Géopolitique et stratégie

Iran-Grande Bretagne: de la tension dans l'air



IRIB
Mercredi 28 Mars 2007

En langage diplomatique, cela s'appelle la violation des eaux territoriales d'un pays souverain ; A Londres, on cherche obstinément à lui assigner une toute autre appellation. Mais plutôt jugeons sur les faits: le matin du 23 du mois en cours, à quelques milliers de kilomètres de leur île natale, 15 marines britanniques s'autorisent à franchir la frontière maritime de l'Iran avec son voisin irakien et à arraisonner, en pleine eaux du fleuve "Arvand roud", un baquebot iranien sous prétexte de mener une inspection de routine. L'incident provoque l'intervention des gardes côtes de la RII qui interpellent les intrus avant de les remettre aux instances concernées. Membres de la Royal Navy, les marines de sa Majesté ne pouvaient ignorer le fait que toute intrusion dans les eaux territoriales d'un état, quelqu'il en soit le motif, constitue une violation du droit international et exige une réaction en conséquence. Ils ne pouvaient ignorer ce fait d'autant plus qu'en 2004, une excursion maritime similaire menée par quelques-uns de leurs imprudents confrères dans ce même "Arvand Roud" avait fini, elle aussi, par mal tourner. Toujours est-il que la Grande Bretagne refuse catégoriquement de reconnaitre les faits, prétendant que ses marines opéraient sous mandat irakien et dans les eaux irakiennes. Sans daigner de vérifier ces fausses prétentions, l'Allegmane chante, elle aussi, la même ritournelle, sans doute, par souci de solidarité inte-européenne, si affaiblie en ces temps de retrouvailles transatlantiques. Face à ce concert de sympathie pro anglais allant de Bonne à Washington en passant par Tel aviv, une simple question se pose: laquelle de ces deux attitudes est illégitime? Interpeller des marines qui violent sciemment l'integrité territoriale d'un etat souverain ou la détention des membres du corps diplomatique de ce même état chez son voisin par une puissance occupante qui enfreint tout, jusqu'au plus intouchable des principes, celui de la sacralité diplomatique? En qualité de plus vieux allié des Américains, la réponse de la Grande Bretagne est claire. Reste à entendre celle de l'Allemagne et de la France et des autres pays de l'UE pour qui l'identité européenne est encore une réalité qui se décide non à Washington mais en Europe. La RII détiendra les agresseurs dans le stricte respect des conventions internationales, le temps qu'il faudra, c'est a dire jusqu'ce que les détails de l'affaire soit entièrement elucidés. Bien sûr, les détenus ne tarderont pas à être autorisés à recevoir des visites de l'Ambassadeur britannique à Téhéran et ils seront traités dans le stricte respect des conventions internatioanles. Entre temps, un tout petit conseil au premier ministre Blaire: évitez des surenchères et des mises en gardes inutiles car l'escalade n'est dans l'intérêt de personne.


Mercredi 28 Mars 2007

Géopolitique et stratégie | Diplomatie et relation internationale

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