Politique Nationale/Internationale

Iran, Nucléaire, AIEA : le Mythe du Délai du Conseil de Sécurité


Selon des clauses de sauvegarde conclues avec l’AIEA - comme l’exige le TNP- l’Iran a accepté d’autoriser les inspecteurs de l’AIEA à « vérifier » qu’aucune « source ou matériau spécial » ne soit utilisé pour développer un programme d’armement nucléaire.

Ces trois dernières années, chaque rapport que le directeur général de l’AIEA Mohamed ElBaradei a présenté au Comité Directeur de l’Agence concluait que - du mieux qu’il pouvait déterminer - aucun matériau interdit n’avait été utilisé à ces fins.


Samedi 13 Mai 2006

Attention Medias mensonges -Le Mythe du Délai du Conseil de Sécurité






Le TNP et les statuts de l’AIEA et les accords de sauvegarde iraniens, tous garantissent à l’Iran un droit « inaliénable » à mener des recherches - et de tirer les bénéfices d’une utilisation pacifique - de l’énergie nucléaire.

.Les rapports d’ ElBaradei des 3 dernières années disent que - bien qu’il ne peut pas être absolument certain qu’il n’y a pas de matériau proscrit en Iran dont il n’a pas connaissance - il n’y a pas « d’indication » qu’il y en ait.

Malgré cela, Bush-Cheney-Bolton-Rice ont forcé l’AIEA a envoyé le dossier complet de l’Iran au Conseil de Sécurité « pour une action possible ».

Selon Bolton, ambassadeur américain aux Nations Unies, siégeant au Conseil de Sécurité :

« Ceci est un véritable test pour le Conseil de Sécurité. Il n’y a pas de doute que depuis près de 20 ans, les iraniens ont poursuivi un programme d’armement nucléaire à travers un programme clandestin que nous avons découvert. »

Aucun doute ?

Que Bolton a découvert ?

Apres trois ans d’inspections intrusives sur place, ElBaradei n’a rien trouvé.

Mais cela ne perturbe nullement Bolton :

« Si le Conseil de Sécurité des Nations Unies ne peut s’occuper de la plus grande menace que nous ayons avec un pays comme l’Iran - l’un des pays qui soutient le terrorisme - si le Conseil de Sécurité ne peut s’en occuper, on peut se poser la question de savoir de quoi il peut s’occuper. »

L’Article 39 de la Charte des Nations Unies stipule que :

"Le Conseil de Sécurité déterminera l’existence d’une menace à la paix, d’une violation de la paix ou d’un acte d’agression et fera des recommandations, ou décidera les mesures à prendre selon les articles 41 et 42, pour maintenir ou restaurer la paix internationale et la sécurité. "

L’Article 41 fait référence aux mesures qui « n’incluent pas l’usage de la force armée. »

L’Article 42 fait référence aux mesures incluant l’utilisation de la force armée.

Mais l’Article 40 stipule que :

« Pour prévenir l’aggravation d’une situation, le Conseil de Sécurité peut, avant de faire les recommandations ou décider des mesures selon l’Article 39, demander aux parties concernées de se conformer à de telles mesures provisoires, s’il le juge nécessaire ou souhaitable. »

Apres 3 semaines de débats intenses, le Conseil de Sécurité a produit une déclaration présidentielle non contraignante « demandant « essentiellement aux parties de régler leurs différents entre eux.

Le Conseil effectivement s’est dit « préoccupé » que « l’AIEA soit incapable de conclure qu’il n’y a pas de matériau nucléaire non déclaré ou d’activité prohibée en Iran ».

Bien sûr il s’agit d’une remarque sur l’AIEA et non sur l’Iran.

Néanmoins, Bush-Cheney-Bolton-Rice et leur médias serviles veulent vous faire croire que le Conseil de Sécurité a donné à l’Iran un « délai » pour suspendre tout ses activités d’enrichissement d’uranium dans les 30 jours - Sinon.

Faux !

Utilisant des mots choisis avec précaution, le Conseil de Sécurité a simplement « appelé » l’Iran à prendre les mesures « exigées « par le Comité Directeur de l’AIEA pour que « les questions non résolues de celui-ci puissent l’être et la confiance établie quant à la nature exclusivement pacifique du programme iranien. »

En fait, le Conseil de Sécurité a laissé « le problème du nucléaire iranien » au Comité de l’AIEA pour qu’il trouve la solution. C’est bien sûr là-dessus que la Chine et la Russie avaient insisté tout le temps.

Et continuent toujours d’insister.

Le Conseil de Sécurité n’a pas considéré la question de savoir si le Comité de l’AIEA avait un droit quelconque selon les statuts de cette organisation ou la Charte des Nations Unies de faire de telles exigences.

Le Conseil de Sécurité n’a pas non plus considéré la question de savoir si le « problème nucléaire » iranien constituait « une menace pour la paix, une violation de la paix, ou un acte d’agression. »

Pire, (pour Bush-Cheney-Rice Bolton) la déclaration présidentielle commençait ainsi :

« Le Conseil de Sécurité réaffirme son engagement au TNP et rappelle le droit des états signataires, conformément aux articles I et II du traité, de développer la recherche, la production, et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques sans discrimination. »

En d’autres termes, l’Iran a bien les droits auxquels il prétend selon le TNP et personne - même pas les néos-fous - ne peut faire de discrimination contre lui.

Mais quel média, ici ou de l’autre côté de l’Atlantique, prend la peine d’informer le public correctement ?

La liberté de la presse passe par la liberté pour tous d’avoir accès à la vérité. Il n’y a pas de liberté de la presse, mais auto censure, voire pire propagande intentionnelle, quand la vérité est à ce point dissimulée.

Source un article de Gordon Prather publié le 2 mai 2006 sur www.antiwar.com intitulé « the Sécurity Council Deadline Myth



Source : http://www.planetenonviolence.org


Samedi 13 Mai 2006

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