Géopolitique et stratégie

Joseph Kabila: que lui reprochent les capitales occidentales ?


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Que Joseph Kabila n’est plus au bon parfum avec les capitales occidentales, ceci est devenu un secret de polichinelle en RDC. La grande insistance de ces capitales à le voir quitter le plus tôt possible le pouvoir en RDC le prouve. En effet, outre les incidents créés, parmi les quels ceux des événements du 19 au 21 janvier 2015, pour que Joseph Kabila quitte le pouvoir même avant la fin de son mandat en cours, il faut noter l’insistance des capitales occidentales pour que la présidentielle de 2016 en RDC ait lieu à l’échéance prévue dans la Constitution sans donner les moyens conséquents. Il sied de signaler, dans la même lancée d’idées, l’option levée par ces capitales en faveur des seules législatives et de la seule présidentielle qui ne doivent pas être postposées. Les officiels occidentaux, au nombre de qui John Kerry, Thomas Perriello et Russ Feingold l’ont clairement notifié chaque fois que l’occasion le permettait.


Samy BOSONGO
Vendredi 25 Septembre 2015

Pourtant, bien des pays africains disposent des Constitutions favorables à plus de deux mandats pour leurs chefs d’Etat. Au Sénégal, l’on a modifié la Constitution pour que le Chef de l’Etat puisse jouir de plus deux mandats sans que l’Occident en fasse un problème. Au Congo Brazzaville, on n’assiste pas à la mobilisation internationale pour barrer la route à Dennis Sassou Ngwessou qui veut modifier la Constitution afin qu’il tente de briguer un troisième mandat. Et même, au Rwanda voisin, le Parlement s’apprête à lever l’écrou de la limitation constitutionnelle pour que Paul Kagame se représente pour un troisième mandat. Le mutisme occidental sur le cas rwandais étonne d’autant plus que d’autres logiques et critères sont utilisés pour apprécier la même réalité que celle de la RDC. Autant de preuves à la base de toutes les interrogations sur le traitement spécial du cas RD congolais. C’est la personne de Joseph Kabila dont les Occidentaux ne veulent pas. Un constant qui ne laisse pas bras pantelants patriotes et nationalistes de la RDC qui creusent le roc pour élucider le mystère.
Le poids géostratégique de la RDC
Ce poids est d’une telle valeur que l’Occident ne doit pas lâcher la RDC qui est perçue comme son substrat économique, sa chasse-gardée, sa plate-bande ou sa vache laitière sous plusieurs regards. Les richesses de la RDC intéressent l’Occident qui veut se les procurer via sa géopolitique basée sur l’impérialisme et le néocolonialisme. Il faut ainsi donc que le régime en place en RDC se prête à l’utilitarisme occidental mercantiliste sinon la géostratégie occidentale se met en branle contre lui. Tout l’intérêt occidental sur la RDC s’est manifesté depuis qu’il l’a découverte. La RDC a été définie comme un univers de libre exploitation par les puissances occidentales. Le péché des pères de l’indépendance, des martyrs et héros nationaux a consisté en leur inscription en faux contre cette envolée occidentale. Ils l’ont payé au prix de leur sang versé pour fertiliser le nationalisme congolais.
Historiquement, la RDC à peine indépendante a eu à faire face aux armadas néocolonialistes qui l’ont troublée afin de jouir à volonté de ses ressources et de mettre à sa direction des hommes acquis aux causes et visées occidentales. L’impérialisme occidental ne s’exerce mieux que si les hommes malléables par les Occidentaux sont au pouvoir dans le pays du tiers-monde. Les nationalistes doivent être physiquement ou politiquement éliminés pour ne pas faire obstacle à la volonté machiavélique et mercantiliste des Occidentaux. Les marionnettes des Occidentaux ou leurs Chevaux de Troie à la tête des pays du tiers-monde sont aimées des Occidentaux en dépit du fait qu’elles trahissent leur peuple face aux intérêts occidentaux.
Le principe veut que le dirigeant qui aime son peuple ou qui veut le faire jouir des richesses de son pays soit battu en brèche par les Occidentaux. Pour la cause, ces derniers servent du prétexte de la démocratie, des droits de l’homme, de leur force militaire, de l’ONU ainsi que de leurs médias pour anéantir leur cible. Ainsi, le dirigeant indocile à leurs diktats sera accusé de violer les droits de l’homme ou de n’être pas démocrate. Il sera diabolisé de toutes les manières dans les médias occidentaux et son pays connaîtra troubles et guerres par la main même de ses compatriotes instrumentalisés par l’Occident.
L’effet malheureux de ce principe est tel que le Chef de l’Etat qui assure aux Occidentaux leurs intérêts selon leur volonté verra son image bien entretenue par les médias occidentaux. Il ne sera pas non plus accusé de violer les droits de l’homme ou d’appliquer la dictature dans son pays. Tout le mal qu’un tel président fera ne sera ni exploité, ni aggravé par la presse occidentale pour le faire haïr de son peuple ou pour dresser la communauté internationale contre lui.
Que reproche-t-on à Joseph Kabila ?
Dans un de ses écrits, JJ Wondo cite Gauthier de Villers et il s’affiche comme accusateur de Joseph Kabila face à cette communauté internationale qui fait et défait des autorités dans le tiers-monde au gré de leurs intérêts. A s’en tenir à Gauthier de Villier cité par JJ Wondo, « Entre 2001 – 2006, Kabila a instrumentalisé la dépendance dans laquelle il s’était de lui-même placé, en mettant les interventions extérieures au service de son maintien et de sa consolidation à la tête de l’Etat; avec la légitimité que lui ont conféré les élections, il s’emploie à s’émanciper du patronage de la C.I.A et se tourne vers la Chine et les BRICS sous le bouclier de la souveraineté ».
Il est, ainsi donc, reproché à Joseph Kabila de s’émanciper du patronage de la Cia pour se tourner vers la Chine et les Brics sous le bouclier de la souveraineté. Si donc Gauthier de Villier dit tout haut ce que les capitales occidentales disent tout bas, alors les révélations de Luc Michel se confirment et dévoilent les moyens mis en place par la CIA pour entraîner l’apocalypse politique de Joseph Kabila. En effet, donnant les éléments de compréhension de ce qui se passait au Burundi avant la dernière présidentielle, Luc Michel avait dévoilé que : « « … c’est la volonté de l’Administration Obama de changer le régime politique du Burundi et de renverser le président actuel. Volonté directement affirmée lors du Sommet Usa-African Leaders en Août 2014 à Washington. Et qui concerne 13 pays africains (dont la Guinée Equatoriale, la RDC et le Cameroun). Washington a pris en main les oppositions de ces 13 Pays, dont celle du Burundi, finançant, achetant, organisant des gens qui ont choisi de devenir des fantoches et des mercenaires. En particulier elle a organisé des groupes de jeunesse, sur le modèle développé depuis 15 ans en Europe, en Asie et en Afrique maintenant, par le Groupe International CANVAS/OTPOR, financé par Söros et la NED, la vitrine légale de la CIA. Soros qui est l’organisateur et le financier, pour le compte de l’Administration Obama, des groupes comme le Balais Citoyen (Burkinabe) et ses nouveaux petits frères de RDC, du Sénégal ou … du Burundi. Et dont l'International Crisis Group (ICG), ONG partisane dont Söros lui-même est administrateur, intervient constamment sur le dossier burundais dans les médias occidentaux, justifiant le coup d’état du jour au nom de « la logique de réconciliation »…». Ndlr : http://www.alterinfo.net/COMPRENDRE-LA-CRISE-AU-BURUNDI_a113840.html. L’on a donc vu que les ONG congolaises, au nombre desquelles, la LUCHA, sont instrumentalisées par Washington pour déstabiliser voire anéantir politiquement Joseph Kabila. Les reproches ont été cités plus haut par Gauthier de Villier.
Un autre analyste donne d’autres éléments qui permettent de répondre à la question sur ce qu’on reproche à Joseph Kabila. Pour le spécialiste belge de la région de Grands Lacs, Tonny Busselen, répondant à la question « - Et en ce qui concerne la comparaison des événements en RDC et ceux au Burkina… » d’Olivier Atemsing Ndenkop. Celui-ci interrogeait celui-là sur l’agenda caché des USA en RDC en rapport avec les événelments du 19 au 21 janvier 2015 :
« Kabila c’est juste l’inverse. Il préfère d’abord l’alliance avec l’Angola, l’Afrique du Sud et les pays de la SADC. Ensuite vient la Chine populaire. Les partenaires occidentaux sont les bienvenus, mais sur pied d’égalité comme tous les autres. Le gouvernement à Kinshasa construit une grande armée avec l’aide d’accords de coopération militaire bilatérale avec beaucoup de pays, parmi lesquels les pays occidentaux ne forment qu’une minorité. Le refus de mettre sous tutelle le sommet de l’armée congolaise, irrite beaucoup les experts occidentaux.
Tout cela explique la méfiance profonde de la part de l’Occident envers Kabila et le traitement négatif de sa personne dans les médias... »
Voilà qui est très révélateur pour comprendre les raisons du rejet ostensible de Joseph Kabila par les capitales occidentales. Celles-ci soutiennent leurs marionnettes, traitresses de leurs Etats, faisant table rase de la démocratie, de la constitutionnalité, des droits de l’homme et de que savons-nous encore.
Tonny Busselen avait, au cours de l’entretien, formulé une autre déclaration qui donne des lumières additionnelles. Répondant à la question « - En 2016, Joseph Kabila qui a succédé à son père assassiné en 2001 aura passé 15 ans à la tête de la RD Congo. Quel bilan faîtes-vous de la présidence de Kabila fils ? » Tonny Bussel a confié que « … Joseph Kabila a continué la ligne de son père en ce qui concerne l’appartenance et l’intensification des relations avec les pays d’Afrique australe dans la SADC. Et il a ouvert le pays aux économies émergentes, notamment la Chine qui est devenue le partenaire économique le plus important du pays. En même temps il enlève chaque prétexte aux Etats-Unis et à l’Union Européen de lancer une agression ouverte et il laisse la porte ouverte pour la coopération avec tout le monde… ». Ndlr : http://www.michelcollon.info/Les-USA-ont-un-agenda-cache-en.html?lang=fr
Epilogue
Selon Tonny Busselen, « …Les gouvernements occidentaux ont développé des stratégies pour « gérer » la colère des peuples et en même temps « accompagner la relève de leur personnel politique ». Les dirigeants peuvent changer, mais leur politique pro-occidentale doit continuer… ». Ainsi, les Occidentaux veulent supplanter Joseph Kabila par quelqu’un qu’ils estiment docile à leurs diktats et qui privilégie leurs intérêts en défaveur de ceux du peuple congolais. Autant d’éléments parcourus qui prouvent que Joseph Kabila est un vrai nationaliste et qu’il a œuvré pour les intérêts du peuple congolais sous l’impétuosité du cyclone occidental des plus crève-cœur. Le peuple congolais est averti pour bien prendre son avenir en main et ne pas jouer le jeu des Occidentaux qui instrumentalisent bien des politiques congolais bruyants. Ces derniers se pavanent comme les sauveurs du peuple alors qu’ils ne sont en réalité que des marionnettes des Occidentaux.
Samy BOSONGO
 


Vendredi 25 Septembre 2015


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