Palestine occupée

Jérusalem : Israël veut faire entériner son annexion à Annapolis


Le quotidien italien Il Manifesto reprend les arguments de Jeff Halper, responsable de l’ICAHD*, selon lequel non seulement il n’y aura aucune avancée à Annapolis, mais au contraire un risque que l’annexion de Jérusalem par Israël soit officiellement entérinée.


Mercredi 21 Novembre 2007

Jérusalem : Israël veut faire entériner son annexion à Annapolis

« Jérusalem est et restera israélienne »

Pour un anthropologue rompu à l’engagement politique comme Jeff Halper, la réalité n’est pas difficile à interpréter. Et les prévisions sont presque automatiques. La rencontre d’Annapolis, prévue dans une dizaine de jours, à laquelle l’administration Bush attribue un pouvoir miraculeux, non seulement n’offrira pas de solutions dans la ligne du droit international mais se déroulera selon un programme déjà défini avec grande anticipation par Israël. C’est un parcours, explique l’expert israélien, qui est destiné à convaincre la direction palestinienne de renoncer à la Jérusalem arabe (Est), occupée militairement depuis 1967, en échange d’une vague souveraineté sur quelques quartiers ou faubourgs de la ville habités par des Palestiniens. « C’est un projet politique, explique Halper, coordinateur de l’Icahd (Israeli Commette Against Houses Demolitions )- qui a démarré immédiatement après l’occupation par la construction des colonies juives dans la zone Est où désormais, 40 ans après, vivent environ 200 mille colons Israéliens ». Cependant, ajoute l’anthropologue, pour annexer de façon définie Jérusalem Est à Israël, et garder toute la ville sous une majorité juive, construire des logements ne suffit pas ». Dans la redéfinition des frontières qu’avaient et ont à l’esprit les dirigeants politiques israéliens, il faut rejeter hors de la ville le plus de palestiniens possible ».Il n’est pas surprenant, dit-il, « que les quartiers palestiniens à haute densité de population aient été exclus de la ligne rouge qui définit la zone sur laquelle est en train de sortir le Grand Jérusalem. En résumé, ils ont annexé des zones qui autrefois ne faisaient pas partie de Jérusalem et ils ont expulsé des zones qui y étaient auparavant incluses ».

Le premier ministre Olmert et ses collaborateurs vont aller à Annapolis bien décidés à arracher au président palestinien Abu Mazen ce « oui » que l’ex-premier ministre Ehud Barak n’est pas arrivé à obtenir du raïs Arafat. Ils iront aux Etats-Unis avec le Grand Jérusalem en tête, un projet qui, pas à pas, est en train de transformer la Ville sainte en une véritable région fichée, comme un coin, dans le cœur de la Cisjordanie, en la rompant en deux.

« Quand on parle d’Etat Palestinien, un état souverain qui peut se soutenir économiquement, nous faisons référence, non pas à une peau de léopard, mais à un territoire homogène dont toutes les parties soient reliées par un réseau routier – déclare le géographe Khalil Tufakji, expert palestinien connu de Jérusalem. Il faut, par exemple, qu’il y ait une autoroute qui mette en communication le nord avec le sud de la Cisjordanie, pour le déplacement des biens et des personnes, sinon on ne peut pas parler d’un vrai Etat ». D’un point de vue géographique, explique Tufakji, le transit entre le nord et le sud de la Cisjordanie s’interrompt entre la colonie juive de Maale Adoumim et Jérusalem Est. « A cet endroit là, poursuit-il, Israël est en train de construire une zone qui s’appelle « E 1 », qui ferme le seul corridor qu’ont les Palestiniens, et les oblige à passer par Jérusalem pour pouvoir se rendre du nord au sud. En substance, dans l’avenir, les Palestiniens seront sous contrôle constant parce que pour se déplacer le long de leur territoire ils devront demander une autorisation à Israël ».

Le mur de séparation construit autour de Jérusalem (181 Kms), explique Tufakji, « est une partie essentielle du projet concernant la zone « E 1 » : d’un côté il délimite le territoire palestinien qu’Israël entend annexer et de l’autre il isole les 250.000 palestiniens de Jérusalem Est de leur Etat et de Ramallah, la plus importante ville de Cisjordanie. Le mur garantit en outre l’annexion de tous les blocs de colonisation autour de la ville et leur expansion sur les terres palestiniennes confisquées pendant la construction de la barrière ». Le gouvernement Olmert, ne tenant pas compte des objections, faibles et incertaines, des Etats-Unis, est décidé à aller de l’avant et décrit le projet pour la zone « E 1 » comme un passage nécessaire pour garantir la « sécurité » de Jérusalem, entièrement sous souveraineté israélienne, à l’exception, comme explique Halper, des zones densément peuplées par des palestiniens. Fin septembre, il a à cet effet relancé le projet et ordonné la confiscation des terres palestiniennes adossées à Maale Adoumim qui, grâce à la construction de 3500 autres maisons pour les colons, se retrouvera reliée à Jérusalem. Les confiscations concernent 110 hectares de terres d’Abu Dis, Sawahreh a-Sharqiye, Nabi Mussa et Khan Ahmar, dans les environs de Jérusalem Est et sur la route qui conduit à Maale Adumim. Ce faisant, les Palestiniens perdront la continuité territoriale avec la vallée du Jourdain.

C’est le "martyre de la paix " Yitzhak Rabin qui a lancé le projet « E 1 » en 1994. Pendant qu’il allait retirer son prix Nobel de la paix, en même temps que Yasser Arafat et Shimon Peres, alors ministre des Affaires Etrangères, le premier ministre israélien, assassiné il y a 12 ans par un extrémiste de droite juif, garantissait le développement des colonies et l’annexion, de façon dilatée par rapport à1967, de la Jérusalem palestinienne. Le projet « E 1 » fut gelé en 2005 sous la pression de Washington, et a repris son développement, comme par hasard, juste après l’annonce de la rencontre d’Annapolis faite par Georges Bush. « L’expansion des colonies dans la région de Jérusalem va miner, anéantir même, les efforts de paix », a déclaré Saeb Erekat, négociateur palestinien et proche collaborateur de Abu Mazen. Mais l’Anp n’a jamais posé comme condition pour aller à Annapolis l’arrêt des projets israéliens à Jérusalem et dans les Territoires occupés.

A Annapolis, Abou Mazen court le risque concret de se voir accuser, exactement comme ce qui était arrivé à son prédécesseur à Camp David, de n’avoir pas accepté les « offres généreuses » (le contrôle de quelque quartier arabe) présentées par Olmert sur Jérusalem et la Cisjordanie (Gaza, étranglée par le blocus économique et militaire, est, formellement, un territoire qu’Israël a restitué aux Palestiniens). « On joue avec le feu car cette terre déterminera si on aura ou non la paix – souligne Halper. Israël a le contrôle de tout Jérusalem, des frontières, des routes et de l’eau. Et dans ces conditions, comment un Etat palestinien pourra-t-il se construire ? ».

MICHELE GIORGIO Jérusalem

Edition de dimanche 18 novembre 2007 de il manifesto http://www.ilmanifesto.it/Quotidiano-archivio/18-Novembre-2007/art37.html

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article2868 http://www.europalestine.com/spip.php?article2868



Jeudi 22 Novembre 2007


Commentaires

1.Posté par JOHANA le 26/11/2007 17:43 | Alerter
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Durant les nombreuses invasions arabes sur Jérusalem, les juifs ont souvent été privés systématiquement de leurs droits élémentaires dans la ville Sainte .Contrairement à leurs prédécesseurs, les Arabes pratiquèrent une politique de colonisation intensive, de confiscation des terres et de démolition des maisons. C’est d’ailleurs ce nettoyage ethnique qui fit des Juifs, pour la première fois dans l’Histoire, une minorité en Judée. Si aujourd’hui Israël refuse de partager Jérusalem, c’est pour éviter aussi des massacres comme celles perpétrés aussi contre les tribus juives d’Arabie à l’aube de l’Islam.


L’idée reçue, de nos jours, est que les Juifs ont chassé les palestiniens de Jérusalem. Mais historiquement ce sont les Arabes qui les chassèrent de cette ville. Ces derniers devinrent majoritaires au septième siècle, et ce jusqu’au processus de reconquête par les premiers au dix-neuvième siècle. Si la Reconquista de l’Andalou par les chrétiens mit huit cents ans à se produire ; pourquoi la restitution de Jérusalem par les Juifs, parce qu’elle a pris quatre siècles de plus, aurait moins de légitimité ? Non que le droit civil de certains pays ne reconnaisse pas l’idée de propriété par défaut. Le voleur peut devenir propriétaire du bien volé si la victime a perdu tout espoir de retrouver son bien. Or, les Juifs, précisément, ne cessèrent jamais de s’attacher à leur capitale historique qui a été dérobée plusieurs fois .C’est pourquoi ils refusèrent au demeurant d’avoir autre capitale que Jérusalem.

Quand on procéda au premier recensement à Jérusalem à l’époque des Ottomans en 1858, il s’avéra que les Juifs y constituaient la majeure partie de la population, les musulmans en représentant moins du quart. Bien avant la première vague d’immigration (aliyah) des Juifs européens en 1882, Jérusalem fut déjà une ville à majorité juive.
Durant l’occupation ottomane, la vie des Juifs à Jérusalem fut intolérable. William Tanner Young, consul britannique à Jérusalem, rapporta le 25 mai 1839 au Foreign Office qu’ils étaient massacrés battus, expropriés à Jérusalem et interdits de prière dans les Lieux saints.
Si leurs coreligionnaires d’Europe, du Yémen, d’Irak, de Turquie et d’Afrique du Nord les rejoignirent à la fin du dix-neuvième siècle, c’est que les conditions de vie en diaspora étaient plus terribles encore et parce que ces mêmes Juifs n’avaient jamais perdu l’espoir de revenir dans leur pays.

Á la date où les Britanniques reçoivent de la Société des Nations en 1920 un mandat sur l’ensemble du territoire correspondant aujourd’hui à ceux d’Israël, Les Arabes étaient pour l’essentiel nomades et ne constituaient qu’un groupe ethnique parmi d’autres à Jérusalem.

Á l’époque de la partition par les Nations unies en 1947, les Juifs étaient majoritaires à l’Ouest : 538 000 contre 397 000 Arabes.
C’est, comme le notait déjà en 1858 l’historien suisse Félix Bovet, parce que les Arabes ne sont pas des autochtones, qu’ils n’y construisent rien à Jérusalem. Toutes les autres sont des villes juives rebaptisées par les conquérants arabes.

Durant le premier congrès islamo-chrétien de janvier février 1919 à Jérusalem, réuni afin de désigner les représentants locaux pour la Conférence de la paix, personne n’allait à l’époque de la Conférence de la paix soulever la question du partage de Jérusalem ou d’un Etat palestinien, ni même L’émir Faysal, leader de la délégation arabe à Versailles à l’époque.

Alors comment aujourd’hui après 60 ans que les Juifs ont bâtis l’Etat d’Israël à la sueur de leur front et après avoir asséché les marais, planté des arbres et construit des routes, des hôpitaux, et des universités on propose de partager Jérusalem ?


La crainte est que Jérusalem Est soit la future capitale du terrorisme palestinien au lieu de Gaza. Le partage de Jérusalem risque d’exposer cette ville historique à une vague de violences semblable à celle des années 20. Lorsque Hadj Amin al-Husseini débarque comme mufti dans ladite ville à la mi-mai 1921, ce personnage fit du rejet de la présence juive un devoir religieux et de l’assassinat de Juifs un acte légitime et louable.

Avant al-Husseini, le partage de la Palestine occidentale entre un Etat juif et un Etat arabe était encore envisageable. Après lui, elle devint impossible. Hadj Amin al-Husseini rejeta vigoureusement les propositions de partition de la Commissioin Peel, en juillet 1937, qui recommandait d’accorder seulement un cinquième du territoire aux Juifs. Le rejet d’al-Husseini enterra le plan de partage et donc la création d’un refuge pour les Juifs alors même qu’Hitler était au pouvoir en Allemagne depuis quatre ans.


Les incitations du Mufti aux meurtres trouveront une application extrême dans le massacre de Hébron en 1929 : soixante Juifs assassinés par les Arabes palestiniens le 23 août sur ses encouragements et instructions, alors que la communauté sépharade vivait là depuis des générations ; c’était la première fois que la ville se vida de ses Juifs. 133 personnes massacrées dans une tuerie similaire qui s’était étendue en particulier à Safed.


Ce scénario pourrait ce reproduire si la Conférence d’Annapolis donne aux palestiniens un accès direct à Jérusalem. Esmail Haney incarnera alors le rôle du Hadj Amin al- Husseini
dans le cas ou Jérusalem sera divisée. Ce sera un début de victoire pour l’axe islamo- fasciste dirigé depuis l’Iran par Ahmadinejad .Le terrorisme palestinien, s’en prendra plus facilement aux civils juifs, dans les hôpitaux, les théâtres et les magasins de Jérusalem Ouest !

Est ce que les Arabes palestiniens qui soutinrent l’Allemagne nazie, et qui refusent aujourd’hui de porter une responsabilité écrasante dans le génocide du peuple juif méritent d’avoir Jérusalem comme capital.


Si Jérusalem-Est sera la capitale de ce futur Etat palestinien, un despote islamique tout aussi obscure comme Ahmadinejad pourra se rendre un jour en visite à la « Mosquée d’ Al Aqsa » pour faire sa prière et rencontrer Esmail Haney comme Hitler qui rencontra al –Husseini en 1941.

La dotation de l’Etat arabe palestinien d’une partie de cette ville historique qui représente depuis plus de 3000 ans le Haut lieu Saint du judaïsme, risque de grandir les ambitions arabes et donner une liberté d’action totale qui menacera rapidement la présence juive.


Esmail Haney est aujourd’hui l’héritier d’al- Husseini, il refuse de s’engager dans la voie de la reconnaissance d’Israël et prépare la région à une troisième Intifada après la réunion d’Annapolis qui promet de partager jérusalem.


Aujourd’hui comme hier, la propagande du chef du Hamas se situe dans la lignée directe de celle d’al-Huseini. La présence israélienne à Jérusalem sera toujours contestée pour les islamistes (même en cas de partage de la ville sainte) et le terrorisme palestinien trouvera toujours des excuses, puisque c’est le même terrorisme qui débuta dès les années 1920 sous l’impulsion d’al-Husseini bien avant l’existence même de l’Etat d’Israël.

Oser parler du partage de Jérusalem, comme le prévoit la réunion d’Annapolis qui se tiendra dans quelques jours, me rappelle terriblement la période de l’apogée du processus d’Oslo quand Arafat exposa sa stratégie à des diplomates arabes dans un hôtel de Stockholm le 30 janvier 1996 : « L’idée est d’éliminer l’Etat d’Israël et d’établir un Etat purement palestinien...Par une guerre psychologique et l’explosion populaire nous allons rendre la vie aux Juifs impossible. Dans cinq ans, nous aurons de six à sept millions d’Arabes en Cisjordanie et à Jérusalem et les Juifs ne voudront pas vivre parmi les Arabes... »

Si Israël aujourd’hui insiste sur l’indivisibilité de Jérusalem c’est parce que cette ville qui est vouée rassembler les exilés, voudrait à tout prix éviter de nouveaux massacres sur sa population.

2.Posté par Woglin le 28/11/2007 10:47 | Alerter
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Johanna vous devriez nous abstenir de ce genre de blague, la population juive d'Israel n'a pour la plupart jamais été autochtone donc parler de Reconquista est à la limite du ridicule...

Avant la colonisation juive de la Palestine,l'ancien Yichouv était composé d'un noyau de 25 000 juifs, parler de l'Invasion Ashkénaze qui est une population europèenne avec une langue européenne(le Yiddish c'est du germanique),c'est avoir du culot.

Vous aurez beau nous sortir tous les effet de style possible,votre "légitimité" historique ne deviendre pas valable pour autant.

3.Posté par Zakaria le 01/12/2007 15:02 | Alerter
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"méfie toi du mal que peut te faire celui avec qui tu as été bienfaisant" proverbe arabe

une seule question a toi Johana : qui a permi aux juifs de revenir à jérusalem ?

personnelement je trouve que c'est une excellente méthode d'essayer de salir l'image de l'islam pour pouvoir obtenir ce que vous voulez , moi personnellemnt j'éspère qu'israel chasse totalement les palestiniens de jérusalem , qu'elle détruise la mosquée d'el aqsa pour trouver leur supposée "temple de Salomon" au moins ca aura le mérite de déclancher une vraie guerre , malgrés tout tu as au mois eu l'honnetté de dire le fond de ta pensée et pas comme vos dérigents hypocrites qui joue a la paix

"Ce qui a été pris par la force ne peut être repris que par la force." Jamel Abdel-Nasser

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