Palestine occupée

Israël continue sans arrêt ses violations et son pillage aux terres de Selfit au profit du mur


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Samedi 24 Février 2007

Israël continue sans arrêt ses violations et son pillage aux terres de Selfit au profit du mur
Selfit – CPI

Les villages et communes de Selfit souffrent d’une situation de misère et de déchirement à cause des opérations de colonisation sioniste et de la construction continuelle du mur de séparation ethnique, malgré la décision de la cour internationale de La Haye qui a appelé à l'arrêt sa construction.

A cause de ces caractéristiques dont bénéficie la région, la colonisation a débuté bien avant les autres territoires palestiniens, mise à part al Quds où la colonisation a commencé dès son occupation en 1967.

Pour ces caractéristiques géographiques idéales, la colonisation de Selfit a commencé tôt en 1975 où l’occupation a installé plusieurs petites colonies qui ont grandi au profit des petites municipalités palestiniennes aux alentours.

Ainsi, et sous des « prétextes militaires », l’occupation installa son contrôle sur de vastes régions qui furent annexées aux colonies; puis utilisées pour la construction du mur en annihilant ce qui est resté des territoires de la région de Selfit.

L’annexion continuelle de nouvelles terres pour la construction du mur ont pris des surfaces effrayantes en constituant un véritable danger et source de frayeur continuelle contre les habitants de la région.

L’expansion des colonies israéliennes est arrivé à quelques mètres seulement des deux villages, Marada et Masha, détenteurs du droit légitime et présent sur cette terre depuis des milliers d’années.

Les preuves historiques révèlent le droit des palestiniens à leur terre sur laquelle ils existent avant tout autre peuple.

Le village de Masha qui est situé à 6 km de la ville verte, 20 km de Selfit, et 35 km de Naplouse, est le plus exténué par la construction du mur de séparation car 95% de ses terres furent saisi ou isolé au profit du mur de séparation : ce qui égale une superficie de 5500 hectares, délimitée au nord, à l’ouest à au sud par ce mur.

Le mur a fait du village une petite agglomération isolée, et les habitants, autrefois agriculteurs et commerçants, sont devenus maintenant des chômeurs. De plus, il ne reste plus d’espace pour un futur élargissement du village et son accroissement démographique naturel dans la région.

* La lutte contre la continuation de la construction du mur de séparation

Le coordinateur du comité populaire pour la lutte contre le mur de séparation ethnique dans la région de Selfit, Nesfet al Khefech rappelle que les travaux de construction du mur continus dans la région de Dir al Ballot en constituant une violation claire à la décision de la Cour internationale de La Haye.

Il faut donc appliquer la décision de la Cour, arrêter immédiatement la construction du mur et dédommager les habitants qui souffrent de ces violations continuelles.

Il est également nécessaire de mettre fin à toutes les activités de construction du mur de séparation dont les travaux pour son élargissement sont en cours actuellement en plus des installations de fils barbelés électriques sur le mur autour de la colonie « Ariel ». Ce qui représente donc une menace quotidienne pour les habitants et constitue également, une violation à la décision de la Cour de La Haye.

« La région de Selfit est minée par la colonisation et l’expropriation des terres, et voilà que le mur de séparation ethnique vient étouffer ce qui reste des terres de la région » ajoute-t-il. Les colonies et le mur ont découpé la région et ses alentours en plusieurs agglomérations isolées les unes des autres.

* L’avis des agriculteurs sur les violations de la décision de La Haye et sur la construction continuelle du mur.

Ahmed al-Dams Shahine, “Abou Ma’zouz”, 75 ans, est l’un des agriculteurs qui souffrent du mur. Il a ainsi perdu son unique travail grâce auquel il nourrissait sa famille après que le mur a prit les 40 hectares des terres agricoles qu’il possédait près de la colonie Ariel.

Il explique que « la décision de la Cour de justice de geler la construction du mur et le dédommagement des victimes nous avait redonné quelque peu d’espoir de retrouver nos terres et notre travail, mais les travaux continuels sur le mur ont tué cet espoir naissant.

Maintenant nous ne pouvons plus accéder à nos terres qu’à travers des permis spéciaux, et les autorités de l’entité sioniste continuent de prendre à la légère les décisions internationales en se prenant pour des super humains ? »

Abou Ma’zouz ajoute que ces violations de l’occupant constituent une injure à la communauté et au droit international. Il est, alors, du devoir des médias et des organisations des droits de l’homme de dévoiler ces violations sionistes.

* La décision de la Cour de Justice Internationale et la réponse israélienne.

Le 9/7/2004, la Cour de Justice Internationale publia un « avis consultatif » concernant la question de la légitimité du mur de séparation.

L’avis consultatif s’est intéressé en première mesure aux conséquences du mur de séparation et au droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

La Cour « prend acte » de la promesse israélienne d’utiliser le mur temporairement pour des mesures sécuritaires.

Néanmoins, la cour affirme qu’il existe de réelles craintes de voir le tracé du mur prendre des « faits accomplis sur le terrain » qui vont aboutir à l’annexion effective de larges surfaces des terres; ce qui pourrait avoir des conséquences directes sur le futur tracé des frontières entre l’entité israélienne et l’Etat palestinien.

La cour internationale considère l’annexion de des terres de la Cisjordanie à Israël constitue une violation au droit de l’autodétermination du peuple palestinien.

L’autre aspect retenu dans l’avis consultatif était la légalité du mur de séparation en se basant sur le droit humanitaire international.

La cour rejeta les allégations israéliennes selon lesquelles le quatrième accord de Genève ne s’appliquerait pas sur les territoires palestiniens du fait que jamais la Cisjordanie et la bande de Gaza n’ont été terres souveraines.

A ce propos, la cour de justice considéra qu’en raison de l’occupation de ces territoires par Israël suite à une guerre contre deux pays signataires des accords, il faut donc que la domination israélienne sur ces territoires soit conforme aux accords de Genève.

La cour de justice affirma également que les restrictions prises à l’encontre des habitants situés entre le mur et la ligne verte pourrait aboutir à leur départ, ce qui viole le 4ème article des accords de Genève. Par ailleurs, l’avis consultatif indiqua que l’expropriation en vue de la construction du mur constitue une violation de la propriété privée.

Enfin, le 3ème aspect de l’avis consultatif concerne la légalité du mur et des droits de l’homme. Dans ce cadre, la cour de justice indique fermement que, contrairement aux affirmations israéliennes, la légalité internationale concernant les droits de l’homme s’applique à l’ensemble des territoires occupés.

Le mur, affirme la cour de justice, viole divers droits affirmés dans des accords qu’Israël a précédemment signé dont le droit à la liberté de mouvement, le droit de non-ingérence dans la vie privée, le droit au travail, le droit à une vie décente et le droit à la santé et à l’éducation.

L’avis consultatif conclu qu’Israël doit mettre fin à la construction du mur, démanteler les portions du mur déjà construites en Cisjordanie, annuler les ordres de construction, et dédommager les palestiniens qui étaient victimes de cette construction.

La cour de justice lance par ailleurs un appel à la communauté internationale en lui demandant de ne pas perpétuer la situation illégale engendrée par le mur, et de prendre toutes les mesures légales nécessaires afin d’endiguer les violations israéliennes et de garantir l’application des quatrième accords de Genève.

* La lutte contre le mur dans la région de Selfit

La lutte des paysans palestiniens contre le mur dans la région et dans l’ensemble des territoires de la Palestine, prend toutes les formes possibles : les manifestations, les sit-in, les protestations, la présentation de leur cause aux Cours de justice internationales, notamment leur plainte à la haute cour de justice qui n’a pas pu apporter leur droit.

Selon les paysans, l’une des principales conséquences du mur, est l’annexion d’ « Ariel » du coté israélien du mur, en séparant les sept villages situés au nord de la colonie et habités par près de 25000 palestiniens. Selfit (environ 10 000 habitants) leurs assure divers services nécessaires.

La Cour de justice israélienne a refusé la plainte portée par les paysans en affirmant qu’elle se basait sur trois allégations principales présentées par l’Etat hébreux. En premier lieu, l’allégation selon laquelle l’annexion d’Ariel du coté « israélien » du mur n’a pour but que la protection de la colonie des dangers du terrorisme.

Le tribunal accepta ces allégations et refusa l’argument des habitants palestiniens selon lequel l’emplacement d’Ariel du coté israélien du mur a pour but la mise en place de « faits accomplis » sur le terrain pour préparer l’annexion d’Ariel à Israël.

L’Etat de l’occupation prétendit dans sa deuxième allégation que le choix du tracé du mur autour de la colonie d’Ariel, effectué pour des raisons uniquement sécuritaires, et « faute d’autres alternatives convenables ».

La Haute cour de Justice accepta donc cette deuxième demande, notamment celle concernant la partie du mur située au sud de la colonie d’Ariel où se situe la majorité des terres palestiniennes séparées de leurs propriétaires qui sont les habitants de Selfit.

La cour a de même accepté l’argument des services de sécurité prétendant que le « scellement du mur à la colonie ne fournira pas le temps nécessaire aux forces de sécurité afin de localiser les terroristes qui s’infiltreraient avant que ceux-ci ne parviennent aux habitations des colons. »

La dernière allégation de l’Etat sioniste concernant la plainte des habitants palestiniens contre le mur qui a affecté la vie régionale serait des allégations « formulées en avance » : l’Etat affirma en effet que le gouvernement n’a pas encore donné l’ordre pour relier la barrière entourant Ariel avec les autres parties du mur, ainsi les plaintes palestiniennes selon lesquelles le mur touche à l’organisation de leur vie, en empêchant notamment les habitants des villages au nord de la colonie de se rendre à Selfit, sont des plaintes « formulées en avance ».

L’Etat hébreux a révélé à plusieurs occasions sa volonté d’annexer la colonie d’ Ariel au coté israélien.

En se référent aux expériences passées, nous pouvons supposer qu’un changement complet de la décision du gouvernement, où celui-ci garderait la colonie Ariel du coté « palestinien » du mur en se contentant de l’entourer d’une barrière protectrice isolée, n’a qu’une probabilité infinitésimale.

* L’avis d’une organisation des droits de l’homme

D’après « Betselem » : le centre d’information israélien des droits de l’homme dans les territoires occupés, les colonies mises en place par Israël en Cisjordanie constituent par principes des violations du droit humain et international. Et vue que la question ici représente une violation perpétuelle, le but du mur est de perpétuer indéfiniment les colonies illégales.

La haute cour de justice israélienne endossa les fausses allégations de l’Etat concernant le tracé du mur dans la région de Selfit, accordant ainsi une nouvelle fois la légitimité aux politiques israéliennes inacceptables. Ce qui constitue une insoumission claire à la décision de Cour de Justice Internationale de La Haye qui décida l’arrêt de la construction du mur et le dédommagement des victimes.



Samedi 24 Février 2007

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