Politique Nationale/Internationale

Iran: La diabolisation avant quoi ?



Mardi 17 Janvier 2006

Iran : la diabolisation avant quoi ?

Décryptage

Les négociations entre la troïka européenne (Royaume-Uni, France et Allemagne) et la République islamique d'Iran sur le dossier nucléaire iranien semblent définitivement rompues. Les exigences européennes, dénoncées par Mohammed ElBaradei, le président de l'Agence internationale à l'énergie atomique et Prix Nobel de la Paix, outrepassent le Traité de non-prolifération. L'Iran a accusé les négociateurs européens d'avoir adopté le point de vue de Washington et Tel-Aviv avant de rouvrir son centre d'enrichissement d'uranium de Natanz le 11 janvier.
Cette décision iranienne a fait redoubler les attaques médiatiques contre Téhéran.

On assiste désormais dans la presse mainstream à une campagne de propagande contre l'Iran très comparable à ce à quoi nous avions assisté avant la guerre contre l'Irak. On retrouve les arguments qui avaient servi pour préparer les opinions occidentales à une guerre contre Bagdad. Ainsi, le fait que la République islamique cherche à acquérir des armes nucléaires est présenté comme une évidence malgré l'interdiction prononcée par le Guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei, de s'en doter. L'Iran est accusé de soutenir le terrorisme et de chercher à acquérir des armes de destruction massive. La menace d'un terrorisme nucléaire contre « l'Occident » est régulièrement évoquée ou sous-entendue. Comme il semble évident que même si l'Iran disposait d'armes nucléaires, il ne pourrait pas les utiliser sans risquer l'anéantissement, il est également essentiel d'insister sur le caractère irrationnel et fanatique, donc suicidaire, des dirigeants iraniens. Par ailleurs, bien qu'il soit techniquement impossible que l'Iran se dote d'armes atomiques avant une dizaine d'années si toutefois telle était son intention, on insiste sur l'imminence du danger et l'urgence de la réaction. Enfin, comme dans le cas de l'Irak, les instances internationales ayant un discours contraire à celui des puissances occidentales sont décrédibilisées ou voient leurs déclarations détournées ; on blâme le mercantilisme ou la frilosité « munichoise » des partisans de la négociation.
Il n'y a rien de nouveau dans cet argumentaire que les lecteurs de Tribunes et décryptage connaissent bien.

Il existe toutefois une différence majeure entre les textes condamnant l'Iran aujourd'hui et ceux qui stigmatisaient l'Irak de Saddam Hussein avant l'invasion : l'éventualité d'une guerre n'est quasiment jamais évoquée. Le processus de diabolisation de l'Iran est bien entamé, mais même les néo-conservateurs les plus belliqueux rechignent pour l'instant à évoquer explicitement un conflit armé. Le consensus autour de la diabolisation de l'Iran est large, pour ne pas dire unanime, mais il n'existe pas d'unité sur la solution à apporter au « problème » iranien.

En France, le quotidien conservateur Le Figaro, propriété de l'avionneur Dassault, se livre depuis quelques semaines à un intense travail de préparation psychologique de son lectorat contre la République islamique. Le journal a d'abord présenté la reprise du programme d'enrichissement d'uranium iranien comme un « point de non-retour », puis a prétendu que même la Russie, associée au programme nucléaire iranien, condamnait désormais la politique de la République islamique. Il poursuit cette ligne éditoriale en diffusant deux tribunes signées par des députés atlantistes de l'UMP, le parti au pouvoir en France, et comparant Mahmoud Ahmadinejad à Adolf Hitler.
Le député de Paris et président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN Pierre Lellouche a rédigé dans ce but un texte co-signé par 13 députés de la majorité présidentielle (Alfred Almont, Richard Dell'Agnola, Bernard Depierre, Claude Goasguen, Arlette Grosskost, Jean-Yves Hugon, Jean-Marc Lefranc, Lionnel Luca, Richard Mallié, Pierre Micaux, Marc Reymann, Jean-Marc Roubaud et Philippe Vitel). Pour l'auteur et ses co-signataires, il y a une filiation idéologique et tactique entre le Führer et le président iranien. Il s'agit d'un argument traditionnel dans la diabolisation de l'adversaire. La comparaison avec Adolf Hitler a servi contre Saddam Hussein au temps de la première Guerre du Golfe, puis de la Guerre d'Irak, mais aussi contre Milosevic lors de la Guerre au Kosovo… et encore, il ne s'agit que des cas les plus célèbres des 15 dernières années. Mais Mahmoud Ahmadinejad a favorisé l'emploi de cet axe de propagande assez grossier et désormais très éculé et ouvert un boulevard à ses adversaires en tenant des propos négationnistes et en plaçant ainsi la Shoah au cœur d'une question où elle n'avait pas sa place. Reprenant les arguments classiques de la menace que représente l'acquisition d'armes de destruction massive par des terroristes, les signataires du texte affirment que l'Iran pourrait faire don d'une de ses armes au Hezbollah (qui n'est pas une organisation terroriste selon l'Union européenne) pour frapper les villes occidentales (alors que le Hezbollah ne mène pas d'actions hors du Liban). Les députés réclament que le Conseil de sécurité de l'ONU se saisissent du dossier (sans demander précisément une mesure en particulier). Mais ils préparent d'ores et déjà l'opinion à une absence de consensus et à une action en dehors du cadre des Nations unies. Comme on le voit, cette tribune vise avant tout à susciter la crainte chez le lecteur, sans s'embarrasser de vraisemblance ou d'exactitude.
Autre député UMP de Paris, Bernard Debré signe un texte très comparable au précédent. Le frère du président de l'Assemblée nationale use et abuse des qualificatifs extrêmes pour désigner le régime iranien : « sanguinaire » « odieux » « dangereux » et le compare lui aussi au régime hitlérien. Toutefois, à la différence de ses collègues députés, l'auteur propose une mesure contre l'Iran. Ainsi, il se prononce en faveur d'un embargo économique international contre Téhéran. Nous avons déjà croisé cette proposition sous la plume du sénateur républicain Bill Frist et déjà, nous nous interrogions sur la logique qui sous-tendait cette proposition. Pas plus que le chef de la majorité républicaine au Sénat, M. Debré ne peut ignorer qu'il est impossible d'obtenir un consensus international en faveur d'un embargo contre l'Iran. La Russie, la Chine et l'Inde reconnaissent la légalité du programme nucléaire iranien et un embargo économique auquel ne participeraient pas ces pays n'aurait qu'un impact limité. En outre, compte tenu de la hausse des niveaux des prix du baril de pétrole, un conflit économique avec l'Iran ferait peut-être plus de torts aux économies occidentales qu'à la République islamique. Dans ces conditions, quel est l'intérêt de cette proposition ?

La diabolisation du régime iranien passe aussi par la dénonciation de son fanatisme religieux. Les auteurs s'appuyant sur cet argument utilisent la rhétorique de la théocratie iranienne pour présenter non pas un régime fondé sur des préceptes religieux, conservateur en matière de mœurs et progressiste en matière sociale, mais une dictature millénariste aux mains de fous.
Ce point de vue a été largement diffusé par le propagandiste néo-conservateur Kenneth Timmermans dans une tribune soutenue par Project Syndicate. Son analyse s'appuyait, sans le citer, sur un article du Christian Science Monitor écrit par Scott Peterson et décrivant la ferveur religieuse du président Mahmoud Ahmadinejad et son attachement à la figure du Mahdi, imam mythique de l'islam chiite.
Dans le New York Sun et le Jerusalem Post, le théoricien islamophobe et administrateur de l'U.S. Institute of Peace, Daniel Pipes, reprend point par point les arguments déjà développés par Kenneth Timmermans. Lui aussi tient pour acquis le fait que le président iranien et l'intégralité de la classe dirigeante iranienne envisagent que la fin des temps est pour bientôt. Comment dès lors négocier avec un individu qui estime être du côté de Dieu à l'approche du jugement dernier ? Sans s'embarrasser de cohérence, Daniel Pipes s'appuie sur cette présentation pour comparer lui aussi Mahmoud Ahmadinejad à Hitler.

L'amalgame entre l'islamisme et le nazisme ne repose sur aucun élément idéologique concret, mais est particulièrement fréquent dans la presse occidentale mainstream. Cette association permet de présenter l'islamisme comme le « troisième totalitarisme » (après le nazisme et le stalinisme) et, par opposition, de vanter les mérites et de justifier les actions du « camp de la liberté » dirigé par les États-Unis.
L'association entre l'islamisme et le nazisme est renforcée par l'emploi récurrent de néologisme tels qu' » islamofascisme » (terme courant dans les textes du coordinateur des faucons états-uniens Franck Gaffney) ou de « fascislamisme » (néologisme plus récent noté à plusieurs reprises dans les chroniques du « philosophe » médiatique français Bernard Henri Lévy).
Bien entendu, pour les diffuseurs de ces formules, le ciment de l'union entre fascisme et islamisme est l'antisémitisme.
Ce point de vue n'est pas diffusé qu'en Europe et aux États-Unis. Dans le quotidien colombien El Tiempo, l'éditorialiste et ancien vice-ministre de la Justice colombien, Rafael Nieto Loaiza, se livre à une attaque en règle contre l'Iran en multipliant les lieux communs. Pour l'auteur, l'Iran veut acquérir l'arme atomique et est, compte tenu de son antisémitisme, une menace pour Israël. Malheureusement, il n'est pas possible de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU car il a de trop bons rapports avec la Chine et la Russie (le fait que l'Iran n'a pas enfreint le droit international n'est pas évoqué). Dans cet éditorial, l'auteur multiplie les amalgames. Ainsi, le fait que l'Iran puisse menacer Israël est une menace pour « les juifs » dans leur ensemble. L'Iran est également un pays antisémite « bien qu'il ne soit pas arabe », ce qui sous-entend que l'antisémitisme est avant tout une caractéristique du monde arabe. Bref, l'auteur inscrit ses attaques contre l'Iran dans la logique du choc des civilisations, théorie qui n'avait pas besoin de la question nucléaire pour demander le renversement du régime iranien. L'auteur, partisan d'un gouvernement colombien au plus mal avec son voisin vénézuélien, profite également de l'occasion pour reprendre les accusations d'antisémitisme contre Hugo Chavez et rappeler les supposés liens amicaux qui uniraient Mahmoud Ahmadinejad au président de la République bolivarienne.

L'unanimisme des experts médiatiques dans la dénonciation du régime iranien ne permet toutefois pas d'afficher une unité sur les mesures à adopter. La plupart des analystes refusent d'ailleurs de se prononcer sur la solution.
Timothy Garton Ash, l'éditorialiste conservateur du quotidien britannique de gauche The Guardian, se contente ainsi d'énumérer la succession des solutions contre l'Iran qui ne marcheront pas : on ne peut pas mobiliser la Chine et la Russie, on peut difficilement s'en prendre à l'Iran du fait des moyens dont il dispose grâce à l'augmentation de la rente pétrolière et de son poids en Irak, une attaque contre l'Iran supprimera le sentiment pro-occidental dans le pays et le soutien à une révolution risque de provoquer un bain de sang. Bref, il n'existe aucune solution souhaitable. L'auteur se contente d'appeler à l'unité de l'Occident sur cette question et à ce que chaque mesure soit bien pensée avant d'être adoptée. C'est à dire qu'il ne propose rien. En revanche, il reprend les accusations traditionnelles contre l'Iran et sur la folie de son président.
Dans son éditorial de l'hebdomadaire de référence des néo-conservateurs, le Weekly Standard, repris par le quotidien australien The Australian, le rédacteur en chef William Kristol démontre malgré lui les ambiguïtés et les hésitations des élites washingtoniennes. Ainsi, il rejette les options qui consisteraient à négocier sans menace militaire ou à laisser à Israël le soin d'attaquer, mais affirme soutenir toutes les autres solutions. Il apporte ainsi son soutien à la diplomatie ferme, aux actions de l'AIEA, à la constitution de coalition pour des sanctions, au soutien aux « démocrates iraniens » pour un changement de régime, au développement des capacités de renseignement contre l'Iran et à la possibilité d'une action militaire. Le fait que la plupart des options soutenues s'excluent les unes les autres ne semble pas le contrarier. Bref, l'auteur botte lui aussi en touche et se contente de récapituler toutes les possibilités sans oser en privilégier une.

Plus courageux, l'expert des questions de sécurité du Daily Telegraph, John Keegan, opte pour sa part pour le blocus économique. Dans le Daily Telegraph, Gulf News et The Age, l'analyste se joint aux critiques contre l'Iran. Il affirme comme tous les autres experts convoqués par les médias que Téhéran cherche à acquérir l'arme atomique, qu'il menace Israël et la région et qu'il soutien le terrorisme. Allant plus loin, il assure que l'Iran serait lié à Al Qaïda et pourrait avoir joué un rôle dans les attentats de Londres. On notera l'absurdité de cette dernière affirmation. Quel aurait été l'intérêt pour l'Iran de commettre un attentat à Londres alors que le pays était déjà menacé par les États-Unis mais négociait avec le Royaume-Uni ? En outre, si, comme les analystes proches de M. Keegan l'affirment souvent, Téhéran utilisait les négociations pour gagner du temps et développer son arsenal nucléaire, quel était l'intérêt de causer des attentats à Londres qui auraient risqué d'abréger les pourparlers ? Mais rien n'est trop gros pour noircir le portrait de l'ennemi.
Comme Bill Frist et Bernard Debré, M. Keegan recommande lui aussi l'option du blocus économique. Il estime que les États-Unis n'ont pas la capacité de mener une guerre et qu'on pourrait certes envisager des frappes israéliennes, mais que l'isolement économique de l'Iran est préférable, au moins dans un premier temps. L'auteur ne cache pas qu'il faudra envisager autre chose, sans préciser quoi, en cas d'échec de cette stratégie.
Le porte-parole des Moudjahidines du peuple, Ali M. Safavi, appelle lui aussi à un blocus total de l'économie iranienne dans le Washington Times. Toutefois, il estime qu'il s'agit là d'une mesure nécessaire mais non suffisante. Il plaide donc pour sa part en faveur d'un soutien des États-Unis à son organisation en vue d'un renversement du régime iranien. Ce faisant, M. Safavi associe, comme les néo-conservateurs, la question nucléaire iranienne à la question du régime en place à Téhéran et oublie que la volonté iranienne d'obtenir la maîtrise de l'énergie nucléaire ne date pas de la révolution de 1979 mais du régime du Shah et se fonde sur les besoins de l'économie iranienne. Un nouveau régime ne pourrait pas plus se passer de centrales nucléaires que l'actuel pour assurer le développement économique iranien.

Dans Gulf News, l'analyste britannique pan-arabe Patrick Seale reste incrédule devant cette campagne de presse. Il rappelle que jusqu'à preuve du contraire le programme nucléaire iranien est tout à fait légal et pour l'instant il est contrôlé par les inspecteurs de l'AIEA. L'auteur s'alarme de voir les déclarations occidentales et iraniennes se montrer de plus en plus menaçantes. Sans doute sans y croire lui-même, l'analyste demande aux États-Unis et à l'Iran de régler le différend qui les oppose depuis 1979 et d'entamer des discussions pour la dénucléarisation totale du Proche-Orient, sans doute le seul moyen d'éviter une confrontation.
M. Seale est une des rares voix divergentes dans la presse mainstream. Comme nous l'avons précisé, il n'y a pas encore d'appel à une opération militaire contre l'Iran et, de ce fait, il n'existe quasiment pas de mobilisation dans les pays occidentaux pour dénoncer la marche rampante vers la guerre. Lors des préparatifs de l'invasion de l'Irak, les néo-conservateurs avaient clairement affiché leur intention, provoquant des réactions et un grand mouvement populaire d'opposition. Aujourd'hui, il n'y a rien de comparable. La diabolisation de l'Iran et la déshumanisation de l'adversaire se poursuit, sans que les pacifistes ne réagissent.

Réseau Voltaire




16 janvier 2006

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Paris (France)

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 Iran
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 Questions nucléaires
 Contrôle du « Grand Moyen-Orient »

Auteurs et sources des Tribunes et décryptages

  

« Pourquoi il est urgent de répondre au défi iranien ».

Auteurs Pierre Lellouche, un collectif de treize députés UMP


 Pierre Lellouche est député UMP de Paris, membre de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale et président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN.
Alfred Almont, Richard Dell'Agnola, Bernard Depierre, Claude Goasguen, Arlette Grosskost, Jean-Yves Hugon, Jean-Marc Lefranc, Lionnel Luca, Richard Mallié, Pierre Micaux, Marc Reymann, Jean-Marc Roubaud et Philippe Vitel.

Source Le Figaro (France)
Référence « Pourquoi il est urgent de répondre au défi iranien », par Pierre Lellouche et un collectif de treize députés UMP, Le Figaro, 12 janvier 2006.

Résumé A l'aube de la sixième année du nouveau millénaire, Adolf Hitler est ressuscité, ou plus exactement, il s'est réincarné en Mahmoud Ahmadinejad, un individu petit et chétif comme lui dont le discours est dans la filiation idéologique de Mein Kampf. Mais la différence entre Hitler et Ahmadinejad est que le premier a échoué, là où le second est en train de réussir : accéder à la bombe atomique. L'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) et son président Mohammed ElBaradeï ont démontré que l'Iran se rapproche dangereusement de l'acquisition de l'arme nucléaire. C'est le but du programme clandestin iranien, en parfaite violation de ses engagements internationaux, mais l'Iran s'est depuis longtemps affranchi des règles du monde civilisé.
Face aux déclarations du président Ahmadinejad, le silence du monde musulman est assourdissant. Personne ne s'est élevé pour critiquer cet appel au génocide des juifs. Cela induit une seconde question : si le monde arabo-musulman ne réagit pas, que fait l'Occident et surtout que fait l'Europe, qui a vu naître la folie hitlérienne et sa conclusion : la Shoah ? Réponse : les démocraties occidentales « condamnent » et « s'indignent » de propos « scandaleux » et naturellement « inacceptables »... mais au-delà des mots, elles ne font rien. L'inexistence de l'Iran n'a d'égal que son échec, les négociations de la troïka européenne ont fait long feu. Les Iraniens ont annoncé il y a deux jours la reprise de leurs activités d'enrichissement.
Au train où vont les choses, l'Iran aura la bombe dans un ou deux ans et Ahmadinejad pourra menacer Israël, mais aussi les pays arabes modérés amis de l'occident et la Turquie, notre allié dans l'OTAN. Il pourrait aussi confier ces armes à ses alliés terroristes, comme le Hezbollah qui pourrait les amener au cœur de nos villes. Le pire serait alors à craindre.
On peut objecter que, pour l'instant, Ahmadinejad demeure soumis en théorie à l'autorité d'Ali Khamenei, sorte de Hindenburg en turban. Mais pour combien de temps ? On assurera aussi que ses positions seraient affaiblies par ses propres outrances et plus encore par l'alliance réalisée de facto entre Américains et chiites en Irak. Cela est peut-être vrai. Mais sa fuite en avant nous place dans une situation de quitte-ou-double. On ne peut pas se permettre de laisser Ahmadinejad sur sa lancée programmatique. Le mieux serait un changement de régime en Iran, mais on peut douter que les circonstances s'y prêtent.
Il faut que le Conseil de sécurité de l'ONU se saisisse de cette affaire et ne fasse pas, une fois de plus, la preuve de son incapacité à agir.
 

« Il faut imposer un embargo aux ayatollahs de Téhéran »

Auteur Bernard Debré


 Fils de l'ancien Premier ministre français Michel Debré, frère jumeau du président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, ancien médecin de l'ex-président français François Mitterrand, Bernard Debré est député de Paris. Il fut ministre de la Coopération (1994-1995).

Source Le Figaro (France)
Référence « Il faut imposer un embargo aux ayatollahs de Téhéran », par Bernard Debré, Le Figaro, 12 janvier 2006.

Résumé Quand Hitler a écrit Mein Kampf, tout était déjà annoncé mais personne n'a voulu y prêter attention par aveuglement ou lâcheté. Après Munich, la foule était enthousiaste, seul Churchill avait vu juste.
L'Iran est aux mains d'un groupe d'ayatollahs sanguinaires, totalitaires et dangereux qui développent l'arme atomique sur leur territoire. Ce pays est dirigé par un homme qui veut l'arme atomique, qui veut qu'Israël soit rayé de la carte ou déplacé en Europe, avant d'envisager une guerre contre l'Occident. Les dirigeants de l'Iran ne sont pas au service d'un peuple mais d'une idéologie. Souvenons-nous qu'en 1981, les ayatollahs faisaient déminer les champs de bataille par des enfants. Aujourd'hui, le scénario recommence, les kamikazes sont aussi recrutés chez des enfants. On ne tergiverse pas avec la réalité la plus brutale. Si rien n'est fait, nous aurons aujourd'hui le déshonneur et demain la guerre. Et pourtant l'Occident hésite et condamne du bout des lèvres. Que faut-il attendre, la première fusée ou un pacte d'alliance liant les extrémistes d'Afghanistan, du Pakistan, d'Irak et de Syrie ? C'est aujourd'hui, quand la puissance de l'Iran est encore hésitante, qu'il faut agir.
L'action internationale en Irak, l'envoi d'inspecteurs et la recherche d'éléments nucléaires ou chimiques a abouti à une guerre sans vainqueurs mais avec un vaincu : le peuple irakien. La pertinence de cette guerre ne se discute plus, le mal est fait. Un dictateur est tombé, la guerre civile s'est installée. Les extrémismes sont en action mais cela ne doit pas nous faire craindre d'agir en Iran. C'est pourquoi l'embargo ici est nécessaire. Embargo sur le pétrole et sur le commerce. Certes, le peuple iranien en souffrira mais c'est en asphyxiant l'économie que l'embargo sera efficace, comme en Afrique du Sud.
Les Iraniens, ceux qui vivent en Iran et les exilés, savent que leur régime est odieux et dangereux. Les antennes paraboliques et Internet leur montrent que le régime qui les asservit n'est pas une fatalité. L'heure de la diplomatie de salon est terminée, la situation géopolitique ou géoreligieuse est de plus en plus tendue et l'islam radical de plus en plus organisé et transnational. Il est encore temps d'user de la fermeté sans avoir recours à la guerre.
 

« La menace mystique de Mahmoud Ahmadinejad »

Auteur Daniel Pipes


 Administrateur de l'US Institute of Peace, Daniel Pipes est le fondateur du Middle East Forum et l'auteur de Militant Islam Reaches America. Il est collaborateur de Benador Associates. Pour une biographie détaillée, voir l'enquête que le Réseau Voltaire lui a consacrée.

Sources Jerusalem Post (Israël), New York Sun (États-Unis)
Référence « The Mystical Menace of Mahmoud Ahmadinejad », par Daniel Pipes, New York Sun 10 janvier 2006.
« Mission and mysticism », Jerusalem Post, 11 janvier 2006.

Résumé Grâce au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, un nouveau terme est apparu dans le vocabulaire politique : mahdaviat. Il s'agit d'un terme technique religieux se référant au mahdi, élément de la doctrine chiite désignant le restaurateur de la religion et de la justice qui règnera avant la fin des temps. Il est également appelé « retour du douzième imam ». Le mahdaviat est central dans les ambitions et les croyances d'Ahmadinejad. Aussi bien comme maire de Téhéran que comme président de la République islamique, il a mené des politiques et fait des discours en lien avec cette croyance. Il a même conclu son allocution à l'ONU par une prière pour l'arrivée du Mahdi.
Cette obsession lui donne la certitude de mener la politique adéquate. Le comblement du fossé entre riches et pauvres en Iran, le défi lancé à l'Amérique et à Israël et la création d'un programme d'armement nucléaire, toutes ses initiatives s'inscrivent dans la préparation du retour du mahdi. Or, que peut craindre un président persuadé que le Mahdi va arriver sous peu ? Le mahdaviat a des implications directes et préoccupantes pour la confrontation entre l'Amérique et l'Iran. Je préfère la formulation inverse. Les plus dangereux dirigeants de l'histoire moderne sont ceux qui (comme Hitler) disposaient d'une idéologie totalitaire et d'une foi mystique en leur propre mission. Ahmadinejad remplit ces deux critères.
 

« Le danger iranien »

Auteur Rafael Nieto Loaiza


 Avocat, ancien vice-ministre colombien de la Justice du gouvernement Uribe, Rafael Nieto Loaiza est éditorialiste d'El Tiempo.

Source El Tiempo (Colombie)
Référence « El peligro de Irán », par Rafael Nieto Loaiza, El Tiempo, 12 janvier 2006.

Résumé Dans un geste de défi vis-à-vis de la communauté internationale, le régime présidé par Mahmoud Ahmadinejad a rompu les scellés que l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) avait posé sur les installations nucléaires iraniennes et a relancé son programme nucléaire. L'Iran affirme que ce programme vise seulement la production d'énergie nucléaire. Mais, en réalité, beaucoup considèrent que Téhéran cherche à construire des armes nucléaires.
La relance du programme d'enrichissement d'uranium est une gifle pour les chancelleries française, britannique et allemande. Mais, embourbés en Irak, les États-Unis ne peuvent agir qu'en coordination avec les Européens. L'affaire est grave et montre que le régime iranien n'est pas prêt à céder aux pressions internationales. Dans ces conditions, l'idéal serait que le Conseil de sécurité de l'ONU adopte une résolution prévoyant une échelle de sanctions pouvant aller jusqu'à l'usage de la force, mais les liens de l'Iran avec la Russie et la Chine protègent pour l'instant le régime iranien. Sa place de quatrième producteur mondial de pétrole le protège également à un moment où les prix du baril montent. Si l'Iran acquière l'arme atomique, cette région déstabilisée aura un nouveau facteur de risque.
Israël est particulièrement inquiet, à raison, suite aux propos négationnistes et déclarations selon lesquelles Israël devait être rayé de la carte. Bien que l'Iran ne soit pas un pays arabe, l'antisémitisme y est bien ancré et il est le principal ennemi d'Israël. Le danger pour les juifs est donc réel. Il faut faire face à cet antisémitisme nucléaire, il faut s'y attaquer.
Il est d'ailleurs honteux que les déclarations antisémites de Hugo Chavez, l'ami d'Ahmadinejad, aient suscité si peu de réactions.
 

« Assurons-nous que nous ferons mieux avec l'Iran qu'avec l'Irak »

Auteur Timothy Garton Ash


 Historien de la chute du communisme, Timothy Garton Ash est chercheur au St Antony's College d'Oxford et à la Hoover Institution de la Stanford University. Il est gouverneur de la Westminster Foundation for Democracy et l'auteur de History of the Present. Il est signataire de l'appel des 115 atlantistes contre Vladimir Poutine.

Source The Guardian (Royaume-Uni)
Référence « Let's make sure we do better with Iran than we did with Iraq », par Timothy Garton Ash, The Guardian, 12 janvier 2006.

Résumé Nous faisons face à un nouveau grand test pour l'Occident. Après l'Irak, l'Iran. Alors que Téhéran brise les scellés de ses installations nucléaires et se prépare à relancer son programme d'enrichissement d'uranium qui pourrait leur permettre de produire d'ici quelques années des armes atomiques, il est urgent que l'Europe et les États-Unis élaborent une réponse en commun. Mais laquelle ? Si cette crise est mal gérée, elle mènera à une autre confrontation militaire, mais aussi à une nouvelle crise en Occident.
La politique européenne d'endiguement négocié, soutenue sans confiance par les États-Unis et avec ambiguïté par la Russie, a échoué. L'Union européenne n'avait pas assez de bâtons et les États-Unis trop peu de carottes. En outre, aucun des deux côtés de l'Atlantique n'avait les moyens de faire entrer dans le jeu diplomatique une Chine assoiffée de pétrole et une Russie riche en pétrole.
Le président iranien à demi-fou voit sans doute l'analyse coût / bénéfice d'une situation comme une invention du grand Satan et un signe de décadence occidentale, mais il existe des esprits plus mesurés en Iran. Or, même ceux-là doivent se dire que le risque en vaut la peine. Aujourd'hui, l'Iran dispose de revenus élevés du fait de l'augmentation du cours du pétrole et il tient les États-Unis par les bourses en Irak. La Chine et la Russie ont des intérêts différents de ceux des Occidentaux ; l'Allemagne et l'Italie hésiteront à rompre leurs fructueuses relations commerciales avec Téhéran. Il y a peu de moyens de pression contre l'Iran et si on les utilise on risque de renforcer un régime qui se présentera en victime. En cas d'attaques ciblées contre les installations nucléaires, le sentiment pro-occidental dans le pays disparaîtra.
Il faut que l'Europe prenne la menace au sérieux, que les pays occidentaux échangent leurs informations sur l'Iran et que chaque action soit prise en réfléchissant aux implications pour le régime iranien et sur la société iranienne. Je suis mal à l'aise quand je vois Frank Gaffney demander une révolution en Iran. C'est facile de risquer la vie des autres.
 

« Et maintenant l'Iran »

Auteur William Kristol


 [William Kristol] est rédacteur en chef de Weekly Standard. Il est président du Project for the New American Century.

Sources Weekly Standard (États-Unis), The Australian (Australie)
Référence « And Now Iran », par William Kristol, Weekly Standard, 23 janvier 2006.
« Do not appease Tehran », The Australian, 16 janvier 2006.

Résumé La menace incarnée par l'Iran devient de plus en plus évidente, mais les colombes veulent négocier et les faucons voudraient laisser agir Israël. Les colombes refusent d'envisager l'option militaire alors que laisser cette éventualité ouverte renforcerait le poids de la diplomatie. Les faucons, qui avaient soutenu la Guerre d'Irak, veulent traiter seulement un problème à la fois et comptent sur un Deus ex machina- un Deus ex machina juif- pour faire le travail à notre place. Mais les grandes puissances ne peuvent pas rejeter leur responsabilité sur d'autres.
Nous soutenons la diplomatie, les efforts multilatéraux pour arrêter le programme nucléaire iranien et la constitution d'une coalition de volontaires pour mettre en place d'éventuelles sanctions. Nous soutenons les efforts des démocrates en Iran, nous soutenons le renforcement de nos capacités de renseignement dans le pays et nous soutenons le fait de garder ouverte l'option militaire.
Malheureusement, malgré les protestations d'usage contre le programme nucléaire iranien, beaucoup pensent qu'on peut s'accommoder d'un Iran nucléaire comme nous avons vécu avec une URSS nucléaire. Nous ne sommes pas d'accord. Si l'Iran est nucléaire, il y aura une prolifération et il en sera fini des espoirs d'un Proche-Orient libéral. Il faut nous montrer ferme.
 

« Nous devrions être préoccupés par la situation iranienne »

Auteur John Keegan


 Ancien professeur d'histoire militaire à la Royal Military Academy, John Keegan est le responsable des questions de défense du Daily Telegraph.

Sources Gulf News (Émirats arabes unis), Daily Telegraph (Royaume-Uni), The Age (Australie)
Référence « We should be very worried about Iran », par Jogn Keegan, Daily Telegraph, 12 janvier 2006.
« We should be worried about Iran », Gulf News, 13 janvier 2006.
« How to tackle the threat of nuclear Iran », The Age, 14 janvier 2006.

Résumé J'étais favorable à la guerre contre l'Irak mais avec des réserves, que j'ai toujours. Les opposants à cette guerre ont des arguments et ils pourraient même utiliser l'argument machiavélien selon lequel Saddam Hussein fut un allié précieux contre l'Iran et qu'on se rend bien compte aujourd'hui que l'Iran veut devenir une puissance nucléaire. Saddam prétendait avoir des armes de destruction massive pour nourrir ses propres fantasmes concernant son pouvoir. L'Iran pour sa part développe des armes nucléaires (ce que personne ne conteste) et ne le fait pas dans un but psychologique mais pratique pouvant aller, pour reprendre l'expression du président Mahmoud Ahmadinejad, jusqu'à « rayer Israël de la carte ». C'est un sujet de préoccupation pour l'Occident, mais aussi pour les voisins de l'Iran.
Heureusement, les adversaires de l'Iran ont encore un peu de temps devant eux. L'Iran n'a pas encore développé l'arme nucléaire. Ils procèdent actuellement à l'enrichissement nucléaire afin de développer leur arme.
La volonté actuelle des États-Unis et de la troïka européenne, (Royaume uni, France et Allemagne), est de porter le cas de l'Iran au Conseil de sécurité, au moyen de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), l'agence onusienne en charge de vérifier si le Traité de non prolifération (TNP) est respecté. Jusqu'à présent, ni l'AIEA ni le conseil de sécurité n'a la possibilité de faire respecter le TNP. La question pressante est : que doit-on faire si le Conseil de sécurité ne parvient pas à convaincre l'Iran de renoncer à son programme d'enrichissement nucléaire ? Les sanctions économiques sont souvent évoquées comme moyen de réprimer l'Iran, et il est certainement vrai que l'interruption des échanges commerciaux et des apports d'équipements techniques causeraient de sérieux problèmes au gouvernement iranien.
Mais il paraît peu évident que ces sanctions forceraient l'Iran à changer de comportement. Les États-Unis et la troïka européenne doivent considérer d'autres méthodes pour garder l'Iran sous contrôle. Entamer une seconde guerre au Moyen-Orient ne serait pas une initiative souhaitable pour le moment pour les États-Unis et serait certainement très impopulaire chez eux et leurs alliés. Ce qui nous amène à réfléchir à la géopolitique du Moyen Orient, et à Israël, qui pourrait facilement détruire les usines nucléaires de l'Iran par la voie militaire.
L'Occident ne peut pas simplement laisser les choses se faire. Une intervention militaire ne peut en aucun cas être ignorée, mais doit rester de dernier recours. Entre temps, toute sortes d'interventions militaires réduites, incluant l'isolement économique et politique de l'Iran doivent être essayées, ensemble, avec la construction de pipeline alternatif pour contourner le cheminement actuel du pétrole. Ainsi que, bien-sûr, l'intensification des mesures anti-terroristes.
Le régime des Ayatollah soutient les insurgés en Irak et leur fournit des armes. Ils ont ainsi noué des liens avec les pires organisations terroristes mondiales, tel qu'Al Qaïda et le Hezbollah. Les Iraniens peuvent être le lien manquant expliquant ce que le MI5 a toujours cherché derrière les attentats du 7 juillets à Londres.
 

« Ignorer les menaces de Téhéran »

Auteur Ali Safavi


 Ali Safavi est président du Near East Policy Research, une firme de consulting et d'analyse politique et ancien porte parole du conseil national de résistance d'Iran. Il est membre des Moudjahidines du peuple.

Source Washington Times (États-Unis)
Référence « Ignoring Tehran's threats », par Ali M. Safavi, Washington Times, 13 janvier 2005.

Résumé La réouverture du centre d'enrichissement de l'uranium de Natanz est la dernière preuve de la futilité des négociations avec les mollahs de Téhéran, qui ne se servent que des discussions que pour gagner du temps pour leur programme d'armement. L'Union européenne accuse l'Iran de disposer de documents sur la construction de têtes nucléaires et les États-Unis ont des preuves que l'Iran conçoit des têtes nucléaires adaptables sur leurs missiles Shahab. Les mollahs ont arrêté de prétendre qu'ils étaient modérés et ils mènent des campagnes terroristes pour exporter la révolution islamique dans le monde. Comme l'a rappelé Nicolas Burns le 30 novembre, l'Iran continue à soutenir le terrorisme. Quand l'occident comprendra-t-il la dangerosité de la théocratie iranienne ?
Heureusement, contrairement à l'Irak, on peut faire autre chose qu'une action militaire. Comme l'a souligné Maryam Radjavi, la solution est dans le soutien au peuple iranien. Il faut commencer par amener le dossier devant le Conseil de sécurité de l'ONU et menacer l'Iran d'un embargo pétrolier qui le priverait de ressources. Il faut soutenir le Comité national de la résistance iranienne et les Moudjahidines du peuple, une organisation injustement placée sur la liste des organisations terroristes.
 

« La crise iranienne est proche de l'explosion »

Auteur Patrick Seale


 Patrick Seale est un analyste et auteur réputé sur le Proche-Orient. Contributeur régulier à Gulf News. Il a notamment publié des ouvrages sur l'histoire contemporaine de la Syrie et une biographie d'Abu Nidal.

Source Gulf News (Émirats arabes unis)
Référence « Iran crisis is likely to explode », par Patrick Seale, Gulf News, 15 janvier 2006.

Résumé La dispute sur le programme nucléaire iranien se réchauffe et beaucoup d'analystes prédisent qu'elle sera la principale crise internationale de 2006. Les questions impliquées dans cette crise sont simples : l'Iran réclame son droit à disposer de la maîtrise de l'intégralité du cycle d'enrichissement de l'uranium pour un usage pacifique, conformément aux articles 1 et 4 du Traité de non-prolifération. Aujourd'hui, la Russie aide l'Iran à construire une centrale à Bushehr. La Russie a proposé de prendre en charge l'enrichissement de l'uranium, mais Téhéran ne veut pas dépendre d'un autre État.
Le programme nucléaire iranien est transparent et il est régulièrement contrôlé par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA). Le problème vient de la croyance des États-Unis, de ses alliés et d'Israël que le programme iranien cache une activité militaire secrète. Suite à l'échec des négociations entre l'Iran et la troïka européenne, quelles pressions vont désormais être exercées contre Téhéran ? Dans les semaines à venir, les Européens et les États-Unis vont chercher à mobiliser le soutien de la Chine et de la Russie, ainsi que celui des pays non-alignés pour amener la question iranienne devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
La semaine dernière, l'Iran a déclaré que si le Conseil de sécurité se saisissait du dossier, Téhéran cesserait sa coopération avec l'AIEA et pourrait même se retirer du Traité de non-prolifération. En Israël et aux États-Unis, les néo-conservateurs réclament une intervention armée. Benjamin Netanyahu a déclaré que s'il gagnait les élections, c'est ce qu'il ferait. Les récentes déclarations d'Ahmadinejad n'ont pas favorisé l'apaisement.
La seule façon de régler la crise, relancer des négociations entre Washington et Téhéran pour qu'ils règlent leurs vieux contentieux est de promouvoir la dénucléarisation totale du Moyen-Orient.

http://www.voltairenet.org/article133817.html http://www.voltairenet.org/article133817.html



Mardi 17 Janvier 2006

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