Conflits et guerres actuelles

Iran: La surprise d'Octobre

Première parution sur HuffingtonPost.com le 23 septembre 2006


Ce ne serait pas une surprise si l'Administration Bush entreprenait une guerre préventive contre l'Iran peu avant l'élection de novembre.
En temps normal, cela serait une possibilité étonnante, rapidement écartée par les gens sensés comme étant quelque chose de dangereux, de non-provoqué et de non conforme à notre réputation.
Mais nous ne vivons pas dans une période normale. Et nous n'avons pas un gouvernement très concerné par notre réputation.


Gary Hart
Mardi 26 Septembre 2006

 Iran: La surprise d'Octobre
Par Gary Hart




Si une chose est vrai, c'est bien que notre administration actuelle est en train de transformer notre réputation en quelque chose de jamais vu.

Voilà ce qui va arriver : Des camions-citernes de l'Armée de l'Air seront déployés pour alimenter en carburant les bombardiers B-2, des bateaux de la Marine équipés de missiles de croisière seront placés dans des points stratégiques au nord de l'Océan Indien et peut-être dans le golfe Persique, des drones rassembleront des données sur les cibles, et des équipes de commandos affineront ces données.
Les deux dernières mesures déjà sont prises.

Puis, le président parlera à la télévision nationale.
Il dira ceci : L'Iran est déterminé à développer des armes nucléaires ; si cela se produit, la région entière deviendra nucléaire ;
nos efforts diplomatiques pour empêcher cela ont échoué ;
L'Iran offre un asile aux chefs connus d'Al Qaeda ;
le destin de notre allié Israel est en jeu ;
L'Iran persiste dans le soutien au terrorisme, y compris en Irak ;
et les sanctions n'auront aucun effet (et sans compter qu'elles sont pour les poules mouillées).

Il ne dira pas : … et en outre, nous avons besoin de pétrole.

Par conséquent, il annoncera : notre propre sécurité nationale et la sécurité de la région exige de nous d'agir. "Ce soir, j'ai ordonné l'élimination de tous les équipements en Iran qui sont consacrés à la production des armes de destruction de massive ....." Et au pire, cela inclut peut-être deux dizaines de cibles.

Mais les auteurs de la guerre contre l'Irak ont à l'esprit "un changement de régime" en Iran.

Selon le colonel Sam Gardiner (auteur de "La Fin de 'l'Eté de la Diplomatie' : Evaluer les options militaires des États-Unis en Iran", The Century Foundation, 2006), pour avoir le moindre espoir de succès, cette politique exigerait d'attaquer au moins 400 cibles, y compris la Garde Révolutionnaire.

Mais même cela suppose que les Iraniens répondraient à une attaque massive des États-Unis contre leur pays par le renversement de leur gouvernement. Seule une administration inspirée par une imagination digne des pré-Lumières pourrait croire une notion de ce type.

Embrasser cette rêverie exige de croire en l'Iranien Ahmed Chalabi, ou peut-être même de penser à M. Chalabi lui-même puisqu'il a travaillé des deux côtés dans les deux pays pendant un certain temps.

Il n'y a pas besoin d'avoir beaucoup d'imagination pour comprendre le timing. Les États-Unis pourraient adopter un changement de régime du Congrès en novembre.

Une stratégie politique totalement basée sur la peur ne peut offrir que peu d'autres options pour l'empêcher. En outre, l'occupation par les Démocrates d'une seule Chambre au Congrès en janvier rendrait ce projet difficile (on pourrait certainement l'espérer).

De plus, le temps pour une conquête militaire d'une superpuissance pourrait se terminer rapidement avec l'époque naissante de la guerre de quatrième génération." … l'époque de l'ascendant militaire occidental se termine." ("No Win," Andrew Bacevich, The Boston Globe, 27 août 2006).

Les conséquences ? Les neoconservateurs radieux dont l'objectif était de devenir la puissance néo-impériale du Moyen-Orient l'ont guère prévu depuis le début. Mais les chefs prudents calculent tous les risques, et ils sont historiques.

Ils incluent :
une réaction violente dans l'ensemble du monde Islamique ;
une augmentation dramatique des attaques des Jihadistes contre les capitales européennes et aux États-Unis ;
une radicalisation de la jeunesse Islamique derrière une nouvelle génération de chefs Jihadistes ;
une consolidation du soutien au Hamas, au Hezbollah, à Al Qaeda, et une propagation rapide d'un réseau malveillant;
une escalade de l'expansion du sentiment anti-américain dans le monde entier, y compris dans le monde démocratique ;
et la formation des lignes de bataille de la 3ème Guerre Mondiale entre les États-Unis et les mondes Arabes et Islamiques.

En des temps plus raisonnables, y compris à l'époque de la Guerre Froide, des actions bizarres telles que la guerre préventive unilatérale et non provoquée seraient écartées par les hommes et les femmes réfléchis, chevronnés, expérimentés comme étant folles. Mais ces qualités ne caractérisent pas notre gouvernement actuel.

Pour un président divinement guidé qui s'imagine être un de ces jours Winston Churchill (bien que manquant de capacité à formuler des phrases intelligentes), et qui soi-disant ne s'inquiète pas de l'opinion publique à l'intérieur du pays ou à l'étranger, c'est quelque chose de possible, et la diminution de ses jours au pouvoir pourrait l'obliger à agir de façon plus apocalyptique que nécessaire.




A lire : le discours de Mahmoud Ahmadi-Nejad à l'ONU

Qui est le terroriste ?
Source : http://www.truthout.org/
Traduction : MG pour ISM

http://www.ism-france.org/news/rubrique.php?type=analyse http://www.ism-france.org/news/rubrique.php?type=analyse



Jeudi 28 Septembre 2006

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