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Interview – L’empire médiatique saoudien essaye de contrer l’opposition


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Andrew Hammond
Lundi 13 Août 2007

Interview –  L’empire médiatique saoudien essaye de contrer l’opposition

 

 

Jeudi 9 août

 

 

Par Andrew Hammond

 

 

 

RIYADH, le 9 août (Reuters) – L’Arabie Saoudite a étendu son influence sur les médias panarabes pour essayer de contrer les mouvements politiques d’opposition qui défient la monarchie alliée aux USA, dit un nabab saoudien des médias cette semaine.

 

 

En utilisant sa fortune pétrolière, l’Arabie Saoudite a construit un large empire médiatique depuis le début des années 1990, pour filtrer les critiques contre la politique saoudienne locale et étrangère, et noyer les audiences arabes avec des vidéos musicales, des films hollywoodiens et un Islam flou et apolitique.

 

 

« Il y a un sentiment que l’Arabie Saoudite est un état important et doit avoir une présence dans les médias et ne doit pas laisser aux autres (la présentation de) ce que nous voyons et lisons », dit Dawood al-Shirian, le manager en Arabie Saoudite de MBC, le réseau de télévision et de radio au capital saoudien, en défendant l’influence saoudienne.

 

 

« Ceci (l’influence des médias) a joué un rôle dans l’ouverture du Monde Arabe et pour révéler la fausseté de certaines idéologies comme le nationalisme arabe, la gauche et l’Islam politique », il ajouta en énumérant une liste de mouvements politiques populaires que la famille royale saoudienne considérait comme une menace à leur règne.

 

 

Le groupe MBC basé à Dubaï, fondé en 1991, a six chaînes de télévision de divertissement, deux chaînes de radio, et en 2003 il a ajouté la chaîne d’information al-Arabiya. La famille royale et ses alliés d’affaires possèdent aussi les réseaux de divertissement ART et Orbit, la chaîne libanaise LBC International, le groupe Rotana et les journaux panarabes al-Hayat et Asharq al-Awsat.

 

 

De plus, les médias d’état dans la plupart des pays arabes dont l’Egypte, évitent les nouvelles qui pourraient offenser les dirigeants saoudiens.

 

 

Les médias arabes ont largement suivi la campagne médiatique saoudienne contre l’Iran concernant son influence grandissante dans le Monde Arabe, bien que beaucoup d’Arabes considèrent Israël représente plus de menace.

 

 

L’Arabie Saoudite et l’Occident suspectent l’Iran de développer des armes nucléaires -- qu’Israël est largement réputé de posséder – et voient l’influence iranienne étendue sur l’Irak, la Syrie, le Liban et les territoires palestiniennes.

 

 

« L’Iran n’a rien fait pour les Palestiniens durant 50 ans. Tout ce qu’il a fait, ce sont des slogans », dit Shirian, un libéral qui rédige une rubrique hebdomadaire au journal al-Hayat basé à Londres.

 

 

Mais des groupes d’opposition à travers le Monde Arabe ont longtemps accusé l’Arabie Saoudite lui-même de ne pas user de ses liens intimes avec Washington et de son prestige comme la terre des lieux les plus saints de l’Islam, pour soutenir la lutte des Palestiniens contre l’occupation israélienne depuis 1967.

 

 

Al-Jazeera de Qatar, que la plupart des sondages donnent comme la chaîne d’informations arabe la plus regardée, demeure le plus grand défi médiatique à l’Arabie Saoudite, tout comme le journal quotidien panarabe Al-Quds Al-Arabi (journal basé à Londres, ndt.).

 

 

 

« Une Elite Libérale »

 

 

Shirian est l’un d’un groupe de libéraux saoudiens qui se sont mis à dos les autorités à cause de leurs appels à des réformes politiques et sociales après les attaques du 11 septembre qui ont attiré l’attention occidentale sur le modèle austère de l’Islam ouahabite en Arabie saoudite.

 

 

Comme beaucoup, il est retourné au bercail officiel pour occuper son poste actuel l’année dernière quand le gouvernement essayait de coopter les intellectuels.

 

 

« La démocratie peut faire venir des opportunistes et d’autres. Laissez la société se développer dans le bon chemin », dit Shirian en critiquant les systèmes parlementaires en Egypte, la Turquie et le Koweït. « Les réformes ont lieu dans le contexte saoudien, qui est : ‘ne poussez pas les choses’ ».

 

 

Des figures de l’opposition saoudienne disent que des expériences comme celle du parlement koweitien ont au moins renforcé l’idée de la responsabilité (des décisions prises devant le peuple ou ses représentants, ndt.), et ont aidé à décourager la corruption. Des analystes disent que la famille royale et l’élite politique ont peur que les Islamistes pourraient gagner dans les élections.
 
Traduit par I.A. pour Alter Info

 



Lundi 13 Août 2007

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