Géopolitique et stratégie

Israël et / ou l'Amérique sont impliqués dans l'assassinat de Rafiq Hariri


« C'est l'oeuvre d'un service de renseignement, pas d'un petit groupe », a
dit Rime Allaf, analyste spécialiste du Moyen-Orient au Royal Institute of
International Affairs de Londres.





Mardi 15 Février 2005

Israël et / ou l'Amérique sont impliqués dans l'assassinat de Rafiq Hariri
par Sam Hamod, Ph D.
on Information Clearing House, 14.02.2005
Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier


« C'est l'oeuvre d'un service de renseignement, pas d'un petit groupe », a
dit Rime Allaf, analyste spécialiste du Moyen-Orient au Royal Institute of
International Affairs de Londres.

Il nous faut procéder comme dans d'autres affaires criminelles : regarder à
qui l'assassinat du Premier ministre Hariri pourrait le plus profiter. Les
Libanais avaient beaucoup à y perdre, tout comme les Syriens (Hariri était
proche de Bashir al-Assad, le président syrien), et il en va de même des
autres pays arabes de la région, qui voyait en lui un leader solide et une
force stabilisatrice pour la politique libanaise. En revanche, Israël veut
depuis longtemps l'installation du chaos au Liban, comme l'Amérique, et les
deux pays s'agitent depuis longtemps pour que le Hizbollah soit mis
hors-la-loi et tant l'Amérique qu'Israël veulent expulser la Syrie du Liban.
Dans les deux cas, le gouvernement libanais a répondu : « NON » : « le
Hizbollah est une composante respectable de la vie politique libanaise, et
la Syrie est ici, au Liban, afin de le protéger d'une éventuelle agression
israélienne ».

Vous avez beau chercher, vous ne trouverez personne d'autre qui ait quoi que
ce soit à gagner à cet assassinat, mis à part Israël et les Etats-Unis,
parce que la mort de Hariri est susceptible de causer des troubles dans la
vie politique et la vie tout court au Liban, ce qu'ils souhaitent ardemment.

La plupart des experts du Moyen-Orient, dans le monde arabo-musulman,
pensent que ce sont des mains israéliennes qui ont ouvré à assassiner l'
ex-Premier ministre libanais, Rafiq Hariri.

L'Amérique a été prompte à pointer un index accusateur sur la Syrie, comme
Israël, ce qui revenait à avouer leur propre culpabilité, ces deux pays
étant les deux seuls à avoir quelque chose à gagner à causer de l'
instabilité au Liban. Le président libanais Lahoud et le Hizbollah, qui
représentent deux importantes factions du gouvernement libanais, ont
condamné l'attentat, et leurs propres experts disent que l'explosion
présentait toutes les caractéristiques des attentats perpétrés par les
Israéliens contre d'anciens dirigeants palestiniens à Beyrouth, par le
passé.

L'Amérique et Israël veulent voir la Syrie hors du Liban, mais la majorité
des Libanais sait bien que la présence syrienne est une aide apportée à leur
pays, qu'elle contribue à dissuader les Israéliens d'envahir une nouvelle
fois le Liban (ce qu'Israël, rappelons-le, a fait dans les années 1980,
après quoi il s'était maintenu dans le sud dont il occupa longtemps une
partie, jusqu'à ce que le Hezbollah le passe dehors manu militari). Aussi,
en assassinant Hariri, les Israéliens et les Américains peuvent les uns
comme les autres prétendre que la région est plus instable et a besoin de
plus de « démocratie » à la mode américaine et de plus d'occupation. Hariri
était un géant, parmi les dirigeants progressistes arabes et musulmans, et
bien qu'il ait fait fortune en Arabie saoudite, pays dans lequel les
gouvernants étaient ses amis, son attitude au Liban était très progressiste,
et il avait veillé à ce que l'Eglise et l'Etat soient maintenus séparés l'
une de l'autre dans le processus libanais de la prise de décision politique.

Hariri était aimé de tous, dans tous les camps, y compris chez ses anciens
ennemis. Ils voyaient en lui un homme qui avait grandement contribué à faire
sortir le Liban du chaos qu'y avait provoqué Israël et ses alliés
phalangistes durant l'invasion de 1982. Il faut aussi se souvenir du fait
que l'homme qui voulait voir le Liban en cendres, et qui mena l'assaut qui
détruisit en quasi totalité Beyrouth n'était autre que l'actuel Premier
ministre d'Israël, Ariel Sharon. Sharon a installé au Liban un groupe d'
agents de l'ombre, autorisés à tuer quiconque pourrait menacer Israël où que
ce soit dans le monde - si ça, ce n'est pas une violation du droit
international ! ? ! Bien entendu, Sharon, comme Bush, a décidé que le droit
international ne s'impose pas aux ambitions égoïstes d'Israël ou de l'
Amérique dans le monde.

L'assassinat de Hariri, comme bien des assassinats en Irak, est l'ouvre des
agents de l'ombre israéliens ou de mercenaires américains qui ont été pris
en location afin d'éliminer les gens trop progressistes dans le monde arabe
et musulman. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui, au Liban, les gens
savent que ce n'est pas on ne sait trop quel « groupe islamiste » dissident
(dont personne n'avait jamais entendu parler, ni dont personne ne croit une
seconde qu'il existe réellement) qui soi-disant aurait revendiqué le méfait.
Et en Irak, où les dirigeants religieux, tant sunnites que chiites, disent à
leur peuple de ne pas se venger les uns sur les autres, parce qu'ils savent
que les tueries sont du travail de pro, accompli par des gens extérieurs à l
'Irak : j'ai nommé : Israël et l'Amérique. Pour les experts, le parallélisme
est évident. Mais ces experts n'auront jamais accès aux médias américains.
Mais le Professeur Rim Allaf, du Royal Institute, en Angleterre, a raison :
il ne pouvait s'agir que de l'ouvre d'un service secret - et nous savons
sacrément bien quels sont les deux seuls services secrets possibles - parce
qu'ils sont les deux seuls dont leur pays soit susceptible de tirer un
quelconque profit de cette horreur : Israël, ou l'Amérique.

Souvenez-vous, comme je l'ai dit plus haut, dans les crimes, il faut
toujours rechercher qui a le plus à y gagner. Dans ce cas d'espèce, c'était
à l'évidence l'équipe de Bush et Israël. Et, comme l'a dit Rim Allaf, l'
assassinat a été l'ouvre « d'un service de renseignement ».

Il est grand temps que cessent ces tueries en Irak, au Liban, et même les
assassinats comme celui du Premier ministre de Géorgie, un ennemi des
pipelines américains, et que le monde mette sur pied une équipe d'enquêteurs
qui examine ces questions, parce que ces crimes ne font qu'ajouter au chaos
et à la misère dans le monde.

[Sam Hamod écrit des articles consacrés à la politique internationale dans
divers journaux et sur divers sites ouèbe. Il édite également des
information sur le site : www.todaysalternativenews.com On peut le contacter
à son adresse e-mail : shamod@cox.net ]
Copyright © Information Clearing House. All rights reserved.


Mardi 15 Février 2005


Commentaires

1.Posté par hartemisse le 15/02/2005 20:41 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Il me semble plus que probable que les services US et/ou israéliens sont à l'origine de cet assassinat dont la portée n'est pas encore bien mesurée.
Cela risque d'ouvrir la voie à de probables conflits entre pro Syrien et toutes les autres franges de ce pays éclectique et très divisé qu'est le Liban.

Mais ce qui me trouble un peu, c'est la déclaration officielle de la France ; qui demande une enquête internationale.
Pourquoi une enquête pour cet attentat en particulier ?
La DGSE aurait-elle des infos qui incriminent effectivement les services us ou israéliens ?
L'usage et la coutume protocolaire dans les relations internationales ne permettent pas de divulguer tous les renseignements obtenus par ses services de renseignements...
Serait-ce pour cette raison que la France demande cette enquête ?

Sans oublier que cet assassinat peut donner lieu à des faux prétextes tant cherchés par les us pour agresser la Syrie.

Je ne serai pas étonné que dans les prochains jours on implique directement la Syrie...


2.Posté par Adriana EVANVELIZT le 06/04/2005 00:47 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

La France ou plus exactement Chirac demande une enquête internationale, en premier lieu car il était très lié à Rafic Hariri et qu'il aimerait bien que les coupables soient découverts... secundo, il ne doit pas avoir confiance aux services policiers libanais... tercio, tout le monde pense plus ou moins que ce n'est pas la Syrie donc en faisant venir des professionnels, il doit penser que les coupables seront plus vite découverts.

Les attentats qui ont lieu actuellement n'ont qu'un seul but, toujours servir la politique israélienne qui "veut" vraiment que la Syrie soit attaquée. N'oublions pas que le Golan, les sionistes n'ont pas l'intention de le rendre. Ils l'ont colonisé et de plus, c'est leur "chateau d'eau"... de plus, il y a 400 000 réfugiés palestiniens sur le sol libanais et il est hors de question qu'ils les laissent revenir en Palestine. Il y a donc fort à parier que l'attaque de la Syrie et son découpage tout comme l'Irak pourrait faire en sorte que les palestiniens soient "transférés" dans ces zones. Ce sont des calculateurs. Et des semeurs de discorde. Leur but est toujours le même : Créer le grand Erezt Israël.

Nouveau commentaire :

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

Publicité

Brèves



Commentaires