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Katmandou, le centre de l’espionnage étasunien en Asie du Sud


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Samedi 18 Octobre 2008

Katmandou, le centre de l’espionnage étasunien en Asie du Sud
La nouvelle ambassade des États-Unis à Katmandou occupe le terrain d'un ancien refuge des opérations de la CIA au centre de la capitale népalaise. L'ambassade, dans le quartier de Maharajgunj à Katmandou, un long bloc dont la structure ressemble à une forteresse, est un objet de dérision dans la population népalaise. L'ambassade est construite selon la norme architecturale stalinesque, aujourd’hui banale dans les nouvelles ambassades étasunienne des quatre coins du monde : structures rectangulaires austères faisant penser que les États-Unis sont une forteresse impénétrable fermée au monde extérieur.



    Il n’y a aucun moyen de prendre le bâtiment monolithique de l'ambassade en photo depuis une voiture, car sa façade est bien protégée par du personnel népalais sous contrat.



    WMR a parlé à un certain nombre de Népalais et à des sources étrangères informées, qui ont confirmé que l'espionnage était et est la priorité numéro un de la mission diplomatique étasunienne dans la capitale du Népal. L'actuel ambassadeur des Etats-Unis, Nancy Powell, a été décrite du genre « bizarre » par un fonctionnaire népalais. Elle n'a rien fait pour convaincre l'administration Bush de renoncer à cataloguer comme « terroriste » le Parti Communiste maoïste qui gouverne désormais le Népal en coalition avec deux autres partis communistes.



    Une opinion répandue dans la communauté du renseignement est que l'administration Bush pourrait tenter de procéder à un nouveau massacre, comme celui qui a servi ses plans, exécuté contre la famille royale en 2001. Cette fois-ci, l’ancienne Armée de Libération du Peuple maoïste (APL) du Népal est désarmée et fait l’objet d’un plan intégration dans l'armée et la police du Népal. En attente, l'APL a été dirigée dans des camps de confinement supervisés par la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP), qui est maintenant en train d’essayer de ralentir le processus d'intégration militaire, ainsi que l'écriture de la nouvelle constitution népalaise. L’action de blocage de la Mission des Nations Unies et du chef Ian Martin, dans le contexte d’un marché nucléaire entre l’Inde et les États-Unis, pourrait être le prélude à un autre coup d’État au Népal, conçu celui-ci par les États-Unis pour déstabiliser un pays situé au milieu de la Chine, de l’Organisation de Coopération de Shanghai et de l'Association Sud-Asiatique de Coopération Régionale. Dans le cas d'un coup d’État, les rangs désarmés de l’APL feraient l’objet d’un massacre semblable à la purge anticommuniste sanglante des années 60 en Indonésie, menée par le gouvernement indonésien assisté par la CIA.



    La nouvelle ambassade n’a pas été construite par des entrepreneurs népalais. Le Ministère des Affaires Étranges a engagé à la place du personnel de construction venant de Turquie, Kazakhstan, et Égypte, faisant monter le coût de main-d'œuvre, car les ouvriers étrangers étaient logés dans certains des hôtels les plus chers de Katmandou.



    L'ambassade est construite sur le terrain du Brahma Cottage, un centre commun pour les opérations de l’Unité du Dispositif de Surveillance de la CIA et du Ministère des Affaires Étranges. La CIA avait engagé des népalais pour surveiller le palais du Prince de l’époque, Gyenendra, et le quartier général de la police népalaise. Gyanendra était devenu Roi après le coup d’État régicide du 1er juin 2001 contre la famille royale. Le Parti communiste (maoïste) du Népal et ses partenaires de la coalition ont plus tard destitué Gyanendra et instauré la nouvelle République Fédérale Démocratique du Népal.




    Le centre de la CIA au Brahma Cottage, qui est à côté du palais de Gyanendra, a aussi été utilisé par la CIA pour planifier le régicide et le coup d'État avec l'aide d’anciens officiers de la police népalaise et la coopération du Research and Analysis Wing (RAW) de l'Inde. L'ancienne ambassade étasunienne était en face de la rue du Brahma Cottage.



    En septembre 2002, j’ai écrit : « Dans les mois qui ont précédé le coup d'Etat népalais, la CIA avait installé un bureau dans le quartier de Maharajgunj à Katmandou, à proximité de la résidence du Prince Gyanendra. Des témoins auraient vu des files de policiers népalais et de militaires affluant dans les bureaux. D'autres « civils, » dits être des contractants militaires privés servant de façade à CIA, du style MPRI, ont aussi été vus arrivant dans les bureaux. Au printemps, des équipes des Forces des Opérations Spéciales étasuniennes sont arrivées à Katmandou pour un exercice secret au nom de code de Bailey Nightingale I. La couverture de l'exercice aurait été de se préparer aux catastrophes des tremblements de terre. Mais il semble à présent qu'on pensait à un autre genre de catastrophe. L'équipe militaire étasunienne incluait du personnel des Opérations Psychologiques (PSYOP), aptes à créer des histoires du genre de celle d’un Prince Héritier assassinant sa famille.



    Dipendra, le Prince Héritier, aurait abattu toute sa famille dans un accès de rage à cause du choix de son épouse. Le récit de l’événement de la BBC illustre la PSYOP utilisée pour répandre le mot d’un Prince Héritier assassinant sa famille : « Le Roi et la Reine du Népal ont été abattus après que l'héritier du trône se soit déchaîné avec un pistolet avant de le tourner contre lui. Onze personnes ont trouvé la mort dans l'affaire, qui aurait commencé au moment où le Prince Héritier Dipendra se serait disputé avec sa mère pour son choix de la mariée. Le Roi Birendra, la Reine Aishwarya et le Prince Niranjan étaient parmi les victimes de la tragédie dans le Palais Royal de la capitale du Népal, Katmandou. Les autres victimes étaient trois des enfants du Roi, ses deux sœurs et un membre de la famille par mariage. » L’exposé de la BBC, qui agit de plus en plus comme une chambre d'écho pour le renseignement britannique, était faux.



    Comme un officier supérieur du renseignement népalais l’a dit à WMR, Dipendra ne s’est pas suicidé, mais a été abattu par un garde royal. Il y a des raisons de penser que Dipendra était la première personne abattue dans le massacre royal.



    La participation de la CIA à des opérations secrètes au Népal n’a rien de neuf. De 1956 à 1962, la CIA a organisé l’armée tibétaine en exil des guérilleros Khampa, qui a lancé des attaques au Tibet à partir de bases dans le petit royaume de Mustang, une principauté à la frontière Nord entre le Népal et le Tibet. Après que l'Inde ait perdu ses deux guerres contre la Chine au début des années 60, la CIA a réactivé son armée de guérilla tibétaine pour ouvrir un front contre la Chine, qui avait le soutien militaire du Nord Viêt-nam et du Viêt-cong, dans l'Opération Shadow Circus.



    En août 1974, la CIA a ordonné la liquidation de Wangdu Gyatotsang, le leader de sa dernière armée de guérilla tibétaine, et de ses hommes, après que le Ministre des Affaires Étranges, Henry Kissinger, ait commencé à s’ouvrir à la Chine et, ait commencé dans une politique ribbentropienne à réduire les pertes des alliés des États-Unis en Asie du Sud-Est et ait donné à l'Inde l’autorisation d’engloutir le Royaume du Sikkim. Selon les sources du renseignement, la CIA a reçu l'approbation du dalaï-lama à Dharamsala, en Inde, d’engager d'autres Tibétains pour éliminer la dernière armée de guérilla tibétaine. La CIA s’inquiétait plus du fait que ses opérations secrètes au Mustang deviennent publiques que de la protection de ses propres forces de guérilla.




    En 1987, le poste de la CIA de Katmandou a supervisé le cambriolage de l'ambassade de la République Démocratique Allemande à Katmandou. Selon un fonctionnaire du renseignement népalais, parmi les articles pris dans l'ambassade il y avait les livres de codes des machines de cryptage et des documents classés confidentiels. L'opération a été réalisée avec l'aide de la première secrétaire de l'ambassade de la RDA et d’un népalais inspecteur de police. Tous deux ont été évacués discrètement du Népal et ont obtenu l'asile politique aux États-Unis.



    Le documentaliste Yoichi Shimatsu, dans son film « Prayer Flags, » signale que la CIA a continué de se servir du Népal comme d’une base pour ses opérations clandestines durant les années 90, quand elle a utilisé le prétexte de l'installation de sismographes et de systèmes de monitorage géologique pour placer des moyens de surveillance et des capteurs à haute altitude dans l'Himalaya.



    Le nouveau gouvernement maoïste du Népal a dit que l’impuissance du Mustang et du Roi théorique, Jigme Parwat Bista, ont fait que sa petite principauté a été abolie, tout comme les trois autres petits royaumes de Salyan, Jajarkot, et Bajhang. Toutefois, selon des sources informées à Katmandou, Bista n'était pas partisan du dernier Roi, Gyanendra. Dans le passé, le soutien de son royaume aux opérations de la CIA contre la Chine a provoqué un « retour de flamme » dans son royaume qui a été aboli par le gouvernement maoïste du Népal.



    La compagnie aérienne du Népal, Fishtail Air, propriété de son fondateur, ancien agent de la CIA et vétéran de Camp Walker à Séoul, en Corée du Sud, vole toujours autour du Népal.



    Le Népal a aussi servi de réseau terroriste à des individus en lien avec la CIA à Katmandou et au gang criminel de Dawood Ibrahim, qui a réalisé le 12 mars 1993 les attentats à la bombe de Mumbai (Bombay), contre la bourse, des hôtels, des cinémas, et des centres commerciaux, qui ont tué plus de 300 personnes. Ces attentats à la bombe étaient par représailles pour la destruction de la mosquée Babri à Ayodhya par des extrémistes hindous. Plus de deux mille Musulmans, dont des femmes et des enfants, ont été massacrés par des Hindous déchaînés après la destruction de la mosquée. On pense qu’Ibrahim se cache maintenant au Pakistan.



    Actuellement, l'ambassade étasunienne à Katmandou continue de mener des opérations clandestines contre la Chine, surtout à travers des organisations non gouvernementales (ONG), comme National Endowment for Democracy (NED) et Trace Foundation, un groupe de soutien tibétain dirigé par Andrea Soros Colombel et financé par son père, George Soros. Au Tibet, la récente flambée de violence des Tibétains en faveur de l’indépendance était une autre tentative de fomentation d’une nouvelle révolution à thème « coloré » de Soros, un ancien Nazi juif hongrois, et pas le dernier Nazi à avoir des intérêts dans cette région himalayenne où le symbole religieux du swastika est omniprésent.




    Trace Foundation travaille avec l'une des sectes du Bouddhisme tantrique qui a pour but de révéler la prophétie de Kalachakra, qui prévoit une guerre mondiale entre les forces du bien contre un futur Mahdi islamique. Le retour d’un nouveau Messie dans un personnage du genre de Bouddha est aussi prévu. Ce concept est similaire au « Clash des Civilisations » Néo-conservateur, qui voit une confrontation finale entre l'Occident et l'Islam. Selon un spécialiste qui a suivi l’activité de Soros au Tibet et au Népal, Trace Foundation tente de réquisitionner l'ancienne tradition messianique bouddhiste pour unifier les grandes religions du monde afin d’installer un gouvernement mondial.




Original : http://www.onlinejournal.com/

Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info



Lundi 20 Octobre 2008


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