Politique Nationale/Internationale

Iran : L’impérialisme est condamné quoi qu’il fasse

Le programme nucléaire de l’Iran est entièrement légitime



Le 10 avril, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad annonçait que son pays était parvenu à enrichir de l’uranium et qu’il ralliait ainsi le « club nucléaire ». La chose fut réalisée malgré l’insistance permanente de l’impérialisme occidental pour que l’Iran abandonne son programme de développement nucléaire et en dépit du fait que le pays ne faisait rien de plus que ce qu’il était habilité à faire dans les limites de chacun des traités de non-prolifération. En mars dernier, en fait, le Conseil de sécurité de l’ONU avait donné à l’Iran 30 jours pour cesser ses recherches nucléaires ou s’exposer à des sanctions. L’Iran a ignoré tous ces propos agressifs, insistant sur le fait que son programme nucléaire ne visait que des finalités civiles. Mais, que ce soit le cas ou pas, le fait est qu’on estime, selon les avis, que l’Iran devra encore attendre entre 3 et 10 ans avant d’être en mesure, et pour autant qu’il le souhaite, de produire de l’uranium enrichi de qualité propre à l’armement, c’est-à-dire un combustible constitué à 90 % ou plus d’uranium 235, contrairement au combustible utilisé à des fins civiles, qui ne demande que 2 à 3 % de teneur en uranium 235.


Dimanche 4 Juin 2006



Harpal Brar

www.lalkar.org

Traduit de l’anglais par Jean Marie Flémal





Si l’Iran va de l’avant en vue de produire des bombes nucléaires, il sera très en mesure de résister à n’importe quelle attaque impérialiste, puisque, manifestement, les conséquences du déploiement par l’Iran de missiles nucléaires en représailles des attaques dirigées contre son territoire se traduiraient par des pertes dévastatrices chez les agresseurs, pertes qui dépasseraient de loin les bénéfices qu’ils pourraient tirer en s’assurant le contrôle de l’Iran. Ceci, à son tour, signifierait que l’impérialisme occidental, incapable de dominer l’Iran militairement, serait également incapable, évincé du marché iranien, de protéger les intérêts de ses multinationales via le pillage du pétrole iranien et la stimulation de toute forme de compétition interne. Toutefois, la soif de profit des impérialistes, qui motive leur lutte désespérée en vue de la domination mondiale, ne peut supporter l’idée de voir le moindre pays se libérer du carcan économique impérialiste. Il s’avère toutefois que c’est précisément ce que les Iraniens ont l’intention de faire et c’est la raison pour laquelle l’Iran a été catalogué parmi les « États voyous » ne pouvant en aucun cas avoir des armes nucléaires. C’est le désir d’indépendance économique des Iraniens qui en fait des « irresponsables » et qui mue leur religion en « fanatisme ».


Les fauteurs de guerre bourgeois

Pour empêcher l’Iran de rompre avec la super-exploitation, toute une section de la bourgeoisie impérialiste réclame des attaques nucléaires immédiates contre l’Iran, avant qu’il soit trop tard… c’est-à-dire avant que le pays dispose d’armes nucléaires de sa propre fabrication, lesquelles dissuaderont efficacement d’éventuelles agressions. Seymour Hersh, un journaliste respecté, a déclaré qu’il avait d’excellents contacts au sein de l’administration américaine et, au début avril, il a publié un article dans The New Yorker prétendant que « les plans du Pentagone présentés à la Maison-Blanche comprennent l’utilisation d’une arme nucléaire tactique ‘perceuse de bunkers’, telle la B61-11, contre les sites souterrains iraniens, en raison des inquiétudes quant à l’efficacité ‘décisive’ des frappes conventionnelles » et, en outre, que « certains officiers supérieurs s’alarment tellement de la volonté de M. Bush d’utiliser des armes nucléaires qu’ils sont prêts à démissionner en guise de protestation ». (Tom Baldwin, 'The idea of a US nuclear attack on Iran is just nuts, says Straw' [L’idée d’une attaque nucléaire américaine contre l’Iran ? Tout simplement insensée, déclare Straw], The Times, 10 avril 2006).

Dans un même temps, « des bulletins d’informations américains ont révélé que les États-Unis préparaient en secret des possibilités de plans en vue à la fois d’une attaque militaire et d’un changement de régime en Iran. Les forces spéciales américaines ont constitué des équipes en compagnie des rebelles arabes hostiles au régime dans le sud de l’Iran et Washington a considérablement augmenté son soutien financier à des groupes d’exilés qui souhaitent renverser le régime ». (Owen Matthews, 'Actually, Bush is the problem not the solution' [En fait, Bush est le problème et non la solution], Daily Mail, 13 avril 2006).

Dans son article intitulé « If ever there was a nation not to drive to extremes, it is Iran » [S’il y a jamais eu une nation à ne pas pousser dans ses derniers retranchements, c’est bien l’Iran] : « La remarque la plus terrifiante de cette semaine est venue du secrétaire aux Affaires étrangères, Jack Straw. Il a déclaré qu’une attaque nucléaire contre l’Iran serait ‘absolument insensée’ et une attaque de quelque genre que ce soit ‘inconcevable’. Dans le langage de Straw, ‘insensé’ signifie qu’il a appris que cette attaque aurait bel et bien lieu et ‘inconcevable’ signifie ‘certain’. Même le Daily Telegraph estime que les propos de Jack Straw n’offrent guère d’apaisement : ‘Jack Straw dit exactement la même chose que le gouvernement en mars 2003 quand il parlait de la probabilité d’une guerre en Irak. Ensuite, le gouvernement déclara que la guerre n’était ni inévitable ni imminente, et il passa à l’attaque.’ » En tout cas, l’article de Hersh cité ci-dessus indiquait qu’il y avait un « terrible malaise » au sein du gouvernement britannique à propos de ce que M. Bush pourrait faire et, dans The Independent du 20 avril (« Blair and Straw at odds over support for US military action against Iran » [Blair et Straw en désaccord à propos du soutien d’une action militaire américaine contre l’Iran]), Colin Brown et Andy McSmith rapportaient que « Jack Straw a mis en garde ses collègues du cabinet, leur disant qu’il serait illégal que la Grande-Bretagne soutienne les États-Unis dans une action militaire contre l’Iran. Mais Tony Blair a soutenu le président Bush en mettant en garde contre le fait qu’exclure une action militaire équivaudrait à adresser un ‘signal de faiblesse’ à l’Iran ».

Tout ceci tend à prouver qu’une frappe militaire préventive contre l’Iran est sérieusement envisagée et qu’elle serait même très possible. Sarah Baxter, dans le Sunday Times du 9 avril (« Gunning for Iran » - L’Iran est bel et bien visé), pense toutefois que les frappes pourraient avoir lieu – et pour autant qu’elles aient lieu – dans le courant de l’année 2008 : « Le Sunday Times estime qu’une frappe avec des armes conventionnelles est bien plus probable. En 2008, un nouveau missile perceur de bunkers, appelé Big Blu devrait équiper les forces aériennes américaines. Ce mastodonte de 30.000 livres [13,6 tonnes, ndt] est destiné à être largué par les bombardiers furtifs de la série B et il peut pénétrer à 30 mètres sous terre avant d’exploser.

« Les missiles balistiques Trident, récemment convertis pour transporter des ogives conventionnelles, pourront également être disponibles en 2008, offrant ainsi à Bush d’autres options encore…

« Des responsables de la planification militaire du Pentagone se sont réunis récemment… pour se mettre d’accord sur les chances de succès d’une attaque. Ils ont fait savoir à la Maison-Blanche qu’il leur fallait encore répertorier tous les sites nucléaires d’enrichissement de l’Irak et que certains d’entre eux étaient enterrés profondément sous des montagnes de granit. Une frappe appliquée maintenant ne pourrait renvoyer le programme des mollahs qu’une année ou deux en arrière, pas plus.

« On sera rapidement en 2008 et, dès lors, le tableau se modifie. À cette date, on aura collecté plus de renseignements sur l’emplacement des sites. Et, fait très important, Big Blu sera prêt, pour alors.

« Les dégâts, s’ils ne sont pas complets, seraient considérables, affirment les experts… Des frappes aériennes à l’aide d’une poignée de bombardiers B2 décollant de la dépendance britannique de Diego Garcia, dans l’océan Indien, suffiraient à démolir les sites nucléaires iraniens les plus critiques, comme ceux de Natanz, Arak et Ispahan. »


L’opposition bourgeoise à la guerre

Quand il est question de commettre des actes de guerre contre l’Iran – ce qui, comme dans le cas de l’Irak, serait complètement illégal et, de ce fait, criminel selon les normes de la législation internationale auxquelles les puissances impérialistes prétendent toutes adhérer ! –, il n’y a aucune unanimité au sein du camp bourgeois pour dire que cette tournure des choses serait profitable à ses intérêts. Nous avons déjà vu que le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Jack Straw, est prêt, pour l’instant, du moins, à déclarer que tout plan de frappe nucléaire contre l’Iran serait « insensé ». En fait, et de l’avis de Colin Brown et d’Andy McSmith dans The Independent du 20 avril déjà cité, « la plupart des MP travaillistes soutiennent la stratégie de M. Straw et se révolteraient si M. Blair affichait le moindre signe de soutien à une frappe américaine contre l’Iran » et , un peu plus loin, « M. Straw a reçu un soutien tacite lors d’une rencontre des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg, la semaine dernière ».

Si les parlementaires travaillistes et les ministres des Affaires étrangères européens s’opposent à une action militaire contre l’Iran, ce n’est nullement parce qu’ils se sont récemment découvert un respect tout neuf pour les clauses de la législation internationale, mais plutôt parce qu’ils éprouvent une crainte réelle de ce que pourraient être les conséquences d’une telle action.

Le prix du pétrole brut a déjà atteint le niveau record de 75 USD le baril, mais il grimperait certainement encore plus haut si l’Iran devait être attaqué. L’Iran est en mesure non seulement de retenir ses fournitures de pétrole sur le marché international à partir de ses propres champs pétroliers, mais également de bloquer le détroit d’Ormuz, interdisant à la moindre goutte de pétrole de quitter le Moyen-Orient. Ce ne pourrait être que désastreux pour les économies impérialistes. Dans le Daily Mail du 19 avril (« £5 a gallon »), Ray Massey rapporte que le Fonds monétaire international a estimé qu’une hausse de 5 USD du baril de brut ralentit la croissance britannique de 0,1 %. On peut aisément imaginer l’effet qu’entraînerait une augmentation du prix du baril à 100 USD ou plus, ce qui serait la conséquence plus que probable d’une frappe militaire contre l’Iran !

Un autre motif de préoccupation, c’est qu’il n’y a aucune garantie qu’une frappe militaire parviendrait à balayer les capacités militaires iraniennes. Naturellement, les États-Unis et leurs alliés britanniques ont étudié la question de savoir quel serait le résultat probable d’une guerre contre l’Iran. Le Shenzhen Daily rapporte que « les planificateurs des forces aériennes ont modelé des attaques contre des défenses aériennes et autres cibles iraniennes existantes, alors que les planificateurs de la marine ont évalué les défenses côtières et conçu des scénarios en vue de garder le contrôle du détroit d’Ormuz, la porte de sortie du Golfe riche en pétrole ». Toutefois, ces études n’ont en aucun cas conclu que les États-Unis allaient gagner cette guerre, pas plus que ne l’avaient fait des études similaires en 1997, lorsque, « après de longs débats, les plus hautes instances de l’armée n’avaient pu prévoir une façon de mener finalement les choses à bon port pour les États-Unis » (voir Richard Clarke et Steven Simon, deux spécialistes des questions militaires, dans le New York Times du dimanche 16 avril). David Albright, de l’Institut des Sciences et de la Sécurité national, ancien inspecteur en armements de l’ONU, est cité par Jonathan Steele et Julian Borger dans The Guardian du 18 avril (« US refuses to discuss Iran's nuclear plans in face-to-face talks on Iraq » - Les États-Unis refusent de discuter des plans nucléaires de l’Iran au cours d’entretiens en face à face sur l’Irak) et aurait déclaré, après avoir analysé des images par satellite des sites nucléaires iraniens : « Détruire le programme d’armement nucléaire de l’Iran semble presque impossible. Ils ont tellement de sites souterrains, maintenant, on ne sait même pas sur quoi frapper (…) L’époque où des frappes militaires auraient pu détruire leur programme d’armement est bel et bien révolue. » .

Un autre point, c’est qu’une telle frappe saperait les tentatives de mise sur pied d’un corps de soutien aux compradores pro-impérialistes en Iran. Bien des opposants bourgeois à la guerre contre l’Iran considèrent que le régime iranien n’est guère en mesure de faire grand-chose pour améliorer les conditions de vie des masses en Iran et que, vu la situation, il vaut mieux attendre sur le côté, à la façon d’« amis emplis de sollicitude », que le peuple d’Iran lui-même soit favorable à un changement de régime. En fait, « même ceux qui détestent le régime détestent encore plus d’être encouragés par l’Amérique ». Sous cet angle, l’approche bénéficiant de la faveur de l’Amérique et consistant à faire déferler les sanctions de l’ONU – appuyées par une menace de recours à la force – peut faire partie du problème, mais en aucun cas de la solution.

« Il vaut sûrement mieux, dans ce cas, gagner leurs cœurs et leurs esprits que de leur larguer des bombes ! » (Owen Matthews, « Nuke Iran ? » - L’Iran, nucléarisé ? -, Daily Mail, 13 avril 2006).

Une fois de plus, les impérialistes sont ennuyés du fait que de telles frappes pourraient amener le régime iranien à accroître son soutien aux mouvements de résistance du Moyen-Orient, et particulièrement en Irak, où l’on verrait alors les chiites irakiens, sur les chefs desquels l’impérialisme compte pour opérer comme ses marionnettes en Irak, mobilisés par leurs coreligionnaires chiites iraniens pour se tourner en bloc contre l’impérialisme. Dans The Independent du samedi 9 avril, Raymond Whitaker affirme qu’un « conseiller du Pentagone » a raconté à Seymour Hersh que « la moitié sud de l’Irak, ont sont cantonnés les 8.000 militaires britanniques, allait ‘flamber comme une torche’ dans la foulée de le moindre frappe contre l’Iran, alors qu’un général aurait déclaré qu’en dépit de la présence britannique, ‘les Iraniens pourraient s’emparer de Bassora avec 10 mollahs et une sono sur roues’ ».

Enfin, et cela a également son importance, non seulement des frappes contre l’Iran ne donneraient pas les résultats escomptés, mais elles seraient tout à fait susceptibles de se traduire par un taux de pertes inacceptable pour l’impérialisme. Dans The Daily Telegraph du 11 avril (« The West can't let Iran have the bomb » - L’Occident ne peut permettre à l’Iran d’avoir la bombe), Con Coughlin nous rappelle : « Hormis priver l’Occident des fournitures pétrolières vitales en fermant le détroit d’Ormuz, les Iraniens disposent de capacités très avancées en missiles balistiques qui peuvent atteindre des cibles partout au Moyen-Orient – y compris en Israël. » Et ce n’est pas tout : le spécialiste américain en stratégie, Mark Gaffney, est cité par David Hirst dans The Guardian du 4 avril (« If one side goes nuclear, the other is bound to follow suit » - Si un camp recourt au nucléaire, celui d’en face sera amené à faire pareil »), dans une mise en garde disant : « Une attaque américaine contre l’Iran pourrait se terminer par une catastrophe comparable au massacre des légions romaines à Cannes par Hannibal et son armée pourtant très inférieure en nombre. Car, dans un domaine de la technologie militaire, celui des missiles contre les navires, la Russie a plusieurs longueurs d’avance sur les États-Unis. Et la détention par l’Iran de l’effrayant Moskit 3M-82 pourrait transformer le golfe Persique en un piège infernal pour la flotte américaine. »


L’opposition intérieure à la guerre dans les pays impérialistes

Les gens ont appris de la guerre en Irak que ces guerres illégales sont coûteuses et impossibles à gagner. Les gouvernement britannique et américain ont subi les défaveurs considérables de leurs citoyens suite aux mensonges qu’ils leur ont racontés à propos du « casus belli » (les faits donnant naissance à un prétexte pour entreprendre une action militaire) en Irak. Les mêmes gouvernements sont toujours en place aujourd’hui, alors qu’on envisage désormais une action militaire contre l’Iran. Puisque l’Iran n’a commis aucun acte illégal que ce soit et encore moins susceptible de justifier une guerre, il ne pourrait donc y avoir d’actes d’agression contre l’Iran sans de nouveaux mensonges censés les « justifier ». On a suggéré que George Bush envisage de prétendre que la grippe aviaire provient du programme d’armes biochimiques de l’Iran et qu’elle est la preuve d’un acte d’agression iranien contre le monde entier. Toutefois, même sans les mensonges concernant l’Irak, toute allégation de ce genre est trop ridicule pour être prise au sérieux. Blair et Bush se rendent tous deux inéligibles en raison de leur bellicisme profondément impopulaire et malhonnête. Comme le fait remarquer Andrew Sullivan dans The Sunday Times du 16 avril : « Ce à quoi nous avons assisté ces derniers mois, c’est à une profonde érosion du soutien au président. Le dernier sondage de Washington Post/ABC News confirme cette tendance : 60 % des personnes interrogées désapprouvent la performance de Bush, contre 38 % qui l’approuvent. Mais quand on examine les chiffres de plus près, on découvre quelque chose de plus remarquable encore. Pas moins de 47 % des Américains désapprouvent ‘fortement’ Bush, contre 20 % qui l’approuvent ‘entièrement’. En d’autres termes, la moitié du pays ne se contente pas de désapprouver Bush, elle est également furieuse contre lui. » De même, en Grande-Bretagne, le soutien au bellicisme du Parti travailliste se tarit très rapidement, malgré un million de tentatives opportunistes de rejeter le blâme sur Blair uniquement et d’impliquer que le Parti travailliste a fondamentalement raison, pourvu qu’il parvienne à se débarrasser de son "voyou de dirigeant" ».

Avec la scission de la bourgeoisie en deux moitiés égales à propos de la question des frappes militaires contre l’Iran, il est impossible de prédire si ces frappes auront lieu ou pas. L’impérialisme est condamné quoi qu’il fasse. S’il permet à l’Iran de développer une dissuasion nucléaire, il va devoir se débrouiller avec le fait que l’économie iranienne va échapper à son contrôle. Il pourrait attendre que la direction iranienne perde son soutien populaire et il serait alors en mesure de persuader les Iraniens de ce que la soumission à la super-exploitation impérialiste sans limites serait la seule solution à leurs problèmes, mais cela prendrait beaucoup de temps et, par ailleurs, il n’y aurait aucune certitude de pouvoir atteindre le résultat espéré. S’il essaie d’intervenir militairement pour empêcher l’Iran de développer une dissuasion nucléaire, une telle démarche entraînera automatiquement des risques incalculables et pourrait même mettre la totalité du Moyen-Orient à feu et à sang, dans une conflagration qui pourrait se muer en un véritable crématoire pour les envahisseurs.


Le point de vue prolétarien

La classe ouvrière, toutefois, n’a d’engagement avec aucune section de la bourgeoisie impérialiste mais il lui faut considérer exclusivement ses propres intérêts de classe. Elle s’oppose à la guerre contre l’Iran autant qu’à celle contre l’Irak, puisque ce sont toujours la classe ouvrière et les peuples opprimés qui servent de chair à canon. Tout échec de la classe ouvrière dans son opposition à une telle guerre prédatrice de l’impérialisme ferait tout simplement du prolétariat un complice de sa classe dirigeante. Alors qu’en s’opposant à de telles guerres, le prolétariat a besoin de concentrer toutes ses forces dans l’obstruction du capitalisme dans son propre pays et d’exproprier la bourgeoisie impérialiste qui lui pompe le sang. C’est la garantie la plus sûre d’une prospérité réfléchie, pour la classe ouvrière. Si notre bourgeoisie était expropriée par la classe ouvrière et qu’en conséquence, tous les moyens de production étaient mis en œuvre pour produire dans le but de satisfaire les besoins des masses laborieuses, la classe ouvrière de ce pays se porterait infiniment mieux que ce n’est le cas actuellement, même si les superprofits impérialistes permettent quelque peu aux masses laborieuses de ce pays de bénéficier d’un niveau de vie supérieur à celui qui serait le leur si elles devaient vivre et travailler dans des pays opprimés. Par conséquent, la classe ouvrière de ce pays n’a aucun intérêt objectif à long terme dans les guerres impérialistes, pas plus qu’elle n’a d’intérêt à perpétuer la super-exploitation des classes ouvrières d’autres pays. Notre devoir est clairement tracé : nous devons nous opposer à toutes les guerres impérialistes sans exception, y compris la guerre qui pourrait éclater contre l’Iran, et soutenir de tout notre cœur et sans réserve la résistance des peuples opprimés, y compris le peuple iranien, contre toute forme d’agression impérialiste.


source: Stop USA


Dimanche 4 Juin 2006

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