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Je suis désolé pour le président Trump


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Paul Craig Roberts
Mercredi 4 Septembre 2019




Oui je sais. Je me range du mauvais côté. Nous sommes censés le détester. La pressetituée déteste Trump. De même le parti démocrate, des membres du parti républicain, le complexe militaro-sécuritaire, l’ensemble de la gauche libérale progressiste, les universités, les féministes et les États vassalisés à Washington. À part « les déplorables Blancs racistes et suprématistes de Trump », personne ne l'aime.


Je suis néanmoins navré pour lui. J'ai commencé à le plaindre à l’annonce qu'il se présenterait à la présidence des États-Unis. Voyez-vous, j'avais des informations privilégiées. J'ai obtenu une affectation présidentielle de la part d’un président des États-Unis. Je me suis retrouvé à me battre pour lui, contre des intérêts enracinés qui s'opposaient à sa politique visant à mettre fin à la stagflation et à la guerre froide. Je l'ai aidé à gagner des batailles, comme en témoignent ses éloges, mais cela a mis fin pour moi à tout espoir de carrière au gouvernement.


Je savais que, contrairement à Reagan qui s’était préparé à diriger au fil des ans et qui avait un mouvement derrière lui, ce n’était pas le cas de Trump. En outre, contrairement à Reagan, Trump n’avait aucune idée de ce dans quoi il s’engageait, ni des gens pouvant être enclins à l’aider à nommer aux postes importants. En règle générale, l’intérêt d'une nomination présidentielle, comme celle qui fut la mienne, ne consiste pas à assister le président, mais l'establishment privé au pouvoir. Tout secrétaire adjoint peut être très utile aux intérêts privés et devenir multimillionnaire. À vrai dire, la plupart d'entre eux le font.


Faisant passer les intérêts du pays avant les miens, j’ai aidé Reagan à remédier à la stagflation et à mettre fin à la guerre froide. Remédier à la stagflation était perçu comme une menace par les économistes professionnels qui n’avait pas de solution et ne voulait que leurs insoumis révèlent qu’ils appliquaient la politique économique de l’offre, et beaucoup à Wall Street comprenaient mal ce que les médias appelaient ‘Reaganomics’, car les dépenses déficitaires plus inflationnistes menaçaient leurs portefeuilles d’actions et d’obligations. En mettant en danger le budget du complexe militaro-sécuritaire, mettre fin à la guerre froide était une entreprise risquée.


Il y a une décennie ou deux, l’une de mes connaissances à l’époque où j'étais à Washington, un professeur du Massachusetts, m'a téléphoné. Il m’a dit qu'il venait de rentrer de Washington où il avait déjeuné avec quelques-uns de mes anciens collègues. Il leur avait posé des questions sur moi et ils auraient dit : « Pauvre Craig. S’il n’était pas devenu détracteur, il vaudrait des dizaines de millions de dollars comme nous. » Le professeur m’a dit s’être levé, il n’avait pas réalisé qu’il déjeunait avec un groupe de putes, et il est parti.


De toute évidence, mon ami n’avait pas l’intention de refaire carrière à Washington.


Qu'est-ce que cela a à voir avec Trump ? La vie de Trump se passait bien. Milliardaire, il est marié à la plus belle femme du monde. La dernière chose dont il avait besoin était les problèmes des États-Unis. Pour changer le cap des États-Unis sous contrôle de groupes d'intérêts, il faut un super-héros. Ce n'est certes pas le travail d’un homme non préparé dans ses 70 ans. Les tonnes de boue déversées sur lui par des stars du porno et la pressetituée, n’ont vraisemblablement pas renforcé ses relations avec sa femme.


Comme je l'avais prédit, Trump n'avait aucune idée de qui nommer pour l'assister. En conséquence, il a mandaté des gens opposées à la reprise de l’emploi et aux relations pacifiques avec la Russie, la Chine, l’Iran et le Moyen-Orient. Aussi, rien n'a changé. La raison pour laquelle quelqu’un ayant réussi sa vie convoite une charge où l'échec est la norme, me dépasse.


La première, et peut-être la seule, mandature de Trump est partie en fumée avec l’orchestration du RussiaGate. John Brennan, directeur de la CIA, et James Comey, directeur du FBI, avec le président Obama, le Département de la Justice (sic) d’Obama, la pressetituée et le Comité national démocrate d’Hillary, ayant concocté une enquête absurde sur le président élu, qui est paraît-il un agent russe servant le projet de Vladimir Poutine visant à contrôler les États-Unis.


Il est incroyable d’essayer de faire croire une intrigue aussi absurde. Néanmoins les démocrates et la pressetituée l’ont prétendue vraie. Sauf que Mueller n'a pas pu établir les faits. Après son échec, son témoignage devant le Congrès a été très embarrassant pour lui, pour les démocrates et pour la presse.


Avec son horizon à présent dégagé, Trump espérait incriminer ceux qui avaient tenté de le destituer avec ce coup d'État. Comey a fait l'objet d'une enquête. Il a été reconnu coupable de plusieurs d'infractions. Voici ce qu’a conclu le rapport de l’inspecteur général du Département de la Justice (sic) :






« Le rapport de l'inspecteur général confirme que M. Comey a conservé à tort chez lui les dossiers du FBI sur le président Trump, et qu'il les a illicitement divulgués au New York Times dans le but de pousser en avant ses intentions cachées personnelles consistant à nommer un conseiller spécial qui prendrait pour cible le président. Comey a aussi induit en erreur le FBI et le Congrès sur la gestion de ces documents. En plus de tout cela, en violation de la loi, il a gardé et divulgué des informations classées confidentielles. »


Voici le résumé fait par Howie Carr : Laissez-moi vous résumer les plus de 80 pages d’après quelques citations : « Politiques du département et du FBI violées… Divulgation illicite de Comey… Description de Comey sans aucun fondement juridique et totalement incompatible avec le langage strict des lois… Divulgation non autorisée… L'ancien directeur Comey n'a pas assumé cette responsabilité… dangereux exemple… etc.


Le rapport de l'inspecteur général a généreusement omis que Comey s'était présenté devant le tribunal de la FISA [, afin d’obtenir un mandat de mise sous écoute de la campagne électorale de Trump] à l’aide de documents frauduleux, ce qui est un crime grave.


Les infractions de Comey dépassent celles de Mike Milken, Leona Helmsley et Martha Stewart, qui ont tous été mis en prison pour leurs fausses accusations, dans une affaire ayant pour but de faire connaître le nom de procureurs ambitieux à la recherche de publicité, dont Comey lui-même. Martha Stewart a été victime d’un coup monté de Comey.


Rudi Guiliana a piégé Milken afin de devenir maire de New York. Helmsley a été victime d’un coup monté basé sur les fausses déclarations d'un comptable, qui avait été sollicité par le Département de la Justice (sic), en échange de l'abandon des poursuites contre lui pour ses propres méfaits.


Mueller a présidé l’enquête du FBI sur les attentats du 11 septembre et a enterré toutes les preuves réelles afin de protéger la version officielle bidon.


Qu’a donc suggéré l’inspecteur général au Département de la Justice (sic) pour Comey ? Le Département de la Justice n’a pas engagé de poursuite. La Justice est beaucoup moins importante pour le Département que de sa propre protection. Le Département de la Justice commet lui-même une faute en ne poursuivant pas quelqu’un dont les crimes sont avérés. Le Département de la Justice a-t-il décidé que les crimes de Comey étaient pardonnables parce qu'il avait un motif valable : se débarrasser du président Trump ?


D'anciens avocats et assistants d'avocats ont officiellement prédit que ceux qui ont orchestré le RussiaGate seraient mis en accusation pour complot de sédition visant à renverser le président élu des États-Unis. J'aurais aimé y croire. La Justice n’existe pas aux États-Unis. Au lieu de Justice, il y a une arme entre les mains de l'État. Et l'État ne l’utilise pas souvent contre ses propres fonctionnaires.


N'oubliez pas. Le ministère de la Justice et le FBI ont couvert Hillary. Elle avait enfreint le règlement sur le courrier électronique officiel du Département d'État, et s’était servie d’un serveur privé pour cacher ses affaires et magouilles. Judicial Watch tente d'éventer la dissimulation. Une cour fédérale a donné à Judicial Watch le pouvoir de déposer Hillary Clinton et Cheryl Mills, et d'interroger les autres. Je soupçonne que l’affaire sera cassée par une cour d’appel choisie politiquement et que ce sera la fin de cette histoire.


Je suis incapable de me souvenir d’exemples où des officiels du gouvernement ont été reconnus coupables et d’un seul cas autre que les poursuites dans l’affaire néocons Iran-Contra du président Reagan, qui ont été amnistiées par le président George H.W. Bush.


Maintenant que Comey est à l’abri, il faut s’attendre à ce que ses complices dans le complot de destitution du président des États-Unis, soient aussi préservés des poursuites. Il sera intéressant de compter tous les crimes qui resteront impunis et d’additionner toutes les années de prison qui ne seront pas purgées. Quand on pense au grand nombre d’innocents en prison et dans le quartier des condamnés à mort, et aux mères de jeunes enfants emprisonnées pour possession de drogue, ça rend malade de voir que Comey est libre de se balader, bien qu’il ait tenté de renverser le président élu des États-Unis.


Le destin de Trump apprendra à tout futur président que son vrai job consiste à entretenir suffisamment d’ennemis pour que croisse le budget du complexe militaro-sécuritaire. Quant aux États-Unis, ils poursuivront leur course à la guerre contre les adversaires qu’ils se bricolent.



Paul Craig Roberts, 3 septembre 2018


Original : www.paulcraigroberts.org/2019/09/03/i-feel-sorry-for-president-trump/

Traduction Petrus Lombard






Mercredi 4 Septembre 2019


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