Proche et Moyen-Orient

Interview exclusive Duwik : J’ai toujours juré d’être pour l’intérêt demon peuple palestinien



Jeudi 2 Juillet 2009

Interview exclusive Duwik : J’ai toujours juré d’être pour l’intérêt demon peuple palestinien
Al-Khalil – CPI


Les trente-six mois passés en prison n’ont guère pu saper le moral de Dr. Aziz Ad-Duwik, président du Conseil Législatif Palestinien. Libéré des prisons de l’occupation israélienne, il le voit avec plus de motivation, plus de volonté de continuer son chemin au service de son peuple palestinien, le chemin du Droit. Il est plus calme, plus savant, plus assuré et rassurant.

Dans la file des nombreux visiteurs et journalistes, l’envoyé de notre Centre Palestinien d’Information (CPI) était présent. Il a pu réaliser avec lui une brève interview dont voici la traduction accomplie par le département français du CPI.

 

CPI : Dr. Duwik, comment revoyez-vous la scène politique palestinienne, après trois ans d’absence ?

Dr. Duwik : Tout ce qui se passe ces jours-ci est le résultat d’ingérences extérieures dans notre système parlementaire, dans notre vie tout court, une vie sous l’occupation. Mon interpellation, en tant que chef du législatif, représente une injustice totale. Une telle arrestation, même pour une minute, ne pourra jamais être justifiée.

CPI : Vos constatations des prisons israéliennes ? Avez-vous un message ?

Dr. Duwik : Les prisons israéliennes sont pleines de Palestiniens, les meilleurs de notre peuple. Ils y souffrent le martyre. Malgré toutes les souffrances, en dépit des estomacs vides, les captifs palestiniens ont pu retirer plus de trente privilèges.

Dans les prisons israéliennes, les occupants israéliens veulent imposer la tenue orange, afin de laisser croire au monde entier que les résistants palestiniens sont de simples criminels. Toutefois, les captifs ont décidé de faire face aux manigances de ces bourreaux.

Les députés derrière les barreaux

CPI : Les occupants israéliens enferment un grand nombre de représentants légitimes du peuple. Quel regard y portez-vous ?

Dr. Duwik : Au départ de cette campagne menée contre les députés, la situation était très difficile. Personne n’a cru qu’un nombre aussi grand de députés allaient être enfermés. C’est plus tard que nous nous sommes rendus compte que nous étions face à une opération de basse cour menée contre le Conseil Législatif Palestinien.

Et puis nous avons compris que les grandes puissances ne pratiquaient la démocratie que pour des buts médiatiques. Elles s’intéressent à nous voir enfermés.

Nous avons aussi compris que les captifs sont les meilleurs parmi nous et que la captivité ne nous empêche pas de continuer notre travail.

L’unité nationale

CPI : La scène palestinienne connaît une division – forcée. A votre connaissance, y a-t-il des rencontres à l’intérieur des prisons pour renforcer l’unité nationale ?

Dr. Duwik : Les rencontres entre les captifs sont toujours en marche. Ils envoient des suggestions, mais ils pratiquent de plus des pressions pour réaliser cette union perdue.

Nous, en tant que Palestiniens, nous devons rester ensemble. Nous ne devons pas diviser notre petite patrie. J’appelle à tourner la page et à en commencer une autre, une page d’unité et de résistance contre l’occupation israélienne.

CPI : Les captifs avaient-ils un nouveau plan pour une réconciliation nationale, comme vous l’avez dit dès votre sortie de prison ?

Dr. Duwik : Oui ! J’ai laissé les captifs étudier une initiative, une tentative pour recoudre les morceaux du peuple palestinien et les deux parties de la patrie. Moi, personnellement, j’en dirai un mot sous la coupole du parlement.

L’autorité palestinienne

CPI : Pourquoi vous n’avez pas rencontré Abou Mazen (le président de l’autorité palestinienne de Ramallah), comme cela a été le cas du député Djémal Hawil, membre du mouvement du Fatah ? Lui, il a été bien reçu le jour de sa libération.

Dr. Duwik : Abou Mazen représente le pouvoir exécutif. Moi, je représente le pouvoir législatif. Notre relation est bien clairement établie. Sur le chemin de la ville d’Al-Khalil, après ma sortie de prison, il m’a téléphoné. Il m’a fallu trop longtemps pour y arriver, à cause du barrage militaire Al-Tiba. En tout cas, j’ai beaucoup de choses à dire. L’importance est qu’on m’écoute. Toutefois, j’appuierai toujours le Droit.

Combler la lacune

CPI : Les Palestiniens comptent beaucoup sur le président du Conseil Législatif Palestinien qui vient de quitter la prison. Comment cette personnalité charismatique travaillera pour combler la lacune existant entre les frères du Hamas et ceux du Fatah ?

Dr. Duwik : Pour le moment et dans le contexte actuel, je ne fais partie d’aucun parti. Je suis à la tête du pouvoir législatif. Je ne travaillerai pas au profit d’une faction contre une autre. J’avais juré sur le Livre du Seigneur que je serai toujours pour l’intérêt supérieur du mon peuple. Je travaillerai avec tout le monde, pour tout le monde, pour rendre au peuple son unité.

Les arrestations

CPI : Mais avec ces campagnes d’arrestation touchant même les femmes, comment Mr. Duwik pourra travailler ?

Dr. Duwik : Dès la première seconde après ma sortie de la prison de l’occupation israélienne, j’ai lancé un appel solennel à stopper les arrestations et à nettoyer les prisons, en libérant tous les détenus politiques. Il faut commencer par la bande de Gaza afin de confirmer que les Palestiniens possèdent un seul pouvoir législatif.

Est-ce logique que j’appelle à la libération des Palestiniens enfermés dans les prisons israéliennes, au moment où il y a des détenus politiques dans les prisons palestiniennes ? C’est une logique inacceptable. Et moi, je n’accepte pas qu’on dise que mon peuple pratique une telle action tandis qu’il vit sous l’occupation.

La position de Netanyahu

CPI : Netanyahu s’est récemment, dans un discours, montré plus dur avec la cause palestinienne. Qu’en dites-vous ?

Dr. Duwik : La rue et la presse israéliennes ont remarqué que le discours de Netanyahu porte beaucoup de tromperie. Cependant, il ne pourra jamais duper le peuple palestinien. Il en a déjà vu pas mal.

L’absence de loi

CPI : La loi étant mise de côté, comment Dr. Duwik pourra-t-il travailler ?

Dr. Duwik : Mon premier travail sera de mettre fin à cet état de division. Puis j’accomplirai mon travail sous la coupole du parlement. Et un bon nombre de parlementaires ont aussi la volonté que le parlement assume son rôle.

Notre peuple doit rester uni. Toute la Nation, tout le peuple palestinien, tous ses leaders doivent trouver le remède à cet état de division.

Un dernier mot

CPI : Qu’auriez-vous à dire à la Nation arabo-islamique et aux politiciens du peuple palestinien ?

Dr. Duwik : Je leur dis, tous, soyez unis. Et chaque nation possède un but. Que la ville d'Al-Quds et la mosquée d’Al-Aqsa soient votre but. Demandez le soutien de la part de notre Seigneur et sachez que la victoire peut arriver plus rapidement qu’on ne le pense.

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Jeudi 2 Juillet 2009


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