Conflits et guerres actuelles

Iran-Etats-Unis. Au commencement était le verbe, puis vint la guerre.



Comme dans les bagarres de rue, toute guerre est généralement précédée d'une altercation violente. C'est ce que nous observons aujourd'hui. Le président iranien, regardant Washington d'un �il menaçant, déclare que l'Iran "coupera la main à tout agresseur" tandis que Bush junior, baissant les yeux, répond aux journalistes rassemblés sur la pelouse de la Maison-Blanche que son administration "étudie toutes les options possibles, dont une frappe nucléaire contre l'Iran".


Jeudi 20 Avril 2006


Opinions

13:59 | 20/ 04/ 2006


Moscou et Pékin, et même en quelque sorte l'Union européenne, continuent d'espérer qu'au dernier moment les autorités de Téhéran déclarent avec un large sourire que tout cela n'était qu'une plaisanterie. Au sujet d'Israël, de l'uranium enrichi, des "mains coupées". Moscou, Pékin et l'Union européenne pourraient alors pousser un soupir de soulagement car ils n'ont que faire d'une guerre. Pékin s'alimente en pétrole iranien. Moscou ne veut pas de guerre à sa frontière, d'autant plus que Téhéran est un ami et partenaire de longue date. Enfin l'Europe, à l'exception de la Grande-Bretagne, toujours énergique, a passé l'âge de rêver à la vie dans les tranchées.

Washington au contraire, je suppose, n'apprécie pas l'humour iranien: la plaisanterie s'éternise, trop de mots inutiles ont été dits, très vive reste dans les esprits l'histoire des otages humiliante pour les Etats-Unis, très déplaisants sont les ayatollahs iraniens et très probable est, du point de vue des autorités américaines, l'apparition en Iran, peu importe la date, de l'arme nucléaire.

Autrement dit, pendant que, d'un côté, on brandit un sabre virtuel, de l'autre M.Bush et ses conseillers étudient avec le plus grand sérieux diverses versions d'une opération militaire contre l'Iran. Les Américains ont matière à réfléchir, écrivait le journal français Libération. La suprématie apparente de la machine de guerre américaine confrontée à la ruse des Iraniens retranchés dans des cavernes peut, en cas de frappe de surface, nous offrir une belle image sur le petit écran mais ne garantira pas le succès. Autant dire qu'une nouvelle "Tempête du désert" ne suffira pas. Toutes les conséquences internationales négatives d'une telle éventualité sont évidentes mais le résultat ne l'est nullement. Blessé, l'Iran léchera ses plaies, se rétablira et réagira, probablement avec beaucoup plus d'efficacité que l'armée irakienne. Tout compte fait, il ne faut pas oublier que la DCA iranienne s'est équipée dernièrement d'un matériel très performant.

Pour pousser jusqu'au bout la recherche de laboratoires nucléaires secrets (s'il en existe) en Iran, il faudra vérifier chaque bunker, ce qui suppose une opération terrestre dont on ignore la durée et le prix en vies humaines. Zbigniew Brzezinski, conseiller politique expérimenté et rusé de l'ex-président américain Jimmy Carter, a déclaré carrément dans une interview au Washington Post qu'une action de force contre l'Iran signifierait la fin de la domination globale des Etats-Unis et que la guerre durerait une trentaine d'années. De quoi donner effectivement à réfléchir.

Enfin, j'ajoute à mon tour que même dans le scénario le plus favorable aux Américains en cas de conflit, la victoire mettrait la Maison-Blanche face à un problème que les Etats-Unis ne seront pas capables de résoudre. Washington l'a déjà démontré de façon convaincante en Irak.

Ce que le "messie de la démocratie mondiale" réussit le moins, c'est justement la construction de la démocratie dans les pays occupés.




Par Piotr Romanov, RIA Novosti.


Ria-Novosti


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