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Islande: chronique d'un naufrage


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Le gouvernement islandais a été le premier à tomber, terrassé par la crise qui fait rage en Europe. Suite à la démission de ministres et responsables financiers d'Islande début janvier, c'est la coalition gouvernementale qui s'est effondrée, et dans la nuit du 26 au 27 janvier, le premier ministre Geir Haarde a fini par annoncer la démission de son gouvernement. Les élections anticipées pourraient avoir lieu en février ou en mars prochain (au lieu de mai 2011).


Jeudi 29 Janvier 2009

Islande: chronique d'un naufrage
Par Andreï Fediachine, RIA Novosti



A en juger par la liesse générale dans les rues de la capitale face à ce tournant dramatique, la majorité écrasante des Islandais sont convaincus que celui-ci ne leur apportera rien de mauvais. Durant presque toute la semaine précédente, des dizaines de milliers d'Islandais ont participé à des manifestations exigeant la démission du gouvernement et l'organisation d'élections anticipées. Entre 30.000 et 32.000 personnes (soit environ 10% de la population de l'Islande, qui se chiffre à 320.000 habitants) ont pris part à cette espèce d'autodafé politique (les manifestants brûlaient des effigies du premier ministre et de certains ministres).

Tout ce qui s'est produit en Islande est une quintessence des caractéristiques les plus effrayantes de la crise financière mondiale créée artificiellement. Le gouvernement du pays y a joué un rôle particulier, car il n'a rien fait pour juguler la transformation effrénée de l'Etat en un fonds spéculatif géant et incontrôlé. Les banques islandaises étaient tellement satisfaites de leurs résultats financiers qu'elles ont fait des emprunts de près de 120 milliards de dollars, une somme six fois supérieure au PIB national. Ce genre de choses constitue généralement le signe avant-coureur de l'éclatement imminent de la bulle. Mais personne ne voulait s'en apercevoir. L'année dernière, la bulle a éclaté. La couronne s'est brusquement dépréciée d'un quart.

En quelques jours, l'Islande s'est transformée en un Etat en faillite. Le pays s'étant converti en un paria financier, considéré comme une sorte de fou européen, personne ne voulait plus prêter de l'argent à Reykjavik. Celui-ci a donc été obligé d'emprunter à la Russie et au FMI. A la mi-janvier, ce dernier a déjà accordé 10 milliards de dollars. Les "frères vikings" (Danemark, Norvège, Finlande et Suède) sont eux aussi venus à la rescousse, en formant un crédit de 2,5 milliards de dollars. Mais cette somme est loin d'être suffisante.

Difficile de dire qui sera le suivant. Mais des candidats existent. Des vagues de manifestations se sont déjà soulevées en Lettonie, en Lituanie et en Estonie. Et ce n'est qu'un début. En Europe orientale, c'est la Hongrie qui traverse une période de crise financière, et l'opposition veut aussi des victimes. Les Magyars ne vont pas mieux que les Islandais. La Grande-Bretagne, qui a enregistré à la fin de l'année un deuxième trimestre consécutif de chute du PIB, s'est définitivement engagée dans la voie de la récession et des problèmes politiques.

En revanche, la chancelière allemande Angela Merkel, qui participera aux élections le 27 septembre prochain, est peut-être la seule Européenne à pouvoir, d'une certaine manière, "compter sur la crise". La nature teutonne a toujours empêché les Allemands de procéder à des changements radicaux en temps de crise. Ce qui rend très probable la réélection de Mme Merkel.

Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l'auteur.

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Jeudi 29 Janvier 2009


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