Politique Nationale/Internationale

KATRINA, BUSH, LE PETROLE ET LES PAUVRES


Bush et sa guerre du pétrole tuent. Aux USA aussi. C'est Bush qui a supprimé 80% du budget d'entretien des digues. C'est lui qui qui a envoyé se battre en Irak la Garde nationale. Dont la fonction est d'aider la population US en cas de catastrophe.
Souvenez-vous de Rumsfeld, ministre US de la Guerre, qui réclamait, au soir du 11 septembre, de sabrer dans les budgets sociaux US pour gonfler les budgets de guerre. Voilà le résultat.
Mais pourquoi la presse officielle cache-t-elle comment le petit Cuba réussi à affronter un pareil cyclone pratiquement sans victimes ?

Michel Collon


Mercredi 7 Septembre 2005

par Bert De Belder et Tony Busselen

Le cyclone Katrina a complètement ravagé le Sud des Etats-Unis. Pour les démunis, on n'avait tout simplement pas prévu de plan d'évacuation. Il a fallu attendre trois jours pour que Bush se décide à interrompre ses vacances et évalue l'ampleur de la catastrophe du haut de son avion.

Les victimes du cyclone Katrina en Louisiane sont désespérées et furieuses à la fois. « Ils nous traitent comme des bêtes », a déclaré Angela Perkins. « Pourquoi ne nous envoient-ils pas en Afrique tant qu'ils y sont. » « Nous avons l'impression d'être une horde de rats. C'est du moins la manière dont ils nous traitent », se plaint Earle Young, cuisinière de 31 ans, qui attend sur un bus avec... 10.000 autres personnes.

Le cyclone Katrina a démontré combien la nature pouvait être puissante ... mais il a surtout montré que les autorités américaines ne sont pas au service des simples gens ni de les protéger. En effet, la catastrophe avait été annoncée depuis longtemps déjà, mais les autorités US n'avaient pris pratiquement aucune mesure de prévention. Les 500.000 habitants de la Nouvelle Orléans ont tout simplement reçu l'ordre de quitter la métropole. Comment ? De quel côté ? Pour combien de temps ? Qui les accueillerait ? A eux de deviner. Car il n'existe pas de plan catastrophe pour l'évacuation totale de la ville. De 50 à 100.000 personnes n'ont pu quitter la ville. La plupart parce qu'ils n'avaient pas de véhicule ou parce qu'ils ne pouvaient payer leur ticket de bus. En effet, un habitant sur quatre en Nouvelle Orléans est pauvre. 44% des enfants qui habitent dans cette grande ville des Etats-Unis vivent sous le seuil de la pauvreté. Et parmi la population de race noire - soit 70% - le degré de pauvreté est trois fois plus élevé que chez les Blancs.

D'autre part, on n'a pratiquement rien prévu en ce qui concerne l'accueil des malades et des réfugiés. L'immense stade Superdome est le théâtre d'un chaos dantesque, les hôpitaux ne savent plus quoi faire, les provisions d'eau et de nourriture, les stocks de couvertures et de médicaments sont tout à fait insuffisants. Des milliers de personnes sont sans manger ni boire depuis trois, parfois même quatre jours...

La terrible catastrophe à la Nouvelle-Orléans démontre encore une fois à quoi a abouti cette société du modèle américain où le profit est plus important que les gens : c'est une société où les riches sont protégés et évacués, mais où la vie des pauvres, surtout des noires, n'ont aucune valeur. Une société où toute forme de sociale a été détruit et où tous les principes de solidarité ont été éliminés.

Terry Ebbert, directeur des opérations de secours à La Nouvelle-Orléans fait amèrement remarquer : « C'est un scandale national. L'agence fédérale pour la lutte contre les catastrophes naturelles se trouve ici depuis trois jours déjà et ils n'ont toujours pas uniformisé leur QG et leur contrôle ».

Les scandaleuses priorités de Bush

Les critiques à l'égard de Bush vont crescendo. En effet, lui et son équipe seraient directement responsables de la mort de milliers d'Américains pauvres. L'agence fédérale chargée de lutter contre les catastrophes naturelles - la Federal Emergency Management Agency ou FEMA - avait déjà reçu l'ordre en avril 2001 d'économiser et de privatiser. En mars 2003, elle a été transférée au Ministère de la Sécurité intérieure dont la principale tâche est de lutter contre le « terrorisme ».

La côte du Mississippi aurait dû être restaurée depuis longtemps déjà. La somme prévue au départ s'élevait à 14 milliards de dollars mais Bush a ramené ce montant à 1,2 milliards de dollars. En juin 2004, on a également fait dans le budget prévu pour la construction de digues autour de la Nouvelle Orléans une coupe de 71 millions de dollars, soit une réduction de moitié. Walter Maestri, directeur des services de lutte contre les catastrophes naturelles du quartier de Jefferson, a alors déclaré : « Visiblement cet argent est allé à la sécurité intérieure et à la guerre en Irak. Je suppose que c'est le prix à payer. »

Washington a envoyé 150.000 soldats en Irak et souhaiterait en envoyer d'autres. L'occupation de l'Irak coûte aux Etats-Unis 200 millions de dollars par jour - soit plus que le budget annuel nécessaire pour le renforcement des digues en Nouvelle Orléans. Kathleen Blanco, gouverneur de la Louisiane, a déclaré que le gros de la Garde Nationale de sa ville, qui aurait dû se charger des opérations de sauvetage, se trouvait en Irak. Ils se trouvent au Camp Liberty (sic), à proximité de Bagdad. Les agents de police du Mississippi ont rejoint la 2ième Force d'Expédition des Marines en Irak. Au lieu de sauver des vies humaines dans leur propre pays, ils sont obligés d'en détruire en Irak. Lorsque les 3700 membres de la garde nationale de Louisiane sont partis en Irak en octobre 2004, le Lt. Colonel Pete Schneider a déclaré : « Ils emportent leurs véhicules spéciaux, leurs générateurs et tout leur matériel. Mais ce matériel, on en a besoin ici ». En août, Schneider avait mis en garde contre une crise en Louisiane et dans les états voisins.

Le cyclone Katrina a provoqué une effroyable catastrophe mais si la catastrophe a pu atteindre pareille ampleur c'est parce qu'un cyclone plus ravageur encore s'abat sur les Etats-Unis et le monde entier. Ce cyclone c'est George W. Bush. Les communistes américains exigent dès lors la fin de la guerre en Irak et le rapatriement immédiat des soldats américains.

Cuba : on peut éviter la catastrophe

A un bon millier de kilomètres de la Nouvelle Orléans, se trouve la Havane, la capitale de Cuba. Cette île des Caraïbes est régulièrement dans le collimateur des tempêtes tropicales. Au début du mois de juillet, le cyclone Dennis s'est abattu sur Cuba. C'était un cyclone de puissance 4, tout comme Katrina. Mais les autorités cubaines sont parvenues à faire évacuer à temps et avec ordre 1,5 millions de personnes de sorte que seules 16 personnes ont perdu la vie. Lors du cyclone Ivan, le cinquième cyclone le plus puissant qui ait jamais frappé les Caraïbes, ce sont deux millions de personnes qui ont pu être évacuées, dont 100.000 au cours des trois premières heures. Si le nombre de victimes lors de catastrophes naturelles est si faible à Cuba, c'est grâce à l'efficacité de son système de prévention, a déclaré l'UNDP, le programme de développement des Nations Unies. Il n'y a pas que l'armée et la protection civile qui sont impliquées mais aussi toutes les organisations sociales (syndicats, comités de quartier, coopératives,...). « Une chose que nous n'avons pu réaliser que grâce à notre système social », a déclaré Astull Castellanos membre de la Protection Civile cubaine. En juin, se tenait à La Havane une conférence internationale sur ce thème. Jan Engeland, sous-secrétaire général des Nations Unies pour les Affaires humanitaires, a qualifié le système de prévention des catastrophes naturelles du gouvernement de Fidel Castro de modèle à suivre pour tous les pays de la région.

En guerre contre les pauvres

Au cours des trois premiers jours, la plupart des gens n'ont reçu aucune aide. Quant à l'armée, elle était totalement absente. Après une attente interminable, les gens affamés se sont mis à la recherche de nourriture. Des centaines de personnes ont commencé à voler des marchandises de première nécessité dans les magasins : nourriture, eau, savon, vêtements. Dans ce chaos total, certains petits groupes se sont mis à piller les magasins.

Jeudi, Bush a donné l'ordre de « procéder à l'arrestation pure et simple de tous les pillards ». A La Nouvelle-Orléans, l'état de siège a été décrété. Pratiquement tout le corps de police, au total 1500 hommes se sont entendus dire qu'ils devaient cesser les opérations de sauvetage. Ainsi, plutôt que de donner la priorité au sauvetage des victimes, les autorités ont déclaré la guerre aux pauvres. Le gouverneur Kathleen Blanco a menacé : « 300 soldats de la garde nationale viennent juste de rentrer d'Irak. Ils ont une certaine expérience des combats. Ils rétabliront l'ordre dans les rues. Ils ont des M-16 prêts à tirer. Ces troupes savent comment tirer et tuer et elles sont plus que jamais prêtes à le faire ».

Sources : INDYMEDIA PARIS

Posté par Adriana Evangelizt



Mercredi 7 Septembre 2005


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