Conflits et guerres actuelles

L'Afrique et le débraquement US


Le commandement militaire américain pour l'Afrique, l'Africom, n'a pas encore débarqué. Il a déjà un site Internet qui explique qu'à partir d'octobre 2007, c'est-à-dire aujourd'hui, il aura une capacité opérationnelle initiale et qu'en octobre 2008 il sera pleinement opérationnel.


assawra@yahoogroupes.fr
Mardi 2 Octobre 2007

par M. Saâdoune, Le Quotidien d'Oran, 1 octobre 2007 « L'équipe de transition » de l'Africom sera logée au départ au siège du commandement des Etats-Unis en Europe (Eucom), en Allemagne, en attendant de trouver des pays africains qui acceptent de l'accueillir. On sait que les Américains sont déjà présents à Djibouti et en Ethiopie, qui a été adoubée par les Américains comme allié dans la « Global War » et qui a été chargée d'éradiquer les islamistes de Somalie. Le Libéria est le seul pays d'Afrique à s'être déclaré prêt à accueillir l'Africom. Certains le souhaitent mais n'osent encore le dire. Mais globalement, les pays africains observent que les Américains ont la fâcheuse tendance d'apporter dans leur sillage le terrorisme qu'ils sont censés combattre et sont hostiles à l'Africom. C'est cette hostilité réelle qui a conduit les Américains à « alléger » leur projet. Il n'est plus question de bases militaires mais d'un personnel réparti entre plusieurs pays africains. Toutefois, cette version souple n'est pas davantage rassurante pour les pays africains, qui craignent de se retrouver, contre leur volonté et leurs intérêts, embarqués dans des croisades dévastatrices. Le cas irakien, où le Congrès américain s'arroge outrageusement le droit de voter en faveur d'une partition de l'Irak, montre que les choses risquent d'aller très loin, les intérêts de l'Empire faisant fi aussi bien du droit que de l'histoire. C'est que nul en Afrique ne doute vraiment que les intentions américaines sont très peu philanthropiques. Le contrôle des ressources énergétiques, but réel de l'occupation de l'Irak, est également en arrière-plan du projet de création de l'Africom. D'ailleurs, le président américain a choisi d'annoncer officiellement le projet de création le 6 février 2006, au moment même où le président chinois terminait une tournée remarquée en Afrique. Le message était direct: il s'agit de contrer une Chine devenue trop active en Afrique, notamment dans les secteurs énergétiques et miniers. On connaît le discours occidental de mauvaise foi sur la « sinisation » de l'Afrique, un discours de ceux qui n'admettent pas la fin de la chasse gardée et l'entrée de la Chine dans la compétition économique. Les fruits amers de la « guerre globale contre le terrorisme », on en connaît les effets dévastateurs en matière de droits de l'homme et des peuples. « Le plus grave serait que cette croisade soit couverte formellement par l'aval des Etats africains », nous disait récemment M. Abdelhamid Mehri. On peut constater que la tendance des pays africains reste très réservée, même si elle ne s'exprime pas franchement. Sans surprise, la position la plus ferme est venue d'Afrique australe, où le poids politique et moral de l'Afrique du Sud est décisif. Le ministre sud-africain de la Défense, Mosiuoa Lekota, a réaffirmé récemment l'opposition des pays africains à l'installation d'un commandement américain sur le continent. C'est une « position continentale », avait-il déclaré. Il faut le souhaiter du moins.


Mardi 2 Octobre 2007

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