Palestine occupée

Israel : Banalisation Des Transplantations Illegales d'Organes, Tourisme Transplant Florissant


C'est la Professeur d'anthropologie à l'Université de Berkeley, Nancy Sheper - Hugues, spécialiste reconnue internationalement des études sur le trafic mondial de transplantation d'organes qui l'a affirmé, notamment lors d'un témoignage fait en Juin 2001 devant le Congrès américain. Le ministère de la défense israélien est impliqué. Quelques extraits traduits de son témoignage.


Myriam Abraham
Jeudi 27 Août 2009

Israel : Banalisation Des Transplantations Illegales d'Organes, Tourisme Transplant Florissant
Nancy Sheper - Hugues a crée Organ Watch une organisation chargée de surveiller les trafics d'organes en pourchassant les intermédiaires, les médecins et chirurgiens et les voyous qui profitent de ce commerce florissant. Le trafic d'organes représente environ 10% des 70 000 transplantations mondiales de reins chaque année, bien qu'on avance le chiffre de 15 000 reins faisant l'objet de trafics sur l'année. Selon un article du Jane's intelligence weekly de Mars 2008, les organes visés par ces trafics sont soit vendus pour un usage interne, soit exportés pour des transplantations réalisées aux US, en Europe, aux EAU, en Arabie Saoudite et spécialement en Israël.

Nancy Sheper- Hugues a affirmé avoir été choquée par le fait que dans beaucoup de pays les responsables et fonctionnaires ont connaissance de ces trafics, mais qu'ils s'en fichent. "C'est un secret de polichinelle" a-t-elle dit, "cela a été banalisé en Israël"

Dans son témoignage devant le Congrès américain le 27 juin 2001, ses conclusions sur le trafic mondial d'organes sont présentées. Elle y décrit non seulement la problématique mondiale créée par ce trafic mais également le rôle prépondérant joué par Israël. Elle y évoque aussi les vols d'organes commis par les Israéliens sur des morts palestiniens.

Ci dessous des extraits traduits de ce témoignage

"En Juillet 2000, Avraham Ronan, un juriste à la retraite de Jérusalem, a expliqué qu'il avait pris de gros risques et dépensé une fortune pour se rendre en Europe de l' Est pour acheter le rein d'un ouvrier agricole immigré, plutôt que d'attendre son tour pour bénéficier de l'organe d'un cadavre en Israël :

"Pourquoi devrais je attendre des années pour un rein de quelqu'un victime d'un accident de voiture, prisonnier sous la voiture pendant de nombreuses heures, puis passant plusieurs jours dans un état critique en soins intensifs et alors seulement après tout ce traumatisme avoir cet organe transplanté ? Cet organe ne sera pas de bonne qualité ! Ou, même pire, je pourrais avoir l'organe d'une personne âgée, ou d'un alcoolique, ou d'une personne qui est morte d'une crise cardiaque. Ce type de rein est complètement usé ! C'est bien mieux d'obtenir un rein d'un homme en bonne santé qui peut aussi tirer avantage de l'argent que je peux me permettre de lui verser. Là où je suis allé, les gens étaient tellement pauvres qu'ils n'avaient même pas de pain à manger. Avez vous une idée de ce que 1000 dollars, voire 5000 dollars veut dire pour ce paysan ? L'argent que j'ai payé était un cadeau de même valeur que ce que j'ai reçu."

"La transformation magique d'une personne en une "vie" qui doit être prolongée, sauvée, à n'importe quel prix, fait que la vie est devenue l'ultime fétiche comme l'a reconnu il y a de cela de nombreuses années, Ivan Illich. L'idée même de "vie" comme objet de manipulation est une idée relativement nouvelle dans l'histoire de la modernité. La fétichisation de la vie - une vie préservée, prolongée, améliorée à n'importe quel prix - détruit toute possibilité d'éthique sociale

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"En Israël actuellement, il y a une tolérance surprenante au niveau officiel pour le "tourisme transplant" qui est organisé via une entreprise de bizness locale en lien avec un chirurgien renommé en matière de transplantation, opérant d'un centre médical important prés de Tel Aviv. Mr.D., le chef de "l'entreprise" (comme l'appelle les patients transplantés) a développé des liens avec des chirurgiens pratiquant des transplantations en Turquie, en Russie, en Moldavie, en Estonie, en Georgie, en Roumanie, et plus récemment à New York. Le coût d'un "paquet" est passé de 120 000 $ en 1998, à 200 000 $ en 2001, et, à cause de la pression des candidats à la transplantation pour développer des liens avec un plus grand nombre de pays développés, le coût continue d'augmenter. Le "paquet" transplantation couvre : la location d'un avion privé (pour 6 patients accompagné chacun d'un membre de leur famille, les docteurs israéliens, et le coordinateur du bizness; la "double opération" ("prélèvement" du rein et transplantation); les frais pour le rein et pour le donneur (le donneur n'est généralement pas payé plus de 5000$); les " frais" payés en pot de vin versés aux responsables à l'aéroport et aux douanes; la location de salles privées d'opération et de réveil, et du personnel OR; et les frais d'hôtel pour les membres des familles accompagnant les patients. L'opération clandestine (dans les deux sens du terme) est accomplie en 5 jours.

"Jour 1 : sur site préparation à l'opération, repos et dialyse;
Jour 2 et 3: les opérations (deux à trois patients par nuit, tout dépend de la taille du groupe);
Jour 4 et 5 : sur site, réveil, puis retour en avion à la maison.

"Le pays, la ville et les centres hospitaliers de ces opérations illégales sont tenus secret et révélés aux patients seulement le jour du voyage. En fait il y a une rotation continuelle des sites opératoires pour maintenir un profil bas. Les opérations chirurgicales ont lieu entre minuit et aux premières heures du matin. Dans le scénario le plus habituel, les patients israéliens et les médecins (un chirurgien et un néphrologue) prennent l'avion jusqu'à un petite ville de Turquie prés de la frontière irakienne, où les vendeurs de reins sont souvent de jeunes soldats irakiens ou des travailleurs immigrés. Autre scénario, les docteurs israéliens et turcs se rendent sur un troisième site en Europe de l' Est, où les vendeurs d'organes sont des chômeurs du coin ou des travailleurs immigrés d'ailleurs.

"La passivité du ministère de la santé qui refuse d'intervenir et de démanteler ce bizness portant sur des millions de dollars, qui fait d'Israël une sorte de Pariah dans le monde international de la transplantation, nécessite quelques explications. Premièrement, en l'absence d'une culture forte de donation d'organes et sous la pression de candidats à la transplantation en colère, chaque personne transplanté à l'étranger c'est un client de moins à satisfaire. Un phénomène plus troublant c'est le soutien et l'implication directe du ministère de la défense israélienne dans ce "programme" national illégal de tourisme de transplantation. Certains patients qui ont voyagé avec le chirurgien israélien spécialiste de transplantation hors la loi dans d'autres pays ont remarqué que dans chacun des groupes de transplantation organisés on trouvait des membres du ministère de la défense ou des personnes proches de celui ci.

"Nous aux Etats Unis nous ne pouvont affirmer nous appuyer sur une haute moralité étant donné le nombre de centres de transplantation subsistant grâce à ces étrangers qui paient, les dons d'organes devenant ainsi une ressource nationale et communautaire. Le Dr. Michael Friedlander, chef du service de néphrologie à l'Hôpital Hadassah de Jérusalem, compte parmi ses patients en convalescence après une transplantation à l'étranger, plusieurs israéliens qui sont récemment rentrés cette année et l'année dernière ( 2000-2001) d'Europe et des Etats Unis avec des reins qui ont été achetés de donneurs vivants. Les docteurs en charge des unités d'identification des reins où ces transplantations ont eu lieu affirment ne rien savoir de leur côté, disant qu'ils croient que les donneurs et les receveurs sont soit biologiquement ou soit émotionnellement liés. Parmi un grand nombre d'experts en reins on sait que le commerce de reins entre des étrangers se pratique partout sous couvert d'une pratique du " demander - mais s'il vous plait ne me dites rien que je ne veuille entendre"

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" En Mars 2001 j'ai passé une journée avec Abraham Sibony, qui a émigré en Israël du Maroc, et qui s'est lancé dans une carrière de petit voleur. Sibony pendant plusieurs années est rentré et sorti de prison et a été contacté par un gardien lié à un trafiquant d'organes local. " Est que tu veux trouver un moyen rapide de t'en sortir," a-t-il demandé à Sibony. Surpris d'apprendre qu'il pourrait gagner 30 000$ en vendan l'un de ses reins, et encore plus surpris d'entendre d'un docteur réalisant illégalement des transplantations que " les gens sont plus sains et vivent plus longtemps avec seulement un rein", le prélèvement sur Sibony a duré le temps d'une permission de sortie de prison. Bien que Sibony n'ait pas, contrairement à des vendeurs de reins malchanceux, souffert de complications médicales, il était mal préparé à passer une longue période de convalescence en prison, et en colère d'avoir été payé seulement 6000$ et de ne pas avoir de recours légal contre le juriste receveur de la transplantation et contre le trafiquant qui l'avait trompé, une histoire très commune parmi les vendeurs de reins dans le monde

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"C'est évident qu'au Moyen Orient, il n'y a pas de limites politiques, idéologiques, ou religieuses en ce qui concerne les pratiques illégales de transplantations. Depuis des années, les habitants des états du Golfe ( Koweit, Arabie Saoudite, Oman) voyagent en Inde et dans d'autres pays d'Europe de l'Est pour acheter des reins difficiles à trouver localement à cause des enseignements fondamentalistes islamiques qui autorise la transplantation d'organes (pour sauver une vie), mais interdit le prélèvement d'organes de corps en état de mort cérébrale. Parallèlement, des centaines de patients en attente d'un rein en Israël, qui a ses propres centres de transplantations bien développés et sous utilisés (à cause des tergiversations des ultra orthodoxes juifs sur l'état de mort cérébrale) voyagent en jets privés comme "touriste transplant" en Turquie, Moldavie, Roumanie, où on peut trouver des vendeurs de reins désespérés, en Russie où il existe un surplus lucratif d'organes de cadavres à cause des normes laxistes encadrant la mort cérébrale, et en Afrique du Sud où les équipements dans les cliniques de transplantation au sein d'hôpitaux privés peuvent ressembler à des hôtels 4 étoiles.

" L'infâme Zaki Shapira, chef des services de transplantation de reins au Centre Medical Bellinson, près de Tel Aviv (et ironiquement ancien membre du groupe de travail sur l'éthique mondiale des transplantations) a pratiqué illégalement des transplantations depuis le début des années 90 utilisant des trafiquants arabes locaux pour localiser des vendeurs de reins volontaires parmi les travailleurs palestiniens enfermés en Cisjordanie et à Gaza. Quand il s'est fait taper sur les doigts par un conseil d'éthique (la Commission Cotev) Shapira a simplement transféré ses activités illégales à l'étranger - en Turquie et dans des pays d'Europe de l' Est où l'énorme chaos économique de la dernière décennie a permis la création de marchés parallèles de corps pour le sexe et les reins.

" Mais des Palestiniens aisés voyagent aussi de Cisjordanie en quête de transplants, achetant des reins à Bagdad, en Irak, où plusieurs centres médicaux s'occupent des touristes transplant venant d'autres pays arabes. Les vendeurs de reins, m'a dit un patient palestinien ayant bénéficié d'une transplantation et que j'ai interviewé en Mars 2001, sont pratiquement tous des jeunes hommes, des travailleurs étrangers de Jordanie, et de pauvres irakiens qui sont hébergés dans une aile spéciale dans chaque hôpital dans des dortoirs qu'on pourraient appelés des " motels de reins" tandis qu'ils attendent les tests sanguins et les vérifications de compatibilité qui feront d'eux les "gagnants" du jour de la loterie du rein. En Irak, le paquet pour une greffe qui comprend les soins pré et post opératoires et des appartements entièrement modernes au sein du complexe hospitalier pour les membres des familles accompagnant les malades, ne coûte que jusqu'à 20 000 $ nous a-t-on dit, et ne coûtaient que 10 000$ il y a quelques années.En fait, c'est l'état de ces Palestiniens transplantés avec succès qui séjournaient dans la clinique pour convalescents de l'hôpital de Hadassah (voir Freidlander 2000) qui a poussé les patients juifs à chercher des options alternatives de transplantation pour eux-mêmes.

" Alors que je me trouvais en Israël pour Organ Watch pendant l'été 2000, et de nouveau en Mars 2001, quand j'ai accompagné le journaliste Mike Finical du New York Times ( voir Finical 2001) j'ai interviewé plus de 50 professionnels de la transplantation, des patients transplantés, et des acheteurs d'organes et des vendeurs impliqués dans le commerce des transplantations.Aucun des chirurgiens, bien qu' inquiets des risques encourus par leurs patients et l'exploitation potentielle à la fois des vendeurs d'organes et des acheteurs de la part de médecins peu scrupuleux et de leurs trafiquants et intermédiaires, ne voulait condamner une pratique qu'ils voyaient comme " sauvant des vies".

" Depuis l'été 2000, un nombre secret de patients israéliens ayant des problèmes de rein ont voyagé dans d'importants centres médicaux aux Etats Unis, parfois accompagnés par leur chirurgien israélien ou un néphrologue, pour des transplantations illégales avec des donneurs vivants payés. Dans certains cas le vendeur de rein venait de l'étranger avec les candidats aux transplantations, dans d'autres cas les vendeurs sont repérés aux Etats Unis par des intermédiaires et trafiquants. J'ai interviewé deux hommes, l'un un jeune étudiant, l'autre un fonctionnaire israélien à la retraite, tous deux revenant juste des US avec un tout nouveau rein acheté. Itay, l'étudiant, préférait ne pas penser à son donneur et son médecin lui a dit de penser au voyage aux US comme une longue période de vacances. Le patient transplanté plus âgé a aussi essayé de justifier le paiement à l'étranger qui lui a donné son rein comme un bonus - "argent pour des vacances" pour qu'elle puisse récupérer en ayant du bon temps loin de chez elle.

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" ...Des médecins effectuant des transplantations à Sao Polo et à Rio de Janeiro m'ont dit que pendant la période militaire (1964-1984) on leur avait donné des "quotas" d'organes à livrer aux hôpitaux militaires, des organes obtenus par tous les moyens possibles, dont des signes de mort clinique induites par un médicament (ce que m'a dit un praticien rongé par les remords). L'exécution des enfants des rues au Brésil (perçus comme des ennemis des gens décents) qui a atteint son pic dans les années 90 (bien après la démocratisation) impliquait non seulement des escadrons de la mort assassinant mais aussi des mutilations dans les morgues, une dimension secrète de guerre de classe et de nettoyage ethnique.

" Et en Afrique du Sud, vers la fin du régime d'Apartheid quand il y a eu superabondance de corps noirs produits lors des violences et chaos de la lutte anti apartheid s'empilant dans les morgues de la police, les prélèvements (et parfois la vente) de parties du corps recherchées à la fois pour le muti (médecine magique) et pour transplantation a été un élément caché de ce combat. Dans ces contextes tristes, on peut décrire à la fois les traditionnels sangomas et les chirurgiens comme des médecins sorciers.

" Parallèlement, des groupes de défense des droits de l'homme en Cisjordanie se sont plaints à moi de vols d'organes et de tissus de Palestiniens tués par des médecins légistes israéliens à l'institut national médico legal israélien à Tel Aviv.


Myriam Abraham présentation traduction

http://www.planetenonviolence.org/ http://www.planetenonviolence.org/



Jeudi 27 Août 2009


Commentaires

1.Posté par Nouba le 27/08/2009 16:16 | Alerter
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La phrase "une dimension secrète de guerre de classe et de nettoyage ethnique" me parait particulièrement appropriée. En tout cas, le dossier s'étoffe de jour en jour. J'espère qu'un jour, les responsables paieront. Cher... Très cher. Plus cher qu'un organe volé à un enfant des rues ou à un petit intifadiste, presque tué pour l'occasion... Tellement cher... J'attends.

2.Posté par dik le 27/08/2009 20:02 | Alerter
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Il n'y a plus d'éthique dans l'entité sioniste. Rien n'est épargné à l'homme par ces barbares. Et l'instruction et la culture ne font qu'ajouter à l'ignominie de leurs forfaits puisque :"de vols d'organes et de tissus de Palestiniens tués par des médecins légistes israéliens à l'institut national médico legal israélien à Tel Aviv.
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