Ne laissez pas les flagorneurs, et surtout les profiteurs voraces qui vous entourent, vous mentir sur ce point, vous faire croire que vous êtes adulé, que vous êtes le père bien aimé de la Nation, le Mehdi attendu !
Ne tombez pas dans la risible prétention de croire que vous avez la baraka ! L’argent qui vous est tombé dans le giron, et qui vous a permis d’entreprendre les très relatifs travaux dont vous vous enorgueillissez, n’est pas dû à une quelconque baraka ! Les Marabouts qui vous l’ont affirmé ne savent rien de la conjoncture mondiale qui a provoqué la flambée des prix du baril. Ils ont tout faux !

Par contre, Monsieur le président, si tant est qu’il subsiste en vous une étincelle d’humanité, si réellement vous croyez en ce Dieu devant lequel vous vous prosternez publiquement, si vous gardez à l’esprit le moment inéluctable, ou si tout simplement vous ne voulez pas léguer à la postérité la flétrissure éternelle qui ne manquera pas de s’attacher à votre personne, si vous avez la plus petite pitié pour ce peuple, si vous ne voulez pas provoquer l’irréparable disparition de notre jeune nation, il est dans vos possibilités de vous amender, et de rendre justice à ce peuple, et à cette nation, dont vous avez si injustement dévié le destin.

Il est vrai que tout a été fait pour vous rassurer. Votre régime n’a laissé émerger aucune force politique qui puisse rallier derrière elle les Algériens qui veulent en découdre avec leurs oppresseurs. Les dirigeants des partis politiques qui font mine de s’agiter sur la scène ont été corrompus jusqu’à l’indigestion. Le FFS qui a su rester fidèle à ses idéaux et à son peuple a été confiné à une seule région du pays. Nous savons qu’une cellule spéciale a été créée depuis des années pour le saborder, pour le faire infiltrer par des agents à la solde du régime, et que même en Kabylie, une propagande insidieuse est menée contre lui, pour le représenter comme étant le « parti des arabes », alors que dans le reste du pays, vous le présentez comme étant le « parti des kabyles ». Je ne suis pas un militant du FFS, mais je sais reconnaître la valeur des hommes vrais, à fortiori lorsqu’ils savent garder le cap dans une telle tourmente, et dans une telle nuisance.

Le FIS, qui a failli vous emporter tous, autant que vous êtes, et qui n’aurait jamais pu nous précipiter dans une tragédie pire que celle dans laquelle vous nous avez plongés, quel que soit le procès d’intention que nous pourrions lui faire, a eu le malheur, et l’immaturité politique, de tomber dans le piège grossier qui lui a été tendu par les généraux génocidaires.
Ses leaders, les vendeurs de poulets et les camelots, et non les universitaires et les politiciens qui avaient été éclipsés par les premiers, ont fait exactement tout ce que les putschistes voulait qu’ils fassent.

Les émirs des groupes islamistes armés, ignares et obtus, obnubilés par la longueur de barbe, l’origine du musc, et le port du hidjab, ont appliqué à la lettre les fetwas rédigées dans les locaux du DRS. Ils se sont acharnés contre les populations même qui ont voté pour leur parti.
L’un d’eux, que l’on nous présente comme un repenti, et qui se vante d’avoir égorgé de ses mains un jeune militaire qui appelait sa mère, ira jusqu’à faire un éloge funèbre appuyé au général Smaïl Lamari, le plus grand criminel contre l’humanité de la décennie rouge, et l’un des plus riches milliardaires du continent.

Le peuple algérien, totalement désorienté, et ne sachant plus derrière quels leaders se ranger, pour vous combattre et recouvrer sa dignité, n’a plus d’autre choix que de se livrer à des émeutes dévastatrices, de véritables jacqueries, des révoltes contre lui-même, contre son mobilier urbain, contre ses mairies, contre ses écoles, qu’il brûle et qu’il dévaste, ou contre ses propres compatriotes, dans des battailles rangées entre communautés, comme cela a été le cas entre les Ibadites et les Malékites à Berriane. Malgré cela, votre régime, qui a peur des Algériens, qui les hait, parce qu’il sait qu’ils le haïssent, a pris des dispositions pour parer à toute éventualité. A un remake d’octobre 88. Il a recruté plus de 200 000 policiers pour le corps de l’anti-émeute, des dizaines de milliers de gendarmes de la même spécialité. Il se sert de l’argent qui pourrait soulager la misère des Algériens, pour leur opposer leurs propres enfants, leurs propres frères, en cas de soulèvement. Des jeunes jetables et interchangeables, puisque, le chômage aidant, des dizaines de milliers de jeunes demandeurs sont inscrits sur des listes d’attente.

Des milliards de dollars ont été investis dans ces recrutements et dans l’acquisition de matériel pour réprimer violemment tout sursaut populaire.

Les jeunes Algériens, qui ne savent plus à quel saint se vouer, dans ce pays qui n’est plus le leur, qui n’ont d’autre choix que de s’engager dans les services de repression ou de monter aux maquis « islamistes », dans un pays où règne un chômage endémique, plus de 50% de la population, quoi qu’en disent vos statistiques, se jettent par milliers dans la mer à bord de fragiles esquifs pour tenter de rejoindre les rives de l’Europe. Des milliers périssent en mer, sans que cela vous émeuve. Vous vous en réjouiriez même, si ce n’était l’image catastrophique que donne de vous dans le monde entier le boat-people que nous sommes en train de devenir.

Parmi les milliers de jeunes qui se sont noyés, six cents dépouilles de nos jeunes compatriotes ont été identifiées dans la seule Espagne, et reposent, en ce moment même, dans les morgues de ce pays. Le gouvernement espagnol vous a officiellement saisi pour vous prier de faire rapatrier ces malheureux, en menaçant de les incinérer si vous tardiez à le faire.
Mais cette demande vous a paru inopportune en pleine campagne électorale. Vous aviez eu peur que l’image de ces centaines de victimes de votre régime n’altère votre image, dans le pays comme à l’étranger.

Je me rappelle d’un discours que vous aviez fait sur tous ces jeunes qui veulent quitter leur malheureux pays. Vous avez raté l’occasion d’ exprimer vos regrets, votre sollicitude, ou du moins votre incompréhension, face à une telle catastrophe nationale. Vous avez choisi d’exprimer votre mépris pour cette jeunesse, de la même façon que vous le faites à chaque fois que vous parlez des Algériens, ces gens que vous méprisez, et que vous traitez, en aparté, de moutons de panurge..
Vous étiez devant un parterre de vos sympathisants, tous ventrus, fessus et moustachus, et de vos sympathisantes, telles que nous les connaissons désormais, hurleuses, youyouteuses, presque hystériques, devant l’idole des apparatchiks que vous êtes devenu.
Voici, reproduit fidèlement ce que vous leur aviez dit : « Un jour que j’avais reçu un chef d’État étranger, vous parliez du président Chirac, un jeune s’est mis à crier visa, visa, visa, alors moi, je l’ai bien regardé, et je lui ai dit, tu veux un visa ? Et bien ciao bello, ciao bello, ciao bello » Comme si l’Algérie était votre propriété privée, et que vous puissiez en chasser quiconque ose exprimer son mécontentement, dût-il se jeter à la mer.

Voilà tout ce que vous avez trouvé à dire à un jeune que le désespoir poussait à s’arracher à sa patrie, à sa famille, pour aller se jeter sur les routes amères de l’exil. Un désespoir dont vous et vos associés de votre régime êtes les seuls responsables, devant Dieu et devant les hommes. Le plus douloureux, et qui m’a arraché des larmes de rage, a été que votre auditoire d’apparatchiks, de crétins et de crétines décérébrés, dépourvus d’humanité, a éclaté de rire.

Mon ami Addi Lahouari, Professeur des Universités à Lyon, pense que vous n’êtes qu’un outil docile entre les mains des vrais décideurs, ceux du DRS.
Contrairement à lui, et quoique je ne lui donne pas tout à fait tort, je crois que la réalité est autrement plus nuancée. Je suis personnellement convaincu que depuis la deuxième moitié de votre mandat, et particulièrement depuis le décès du sanguinaire général Smail Lamari, vous avez réussi à récupérer de réelles prérogatives.

La situation est très complexe, mais il n’en demeure pas moins que je crois que vous êtes réellement devenu l’homme le plus puissant du système. Mais ceci n’est pas forcément flatteur puisque, d’une part, vous ne mettez pas à profit votre réelle puissance pour nettoyer les écuries d’Augias, et que, d’autre part, vous êtes rentré dans une logique de chef de clan, d’arbitre entre les puissants, de distributeur de la rente, plutôt que dans celle de leader tout puissant, de père de la Nation, et d’homme providentiel.
Je crois que votre puissance obéit à un consensus entre ceux qui vous ont fait et qui se sont eux mêmes reconvertis, du statut de chefs de guerre à celui de grands prédateurs financiers.

La reconversion du très sanguinaire Mohamed Lamari, le général le plus gradé de la junte, en capitaine d’industrie en est l’archétype. Il serait intéressant de savoir combien vous lui avez donné, sur votre cassette royale, cette caisse secrète que vous utilisez comme bon vous semble, pour le pousser à la retraite. Il est certain que le montant était consistant, puisque nous l’avons vu parmi les « personnalités » qui soutenaient votre campagne électorale.

Je crois donc que vous êtes devenu réellement le vrai chef du régime, mais un chef relatif. Vous ne pouvez le rester que si vous restez dans le rôle qui s’est tacitement reconduit, par la force des choses. Tant que vous restez dans les seules attributions qui consistent à distribuer le butin entre tous les forbans qui vous entourent, et qui constituent le noyau du régime, vous restez tout puissant, capable de limoger n’importe qui, de décider de n’importe quoi.

Mais cette puissance relève d’une logique mafieuse, car vous perdriez immédiatement le contrôle de la situation s’il vous venait à l’idée de débarrasser le pays de la vermine qui l’infeste. Vous ne seriez donc qu’un chef de bande, qui dispose de la toute puissance, mais dans le seul cadre qui lui a été imposé, et qui doit s’y tenir. Et c’est là où le Professeur Addi a raison.

Aujourd’hui, et j’espère que vous en êtes conscient, le pays tout entier repose sur une poudrière. Il est vrai que toutes les dispositions ont été prises, et que des poires pour la route ont été mises de côté, par tous les barons du régime, y compris ceux de votre propre clan, dans des comptes bancaires à l’étranger. En cas de « somalisation » du pays. Nous savons que tous les barons du régime, y compris ceux de rangs subalternes, comme les Walis, les responsables sécuritaires locaux, et autres satrapes, ont des placements et des biens à l’étranger. Certains, comme votre ministre du pétrole, votre ministre de l’intérieur et tant d’autres, ont même pris la précaution d’installer leurs familles aux USA et dans d’autres pays.

Mais il faut que vous sachiez que si le pays explose, et tous les ingrédients sont réunis pour le faire exploser, y compris des discours séparatistes, ce serait une tragédie sans précédent. Trop de mal a été fait à ce peuple. Trop de rancune y a fermenté. Trop de nos compatriotes ont été nourris de haine et d’ignorance. Ce serait terrible. Et vous en porteriez la responsabilité, devant Dieu, devant les hommes , et devant l’Histoire. Réfléchissez y, Monsieur le Président !

Aujourd’hui que les jeux sont faits, et que des circonstances favorables ont aidé à asseoir votre suprématie sur le régime, il est dans vos moyens, si tant est que vous vous armiez de courage, de forcer le carcan dans lequel vous avez été enfermé. Il est dans vos possibilités, même si cela n’est pas dans votre nature, de vous ranger du côté de votre peuple, de vous repentir de tout ce que vous avez contribué, un tant soit peu, à lui faire endurer, de chasser l’ogre qui se nourrit de la chair de nos enfants, et qui nous mène droit au désastre.

Le mal est fait ! Mais vous pouvez faire en sorte de le réparer.
En rendant au peuple ce que votre régime lui a volé. Sa liberté, sa dignité, sa souveraineté.
En chassant de sa vie les monstres odieux qui ont pris son pays et son destin en otage.
En mettant fin au pillage honteux de ses richesses.
En ne soutenant pas à bout de bras ces partis politiques qui se sustentent de notre chair, et qui contribuent au pillage de nos richesses.
En mettant à la retraite d’office tous ceux qui se servent des prérogatives que leur confère la loi, et la nécessité, pour leurs sordides intérêts.
En levant l’État d’urgence.
En mettant en route une vraie politique d’amnistie générale, basée sur la reconnaissance publique des crimes, sur une enquête objective et approfondie des causes et des circonstances de la tragédie qui a suivi l’interruption du processus électoral.
En ordonnant une enquête objective et approfondie sur les disparus, sur la pratique de la torture, sur l’instrumentalisation délibérée et criminelle de la violence.
En renonçant à la construction de la plus grande mosquée du monde, car contrairement à ce que vous pourriez croire, ce projet ne vous fera pas entrer au paradis, et en utilisant le financement qui lui était destiné au lancement de dizaines de milliers d’entreprises, pour notre jeunesse. Des projets viables, et non des prétextes de pots de vin pour une faune de profiteurs.
En procédant à la dissolution immédiate du Parlement, et en légiférant par ordonnance, en mettant en place un dispositif qui permette au peuple algérien de choisir ses représentants en toute démocratie, sans « machine électorale »
En mettant en place un dispositif qui puisse permettre aux Algériens de désigner, en toute démocratie, une assemblée constituante.
En procédant à la dissolution du DRS, et en le remplaçant par une structure dont les prérogatives consistent, non pas à terroriser la population, mais à défendre l’intégrité du pays.
En interdisant à l’armée de s’immiscer dans les affaires politiques du pays, et à ne se consacrer qu’à son rôle de défense du pays contre toute menace extérieure.
En rendant réel et effectif le principe qui consiste à ce que la loi soit au dessus de tous.
En rendant le FLN à l’histoire collective de la nation et en le soustrayant à ceux qui ont en fait un outil au service des barons du régime.
En permettant à l’UGTA, et aux syndicats autonomes de se consacrer librement à la pratique syndicale et de choisir librement leurs représentants.
En donnant congé à tous ceux qui comme votre premier ministre, n’auraient aucune chance de figurer parmi les grands serviteurs de l’Etat, si ce n’était l’harmonie de leur vraie nature avec celle du régime prédateur qu’ils ont servi à nos détriments.
En instituant un plan orsec d’aide aux plus necessiteux.
En investissant dans l’agriculture et l’agroalimentaire, plutôt que dans l’acquisition de produits de consommation aussi inutiles que nuisibles, comme cet immense parc automobile qui nous a placé au triste record de 4eme pays mondial en termes de victimes d’accidents de la route, juste pour enrichir une dizaine de généraux et leurs associés.
En mettant en place un système de scolarité fondé sur la modernité et l’universalité.
En mettant en place un conseil de sages, de linguistes, et d’universitaires es-qualité, pour réfléchir au développement, à l’harmonisation et à l’officialisation de la langue berbère, pour que celle-ci sorte de son statut vernaculaire, et qu’elle puisse accéder au rang de langue véhiculaire, dont l’enseignement puisse être accessible, et utile, à tous nos enfants, qui pourront ainsi faire leur la langue de leurs propres compatriotes.
En restaurant la Casbah et tout notre patrimoine historique qui tombe en ruines.
En revivifiant les arts traditionnels de notre pays.
En encourageant la recherche scientifique, la production artistique et intellectuelle.
En ouvrant le champ médiatique aux professionnels de l’information, ceux là qui se feront un devoir de ne pas se laisser embrigader par des groupes de pression.

Je pourrais ainsi citer une infinité de mesures de salubrité publique qui seraient susceptibles de parer au plus pressé, et de remettre le pays sur le chemin du droit, de la démocratie, et de la justice.
Mais ce n’est là qu’un rêve éveillé, un exutoire du ras-le-bol que je ressens, car cette lettre que je vous fais n’est que l’opinion d’un simple citoyen algérien, qui ne s’exprime qu’en son nom personnel, et qui ne pourrait se substituer à la volonté populaire. Mais il est dans vos possibilités de faire un bien d’un mal.

Je finirai cette lettre en vous disant, toutefois, que je ne crois pas que vous le souhaitiez, et encore moins que vous puissiez l’entreprendre.
Ce serait là l’œuvre d’un géant, d’un héros et d’un sauveur.
Très sincèrement, je ne crois pas que vous en ayez l’étoffe.
Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude !

Djamaledine Benchenouf (Un citoyen algérien qui n’a jamais voté.)

legrandsoir.info / lequotidienalgerie.com

8.Posté par dessak le 29/06/2009 11:26 | Alerter
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Il n'y a pas espoir de voire ce pays sortir du tunnel de la corruption, de la torture et des disparitons ...Il n'y a egalement pas d'espoir de voire ce pays gouverne par des seniles qui sont aux commandes des affaires -leurs affaires- du pays depuis 1962 ...Bouteflika est le symbole de la depravation, du mensonge et de la rapine...le voila toute honte bue entrain de preparer son frere comme successeur. Il est le CANCER de l'Algerie avec l'aide de l'ETAT FRANCAIS. Parcequ'il faut bien le dire la FRANCE est l'ennemi de tous les peuples africains et demeure le plus fidele ami de leurs dirigeants....Le mouvement anti-francais qui est entrain de prendre de l'ampleur dans beaucoup de pays d'afrique y compris l'Algerie est bien justifie. Apres pres de 50 ans de decolonisation, les ex-francaises sont dans un etat lementable de sous-developpement dans tous les domaines ...l'exemple de l'Algerie est edifiant, le cautionnement donne aux generaux apres la victoire electorale de 1992, finira par se repercuter sur les rapports franco-algeriens et deja des lobbys se constituent pour demander le remplacement du francais par l'ANGLAIS, langue de business et d'emancipation economique et politique...
Je crois que le peuple Algerien n'est pas pret d'oublier que le silence de FAFA -on l'appelle ainsi en algerie- sur les crimes commis par les generaux sous pretexte que le bruit des bottes est preferable a celui des barbus finira par entrainer toute l'Afrique du nord dans le giron anglo-saxon, meme si comme on veut reellement le faire croire -certains francophones- que le francais se porte bien...

9.Posté par Rakovski le 29/06/2009 23:18 | Alerter
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Ok, on vous entend cracher sur Boutef, sur les généraux (sans le moindre début de preuves, sans aucune source, ce qui est la porte ouverte à toutes les affabulations !).


Mais après tout, Boutef n'est pas le père du peuple algérien. Ce n'est pas Boutef qui commande aux algériens de jeter leur ordure à même le sol, dans les rues, ce n'est pas Boutef qui ordonne aux jeunes de se souler sur les plages commes des porcs et de briser les bouteilles en verre sur le sable, Ce n'est pas Boutef qui commande aux commerçants de vendre de la viande avariée et autres produits périmés !

Ce n'est pas Boutef qui dit aux chauffeurs de doubler comme des fous, tuant des familles entières...

Par contre, on boit en Algérie, pousser des immeubles d'habitation, des routes, des autoroutes, des prêts aux jeunes agriculteurs. Et quand on est dans la pauvreté, un appartement, un toit, c'est une renaissance.

Alors bien sur, ces immeubles tout neuf sont souvent construit avec du sable de mer, si bien que le béton fissure au bout de deux ans, bien sur les finitions sont vraiment merdiques, mais Boutef n'est pas responsable du retard et du sous-développement. Bien au contraire, par ces actions, ils contribuent à développer l'Algérie.


POur ma part, je donnerais plutot des conseils à Boutef et aux généraux : messieurs, investissez dans la peinture blanche et les livres pour les jeunes.

Riez, vous pouvez. Je m'explique...

Quand une famille a vu son fils, sa fille, son petit ange, mourir écrasé par un chauffard... Que font-ils ? Ils érigent un dos d'âne dans la plus totale illégalité !

A l'indiscipline des chauffeurs, répond l'indiscipline des parents meurtris.


Alors que la solution est toute simple. Quand vous traversez l'Algérie, rares sont les passages piétons, ils remontent à l'époque française.

Il faut peindre dans les villes des milliers de passages piétons, et faire apprendre par les instituteurs, aux jeunes enfants à traverser uniquement sur les passages piétons. C'est une mesure qui ne coutera rien et permettra de sauver la vie de centaines d'enfants. Et au delà, c'est une manière d'inculquer aux enfants, un début de discipline, d'organisation, de règles.

Pour les livres, investissez dans les livres, copiez et copiez encore tout ce que vous pouvez copier, sans vous soucier des droits d'auterus. Chaque école, chaque municiplaité, chaque mosquée doit disposer d'une bibliothèque. Il faut fournir aux enfants dès livres gratuitement, par un système de prêt public. En la matière, on doit prendre modèle sur la Chine.

L'Algérie peut très vite sortir de son sous-développement intellectuel, si elle investie dans l'achat , la copie à grrande échelle et la mise à disposition gratuite de livres, et ce dès l'âge de 5 ans.

Toute la discipline ne peut s'acquérir qu'à l'école, à condition que les écoles soient pourvus de bibliothèque, de médiathèque, que l'Etat copie à grande échelle tous ce qu'ils peut copier, qu'il érige des médiatèques, qu'ils distribuent des bourses aux plus nombres pour leur soif de connaissance.




Bon vent à Boutef.



10.Posté par Ghorab le 02/08/2009 13:12 | Alerter
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l'algérie va vers les zaouiette et les kalifs de la famille bouteflika le violeur de la constitution et ses complice du parlement ainsi que l'integriste belkhadem et la famille rouyale excusez moi je voulais dire revolutionnaire enfin bref quand le peuple est ignorant tout le monde paye la facture

11.Posté par Abramhs le 14/09/2009 02:21 | Alerter
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Débat :
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La grogne du ministère de l'Energie et des mines

par Y. Mérabet *
«Vers 2020, l'Algérie aura sa première centrale nucléaire et nous aurons une centrale tous les cinq ans après», avait déclaré le ministre algérien de l'Energie et des mines, à la radio algérienne, le 24 février dernier 2009. Le 14 juillet 2009, il met fin au rêve algérien du nucléaire en déclarant : «l'énergie nucléaire n'est plus une priorité pour l'Algérie. La création d'un institut de l'engineering atomique à Ghardaïa ne signifie pas pour autant que l'Algérie a décidé de se doter d'une centrale nucléaire».



L'Algérie de tout le monde

L'Algérie a besoin plus que jamais de diversifier ses sources d'énergie pour faire face à l'après-pétrole, l'énergie nucléaire est la seule source énergétique qui pourrait remplacer le pétrole et le gaz, sa matière première est abondante dans notre pays, il suffirait seulement de la valoriser. Depuis de longues années, l'Algérie a beaucoup investi dans le nucléaire. L'ambition des dirigeants algériens de l'époque était de doter le pays d'un parc de centrales électronucléaires, qui remonte aux années 1970. Il était alors question de construire plusieurs centrales de 600 à 900 MW qui devaient assurer l'alimentation en énergie électrique et se substituer au gaz et au pétrole plus facilement exportables. Un effort considérable dans la formation du potentiel scientifique et technique a été déployé avec l'assistance de l'AIEA qui a financé, dans les années 1980, l'acquisition d'équipements et la formation de plusieurs centaines de chercheurs et techniciens dans ce domaine. Cette coopération s'est développée encore plus après la création en 1982 du Haut-Commissariat aux énergies nouvelles. Aujourd'hui, l'Algérie voit sa filière nucléaire détruite et son parc ne compte seulement que deux réacteurs de recherche et d'application, lui servant de pièce de musée scientifique, l'un d'une capacité insignifiante exposé à Draria pour les étudiants, l'autre, d'une ancienne technologie, périt dans les sables d'Aïn Oussera en attendant le retour des enfants prodigues du pays. Ces réacteurs furent programmés et construits sous le régime nationaliste fort, de l'avant-dernière décennie, d'autres gens se sont emparés du pouvoir et détruisirent tout ce que les autres ont fait de bien en l'occurrence le secteur de l'Industrie, de l'Agriculture et de l'Energie. Quelques élites nationales rescapées de la répression dirigée par l'équipe Chakib Khalil réussirent à convaincre le gouvernement algérien pour reprendre le dossier du nucléaire algérien, qui fut confié malheureusement là où il ne fallait pas et là où les secrets d'Etat se vendent (Le Quotidien d'Oran du 12/10/2005 « Notre énergie au futur» par Y. Mérabet de la AARI). En lisant les déclarations de nos responsables, on a le pressentiment que ces gens là n'ont rien à voir avec l'Algérie et qui ne sont pas concernés par son futur, écoutons ces phrases « La création d'un institut à Ghardaïa ne signifie pas pour autant que l'Algérie a décidé de se doter d'une centrale nucléaire», « La création d'une centrale nucléaire exige une analyse profonde avant la prise de décision politique, qui tient compte de ses avantages mais également de ses inconvénients tant sur le plan financier qu'environnemental». Quel est votre jugement ? Eh bien ! L'acquisition de moyens de dissuasion pour protéger notre souveraineté nationale vaut plus que sa peur, car c'est une continuité de la Révolution algérienne que nous devons tous assumer, c'est le rêve de tout Algérien de voir son pays puissant. L'Algérie est signataire du traité de non prolifération (TNP) le 30 mars 1996. En décembre de la même année, a été créé le Commissariat pour l'énergie atomique (Comena), principal instrument de la stratégie algérienne dans le domaine de l'énergie nucléaire. Une de ses missions est de promouvoir l'utilisation de cette énergie dans les secteurs de l'agriculture, l'hydraulique, l'industrie, la santé, l'aménagement du territoire ou les travaux publics. Le Comena a également pour mission d'assurer les conditions de stockage des déchets radioactifs et de veiller à leur gestion et contrôle. Deux accords de garantie ont été signés avec l'AIEA pour ces réacteurs, deux conventions sur la notification d'accident et sur l'assistance technique en cas d'accident et une convention sur la sûreté nucléaire. Depuis 2005, un décret fixe le cadre réglementaire de la gestion de ces déchets. Le Comena envisageait l'emploi de l'énergie nucléaire pour la production d'électricité et ses responsables souhaitent utiliser l'énergie nucléaire dans le vaste programme de production d'eau dessalée lancée par Algerian Energy Company (AEC) sur le littoral algérien, tout cela s'est traduit par de cuisants échecs que nous fait subir ce ministre. Le développement du nucléaire en Algérie devrait faire partie d'un vaste programme mondial de reconversion de la source fossile en source fissile en grande partie, mais aussi pour l'industrie militaire et civil. Mais les autorités algériennes n'arrivent pas à franchir les barrières imposées par l'AIEA et les pays européens pour priver l'Algérie de l'acquisition de cette industrie très lucrative. Même si l'Algérie arrivera à construire ses propres centrales, elle ne pourra pas produire de l'électricité librement, car elle se heurtera à la monopolisation de la production et la commercialisation du combustible par les trois principales puissances nucléaires à savoir la France, les Etats-Unis et la Russie, mais cela ne devrait pas nous décourager, l'exemple de l'Iran est devant nos yeux. De fortes pressions jusqu'à la menace d'intervention militaire ont été exercées sur la République islamique d'Iran par les Etats-Unis, leurs alliés européens, les monarchies arabes, Israël et même la Russie pour le priver de fabriquer son propre combustible. L'Algérie, à la tête d'un Chakib Khalil, n'arrivera jamais là ou les Iraniens sont arrivés, c'est une question d'identitaire, de patriotisme et enfin d'hommes. Au manquement de tout ça, la question du nucléaire algérien doit se traiter dans le plus grand secret d'Etat, et non dans un Souk semblable à l'Immeuble Ahmed Gharmoul, lieu de la haute corruption où tout se vend sur nos têtes. Mon pays est déshabillé, il est nu.



L'avancée du Maroc et de la Tunisie dans le nucléaire civil

Plus discrètement, nos frères marocains avancent aussi à pas mesurés sur la voie du nucléaire. Avec une particularité de nature à intéresser les responsables tunisiens : le Maroc compte sur ses gisements de phosphate et celui du Sahara Occidental. En 2007, lors du voyage de Nicolas Sarkozy au Maroc, la présidente du Directoire d'Areva a signé avec le directeur général de l'Office chérifien des phosphates (OCP) une déclaration d'intention qui porte sur l'extraction de l'uranium de l'acide phosphatique marocain, signé lundi 22 octobre, et prévoit notamment de «lancer en commun une étude de faisabilité pour un site industriel de production d'uranium» à partir des phosphates. Selon l'AIEA, l'extraction de l'uranium contenu dans l'acide phosphorique, fabriqué à partir des minerais de phosphates marocains des gisements de phosphates du Maroc avoisineraient les 6 millions de tonnes. Areva et l'OCP prévoient notamment de lancer en commun une étude de faisabilité pour un site industriel de production d'uranium à partir d'acide phosphorique. RIA Novosti. La Russie à son tour s'intéresse au nucléaire marocain, elle compte construire une centrale nucléaire fonctionnant au phosphate par la société russe Atomstroyexport, selon les officiels marocains. Les experts et dirigeants de la compagnie russe ont choisi le site de Sidi Boulbra, où pourrait être construite la première centrale nucléaire marocaine qui produira 1.200 MW. Les Russes envisagent de construire un institut d'engineering atomique sur le site même. Des négociations sont notamment menées avec la Turquie, au niveau intergouvernemental et entre compagnies industrielles, pour la réalisation d'autres centrales. Atomstroyexport est la plus grande compagnie russe mettant en oeuvre des accords intergouvernementaux sur la construction de sites nucléaires à l'étranger. A l'heure actuelle, elle est la seule à construire parallèlement sept réacteurs en Chine, en Inde, en Iran et en Bulgarie. Soit «deux fois plus que les ressources mondiales connues des gisements d'uranium ». Mêmes soucis du côté de la Jordanie. Le Royaume hachémite importe actuellement à hauteur de 96 % pour faire face à ses besoins en énergie. Près de 20 % de son PIB est ainsi dépensé en énergie. Or, voici qu'aux dernières nouvelles, les quelque 1,2 milliard de tonnes de phosphate qu'il a en réserve pourraient receler 130.000 tonnes d'uranium. Le géant minier anglo-australien Rio Tinto a été chargé de son extraction. Un contrat a été signé en ce sens, le 23 février. Soit quelques mois à peine après la signature d'un protocole d'accord entre la Commission jordanienne de l'énergie atomique (JAEC), l'Atomic Energy of Canada Limited (AECL) et la SNC-Lavalin International, l'un des tout premiers spécialistes du nucléaire mondial et qui... maîtrise (réellement) l'extraction de l'uranium à partir du phosphate. La SNC-Lavalin était d'ailleurs bien présente dans notre pays en février dernier pour faire la promotion de sa solution. Faut-il rappeler encore une fois que la Tunisie produit 8 millions de tonnes de phosphate marchand, ce qui la place au 5ème rang mondial des pays producteurs. La Tunisie est en deuxième position parmi les Etats qui valorisent le plus ce précieux minerai. 85 % de sa production sont ainsi valorisés. Rien qu'à l'usine de la Skhira, on produit ainsi plus de 375.000 tonnes d'acide phosphorique par an. Tout dernièrement, le Groupe chimique tunisien (GCT) de Gabès a annoncé la mise en chantier de plusieurs projets d'ici 2011. Dont un projet d'unité de production d'acide phosphorique d'une capacité de 400 tonnes par jour. Or, l'uranium peut aussi être récupéré à partir de l'acide phosphorique. Les phosphates tunisiens et marocains marquent le pas (Le Quotidien d'Oran du 21/04/2009 «phosphates pour le Maroc et uranium pour la France» par Y. Mérabet et du FINANCIER du 23/04/2009 « Les phosphates au Maghreb : enjeu politique, enjeu d'avenir» par Y. Mérabet).



L'Algérie opte pour le projet ‘Desertec', un projet énigmatique

Produire de l'électricité à partir du soleil est un rêve d'enfant que les Européens veulent réaliser à l'échelle planétaire. Le projet Desertec est née de l'idée qu'une pénurie d'énergie fossile et fissile se dessine à l'horizon proche, la baisse et la hausse des prix du pétrole sont devenues propriété des charlatans, le facteur énergétique de certains pays européens devient impayé, les guerres du pétrole s'annoncent un peu partout etc. L'idée de reprendre ce rêve d'enfant a pris naissance chez un groupe de responsables et d'entreprises allemandes qui pensent que le soleil appartient à toute l'humanité et chaque personne doit bénéficier gratuitement de cette énergie, sans payer un sous. Le Centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) a mené de menues études techniques, financées par le ministère allemand fédéral de l'Environnement. L'étude a permis de conclure qu'en moins de 6 heures, les zones désertiques du globe reçoivent du soleil la quantité d'énergie que l'humanité consomme en une année. La fondation Désertec s'est ainsi lancée le défi d'exploiter cette énergie inépuisable à un coût raisonnable et prendre en charge ce vaste projet par des fonds récoltés chez les plus riches de la planète. Le projet prévoit la construction de vastes centrales solaires thermiques à concentration (CSP, en divers points d'Afrique du Nord et du monde arabe). Les études ont montré qu'il suffirait d'installer des champs de collecteurs solaires sur environ 0,3 % des surfaces désertiques du globe pour couvrir l'ensemble des besoins mondiaux en énergie. En complément, il est prévu d'exploiter l'énergie éolienne le long de la côte marocaine et en mer Rouge, et d'utiliser d'autres techniques solaires telles que le photovoltaïque concentré. Douze grandes entreprises européennes, en majorité allemandes, ont créé un consortorium de bureau d'études. Un bureau doté d'un budget de 1,8 million d'euros pour élaborer des plans d'investissement réalisables au cours des trois prochaines années sur l'énergie solaire en provenance du monde arabe et probablement d'Afrique (pour le moment les pays d'Afrique noire n'y figurent pas dans le programme ‘Desertec). Le consortium fondé est mené par le réassureur Munich Re et la fondation Desertec. Il rassemble les géants allemands de l'énergie E.ON et RWE, la Deutsche Bank, le conglomérat Siemens, des fabricants de solaire comme l'espagnol Abengoa Solar, et enfin le groupe agroalimentaire algérien Cevital. Le projet, devisé à 400 milliards d'euros (environ 600 milliards de francs), doit permettre à l'Europe d'obtenir une importante source d'énergie non polluante et lui permettre donc de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre et aussi sa facture. Reste que ce projet porteur d'avenir pose encore de nombreuses questions, comme les lieux d'implantation de ces installations, le coût du courant produit, le bénéfice qu'en tireront les pays arabes, le manque de stabilité politique dans presque toutes les régions productrices et, même, le financement de ce projet. Reste aussi à connaître l'implication des Etats et ce, même si la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont chaudement salué l'initiative. Car Angela Merkel a aussi exprimé ses doutes quant à la participation d'autres pays européens que l'Allemagne, car à présent les opinions des 27 divergent sur l'adoption d'une politique énergétique globale de l'union. A savoir que le projet «Desertec », d'un coût global de 400 milliards d'euros, vise à fournir, d'une manière durable aux pays de ‘zone d'ombre', de l'énergie solaire gratuitement à partir d'un monde plus ensoleillé, mais mal éclairé. Le procédé industriel de ce moyen de se procurer de l'énergie ‘facile' porte sur la production d'énergie électrique par des centrales thermiques solaires. Soustraire massivement de l'énergie à la nature sans penser aux conséquences écologiques qui peuvent être dramatiques pour les pays qui habiteront ces champs de verre. Le projet Desertec prévoit aussi des parcs éoliens au large de cette région d'Afrique et du nord, notamment sur les côtes pour diminuer de peu la vitesse du vent. Alors que l'énergie soustraite à la nature devrait être transportée aux centres de recharges européens par des lignes de transport de travées de haute tension et de courant direct (HVDC). Le projet prévoit aussi la construction de plusieurs centrales solaires de taille moyenne entre 50 et 200 MW sur une vingtaine de sites s'étendant du royaume du Maroc au royaume de l'Arabie saoudite, les Européens veulent diversifier leurs points d'approvisionnement dans des lieux amis. Le coût de cet investissement a été estimé à 400 milliards d'euros jusqu'en 2050, dont 350 milliards d'euros pour la construction des centrales et 50 milliards pour les lignes de transmission nécessaires, selon Siemens. Mais cela mettra des années pour convertir totalement leur mode énergétique, passer du fossile au solaire ce n'est pas tâche facile, alors que la pénurie de l'énergie conventionnelle s'annonce pour demain. Cela risque que ce chantier-fiction de reconversion des énergies risque de ne pas être achevé à temps. Alors, à cet effet, nous interpellons les responsables de tenir bon aux tentatives européennes qui cherchent à détruire notre développement certain par l'énergie conventionnelle (fossile et fissile) que nous possédons en abondance. Développé pour la première fois dans les années 1970, le concept «Desertec » a été relancé à partir de 2000 et fait actuellement l'objet «d'intenses débats », au niveau européen. Les premiers essais complets du projet Desertec, ça se passe ici chez nous en Algérie à la centrale hybride de Hassi R'mel, alors, nous devions être les premiers à bénéficier de la plus grande quote-part du projet Desertec. Le Maroc, enfant gâté de l'Union européenne, vient de bénéficier trois (3) fois plus de centrales de concentration que l'Algérie, qui possède une surface fortement ensoleillée six (6) fois plus grande que celle du Maroc. C'est une manière de l'impérialisme européen d'investir dans les conflits entre pays frères ? Dans le même sens que le premier, une nouvelle initiative de complémentarité «Desertec II », qui comprendra un nombre d'entreprises de renom, a été mise en place avec pour objectif de développer, à moyen terme, «un concept technique et économique pour l'énergie solaire de l'Afrique », a-t-on expliqué. D'après des données contenues dans l'étude, la production mondiale d'électricité devrait passer de 21.000 Térawatt/heure (TWH) en 2008 à 37.000 TWH en 2030. Le transport de l'électricité jusqu'à l'Europe en serait notamment la raison, compte tenu qu'acheminer 1 GW coûte environ 250 millions d'euros sur 1.000 km. Pour l'instant, le projet ne serait donc pas rentable, mais les experts misent sur la raréfaction annoncée des énergies fossiles où le prix du baril de pétrole dépassera les 400 dollars, pour s'assurer que ‘Desertec' sera rentabilisé. Dans pas moins de 20 ans, peut-être, l'idée mûrira et l'électricité solaire pourrait ainsi être l'une des plus intéressantes pour l'Occident industrialisé. Quant à la technologie utilisée, il s'agirait de l'énergie solaire thermique : des miroirs paraboliques produisent de la vapeur d'eau à très haute température et sous forte pression, ce qui va actionner une turbine à vapeur attelée à un générateur pour produire de l'électricité. Le projet Desertec ne pourrait être réalisé avant la mise en marche de l'Union pour la Méditerranée et l'effacement de tous les litiges politiques qui oppose les Européens au reste du monde ensoleillé ; le Sahara occidental, la reconnaissance d'Israël par l'entité arabe, la reconnaissance de la souveraineté des pays africains etc. En effet, dans ce projet, les contraintes ne sont pas seulement techniques, elles le sont aussi politiques : l'Europe devrait prendre une position claire envers le monde arabe et africain et traiter les problèmes communs avec équité, s'abstenir de soutenir les agressions israéliennes contre l'Etat palestinien, l'Iran, la Syrie et le Liban. Du point de vue technique, les entraves suivantes devront être levées : d'une part, les centrales doivent être installées dans des pays stables politiquement pour garantir la sécurité de l'approvisionnement européen en électricité; d'autre part, il faut trouver les moyens de financer des investissements colossaux, d'autant que le projet est supposé pouvoir s'autofinancer à long terme. Au départ, il aura bien entendu besoin d'une sécurité d'investissements, par exemple, une garantie d'achat à un prix fixé, sachant que l'électricité ne doit pas être subventionnée pendant toute la durée. Desertec doit remplacer l'utilisation de l'énergie fossile et fissile évaluée à environ 18 000 TWh/an) par le solaire en si peu de temps ? Mais Desertec ne se limitera pas à la production d'énergie : il participera aussi au développement des pays d'accueil grâce à la création de milliers d'emplois grâce à la construction d'usines de dessalement d'eau de mer pour les populations. En complément, il est prévu d'exploiter l'énergie éolienne le long de la côte marocaine et en mer Rouge, et d'utiliser d'autres techniques solaires telles que le photovoltaïque concentré.



Conclusion

Les gisements d'énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) et fissiles (uranium), même les plus extrêmes, ne représentent quant à eux que quelques dizaines d'années au rythme de leur consommation actuelle, et comme cette consommation ne cesse d'augmenter avec notamment la soif des « économies émergentes» des pays les plus peuplés de la planète (Chine, Inde, Brésil) à imiter nos propres comportements, l'échéance de leur épuisement ne cesse de se rapprocher. L'énigmatique projet ‘Desertec' sur lequel l'Algérie pense bâtir son futur énergétique est à écarter pour le moment, l'énergie nucléaire reste la seule solution durable pour la continuité de notre développement de l'après-pétrole.

*Expert en énergie

12.Posté par Romana le 24/04/2010 21:58 | Alerter
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@ l'autonomie de la Kabylie

Ok chiche.
Et après la séparation de la grande et de la petite Kabylie
puis la séparation des villages en famille et tribu
et après de nouveau colonisable.

Pauvre ignorant et irrespectueux des Kabyles morts pour l'indépendance de ce pays.

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